La fortune des chefs d’Etat africains et leurs proches en France, le comble de l’indécence…

Pour la première fois, je suis sans voix face à l’ampleur du patrimoine repertorié des chefs d’Etat africains en France.

J’ai la décence de laisser, une fois n’est pas coutume, la parole aux personnes visées par la plainte avortée des associations. Sans doute, qu’avec l’humour noir qui caractérise le doyen Omar Bongo (Gabon), son
beau-père Dénis Sassou Ngesso (Congo Brazaville) et leur alter-ego Obiang Nguema (Guinée Equatoriale). Ils me retorqueraient
volontiers:

"fréro du Cameroun, mais de quoi tu te plains, balaie donc devant ta porte…

 
Si tu veux, nous pouvons te fournir les adresses, les numéros de comptes et
les différentes acquisitions en France et ailleurs dans le monde, des
proches parents ou enfant de ton dictateur de Président du Cameroun Paul BIYA (non loin des
nôtres ou de celles de nos proches). Tu mesureras alors qui est
plus corrompu que qui, parmi les chefs d’Etat de la françafrique….

Dommage d’ailleurs que tes frères camerounais et toi, vous n’ayez pas assez de
c…pour vous porter partie civile dans des plaintes déposées
par les associations en vue de faire la lumière sur l’enrichissement
illicite des présidents africains et leurs proches.

Alors, fréro du Cameroun, de quoi tu te mêles???… de nos hôtels particuliers dans les quartiers huppés parisiens et dans la riviera française;  de nos comptes bancaires dans les établissements bancaires français; de nos voitures de luxe achetées cash chez des concessionnaires automobiles français….Mais tout le Nicolas Sarkozy le sait!!!

Nous contribuons simplement, et à notre manière, à la réalisation de sa promesse de campagne: la hausse de la consommation et le soutien du pouvoir d’achat français…Que demande le peuple???

Nous serons éternellement présidents du Gabon, du Congo, de Guinée équatoriale, du Burkina ou du Tchad… tant que les Présidents français successifs le voudront…

Allez dire!!!"

Le président gabonais Omar Bongo, le 8 décembre 2007 à Lisbonne.

AFP/ERIC FEFERBERG

Le président gabonais Omar Bongo, le 8 décembre 2007 à Lisbonne.

Le patrimoine des chefs d’Etat africains en France

LE MONDE | 31.01.08 |

C’est
un monde enchanté où l’on vogue d’une villa de 9 pièces avec piscine à
Nice à un hôtel particulier de l’Ouest parisien. Un univers surréaliste
peuplé de Bugatti payées cash plus de 1 million d’euros. Un microcosme
constellé d’une myriade de comptes bancaires. Oligarques russes? Rois
du pétrole saoudiens? Stars d’Hollywood ? Non : chefs d’Etat africains
producteurs de pétrole pour la plupart, mais dont les populations
comptent parmi les plus pauvres de la planète.

Le fait que des
dirigeants du continent noir investissent dans l’immobilier en France,
qu’ils séjournent à Paris dans un luxe inouï, que leurs familles
bénéficient de largesses financées dans la plus grande opacité n’est
pas une révélation. Mais, cette fois, l’inventaire de ce patrimoine
vertigineux n’est pas dressé par des militants tiers-mondistes en lutte
contre la "Françafrique". Il se lit dans les 34 procès-verbaux rédigés
entre juin et novembre 2007 par les policiers de l’Office central pour
la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).

Cette
enquête policière, dont Le Monde a pu prendre connaissance, a été
ouverte par le parquet de Paris en juin 2007. Elle faisait suite à une
plainte pour "recel de détournement d’argent public" déposée en mars
par trois associations françaises, visant cinq chefs d’Etat : le
Gabonais Omar Bongo Ondimba, le Congolais Denis Sassou Nguesso, le
Burkinabé Blaise Compaoré, l’Angolais Eduardo Dos Santos, et le Guinéen
Teodoro Obiang.

Au fil des centaines de pages du dossier se
dessine une singulière carte du Paris africain, sorte de Monopoly où
les présidents auraient jeté leur dévolu sur les artères les plus
huppées. Foisonnant et cossu, le patrimoine immobilier est surtout
localisé "dans des quartiers à forte valeur marchande, soulignent les
policiers. Paris 16e, 8e et 7e arrondissements pour Omar Bongo et son
épouse, Paris 16e et Neuilly-sur-Seine pour Jeff Bongo [un des fils
d'Omar Bongo], Le Vésinet pour le frère de Denis Sassou Nguesso,
Courbevoie pour Wilfrid Nguesso [neveu du président du Congo] ou Paris
16e pour Chantal Compaoré [épouse du président burkinabé]".

La
découverte la plus spectaculaire se situe entre les Champs-Elysées et
la plaine Monceau, dans le 8earrondissement de la capitale. Là, un
hôtel particulier a été acquis le 15 juin 2007 pour la somme de 18,875
millions d’euros par une société civile immobilière (SCI). Celle-ci
associe deux enfants du président gabonais, Omar Denis, 13 ans, et
Yacine Queenie, 16ans, son épouse Edith, qui se trouve être la fille du
président congolais Denis Sassou Nguesso, et un neveu de ce dernier,
Edgar Nguesso, 40 ans.

Au total, sont répertoriés 33 biens
(appartements, hôtel particulier et maisons) appartenant au Gabonais
Omar Bongo ou à sa famille, et 18 autres dont le président congolais et
ses proches sont propriétaires. Le patrimoine de loin le plus imposant
concerne M.Bongo lui-même. Son nom est associé à pas moins de 17
propriétés immobilières, dont deux appartements avenue Foch (88 m2 et
210 m2) et un de 219 m2 lui aussi situé dans le 16e arrondissement. A
Nice, une propriété "est constituée de deux appartements (170 m2 et 100
m2), trois maisons (67,215 m2 et 176 m2) et d’une piscine", précise le
procès-verbal. "Un chef d’Etat, en fonctions depuis quarante ans dans
un pays pétrolier et qui a des revenus officiels importants, peut
économiser suffisamment d’argent pour acheter plusieurs appartements à
Paris, explique Me François Meyer, avocat d’Omar Bongo et de sa
famille. Surtout avec les prix très bas de l’immobilier pratiqués il y
a vingt ou trente ans."

Selon les policiers, le président Bongo
dispose de quatre adresses distinctes à Paris. Ali Bongo, qui est son
fils et aussi son ministre de la défense depuis 1999, est également
propriétaire avenue Foch tandis que son épouse Edith possède deux
immenses logements dans le 7earrondissement, non loin de la tour
Eiffel. De Nice à Neuilly-sur-Seine en passant – souvent – par le 16e
arrondissement parisien, l’enquête recense aussi les propriétés de Jean
Ping, ex-gendre d’Omar Bongo et actuel ministre des affaires
étrangères, et d’autres fils du président gabonais comme Omar-Denis
junior et Jeff, ainsi que de filles comme Audrey, Yacine Queenie, ou
petite-fille comme Nesta Shakita.

En comparaison de ce petit
empire immobilier, les autres chefs d’Etat visés apparaissent comme de
petits propriétaires. Discret, le président congolais Denis Sassou
Nguesso ne fait qu’"utiliser", selon les policiers, la Villa Suzette du
Vésinet (Yvelines). Cette coquette demeure de 485 m2 était
juridiquement la propriété de son frère Valentin, jusqu’à ce que,
quelques semaines avant le décès de ce dernier à la fin 2004, elle soit
cédée à une société de droit luxembourgeois aux actionnaires anonymes.

Les
enquêteurs ont également répertorié un appartement de 9 pièces acheté à
Paris (17e) en 2007 pour 2470000 euros par l’épouse du président
congolais Antoinette Sassou Nguesso. Ils mentionnent aussi le logement
de 10 pièces à 1 600 000 euros acquis en 2005 à Paris par leur fils
Denis Christel, ainsi que l’hôtel particulier de 7 pièces avec piscine
intérieure à Neuilly-sur-Seine acheté 3,15 millions d’euros en 2006 par
Julienne, leur fille cadette.

Les mêmes policiers n’ont
découvert aucun bien immobilier appartenant au président angolais Dos
Santos ni au Burkinabé Blaise Compaoré. Seule la déclaration d’impôt
sur la fortune de Chantal, l’épouse de ce dernier, a montré qu’elle
possède deux biens immobiliers à titre personnel dans le 16e
arrondissement. Dans le même quartier, le président guinéen Teodoro
Obiang est propriétaire d’un appartement. Epluchant les fichiers
fiscaux et bancaires, les enquêteurs de l’OCRGDF ont non seulement
dressé la liste des biens immobiliers, mais aussi des comptes bancaires
accueillant en France les avoirs de dirigeants africains et de leur
famille.

Ainsi, Edgar Nguesso ne possède pas moins de 12
comptes dont 7 courants. Mais aucun n’apparaît au nom de son oncle, le
président du Congo. Son homologue gabonais, lui, est titulaire de 11
comptes ouverts à Paris, Nice ou Créteil dont 6 comptes courants.

Dans
leur élan, visiblement ébahis par leurs découvertes, les policiers ont
étendu leurs investigations au domaine des voitures de luxe, qui
n’était pas explicitement visé par la plainte. Chez les
concessionnaires Mercedes, Bugatti ou Aston Martin, ils ont retrouvé ce
qu’ils n’avaient pas obtenu pour les appartements : les chèques et les
virements ayant servi aux paiements.

"Le financement de
certains véhicules apparaît pour le moins atypique", notent les
enquêteurs, maniant l’euphémisme à propos de "ce parc automobile
conséquent". Les deux Ferrari acquises pour près de 400 000 euros par
Ali Bongo, la Maybach à 424 477 euros d’Edith Bongo, les trois Bugatti
à 1 million d’euros pièce fabriquées spécialement pour Teodoro Nguema
Obiang, le fils du président de Guinée équatoriale, ont été payés au
moyen de chèques tirés par des sociétés au profil opaque.

De
même, notent les policiers, Wilfrid Nguesso, neveu du président
congolais, "règle le solde d’achat d’un véhicule Aston Martin type DB9
par un virement émis par Matsip Consulting", une société de droit
luxembourgeois aux associés inconnus qui apparaît également comme
propriétaire de la Villa Suzette du Vésinet.

Le fils du
président de la Guinée équatoriale a, lui, acheté au total en France
"une quinzaine de véhicules pour un montant estimé de plus de 5,7
millions d’euros", acquittés là encore par des virements de sociétés
intermédiaires. Son nom, Teodoro Nguema Obiang, a été cité en 2004 dans
un rapport du Sénat américain sur les transactions suspectes couvertes
par la Riggs Bank qui, à Washington, gérait alors plus de 60comptes au
nom des responsables de ce petit Etat pétrolier et de leur famille.

En
fait de "financement atypique", les enquêteurs français se sont
vivement intéressés au chèque de 390 795 euros tiré en février 2004 par
la "paierie du Gabon en France" pour régler la "Maybach 57" (une marque
allemande concurrente de Rolls-Royce) de couleur "bleu Côte d’Azur"
destinée à "Madame la Présidente Edith-Lucie Bongo-Ondimba". A en
croire ce chèque, dont la copie figure au dossier, l’argent public
gabonais financerait le véhicule de grand luxe de la première dame du
pays, qui n’a pourtant aucune fonction officielle.

Le même
compte de la "paierie du Gabon" ouvert à la Banque de France et utilisé
pour régler les frais de fonctionnement de l’ambassade à Paris a servi
à financer la moitié d’une Mercedes à 75858euros dotée d’un "toit
ouvrant panoramique" achetée en septembre 2006 à Paris par Pascaline
Bongo, la fille du président, qui est aussi sa directrice de cabinet.
Curieusement, le reliquat de 41 370 euros a été acquitté par un chèque
signé de Me François Meyer, avocat du président Bongo. "Cela peut
étonner, admet Me Meyer. Mais je peux faire des cadeaux à la fille du
président Bongo, que je connais depuis vingt ans." D’où vient l’argent?
Au vu de ce somptueux état des patrimoines, la question de l’origine
des fonds s’impose. L’apparente disproportion entre la richesse
immobilière accumulée et les revenus publics des propriétaires aurait
pu suggérer de poursuivre des investigations dans les comptes bancaires
ayant permis pareilles transactions.

Le salaire mensuel
officiellement versé par l’Etat gabonais au président Bongo ne se
limite-t-il pas à 14 940 euros, selon l’hebdomadaire Jeune Afrique?
Celui du président Sassou Nguesso n’est-il pas de 30 000 euros, comme
l’indiquent d’autres sources? Quant à Teodoro Obiang, ministre de
l’agriculture et des forêts de son père, ne perçoit-il pas
officiellement 5 000 dollars (3 400euros) par mois, d’après des sources
américaines? Des investigations plus approfondies auraient dépassé le
cadre de l’enquête préliminaire de police. Elles supposeraient
l’ouverture d’une information judiciaire et la désignation d’un juge
d’instruction. Une telle perspective a été écartée par la décision de
classement, notifiée le 15 novembre par le parquet de Paris. Mais le
dossier pourrait être rouvert si les associations parvenaient à déposer
une nouvelle plainte, assortie cette fois d’une constitution de partie
civile, comme elles en nourrissent le projet. Cette formule conduit
automatiquement à la désignation d’un juge d’instruction, à condition
que les plaignants prouvent leur "intérêt à agir".

Même si un
juge d’instruction était désigné, de sérieux obstacles surgiraient
immédiatement sur sa route. Outre l’immunité dont peuvent se prévaloir
des chefs d’Etat en exercice – mais pas leurs familles –, la difficulté
résiderait dans la mise au jour des opérations à l’origine d’éventuels
détournements. Il faudrait enquêter en Afrique, où des infractions
auraient été commises, notamment dans les comptes publics. "La preuve
que l’argent public a financé des dépenses privées se trouve dans le
pays que contrôle précisément… le bénéficiaire", résume un spécialiste
du dossier.

Trois des cinq régimes concernés bénéficient du
soutien indéfectible de Paris. Cet appui, renouvelé récemment par
Nicolas Sarkozy, ne devrait pas fondamentalement être remis en cause
par la récente sortie de Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la
coopération, contre le "gaspillage des fonds publics" par certains
Etats africains. Or une enquête destinée à faire la lumière sur
d’éventuels "biens mal acquis" déborde rapidement les normes policières
ou judiciaires. Elle suppose une véritable mise à nu de la relation
franco-africaine.

Philippe Bernard

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3 réponses à La fortune des chefs d’Etat africains et leurs proches en France, le comble de l’indécence…

  1. Unknown dit :

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  2. nabayaogo dit :

    bongo Que Tu es la paix

  3. hector dit :

    c’est désolant toute cette fortune de chefs d’états qui ne font rien pour leur peuple en retour

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