CAMEROON: OPERATION 11 MILLION REGISTERED VOTERS / PAUL BIYA IS AN OLD SCHOOL DICTATOR THAT WILL NEVER EVER CONCEDE DEFEAT AT THE BALLOT BOXES, NEVER!

11millionsd'électeurs

By Michel Biem Tong, Hurinews.com

For the past few months, I have heard about the campaign « 11 million registered voters ». An initiative led by the academic and consultant Cabral Libii li Ngue who, by the way, is a brother and comrade of my elder sister (now a teacher at Ngaoundere University) at Eseka High School. I myself have been registered on the electoral rolls since May 2015 and are waiting to withdraw my voter’s card at Bobine d’Or in the Ekounou district in Yaoundé

I will not go over what has been said about the inner workings of the “11 million” campaign. However, the more attention I paid to this campaign, the more I am afraid that Cabral’s luminous idea is turning into a double-edged sword for him. First, the fact that ordinary Cameroonians are rushing to register their names on electoral rolls to decide who will preside over their destiny for the next 7 years must be praised for their sense of civic duties. This campaign, however, may appear in the months to come as a subterfuge for the Biya’s regime to legitimize another massive electoral fraud that Mr. Paul Biya and his family members are preparing in order to perpetuate his power ad vitaem eternam.

This electoral hold up will certainly discredit someone like Cabral Libii who through his relevant analyzes through the media enjoys a high esteem within a good fringe of the Cameroonian population.

ATTENTION CABRAL, THE CAMEROON PEOPLE FORGET NOTHING.

But with all the frankness that characterizes my being and after having looked Cameroonians in the eyes, I am convinced that PAUL BIYA NEVER CONCEDE DEFEAT AT THE BALLOT BOX, NEVER. This idea never crossed his mind. Did not he declare before the cameras of the Crtv in June 2004, when the rumor gave him for dead, did not he give rendez vous to the Cameroonians people in 20 years for his funeral? To make sure of this, he and his « brothers of the village » have locked up the political system in ways that ensure Paul Biya the means to cling to power until he drops dead. As examples of these democratic deficits, it is Paul Biya who fixes the date of the elections, it is he who decides how much resources are allocated to his handpicked opponents. Indeed, Paul Biya is the one who handpicks his opponents. The members of Elecam, and the Supreme Court (which proclaims the results) are all appointed by him. Biya’s army is trained like Tonton Macoutes ready to crush in blood any electoral contestation. The electoral code of April 2012 guarantees a victory before the ballots are even casted. Even the candidacy of Cabral Libii in the upcoming presidential election will not change anything in the deal.


Second, another important thing to consider is that even if Paul Biya were to leave power by miracle, what would he do about his crew, a sinister assortment of thuggish family members, a true bunch of malefactors who swear allegiance to the preservation of their ill-gotten assets through record of embezzlement of public funds, assassinations, conspiracies against the most brilliant state servants (most of them are either in prison or in exile), the hoarding of investment projects carried by foreigners etc. So many nefarious business deals that make Biya prisoner of power in order to ensure his own impunity and the impunity of his associates. All of these shady dealings make me doubt the success of the operation 11 million voters. I am not being skeptical or pessimistic about the 11 million campaign but realistic that Biya will do everything to cling to power in order to ensure his own impunity and those of his associates.

The path of victory through the ballot boxes being blocked, what remains of the Cameroonian people to envisage a future without Paul Biya? The Coup d’états? It is better not to even think about it, the Cameroonian army being a bourgeois army and fundamentally corrupt thanks to the multiple passes and privileges the army receives after the coup d’état of 1984 (practice of multiple salaries still called ‘mboma’, markets Without bidding, traffic of fuel vouchers, etc.) Moreover, two precautions worth more than one, Paul Biya has taken all the steps to super-arm and pamper the elite corps such as the BIR , The GP, the DSP, Pretorian guards ready to fight against any attempt at a coup de force that could come from the regular army, abandoned to itself.


What then remains to the Cameroonian people to resume their sovereignty confiscated by a family clan? Without being a fan of violence, even if Biya clings to power until he drops dead, his death will then create a power vacuum which can be dangerous and destabilizing.

I sincerely believe, therefore, that Cameroon is not far from the Burkinabe revolutions and the Arab spring, in view of the many frustrations and humiliations accumulated by the Cameroonian people after 35 years of dictatorship and terror. Anyway, the Cameroonians have all the cards in their hands. To them and to themselves alone to draw the consequences of the above.

Michel Biem Tong, Hurinews.com

BiyaVote

Version française

CAMEROUN: OPÉRATION 11 MILLIONS D’ÉLECTEURS/ PAUL BIYA NE QUITTERA JAMAIS LE POUVOIR PAR LES ÉLECTIONS, JAMAIS!

Par Michel Biem Tong, Journaliste et correspondant du CL2P au Cameroun

Depuis quelques mois, j’entends parler de la campagne «11 millions d’inscrits». Une initiative portée par l’universitaire et consultant Cabral Libii li Ngue qui, soit dit en passant, est un frère et camarade de ma sœur aînée (aujourd’hui enseignante à l’Université de Ngaoundere) au Lycée d’Eseka. Moi-même, je suis inscrit sur les listes électorales depuis mai 2015 et attend de retirer ma carte d’électeur à Bobine d’Or, au quartier Ekounou à Yaoundé.

Je ne reviendrai pas sur ce qui a été dit sur les dessous de cette campagne. Je crains cependant que cette lumineuse idée de Cabral soit un couteau à double tranchant pour lui car s’il est normal que les citoyens s’inscrivent massivement sur les listes électorales afin de décider de celui qui présidera à leur destinée pour les 7 prochaines années, cette opération risque cependant paraître dans les mois à venir comme un moyen de légitimer la fraude électorale que M.Paul Biya et des membres de sa famille préparent pour confisquer ad vitaem eternam le pouvoir. Et bonjour le discrédit pour quelqu’un comme Cabral Libii qui de par ses analyses pertinentes a travers des médias jouit d’une grande estime au sein d’une bonne frange de la population camerounaise.

ATTENTION CABRAL, CAR LE PEUPLE CAMEROUNAIS N’OUBLIE RIEN.

Mais avec toute la franchise qui caractérise mon être et après avoir regardé les camerounais dans les yeux, je suis convaincu que PAUL BIYA NE QUITTERA JAMAIS LE POUVOIR PAR LES URNES, JAMAIS. Cette idée ne lui a jamais traversé l’esprit. N’avait-il pas déclaré devant les caméras de la Crtv en juin 2004, alors que la rumeur le donnait pour mort, qu’il donne rendez-vous aux Camerounais dans 20 ans pour ses obsèques ? Pour ce faire, lui et ses « frères du village » ont suffisamment balisé le terrain pour régner éternellement sur le Cameroun:c’est lui qui fixe la date des élections, c’est lui qui décide de combien doit être alloué aux opposants en termes de financement de la campagne, c’est lui qui décide même des opposants qui doivent l’affronter, les membres d’Elecam, de la préfectorale et de la Cour suprême ( qui proclame les résultats) sont nommés par lui. L’armée à sa disposition est prêt à mater toute contestation électorale. Le Code électoral d’avril 2012 lui garantit une victoire avant la date. Même sa candidature à lui Cabral Libii à la présidentielle ne changera rien à la donne.

Et même s’il venait à Paul Biya l’idée de quitter le pouvoir, que fera t-il de certains membres de sa famille, véritable association de malfaiteurs qui ne jurent que par la conservation de leur biens mal acquis et dont le triste bilan se résume au détournement de fonds publics, aux assassinats, aux complots contre des serviteurs de l’État les plus brillants (la plupart sont soit en prison, soit en exil), à l’accaparement des projets d’investissement portés par d’hommes d’affaires étrangers, etc. Autant de choses qui font que Biya ne renonce point au pouvoir. Voilà qui me fait douter du succès de l’opération 11 millions d’électeurs. Le dire n’a rien du scepticisme ni du pessimisme mais a tout du réalisme.

La voix des urnes étant donc bloquée, que reste t-il au peuple camerounais pour envisager un avenir sans Paul Biya? Le coup d’État? Mieux vaut ne même pas y penser, l’armée camerounaise étant embourgeoisée et foncièrement corrompue grâce aux multiples passe-droits qu’elle s’offre depuis le coup d’État manqué de 1984 (pratique des multiples salaire encore appelé ‘mboma’, marchés sans appels d’offres, trafics de bons de carburant, etc.). D’ailleurs, deux précautions valant mieux qu’une, Paul Biya a pris toutes les dispositions pour sur-armer et choyer les corps d’élite tel que le BIR, la GP, la DSP, véritable digue de protection prête à parer à toute velléité de coup de force qui pourrait provenir de l’armée régulière, abandonnée à elle-même.

Que reste t-il donc au peuple camerounais pour reprendre sa souveraineté confisquée par un clan familial? Sans être un adepte de la violence, je pense très sincèrement que le Cameroun n’est pas loin des révolutions burkinabé et du printemps arabe, au regard des nombreuses frustrations et humiliations accumulées par le peuple camerounais après 35 ans de dictature et de terreur. Quoi qu’il en soit, les Camerounais ont toutes les cartes en main. A eux et à eux seuls de tirer les conséquences de ce qui précède.

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Par Michel Biem Tong, Journaliste et correspondant du CL2P au Cameroun

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Le Cameroun sous perpétuel ajustement structurel: Les 21 responsables sont tout désignés par le journal Emergence!

DÉCLARATION N° 000007 DU COMITÉ DE LIBÉRATION DES PRISONNIERS POLITIQUES SUITE À UN ARTICLE DU JOURNAL CAMEROUNAIS EMERGENCE INTITULÉ «TRIBUNAL CRIMINEL SPÉCIAL: 21 PERSONNES ENGLOUTISSENT 600 MILLIARDS DE F CFA»

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Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques à travers la présente déclaration fait part à l’opinion nationale et internationale de sa déception suite à un article paru dans l’édition N°1029 du quotidien camerounais «Emergence» du 12 juillet 2017.

Dans cet article qui figure à la page 5 du journal et qui a été publié à la Une du journal sous le titre «Tribunal criminel spécial: 21 personnes engloutissent 600 milliards de F CFA», il est expressément mentionné comme l’indique d’ailleurs la titraille de Une que la somme détournée par 21 «clients» du Tribunal criminel spécial (Tcs) est largement supérieure à ce que le Fonds monétaire international (FMI) vient de prêter au Cameroun, soit 330 milliards de F CFA. S’il est vrai d’après des études menées par le FMI et la Banque Mondiale qu’il existe un lien entre le niveau de développement ou de sous-développement et le degré de corruption dans un pays, cette dernière ne saurait être la seule cause de la mauvaise situation financière de ce pays.

Parmi ces justiciables accusés par le journal d’être responsables du retour du Cameroun au FMI se trouvent des citoyens camerounais que notre organisation reconnaît ou a reconnu comme des détenus politiques, parce qu’ils sont séquestrés en prison non seulement pour des motifs politiques mais aussi sans la moindre preuve de détournement de fonds publics. Il s’agit de Polycarpe Abah Abah, d’Urbain Olanguena Awono, de Jean Marie Atangana Mebara, d’Iya Mohamed et d’Yves Michel Fotso. À ces derniers s’ajoutent les cas Dieudonné Ambassa Zang, en exil politique en France, Me Lydienne Eyoum libérée depuis juillet 2016 à la faveur d’une grâce présidentielle et Pierre Désiré Engo, toujours poursuivi par le Tcs mais en liberté surveillée.

«Détournements imaginaires et inexistants!»

Ainsi, pour le journal Emergence, il s’agit des personnes qui du fait de leur «boulimie» financière auraient plongé les finances publiques dans le rouge. Il n’en fallait pas plus pour que les réseaux sociaux s’enflamment. Pourtant au regard du caractère farfelu des charges retenues contre eux et de la vacuité de leurs dossiers judiciairse, il y a lieu de conclure que ces détournements ne sont ni plus ni moins qu’une simple vue de l’esprit parce qu’imaginaires et inexistants. Le journal ne décrit d’ailleurs pas le mécanisme des détournements en question, pas plus qu’il ne démontre l’intention criminelle des auteurs présumés.

Quel argent «détourné» serait donc à l’origine du retour du FMI au Cameroun?

– Serait-ce les 2,907 milliards de F CFA qui ont valu 25 ans de prison ferme en juin 2016 à l’ancien secrétaire général à la présidence Jean Marie Atangana Mebara alors qu’il s’agit d’une somme d’argent débloquée en juin 2003 par la Société nationale des hydrocarbures sur ordres du ministre des Finances de l’époque, Michel Meva’a M’Eboutou (actuel Secréatire général du Sénat) et réceptionné par Boeing, fabriquant de l’avion présidentiel?

– Serait-ce les 1, 183 milliards de F CFA imputés à l’ancien directeur des Impôts, Polycarpe Abah Abah pour lesquels il a écopé de 20 ans de prison ferme en novembre 2016 alors qu’il s’agit d’un argent reversé à l’ensemble des entreprises et structures bénéficiaires du remboursement des crédits TVA courant mai 2000, malgré la confusion de chéquier reconnue et assumée par la Commercial Bank of Cameroon qui a conduit cette dernière à virer cette somme dans le compte personnel d’Abah Abah sans son avis?

– Serait-ce le «détournement» de 80,864millions de F CFA pour lesquels l’ancien ministre de la Santé, Urbain Olanguena Awono, a été condamné à 20 ans de prison jusqu’à la Cour suprême alors qu’il s’agit d’une somme d’argent perçue par un prestataire de service véreux en cavale après que ce dernier ait introduit au ministère des Finances courant 2004 un dossier de paiement d’un marché de livraison de moustiquaires (non livré), lequel dossier comportait de fausses signatures y compris celle d’Olanguena Awono?

– Serait-ce les 11 milliards de F CFA qui valent 15 ans de prison à l’ancien directeur général de la Société de développement du coton (Sodecoton) Iya Mohamed, alors qu’il ne s’agit ni plus ni moins que de l’ensemble des dépenses régulières et budgétisées dûment validées par le Conseil d’administration de la Sodecoton (salaires et avantages du Dg, financements du club Coton Sport de Garoua, paiements au secrétaire permanent des marchés publics, etc.)?

– Serait-ce la soixantaine de milliards de F CFA qui a valu la prison à vie à l’ancien directeur général de la défunte Cameroon Airlines (Camair) et homme d’affaires Yves Michel Fotso, alors que la Camair n’a pu être sauvé de la banqueroute et ne fonctionnait que grâce aux fonds de son groupe familial?

– Serait-ce les 25 milliards de F CFA imputés à l’ancien directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), Pierre Désiré Engo, dont la fameuse commission rogatoire déclenchée par le TCS en France cherche en vain les traces depuis plus de 3 ans dans son compte bancaire au Crédit Lyonnais Agence International à Paris (clôturé depuis 2001), après une précédente mission infructueuse menée en 2000 auprès du même établissement par MM. Foumane Akame, Ngalle Miano, et Ntibane Bruno?

– Serait-ce les 1,077 milliards dont le détournement est reproché à l’avocate franco-camerounaise Me Lydienne Eyoum, alors qu’il s’agit des frais de procédure à elle conférés par une décision de justice prise dans l’urgence en décembre 2004 et retenus avec l’accord de son client, l’Etat du Cameroun, dans l’affaire opposant ce dernier à la Société générale de banques (SGBC)?

– Serait-ce les 5,8 milliards de F CFA pour lesquels l’ancien ministre des Travaux publics, Dieudonné Ambassa Zang a écopé d’une condamnation à vie par contumace en juin 2015 alors qu’il s’agit non seulement du préjudice de plus de 4 milliards de F CFA rétrocédés à l’Etat du Cameroun (pour ce qui est de l’accusation sur le marché de réhabilitation du pont sur le Wouri) en 2010 à l’issue d’une procédure judiciaire pour rupture abusive de contrat contre l’entreprise UDECTO au tribunal de commerce de Paris, mais aussi de la non-présentation des pièces justificatives à la mission du Contrôle supérieur de l’Etat (au moment où il n’est plus en fonction)?

Non à la présomption de culpabilité!

Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques, sans prétendre donner des leçons de journalisme à Emergence, regrette que le journal n’ait pas abattu ce travail d’enquête minutieux qui lui aurait évité de jeter en pâture des hommes et femmes victimes depuis de nombreuses années d’un croc-en-jambe judiciaire sur fond de règlements de comptes politiques, ou contraint à l’exil loin de leurs familles. Il s’est laissé emporter par la présomption de culpabilité qui consiste à penser qu’être poursuivi et automatiquement condamné au Tribunal Criminel Spécial (Tcs) du Cameroun veut dire qu’on est ipso facto un détourneur de fonds publics.

Les procédures contre MM. Engo et Ambassa Zang par exemple attendent toujours d’être revêtues de l’autorité de la chose jugée qu’Emergence en a déjà fait d’eux des «voleurs»! Les hommes de médias devraient pourtant traiter de l’actualité judiciaire dans le strict respect de la présomption d’innocence. Mais la volonté de faire du «buzz» et de marquer les esprits a certainement été plus forte que tout, sans vouloir rentrer dans les petits secrets d’autres bien basses considérations.

Tant pis pour les victimes dont les vies sont suffisamment brisées et broyées à l’issue de parodies de procès, au mépris de leur droit à un procès équitable qui suppose à minima une condamnation puis une privation de liberté uniquement sur la base de preuves irréfutables et connues de tous.

Fait à Paris, le 13 juillet 2017

Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P)

English version:

Declaration N° 000007 by the Committee for the Release of Political Prisoners , CL2P, Following an Article printed in the CAMEROON Journal, Emergence, and titled « TRIBUNAL CRIMINEL SPECIAL: 21 PERSONS ENGULF 600 BILLION CFA »

The Committee for the Release of Political Prisoners through this declaration informs the national and international opinion of its disappointment following an article published in the edition n ° 1029 of the Cameroonian daily « Emergence » of 12 July 2017.In this article Which appears on page 5 of the newspaper and which has been published in the front page of the newspaper under the heading « Special Criminal Court: 21 people engulf 600 billion CFA francs », Emergence took license to publish that the amount diverted by 21 « clients » of the Special Criminal Court (Tcs) is far greater than what the International Monetary Fund (IMF) has just loaned to Cameroon, 330 billion CFA francs.

The critical part is this: while it is true from studies conducted by the IMF and the World Bank that there is a link between the level of development or underdevelopment and the degree of corruption in a country, corruption alone cannot be the only factor responsible for Cameroon’s poor financial situation, especially, taking into account the regime of Yaoundé’s proven lack of fiduciary duty to the Cameroonian people expressed in the politicization of the court and the uses of media as an additional punishment strategy in forms of tainting and corrupting public opinion..

Simply put, the C2LP recognizes among those individuals accused by the newspaper of being responsible for the return of Cameroon to the IMF, Cameroonian citizens whom our organization recognizes or has recognized as political detainees. Those individuals are sequestered in prison not only for political reasons but also without any evidence of embezzlement of public funds. They are Polycarpe Abah Abah, Urbain Olanguena Awono, Jean Marie Atangana Mebara, Iya Mohamed and Yves Michel Fotso. In addition, Dieudonné Ambassa Zang, who is in political exile in France, has been freed since July 2016 thanks to a presidential pardon and Pierre Désiré Engo, who is still being prosecuted by the Tcs but free under house arrest.

« Imaginary and non-existent misappropriations of Fund! »

Thus, the newspaper Emergence, designed these political prisoners under the category of people suffering from “financial bulimia” and directly responsible for the public finances of Cameroon being in the red. This was enough for social networks to flare up. However, in view of the wackiness of the charges against them and the vacuity of their judicial files, it must be concluded that these diversions are neither more nor less than a mere sight of the mind because they are imaginary and non-existent. The newspaper does not even bother to describe the mechanism of the diversions in question, nor does it demonstrate the criminal intent of the alleged perpetrators.

The most serious question is: What money « diverted » would therefore be the source of the return of the IMF in Cameroon?

– Would it be the 2,907 billion CFA francs that cost 25 years of imprisonment to the former general secretary of the presidency Jean Marie Atangana Mebara in June 2016? Or the conspiracy to defraud the Cameroonian taxpayers headed by the National Hydrocarbons Corporation, on orders of the then Minister of Finance, Michel Meva’a M’Eboutou (current Secretary General of the Senate) and received by Boeing, to finance an illegal acquisition of a new presidential plane in June 2003 and against the recommendation of the IMF?

– Would it be the 1,183 billion CFA francs charged to the former director of taxes, Polycarpe Abah Abah for which he received 20 years imprisonment in November 2016? That money was tax return to all companies and structures benefiting from the reimbursement of VAT credits in May 2000. The Commercial Bank of Cameroon later transferred that tax return into the personal account of Abah Abah, by mistake, and no evidence of a conspiracy to defraud the Cameroonian taxpayer has yet to be evidence.

– Would it be the « diversion » of 80,864 million CFA francs for which the former Minister of Health, Urbain Olanguena Awono, was sentenced to 20 years by the Supreme Court? In fact that sum of money was received by a corrupt service provider after the latter submitted to the Ministry of Finance in 2004 a payment file for a delivery contract for mosquito nets (undelivered), which had false signatures including that of Olanguena Awono?

– Would it be the 11 billion CFA francs worth 15 years of imprisonment to the former general manager of the Cotton Development Corporation (Sodecoton) Iya Mohamed, while it is neither more nor less than All regular and budgeted expenses duly validated by the Board of Directors of Sodecoton (salaries and benefits of the Dg, financing of the Coton Sport Club of Garoua, payments to the Permanent Secretary of Public Procurement, etc.)?

– Would it be the sixty billion CFA francs that earned life imprisonment for the former general manager of the defunct Cameroon Airlines (Camair) and businessman Yves Michel Fotso, while the Camair could not be saved from bankruptcy and only functioned thanks to the funds of his family group?

– Would it be the 25 billion CFA francs charged to the former general manager of the National Social Security Fund (Cnps), Pierre Désiré Engo, whose famous commission rogatory triggered by the TCS in France has been seeking for more than 3 years in his bank account with the Crédit Lyonnais Agency International in Paris (closed since 2001), after a previous unsuccessful mission carried out in 2000 with the same establishment by Messrs. Foumane Akame, Ngalle Miano, and Ntibane Bruno?

– Would it be the 1,077 billion francs of which the French-Cameroon lawyer Lydienne Eyoum is accused of misappropriating the proceeds, while the costs of the proceedings were conferred on her by a court decision taken urgently in December 2004 And with the consent of its client, the State of Cameroon, in the case between the latter and the Société Générale de Banques (SGBC)?

– Would it be the 5.8 billion CFA francs for which former Minister of Public Works Dieudonné Ambassa Zang received a life sentence in absentia in June 2015 when it is not only the More than 4 billion CFA francs returned to the State of Cameroon (as regards the charge on the market for the rehabilitation of the Wouri bridge) in 2010 following a legal proceeding for breach of contract Against the UDECTO company at the Paris Commercial Court, but also for the failure to present the supporting documents to the Higher State Control Mission (when he is no longer in office)?

No to the presumption of guilt!

The Committee for the Liberation of Political Prisoners does not claim to teach the newspaper Emergence how to conduct principled investigative journalism. The C2LP, however, regrets that the newspaper did not bother to do any meticulous investigative work that would have prevented it from adding insults to injury to men and women already victimized by Paul Biya’s legal despotism for many years. A legal despotism manufactured to settle political disagreements and resulting in many families and lives now in ruin. The newspaper has allowed his journalistic deontology to be contaminated by the presumption of guilt which consists in thinking that being prosecuted and automatically condemned to the Special Criminal Court (Tcs) of Cameroon means that one is ipso facto guilty of embezzling funds.

The proceedings against Messrs. Engo and Ambassa Zang, for example, are still ongoing. Emergence, however, has already condemned them in the popular opinion as « thieves »! Media men should, however, are not above the law and therefore must adhere in strict compliance with the presumption of innocence. But the will to make « buzz » and to taint public opinion has certainly been stronger than anything, for Emergence, and this conclusion does not include other low considerations that usually collude with the authorities repeated violation of the public trust.

So much the worse for victims whose lives are sufficiently broken and crushed after parodies of trials, in defiance of their right to a fair trial which presupposes at least a conviction and a deprivation of liberty solely on the basis of irrefutable evidence and acknowledge by all.

Paris, on 13 July 2017

The Committee for the Release of Political Prisoners

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Emergence

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Afrique noire: Macron pointe les 7 à 8 enfants par femme; un raccourci qui passe mal

Macron-Afrique

La vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=p3bzE_aMaQ8

Je peine à trouver dans la déclinaison brillante par Emmanuel Macron de ce qu’il appelle «Le défi civilisationnel africain» un propos insultant, condescendant, ou arrogant à l’égard des ressortissants de ce continent, y compris sur la question sensible du fort taux de natalité.
Bien au contraire, nous avons ici un Président français (le premier certainement) qui articule une vraie vision d’ensemble pour un partenariat global et mutuellement gagnant avec une multitude de pays et d’économies, pour lesquels le vrai défi sera effectivement la maîtrise progressive de la natalité dans un continent où la croissance économique ne parviendra pas dans les prochaines années à l’horizon 2050 (y compris avec les meilleures hypothèses) à absorber l’équivalent de 20 millions de jeunes actifs par an. Ce sont là des statistiques officielles.
Nous pouvons à longueur de commentaires travestir son propos en flattant l’instinct identitaire voire francophobe des pseudo-panafricanistes. Cela n’amoindrira pas l’effort qui doit être fait sur la maîtrise de la fécondité, qui est déjà visible au sein des nouvelles classes moyennes et supérieures africaines.
Il s’agit c’est vrai d’un sujet ô combien sensible et passionnel qui ne mériterait certes pas d’être vu et abordé sous un angle « civilisationnel » – à moins de vouloir nier la pluralité civilisationnelle – mais d’abord comme un impératif économique dans des pays connaissant un exode rural massif vers des villes, avec des populations exposées aux mêmes contraintes que leurs homologues des pays émergents et développés. Dés lors la question de la maîtrise de la fécondité devient logiquement un paramètre incontournable pour le développement ou l’émergence espéré de ces pays.
Pour autant poser le problème de la maîtrise de la fécondité (que personne ne nie) sous l’angle d’un « défi civilisationnel » paraît pour le moins réducteur pour un continent qui est le berceau de l’Humanité et qui en sait un peu plus que ne l’imagine le président Macron en matière de civilisations.
C’est finalement devenu un des travers chez les nouveaux locataires de l’Élysée (qui n’ont peut-être pas eu la culture encyclopédique d’un Charles de Gaulle, d’un Georges Pompidou, d’un VGE, d’un Mitterrand, ou d’un Jacques Chirac) de faire d’entrée étalage de leur grandeur « civilisationnelle » sur les problèmes qui minent effectivement le développement d’une partie du continent, occultant la grande diversité de celui-ci, et surtout l’extrême jeunesse de sa population qui ne posera pas forcément les mêmes problèmes pour son entrée dans le marché du travail que ceux que l’on rencontre dans la vieille Europe par exemple. Si et seulement si les investissements qui doivent y être faits sont assez bien calibrés et territorialement répartis.
N’oublions pas que c’est aussi l’accès à la richesse puis à la connaissance par le plus grand nombre qui concoure plus efficacement à la réduction des taux de natalité. Aider l’Afrique avec un «plan Marshall» n’en serait que plus bénéfique à chacun, y compris à l’Europe et à la France en termes de retombées.

 

Joël Didier Engo, Président du CL2P

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Après les déclarations de Macron sur la natalité en Afrique, la vérité des chiffres

La fécondité africaine alimente les fantasmes et soulève des polémiques. Etat des lieux, alors que 2,5 milliards de dollars supplémentaires sont alloués au planning familial.

Antoinette Sow, son mari Julien et leur fils à Dakar, au Sénégal.

Samedi 8 juillet, en marge du sommet du G20 (groupe des vingt pays les plus riches) qui s’achevait à Hambourg, le président français Emmanuel Macron a répondu à cette question d’un journaliste ivoirien : « Combien les pays du G20 sont prêts à mettre dans l’enveloppe pour sauver l’Afrique ? »

Après avoir estimé que le Plan Marshall « était un plan de reconstruction, dans des pays qui avaient leurs équilibres, leurs frontières, leur stabilité », le locataire de l’Elysée a estimé que le « défi de l’Afrique est différent, il est beaucoup plus profond, il est civilisationnel ». Et de conclure : « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. »

Lire aussi :   « Frères Africains, répondons par le mépris aux élucubrations d’Emmanuel Macron ! »

Hasard du calendrier, trois jours plus tard, mardi 11 juillet, s’est tenue à Londres une conférence, précisément sur le contrôle des naissances, « Family Planning 2020 », organisé par un ensemble d’acteurs publics et privés dont la coopération britannique UKAID, la coopération américaine USAID, le fonds des Nations unies pour la population ou la Fondation Bill & Melinda Gates. L’occasion de revenir sur les chiffres négatifs et positifs de la fécondité africaine, sujet qui alimente les fantasmes et soulève bien des polémiques.

830 femmes meurent chaque jour en couches…

La plupart des décès de femmes liés à la grossesse et à l’accouchement sont évitables et proviennent d’un suivi trop irrégulier, de maladies non prises en charge ou de complications au cours de l’enfantement. 99 % des décès maternels surviennent dans des pays en voie de développement, où peu de femmes se rendent à la maternité pour accoucher. La mortalité maternelle est la première cause mondiale de décès chez les adolescentes de 15 à 19 ans.

… mais la mortalité maternelle recule de moitié en Afrique

En 1990, 996 femmes sur 100 000 mouraient au cours de leur grossesse ; elles n’étaient plus que 555 en 2015. Si elle demeure préoccupante, cette mortalité a pratiquement été divisée par deux, en particulier depuis les années 2000. Avec la progression de la contraception, et l’amélioration de l’accompagnement des grossesses, l’Afrique devrait se rapprocher des taux de mortalités asiatiques, soit environ 120 décès pour 100 000 naissances.

Lire aussi :   Solidarité et climat : Emmanuel Macron est-il le nouveau champion du renoncement ?

Un million de nouveau-nés meurent chaque année en Afrique

Les causes majeures de ces mortinaissances, le terme consacré, sont les complications lors de l’accouchement, ou une infection chez la mère. Dans plus des deux tiers des cas, ces décès ont lieu en milieu rural. Des grossesses trop nombreuses et trop rapprochées peuvent également être dangereuses pour les enfants déjà nés. Ces derniers peuvent manquer de nourriture, de vaccins, de médicaments, ou être en trop forte promiscuité avec d’autres enfants malades. A noter : près de la moitié des 5 945 000 enfants dans le monde qui meurent avant l’âge de cinq ans sont africains (2 820 000).

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43 % des grossesses ne sont pas voulues…

Parmi les femmes en âge de procréer, 214 millions qui ne souhaitent pas tomber enceintes n’ont pas à leur disposition de solutions pour empêcher leur grossesse. Elles sont 155 millions à n’utiliser aucune méthode contraceptive, tandis que 59 millions recourent aux méthodes traditionnelles peu efficaces (retrait ou abstinence pendant les périodes d’ovulation). Conséquence : dans les pays en développement, 43 % des grossesses ne sont pas voulues.

… mais la contraception progresse en Afrique de l’Ouest

En Afrique de l’Ouest et centrale, 1 350 000 femmes supplémentaires ont eu accès à une contraception moderne entre 2012 et 2015. En trois ans, le Partenariat de Ouagadougou, une initiative régionale de planning familial, a eu des effets très positifs sur les populations des neuf pays qui l’ont rejoint. En promouvant une large gamme de contraceptifs, au niveau local, le Partenariat a fait passer le nombre de femmes utilisatrices d’une contraception moderne de 3 000 000 à 4 350 000. L’objectif est d’arriver à 2 200 000 utilisatrices supplémentaires d’ici 2020. A l’échelle de la planète, 30 millions de femmes supplémentaires ont accès à la contraception depuis 2012.

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En Afrique de l’Est et australe, 30 % des femmes recourent à la contraception

Elles sont 7 400 000 de plus qu’en 2012 à utiliser des moyens de contraception modernes. Il s’agit de la plus grosse progression régionale depuis le lancement de Family Planning 2020, l’initiative mondiale pour le contrôle des naissances. Si l’Afrique du Sud, le Botswana et le Zimbabwe avaient déjà des taux avoisinant les 30 % dans les années 1990, le Kenya, l’Ethiopie et le Burundi ont fait des avancées spectaculaires, passant de moins de 10 % à 30 % en vingt-cinq ans.

Une femme sur cinq enceinte avant 18 ans

En 2016, 770 000 filles de 10 à 14 ans sont devenues mères, et 60 % d’entre elles étaient en Afrique subsaharienne. Dans la plupart des cas, la grossesse est accompagnée d’un mariage précoce, et provoque une déscolarisation de la jeune fille. Sans compétences ni diplômes, elles ne peuvent trouver de travail et deviennent dépendantes de leur mari. Par ailleurs, les femmes ayant eu ce parcours ont tendance à reproduire les inégalités dont elles ont été victimes avec leurs filles.

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Les femmes africaines ont 5 enfants, en moyenne

C’est le taux de fécondité le plus élevé du monde, dont la moyenne globale est de 2,5. Dans la région méditerranéenne, le taux est de 3,5, tandis qu’en Asie, le taux est de 2,4. Les Amériques suivent, avec un taux à 2,1, puis le Pacifique, avec 1,8, et enfin l’Europe, avec 1,7 enfant par femme. On estime que le taux de renouvellement de population, permettant de rester à un niveau similaire, est de 2,05 enfants par femme. Mais le taux africain est lui-même très variable d’un pays à l’autre. Ainsi, le Niger a un taux de fécondité de 7,6 enfants par femme, tandis que l’Afrique du Sud est à 2,4, et le Burkina Faso à 5,7.

2,5 milliards de dollars supplémentaires pour le planning familial

Au cours du sommet Family Planning 2020 à Londres le 11 juillet 2017, de nombreux gouvernements se sont engagés à contribuer à la cause : les bailleurs importants de l’aide humanitaire comme le Canada, le Royaume-Uni ou les pays nordiques, mais aussi des pays en voie de développement, comme le Bangladesh ou la RDC. La Fondation Bill & Melinda Gates, ainsi que des entreprises privées, comme Vodafone, contribueront à ce financement.

Coût de la contraception : 2,50 dollars par femme et par an

Les dépenses actuelles pour le planning familial dans les pays en voie de développement sont de 31 milliards de dollars par an : 5,5 pour la contraception, 8,3 d’investissement pour les grossesses non prévues et 17,2 pour les grossesses prévues.

Pour éliminer la mortalité maternelle sans changer l’investissement dans la contraception, il faudrait investir 59,6 milliards de dollars : 5,5 pour la contraception, 16,8 pour les grossesses non voulues et 37,2 pour les grossesses désirées. Or une planification familiale performante serait moins coûteuse que l’adaptation aux grossesses non désirées : 11 milliards pour la contraception, 37,2 pour les grossesses prévues, mais seulement 4,3 pour les grossesses non prévues, pour un total de 52,5 milliards de dollars par an.

En choisissant une politique qui ferait la part belle à la contraception plutôt qu’à l’adaptation aux grossesses non prévues, la communauté internationale économiserait donc 7,1 milliards de dollars.

Une voix autorisée: 

Macron et l’Afrique: « Indiscipline verbale, vacuité intellectuelle ou cynisme? »

Par Achille Mbembe, publié le 12/07/2017

Selon Emmanuel Macron, « quand des pays ont encore aujourd’hui 7 à 8 enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien ». Achille Mbembe lui répond. Hambourg, 10 juillet 2017.

L’intellectuel Achille Mbembe répond aux déclarations polémiques d’Emmanuel Macron sur le défi « civilisationnel » du continent africain et ses « 7 à 8 enfants par femme ».

Le défi « civilisationnel », de l’Afrique, ses « 7 à 8 enfants par femme » qui ne permettent pas de stabiliser la situation: la réponse d’Emmanuel Macron à un journaliste l’interrogeant sur un « plan Marshall » pour le continent africain, à l’occasion du G20 à Hambourg, a choqué. Pour L’Express, Achille Mbembe, professeur d’histoire à l’Université du Witwatersrand, à Johannesburg, et à l’Institut de recherche W.E.B. Dubois sur la recherche africaine et afro-américaine de l’Université de Harvard a réagi.

Il y eut l’affaire du costard: « Vous ne me faites pas peur avec vos t-shirts, la meilleure façon de se payer un costard est de travailler. » « Mais je rêve de travailler monsieur Macron … Tous les chômeurs ont envie de travailler », lui répondit le gréviste.

Un accident? C’était avant l’élection.

Peu après, cette définition d’une gare sortie tout droit du catéchisme managérialiste et sa division du monde en deux camps, celui de ceux qui ont réussi et celui de ceux qui, ayant échoué, n’ont qu’a s’en vouloir à eux-mêmes: « Une gare, c’est un lieu où l’on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. Parce que c’est un lieu où on passe. Parce que c’est un lieu qu’on partage. »

Il y a quelque chose de l’Afrique qui empêche la retenue

Mais comme on le sait, l’Afrique constitue le révélateur absolu. Il y a quelque chose de l’Afrique qui empêche la retenue et qui nous encourage à donner libre cours à nos pulsions les plus obscures: « Ah non, c’est à Mayotte le kwassa-kwassa… Mais le kwassa-kwassa pèche peu, il amène du Comorien, c’est différent. »

Ou encore: « Dans les pays qui font encore sept enfants par femme, vous pouvez dépenser des milliards d’euros, vous ne stabilisez rien. »

L’écrivain camerounais Achille Mbembe, en juin 2011 au festival Étonnants voyageurs à Saint Malo.

Cyril Folliot/AFP

Paroles d’un disciple de Paul Ricoeur? Sauf si l’on admet effectivement que le grand penseur de l’histoire, de la mémoire et de l’oubli était un nanoraciste.

Dans Politiques de l‘inimitié*, le nanoracisme est défini comme « cette forme narcotique du préjugé de couleur qui s’exprime dans les gestes apparemment anodins de tous les jours, au détour d’un rien, d’un propos en apparence inconscient, d’une plaisanterie, d’une allusion ou d’une insinuation, d’un lapsus, d’une blague, d’un sous-entendu et, il faut bien le dire, d’une méchanceté voulue, d’une intention malveillante, d’un piétinement ou d’un tacle délibérés, d’un obscur désir de stigmatiser, et surtout de faire violence, de blesser et d’humilier, de souiller celui que l’on ne considère pas comme étant des nôtres » (81-82).

Paul Ricoeur n’ayant jamais été un nanoraciste, à quoi riment donc ces déclarations? Qu’est-ce qui explique que, confrontés au fait africain, même les meilleurs esprits perdent si facilement la raison? Y-a-t-il quoique ce soit que nous pourrions faire ensemble pour qu’en ce qui concerne les rapports entre l’Afrique et la France, la petite fenêtre ouverte par l’élection de Macron signifie autre chose que la répétition du même, en ces temps de brutalité, d’engourdissement et de flasque paralysie?

« Terre d’opportunité », pour qui?

Non, il n’y a rien a faire ensemble si, pour beaucoup, le Continent n’est qu’un fardeau -terre de d’Etats faillis, de transitions démocratiques avortées, de trafics de toutes sortes (drogues, biens culturels, humains et autres espèces rares), d’immigration irrégulière, du fondamentalisme violent, du terrorisme, et d’une croissance démographique incontrôlée. La solution? Plus de militarisme.

Non, il n’ y a pas grand chose à faire ensemble si pour d’autres (et parfois les mêmes), l’Afrique n’est perçue que comme une « terre opportunité ». Opportunité pour qui, en effet?

Comme la plupart de ses prédécesseurs, Macron s’efforce de réconcilier les deux orientations stratégiques qui gouvernent les rapports franco-africains depuis l’époque coloniale: le militarisme et le mercantilisme.

Il s’impatiente face à ceux qui remettent en cause l’existence de la zone franc: « Si on se sent pas heureux dans la zone franc, on la quitte et on crée sa propre monnaie comme l’ont fait la Mauritanie et le Madagascar. »

Il a raison. Mais pourquoi toujours cette envie d’ajouter un particule devant ces signes autrement indéchiffrables: « du Comorien », « le Madagascar »?

Sortir des marais du militarisme et du mercantilisme

On veut bien croire que les choses sont complexes. On veut bien croire que dans les cas que nous venons d’épingler, il ne s’agit de rien d’autre que d’une indiscipline verbale. Mais il se pourrait également que ces propos soient symptomatiques de la vacuité intellectuelle et du cynisme qui aura gouverné la politique africaine de la France depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Il faut sortir des marais du militarisme et du mercantilisme si l’on veut relancer un véritable dialogue afro-français. Les possibilités de cette relance sont là, hors des méandres de la francophonie. Comme l’indiquent les travaux des intellectuels réunis autour des Ateliers de Dakar, les Africains sont en train d’écrire une Afrique-Monde aux antipodes des poncifs sur lesquels repose la vision des élites françaises et africaines. En France même, des intellectuels français ré-écrivent l’histoire mondiale d’un pays dont les frontières culturelles vont bien au-delà de ses frontières géographiques.

Mais un tel dialogue a besoin d’un ou de deux grands concepts. Le premier, c’est la réalité de la planétarisation de la question africaine et le fait qu’au fond, une partie de l’avenir de la planète risque de se jouer sur ce continent. Le deuxième, c’est que l’humanité ne pourra véritablement faire face aux nouveaux défis planétaires que si elle travaille ensemble à l’avènement d’une civilisation de la circulation.

Macron s’exprimerait dans cette langue -plutôt que dans la langue des milliards d’euros qu’il ne faut justement pas donner a l’Afrique pour cause de « pays qui enfantent sept enfants par femme »- qu’il contribuerait, pour sa part, à ouvrir de nouveaux horizons pour l’ensemble de notre monde.

* Achille Mbembe est l’auteur de Politiques de l‘inimitié, (Paris, La Découverte, 2016).

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France 2, Complément d’enquête du Jeudi 06 juillet 2017- Le clan Bongo une histoire française: des images surréalistes d’un autre monde

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Que dire de plus sur cette excellente enquête de France 2 sans froisser la susceptibilité identitaire et communautaire de celles et ceux qui se considèrent comme les Africains les plus « authentiques »?

Les Vidéos:  

https://www.youtube.com/watch?v=XGTkxbEatZc

https://www.youtube.com/watch?v=sAsiJIzW5n0

Simplement que l’Afrique des Ali Bongo, des Théodorin Obiang Nguema, Biya, Sassou, Déby et tant d’autres satrapes sanguinaires n’est certainement pas celle dont ont rêvé les pères du panafricanisme, et surtout celle dont l’écrasante majorité des ressortissants de ce continent serait fier aujourd’hui. Chacun de nous aurait tant aimé et souhaité dans son for intérieur que les images diffusées jeudi 06 juillet 2017 par France 2 relèvent de la fiction romanesque et des vieux clichés longtemps entretenus sur les despotes Africains.

Que non!

La réalité morbide et sulfureuse était pire que le récit journalistique, et elle ne peut franchement être niée, cachée, ou manipulée, comme a désespérément tenté de faire Ali Bongo en s’offrant un bain de foule loin d’être improvisé dans les rues de Libreville.

Prétexter indéfiniment d’un paternalisme voire d’une ingérence indéniable de la France pour banaliser voire humaniser cette ignominie propre à l’exercice du pouvoir en Afrique centrale, ne nous sera d’aucun secours. Tant l’urgence commande précisément de s’en débarrasser au plus vite dans un esprit d’apaisement et réconciliation avec restitution intégrale des biens et fortunes accumulées mal acquis, l’émergence de nouvelles têtes, et surtout d’une gouvernance en phase avec notre époque.

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Joël Didier Engo, Président du CL2P

cl2p

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Supreme Court Of Cameroon: The Court That Convicts Before Trial

Supreme Court Of Cameroon: The Court That Convicts Before Trial

cour suprême

When the Specialized Section of the Supreme Court sentenced the former Secretary General to the Presidency of Cameroon and Minister of State for Territorial Administration MARAFA HAMIDOU YAYA to 20 years imprisonment, after an overnight hearing, the Court Report of 17 and 18 May 2016 stated that:

« So judged and pronounced by the Specialized Section of the Supreme Court in its ordinary public hearing of three May two thousand and sixteen in the courtroom of the Court »

The reading of this Judgment (which was only available in February 2017), apart from gross distortions of the facts, leaves no doubt that MARAFA HAMIDOU YAYA’s verdict took place on 03 May 2016, i.e. two (2) weeks Before the hearing of 17 and 18 May 2016, during which the report by the counselor – rapporteur was read out, the pleadings of the Counsel for the Accused and the deliberations.

Unfortunately, the Supreme Court justices of Cameroon are only human, subject to the same pressure and temptations as any other humans who have been entrusted with great power: « Power corrupts and absolute power corrupts absolutely. » Over the years, Cameroonian’s judges have increasingly given in to the temptation to abdicate their power under political pressure. Marafa’s verdict, consequently, is an illustration of the contortions that some judges have taken to respond to the pressures exerted on them.

Indeed:

The ruling of 21 and 22 September 2012 rendered by the High Court of the Mfoundi, in flagrant violation of fair trial standards and in a heavily militarized courtroom, sentenced MARAFA HAMIDOU YAYA to 25 years’ imprisonment for « intellectual complicity « Misappropriation of public funds.

When the Courts of Cameroon passes judgment on laws, most people assume that the basis of the judgment is the Cameroonian Constitution. All such decisions are indeed couched in the language of constitutional interpretation, and are reported as « what the Constitution says » in the news. In the case of Minister of State Marafa, however, the Court has resorted to repealed legislation and foreign jurisprudence, using the opinions of foreign courts as precedents for judging the constitutionality of Cameroonian laws, regardless of the fact that judges in Cameroon are sworn to uphold the Cameroonian’s constitution.

As such, the conviction of MARAFA HAMIDOU YAYA by the High Court of Mfoundi was decried by all observers, both inside and outside Cameroon.

On the day of the opening of the trial of MARAFA HAMIDOU YAYA on 16 July 2012, the Government promulgated an opportunistic procedural law and voluntarily infringed the rights of the accused and the rules of fair trial. In particular, this law deprives him of the benefit of a second degree of jurisdiction.

However, complying with the provisions of this new law, MARAFA HAMIDOU YAYA appealed against this judgment.

While this law stipulates that the investigation and judgment of the appeal by the Specialized Section of the Supreme Court are to take place within six (6) months, it is only on 22 March 2016, i.e. 42 months (Three and a half years) after the judgment that the examination of the appeal of MARAFA HAMIDOU YAYA began.

After two (2) useful cross-references, the Court set out to open the hearing at the hearing on 03 May 2016. But on that day, MARAFA HAMIDOU YAYA found herself in the courtroom in the presence of her Successor to the General Secretariat of the Presidency of the Republic, Jean Marie ATANGANA MEBARA. The latter had lodged an appeal with the Specialized Section of the Supreme Court in another case concerning him, the examination of which was curiously scheduled on the same day as the appeal filed by MARAFA HAMIDOU YAYA.

However, the same Specialized Section of the Supreme Court, composed strictly identical, issued a judgment on 6 January 2016, that is to say only four (4) months earlier, endorsing the conviction of Jean Marie ATANGANA MEBARA for attempting to misappropriate the same sums that MARAFA HAMIDOU YAYA is accused of allegedly diverting two (2) years ago.

Hence, given the concomitant presence in the courtroom of Jean Marie ATANGANA MEBARA and MARAFA HAMIDOU YAYA, could this Court condemn the latter after having confirmed the conviction of the first for the same facts? Or will it dare to quash the judgment of the High Court of Mfoundi having condemned MARAFA HAMIDOU YAYA and pronounce its acquittal?

Faced with this situation, after first opening the hearing on the appeal filed by MARAFA HAMIDOU YAYA, the President of the Court, visibly embarrassed, gave the floor to the Advocate General who, contrary to expectations, at the third hearing, requested that the case be referred for alleged « pre-trial proceedings »! Thus, at the request of the Public Prosecution, the hearing is suspended and postponed until May 17, 2016.

At the hearing on 17 May 2016, the Adviser-Rapporteur will read a report which grossly distorts the facts. Counsel for the accused sought a reference to prepare a useful response to this lengthy report. The Court refused to give a favorable opinion. After a night spent on pleadings and deliberations, the Court delivered on 18 May 2016 in the early morning a ruling breaking and quashing the judgment of 21 and 22 September 2012 of the Mfoundi Court of First Instance, for violation of the law, Thus giving reason to those whom this judgment had indignant.

Evoking and ruling again, the Court sentenced MARAFA HAMIDOU YAYA to 20 years’ imprisonment.

On reading this Judgment, which was available only on February 23, 2017, nine (9) months later, it is stated that:

« So judged and pronounced by the Specialized Section of the Supreme Court in its ordinary public hearing of three May two thousand and sixteen in the courtroom of the Court »

However, on 03 May 2016 the hearing did not take place due to the presence in the room of MARAFA HAMIDOU YAYA and Jean Marie ATANGANA MEBARA, as described above.

As a result, on 18 May 2016 the Court delivered the sentence drawn up before the evocation, which it had already adopted and planned to pronounce on 3 May 2016. Thus, the public hearing of 17 and 18 May 2016 was a grotesque staging and a mock trial.

The Specialized Section of the Supreme Court therefore sentenced MARAFA HAMIDOU YAYA on 03 May 2016 before judging it on 17 and 18 May 2016!

The Supreme Court thus confirms the Opinion adopted by the United Nations Working Group on Arbitrary Detention at its 75th session held in New York from 18 to 27 April 2016, according to which the detention of MARAFA HAMIDOU YAYA « is arbitrary and that the Government has an obligation to terminate it and to grant the victim appropriate redress. « 

The Commitee for The Liberation of Political Prisonners (CL2P)

Marafa-Hamidou-Yaya

French version-Version Française

Par Arrêt des 17 et 18 mai 2016, après une audience qui aura duré toute une nuit, la Section Spécialisée de la Cour Suprême a condamné l’ancien Secrétaire Général à la Présidence du Cameroun et Ministre d’État de l’administration territoriale MARAFA HAMIDOU YAYA à 20 ans d’emprisonnement ferme et a conclu en ces termes:

« Ainsi jugé et prononcé par la Section Spécialisée de la Cour Suprême en son audience publique ordinaire du trois Mai deux mille seize en la salle des audiences de la Cour »

La lecture de cet Arrêt (qui n’a été disponible qu’en février 2017), outre de grossières dénaturations des faits, ne laisse aucun doute que la condamnation de MARAFA HAMIDOU YAYA est intervenue le 03 mai 2016, soit deux (2) semaines avant l’audience des 17 et 18 mai 2016 au cours de laquelle ont eu lieu la lecture du rapport par le conseiller – rapporteur, les plaidoiries des Conseils des accusés et le délibéré.

Cet Arrêt est l’illustration des contorsions auxquelles se livrent certains juges pour donner suite aux pressions exercées sur eux.

En effet:

Par jugement des 21 et 22 septembre 2012, en violation flagrante des normes au procès équitable et dans une salle d’audience fortement militarisée, le Tribunal de Grande Instance du Mfoundi a condamné MARAFA HAMIDOU YAYA à 25 ans d’emprisonnement ferme pour « complicité intellectuelle » de détournement de deniers publics.

Pour ce faire, le Tribunal a eu recours à des textes de loi abrogés et à une jurisprudence étrangère à la cause.

La condamnation de MARAFA HAMIDOU YAYA par le Tribunal de Grande Instance du Mfoundi a été décriée par tous les observateurs, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du Cameroun.

Le jour de l’ouverture du procès de MARAFA HAMIDOU YAYA le 16 juillet 2012, le Gouvernement a promulgué une loi de procédure opportuniste et volontairement attentatoire aux droits de l’accusé et aux règles du procès équitable. En particulier, cette loi le prive du bénéfice d’un deuxième degré de juridiction.

Se conformant néanmoins aux dispositions de cette nouvelle loi, MARAFA HAMIDOU YAYA a formé un pourvoi contre ce jugement.

Alors que cette loi dispose que l’instruction et le jugement du pourvoi en cassation par la Section Spécialisée de la Cour Suprême se font dans un délai de six (6) mois, ce n’est que le 22 mars 2016, soit 42 mois (trois ans et demi) après le jugement, que l’examen du pourvoi de MARAFA HAMIDOU YAYA a débuté.

Après deux (2) renvois utiles, la Cour s’est apprêtée à ouvrir les débats à l’audience du 03 mai 2016. Mais, ce jour là, MARAFA HAMIDOU YAYA s’est retrouvé dans la salle d’audience en présence de son successeur au Secrétariat Général de la Présidence de la République, Jean Marie ATANGANA MEBARA. Ce dernier avait formé un pourvoi auprès de la Section Spécialisée de la Cour Suprême dans le cadre d’une autre affaire le concernant, dont l’examen a été curieusement programmé le même jour que celui du pourvoi formé par MARAFA HAMIDOU YAYA.

Or, la même Section Spécialisée de la Cour Suprême, composée de manière rigoureusement identique, avait rendu un arrêt le 6 janvier 2016, c’est-à-dire seulement quatre (4) mois plus tôt, entérinant la condamnation de Jean Marie ATANGANA MEBARA pour tentative de détournement des mêmes sommes que MARAFA HAMIDOU YAYA est accusé d’avoir prétendument détourné deux (2) années auparavant.

Dès lors, devant la présence concomitante dans la salle d’audience de Jean Marie ATANGANA MEBARA et de MARAFA HAMIDOU YAYA, cette Cour pouvait-elle condamner ce dernier après avoir entériné la condamnation du premier pour les mêmes faits? Ou osera-t-elle casser et annuler le jugement du Tribunal de Grande Instance du Mfoundi ayant condamné MARAFA HAMIDOU YAYA et prononcer son acquittement?

Face à cette situation, après avoir ouvert en premier l’audience relative au pourvoi formé par MARAFA HAMIDOU YAYA, le Président de la Cour, visiblement embarrassé, a passé la parole à l’Avocat Général qui, contre toute attente, alors que nous sommes rendus à la troisième audience, demande le renvoi de la cause pour une prétendue « mise en état du dossier de procédure »! C’est ainsi qu’à la demande du Ministère Public, l’audience est suspendue et renvoyée au 17 mai 2016.

À l’audience du 17 mai 2016, le Conseiller-Rapporteur donnera lecture d’un rapport dénaturant grossièrement les faits. Les conseils des accusés ont sollicité un renvoi pour préparer une réponse utile à ce long rapport. La Cour a refusé d’y donner une suite favorable. Après toute une nuit consacrée aux plaidoiries et au délibéré, la Cour a rendu le 18 mai 2016 au petit matin, un arrêt cassant et annulant le jugement des 21 et 22 septembre 2012 du Tribunal de Grande Instance du Mfoundi, pour violation de la loi, donnant ainsi raison à ceux que ce jugement avait indignés.

Évoquant et statuant à nouveau, la Cour a condamné MARAFA HAMIDOU YAYA à 20 ans d’emprisonnement ferme.

À la lecture de cet Arrêt qui n’a été disponible que le 23 février 2017, soit neuf (9) mois plus tard, il est stipulé ce qui suit :

« Ainsi jugé et prononcé par la Section Spécialisée de la Cour Suprême en son audience publique ordinaire du trois Mai deux mille seize en la salle des audiences de la Cour »

Or, le 03 mai 2016 l’audience n’a pas eu lieu en raison de la présence dans la salle de MARAFA HAMIDOU YAYA et de Jean Marie ATANGANA MEBARA, comme décrit ci-dessus.

Il en découle que la Cour a prononcé, le 18 mai 2016, la sentence rédigée avant l’évocation, qu’elle avait déjà arrêté et prévu de prononcer le 03 mai 2016. Ainsi, l’audience publique des 17 et 18 mai 2016 n’aura été qu’une grotesque mise en scène et un simulacre de procès.

La Section Spécialisée de la Cour Suprême a donc condamné MARAFA HAMIDOU YAYA le 03 mai 2016 avant de l’avoir jugé les 17 et 18 mai 2016!

La Cour Suprême confirme ainsi l’Avis adopté par le Groupe de Travail des Nations Unies sur la détention arbitraire à sa 75ème session tenue à New York du 18 au 27 avril 2016 et selon lequel la détention de MARAFA HAMIDOU YAYA « est arbitraire et que le Gouvernement a l’obligation d’y mettre fin et d’accorder à la victime une réparation appropriée ».

Marafa Cour Suprême

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Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P)

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L’HORRIBLE TRADITION DES CRIMES CRAPULEUX AU CAMEROUN. APPEL AUX CITOYENS DU MONDE

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Au Cameroun, les évêques ont publié une déclaration pour dénoncer «l’assassinat brutal» de Monseigneur Jean-Marie Benoît Bala. Le corps du religieux a été repêché au début du mois, le 2 juin, dans un fleuve du centre du pays, 48 heures après sa disparition. Les prélats camerounais parlent aujourd’hui d’un crime «odieux et insupportable».Nous voulons que la lumière soit faite sur ces assassinats.

CAMPAGNE DE SENSIBILISATION CONTRE L’HORRIBLE TRADITION DES CRIMES CRAPULEUX AU CAMEROUN, APRÈS L’ASSASSINAT (UN DE PLUS, FORCÉMENT UN DE TROP) DE MONSEIGNEUR JEAN-MARIE BENOÎT BALA, ÉVÊQUE DE BAFIA .

 

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APPEL AUX CITOYENS CAMEROUNAIS ET DU MONDE ENTIER

NOUS NE POUVONS ET NE DEVONS PLUS ÊTRE SILENCIEUX

, AU RISQUE D’EN ÊTRE COMPLICES.

Joël Didier Engo, Président du Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P – http://www.cl2p.org)

 

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L’humour camerounais…face aux lourds soupçons qui pèsent sur une dictature après l’assassinat d’un évêque catholique.

Un de plus sur une liste qui s’allonge d’assassinats jamais élucidés de serviteurs de l’Église: Mgr Yves Plumey, assassiné à Ngaoundéré (nord) en 1991, l’abbé Joseph Mbassi, retrouvé mort à Yaoundé en 1988, le père Antony Fontegh tué à Kumbo (sud-ouest) en 1990, les sœurs Marie Germaine et Marie Léone, tuées et violées à Djoum en 1992, et le père Engelbert Mveng, tué à Yaoundé en 1995.

L’œuvre «des forces obscures et diaboliques»?

Mgr Samuel Kleda, archevêque de Douala et président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (Cenc) l’affirme sans ambages à la sortie de la Conférence épiscopale camerounaise du mercredi 13 juin, lorsqu’il dit notamment: « le clergé au Cameroun est particulièrement persécuté par des forces obscures et diaboliques ». Cela rejoint les propos du Père García Fernando, supérieur provincial des Xavériens au Cameroun qui, interrogé par le site Vatican Insider jeudi 8 juin, affirme: « La mort de Mgr Bala est une manœuvre visant à discréditer l’Église catholique », confie-t-il, évoquant l’hostilité « de mouvements ambigus qui cherchent à nuire à l’Église, notamment des groupes liés au pouvoir et à des sociétés secrètes ».

La Déclaration des évêques du Cameroun suite au décès tragique de Mgr Jean Marie Benoît BALA, Evêque de Bafia

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Les Evêques du Cameroun se sont réunis en Assemblée plénière extraordinaire au siège de la Conférence Episcopale Nationale à Mvolyé, le mardi 13 juin 2017.

A l’issue de cette assemblée, les Evêques déclarent:
1/ L’Église catholique au Cameroun vit un moment difficile et délicat de son histoire et de sa mission. En effet, au matin du mercredi, le 31 mai 2017, la voiture de Monseigneur Jean Marie Benoît BALA, Évêque de Bafia, se trouvait en position de stationnement anormal sur le Pont de l’Enfance au lieu-dit Ebebda, en direction de Bafia. L’Évêque était porté disparu.
2/ Dès l’annonce de la disparition de l’Evêque, les autorités civiles et religieuses et les pouvoirs publics descendent sur les lieux. Orientés par un étrange message retrouvé sur le siège avant-droit de la voiture, à côté de sa carte d’identité nationale et d’autres pièces personnelles, ils ont donné l’ordre aux Sapeurs-Pompiers, d’entreprendre les recherches du corps de l’Evêque au fond du fleuve. Lesdites recherches continuent jusqu’au matin du vendredi, 2 juin 2017, où la dépouille de l’Evêque a été retrouvée par un pêcheur à quelques kilomètres du Pont de l’Enfance au lieu-dit Tsang et ramenée à la berge par les éléments des forces de défense. Le corps a été identifié par Nos seigneurs Piero PIOPPO, Nonce Apostolique au Cameroun, Samuel KLEDA, Président de la Conférence Épiscopale, Jean MBARGA Archevêque de Yaoundé, en présence des autorités civiles et administratives parmi lesquelles le Gouverneur de la Région du Centre. La dépouille mortelle a été conduite à l’Hôpital Général de Yaoundé.
3/ Le samedi, 3 juin 2017, un avis de décès et un message de condoléances ont été adressés aux fils et filles du diocèse de Bafia et à la famille naturelle du défunt par le Président de la Conférence Épiscopale et l’Archevêque de Yaoundé.

4/ A l’heure actuelle, le corps est à la disposition des autorités judiciaires en vue de la recherche des circonstances, des causes exactes et des auteurs de ce crime odieux et inacceptable.
5/ La mort tragique de Mgr Jean Marie Benoît BALA a choqué et bouleversé le Peuple de Dieu, tous les Camerounais et l’opinion internationale. Compte tenu des premiers constats, Nous, Evêques du Cameroun, affirmons que Mgr Jean Marie Benoît BALA ne s’est pas suicidé ; il a été brutalement assassiné. Voilà un meurtre de plus, et un de trop.
6/ Nous avons le triste souvenir de plusieurs autres prélats, membres du clergé et personnes consacrées qui ont été assassinés dans les conditions non élucidées jusqu’à ce jour. Pensons notamment à Mgr Yves PLUMEY (Ngaoundéré – 1991), Abbé Joseph MBASSI (Yaoundé – 1988), Père Antony FONTEGH (Kumbo-1990), les Sœurs de Djoum (en 1992), Père Engelbert MVENG (Yaoundé – 1995), pour ne citer que ceux-là.
Nous avons le sentiment que le clergé au Cameroun est particulièrement persécuté par des forces obscures et diaboliques.
À l’État du Cameroun,
7/ Les Évêques exigent que toute la lumière soit faite sur les circonstances et les mobiles de l’assassinat de Mgr Jean Marie Benoît BALA.
– Que les coupables soient nommément identifiés et livrés à la Justice pour qu’ils soient jugés selon la loi.
– Que l’État assume son devoir régalien de protection des vies humaines, et notamment celle des Autorités ecclésiastiques.
Les Évêques attendent en outre les conclusions officielles de l’enquête.
Aux meurtriers,
Les Évêques prient pour eux et leur demandent de s’engager dans une démarche de conversion urgente et radicale.
Aux hommes de médias et aux utilisateurs des réseaux sociaux,
8/ Les Évêques leur demandent de renoncer à la diffamation, aux mensonges, aux calomnies, et leur recommandent le respect de la dignité de la personne humaine, de la vérité, de la pudeur et du discernement dans le traitement de certaines informations.
À tous ceux qui se sont mobilisés,
Aux populations d’Ebebda et des environs,
9/ Les Évêques les remercient pour les efforts engagés dans la recherche du corps de l’Évêque bien souvent au risque de leur propre vie.
Aux fidèles du diocèse de Bafia,

 
À la famille naturelle de Mgr Jean Marie Benoît BALA,

 
À tout le Peuple de Dieu,
10/ Nous vous disons : gardez courage, le Christ a vaincu le monde (cf. Jn 16, 33). Vos Pasteurs portent avec vous la douleur de cette triste disparition. Que votre foi ne défaille pas. Puisez les forces nécessaires dans les célébrations eucharistiques, les prières aux suffrages de vos défunts Pasteurs et aussi pour la paix et la justice dans notre pays.
11/ Que la Vierge Marie, Reine des Apôtres, Notre Dame des Douleurs, Patronne du Cameroun, nous accompagne dans cette dure épreuve.

Fait à Yaoundé, le 13 juin 2017

Pour les Évêques du Cameroun, † Samuel KLEDA
Archevêque de Douala, Président de la CENC

NOUS VOULONS ET EXIGEONS QUE TOUTE LA LUMIÈRE SOIT ENFIN FAÎTE SUR TOUS CES ASSASSINATS

 Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P)

cl2p

http://www.cl2p.org

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France, Échec socialiste aux législatives: Le mauvais procès fait aux frondeurs…

Rose Chomdu

François Hollande a été premier secrétaire du PS pendant 12 ans et aurait pu ou dû le réformer à ce moment là. Je le dis d’autant que je suis de ceux qui ont soutenu sa candidature à la primaire puis dans son comité de campagne alors qu’il ne pesait que 3% dans les intentions de sondages face à un DSK auquel rien ne résistait .

Je situe le début de la descente aux enfers des socialistes aux synthèses alambiquées entre-soi, puis aux renoncements à des promesses progressistes emblématiques (droit de vote des étrangers, contrôles aux faciès…) qui ont fini par éloigner à jamais le PS de son électorat de base.

Le PS était déjà social démocrate dans ses propositions et il suffirait de lire les propositions des différents candidats à la primaire puis celles portées par François Hollande lors de sa candidature présidentielle. En démocratie on est élu sur un programme et on ne s’en écarte pas au motif que les électeurs seraient des imbéciles qui ne comprennent rien à l’économie ou aux nécessaires équilibres budgétaires. C’est avant l’élection qu’il faut courageusement le dire et écrire. Si Barack Obama s’était comporté de la sorte aux USA je ne pense pas un seul instant qu’il aurait pu achever son premier mandat.

Les « frondeurs » ont bon dos dans l’explosion d’un parti dont l’élite bureaucratique et inamovible n’avait en réalité plus aucune prise avec sa base électorale depuis des décennies et a surfé par carriérisme sur la notoriété laborieusement construite par François Mitterrand pendant plus de 25 ans d’opposition puis 14 années de pouvoir. Emmanuel Macron a eu le temps d’analyser à l’Elysée puis à Berçy et sait désormais les erreurs qu’il ne devra pas pas commettre, qui n’étaient pas liées sous la présidence Holllande uniquement à la ligne économique mais à la capacité de proposer un projet cohérent en adéquation avec les défis du moment et de l’appliquer de manière équitable.

C’est réducteur de ramener la fracture entre les dénommés « frondeurs » et les partisans de la gauche dite de gouvernement uniquement sur la posture social-démocrate ou social libéral de droite ou de gauche…C’est se contenter de la présentation caricaturale maintes fois assénée dans les médias.

Parce que le PS est en réalité social démocrate depuis le tournant de 1983-1984 avec l’arrivée de Laurent Fabius à Matignon..Jacques Delors, Michel Rocard, DSK et tant d’autres encore étaient des sociaux-démocrates. Ce dont il a été question et qui a focalisé la brouille entre les frondeurs et les autres sous Hollande c’est le renoncement non assumé par le locataire de l’Élysée à des marqueurs progressistes, auxquels y compris Barack Obama (Social libéral emblématique) n’aurait pas osé.

En effet quand on offre sans la moindre contrepartie plus de 20 milliards d’Euros par an de cadeaux fiscaux (le fameux CICE) à un patronat sans l’avoir dit ou écrit nulle part dans ses engagements de campagne, et que dans le même temps on rechigne à desserrer l’étau sur certaines discriminations (comme les contrôles au faciès, l’accueil des réfugiés,…), son électorat de base finit par ne plus rien y comprendre à cette gauche dite de gouvernement. Et si par la suite elle vient l’assommer avec « une déchéance symbolique de la nationalité » qui existe déjà (rejetée y compris par Emmanuel Macron), puis avec la loi El Khomri à coups de 49-3, etc… Les électeurs n’en peuvent ou veulent plus. C’est humain.

Ce sont là autant de facteurs aggravant qui peuvent expliquer que les électeurs ne se déplacent plus. Car l’essence de la démocratie consiste aussi à essayer au mieux des possibilités de mettre les engagements de campagne en application, puis d’expliquer pourquoi on n’y arrive pas, comme a su notamment le faire Barack Obama aux États-Unis sur la circulation de armes ou les détenus de Guantánamo par exemple.

Je vous remercie

Joël Didier Engo

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