«Man no run»: Pour que le rêve devienne réalité / Man no Run: Making the Dream come True

«Man no run»: Pour que le rêve devienne réalité!

BIYAMARAFA

Par Olivier Tchouaffe, PhD, Porte-parole du CL2P

La nouvelle lettre du ministre d’État Marafa Hamidou Yaya aux Camerounais: «Faire de 2018 une année utile pour le Cameroun»… a commencé par son euphémisme habituel « certains veulent me sortir du débat politique ». Le ministre d’état, Hamidou Yaya, fait sans aucun doute allusion à l’approche « Sun Tzu’esque» de M. Paul Biya pour dégager du champ politique toute alternative politique crédible à son régime improductif et délabré des 35 dernières années.

En effet, le ministre d’État Marafa Hamidou Yaya est doté d’un curriculum vitae, d’une intégrité et d’une expérience impeccables. Il a été ministre conseiller spécial, secrétaire général de la présidence du Cameroun et ministre d’État chargé de l’administration territoriale et de la décentralisation du Cameroun (2002-2011). Il est depuis cinq (05) ans arbitrairement détenu dans un cachot de Paul Biya, en violation totale des conventions internationales et même des recommandations des Nations Unies. Il ne fait aucun doute que le sacrifice du ministre Marafa tient uniquement au fait qu’il est considéré comme le successeur potentiel le plus crédible et donc le plus craint au dictateur de Yaoundé.

Soyons honnêtes pour une fois. Aucun Camerounais ou homme ordinaire n’apprécie vraiment la manière dont le régime de Biya traite ses citoyens, mais nous avons fait semblant de l’ignorer ou ne pas le voir (c’est tout comme) au fil des années pour «éviter des ennuis». Mais l’échec dramatique du régime de Biya a maintenant atteint des proportions telles que, même son plus fervent apparatchik n’hésiterait pas à reconnaître que le Cameroun est bel et bien devenu un de ces «pays de merde» auxquels le Président Trump a fait allusion; ce d’autant que c’est comme ça que ce pays traite ses propres citoyens: comme de la merde.

Pour être encore honnête une fois de plus, nous ne sommes même pas sûrs que Biya pense pouvoir nous sortir de ce bordel, ou s’il le veut vraiment?

N’oublions pas, être né camerounais est une bénédiction et une malédiction. Pour la majorité, la vie commencera et ne se terminera avec rien, rien tout le long. Beaucoup d’entre nous n’aurons ainsi eu droit à rien. Par exemple, comme le souligne le ministre Marafa, le taux de chômage des jeunes camerounais est supérieur à 50%. Donc, il ne s’agit pas d’avoir une attitude dystopique, les chances d’une écrasante majorité des Camerounais ordinaires de réussir au Cameroun restent nulles.

La meilleure chance du Cameroun de s’émanciper depuis un siècle, ou plus, a été gaspillée. Pourquoi? Ce n’est pas que les Camerounais ordinaires aient manqué d’intelligence et de tripes. Malheureusement, beaucoup d’entre nous, pour beaucoup de raisons, se sont résignés devant la dictature. Une corruption matérielle qui a, en retour, génère une corruption spirituelle.

Les caractéristiques distinctives de notre black-out spirituel sont triples:

– Premièrement, nous normalisons le mensonge et nous naturalisons la criminalité. Nous faisons de nos mensonges l’ordre normal des choses. Et nous faisons que nos crimes ressemblent à l’ordre naturel des choses.

– Deuxièmement, nous encourageons la collusion ou compromission et récompensons l’indifférence. Nous faisons paraître la méchanceté comme un signe d’intelligence et de virilité. Et nous faisons du cœur froid et dur l’exemple même du triomphe, de la réussite, et de la victoire.

– Troisièmement, le manque d’âme. Quand vous pensez à la liberté humaine du point de vue de l’âme, l’âme aspire à la liberté et à la justice sans limite, pas seulement dans un endroit isolé mais dans l’expérience humaine toute entière. L’âme ne peut s’accommoder de la dictature.

Par conséquent, pas besoin de chercher de faux «leaders» ou «hommes providentiels» qui promettent de nous sauver de ce « marais » de la pauvreté, de la corruption et d’autres dangers, car ces «leaders» s’appuient sur des images exagérées pour leur propagande. La tactique des systèmes totalitaires est d’attiser la peur et de se proclamer simultanément comme sauveur devant ses adeptes captivés et encensés. Ces messieurs passent le temps à se tordre de tous les côtés pour se présenter comme des «victimes», et inciter ainsi davantage d’indignation parmi leurs adeptes pour installer encore plus de dictature.

Les Camerounais ordinaires doivent exiger davantage de notre processus électoral. Nous comprenons qu’avec un système aussi corrompu que de nombreux électeurs soient littéralement démoralisés. Par contre, «Man no Run», parce que les changements nécessaires pour l’amélioration et l’élévation de la société doivent provenir uniquement des Camerounais ordinaires et non des politiciens du RDPC.

Le concept de « Man no run » sert de validation tangible à l’un des dictons préférés du Dr Martin Luther King Jr. – « L’arc de l’univers moral est long, mais il penche irréversiblement vers la justice » – cela doit motiver de millions de camerounais ordinaires pour honorer la vie et la vision de ce militant des droits civiques, tous pleins d’espoir, mais avec la compréhension unanime qu’un résultat juste n’est jamais garanti, mais plutôt fonction du travail persistant de tous les humains unis malgré les différences perçues.

Comment les gens – en tant qu’individus, membres d’une communauté camerounaise diverse mais à plusieurs égards encore disparates, peuvent-ils continuer à contribuer à la réalisation du rêve du Dr. King? Nous avons tous besoin d’un esprit d’unité, tout le monde se rassemblant pour notre démocratie et nos droits civiques. Tout le monde livre évidemment sa propre bataille, mais si nous ne joignions nos forces, nous allons inévitablement continuer à nous effondrer.

Olivier Tchouaffe, PhD, Porte-parole du CL2P

marafalemessager1

English version

Man no Run: Making the Dream come True

Marafa-Jacques Chirac

By Olivier Tchouaffe, PhD, Spokesman of the CL2P

Senior minister, Marafa Hamidou Yaya’s new letter to Cameroonians: « Making 2018 a useful year for Cameroon … began with his usual understatement that “some want to push me out from the political debate. » Senior minister Hamidou Yaya is undoubtedly referring to the “Sun Tzu’esque” approach of Mr. Paul Biya to clear the political field from any credible political alternative for his unproductive and crumbling regime of the past 35 years.

Indeed, Senior minister, Marafa Hamidou Yaya, curriculum vitae, integrity and experience are impeccable. He was Secretary-General to the Presidency of Cameroon and Senior Minister for Territorial Administration and Decentralization of Cameroon (2002-2011). He is now arbitrarily detained in Biya’s dungeon during the past five (05) years in total violation of the United Nations Human Right Conventions and opinion. It is without a doubt that senior minister Marafa’s sacrifice is due to the knowledge that he is considered the most credible and feared potential successor to the dictator of Yaoundé.

Let us be honest for once. No normal ordinary Cameroonians or human being, for that matter, liked how the Biya’s regime treats its citizens but have just ignored it over the years to “stay out of trouble.” But, the drastic failure of the Biya’s regime has now got to a point where, even an apparatchik of the Biya’s regime, recognizes the needs to start looking at Cameroon as one of these “shithole countries” that Trump referred to, in that this is how the country actually treats its citizens and how those in power use that power.

To be honest once more, we are not even sure how Biya thinks he can get us out of this mess, or even if he actually really want to?

Let’s not forget, being born Cameroonian is a blessing and a curse. For the majority, life will start and end with nothing and in between you will have nothing. As senior minister Marafa points out, the unemployment rate for young Cameroonians is over 50%. So, it is not about having a dystopian attitude, chances for ordinary Cameroonians at being successful remain nil.

The best chance of Cameroon had in a century or more to become emancipated was wasted. Why? It’s not that ordinary Cameroonians lacked guts. Sadly, many of us had the instincts and intellect to realize that resistance was useless, you can’t give it to the man, even when you are the man.

Hence, the distinctive features of our spiritual blackout are threefold:

– First, we normalize mendacity and naturalize criminality. We make our lies look like the normal order of things. And we make our crimes look like the natural order of things.

– Second, we encourage callousness and reward indifference. We make mean-spiritedness look manly and mature. And we make cold-heartedness look triumphant and victorious.

– Third, the soul. When you think about human freedom from the perspective of the soul, the soul yearns for limitless freedom and justice, not just in one isolated spot but throughout human experience.

Therefore, no need to seek false ‘leaders’ who promise to save us from this ‘swamp’ of poverty and corruption and other dangers as these very ‘leaders’ rely on exaggerated images for their propaganda. The tactic of totalitarian systems is to stoke fear and simultaneously proclaim itself as savior to its enthralled and brain washed followers. Any criticism by their democratic host societies which by the very nature of their openness allowed their rise in the first instance they will twist into presenting themselves as ‘victims’ and thus incite further outrage amongst their followers.

Hence, ordinary Cameroonians need to demand more from our election process. We understand that with our pay to play that is so corrupt that many voters are demoralized. The changes needed for the betterment and uplift of society must come from ordinary Cameroonians alone and not career politicians of the CPDM.

The concept of “Man no Run” serves as the tangible validation for one of Dr. Martin Luther King Jr.’s favorite sayings – « the arc of the moral universe is long, but it bends toward justice » – that needs to come in the form of millions of ordinary Cameroonians to honor that civil rights activist’s life and vision, all defiantly hopeful, yet with a unanimous understanding that a just outcome is never guaranteed, but rather dependent upon the persistent work of all humans united despite any perceived differences. How people – as individuals, members of a diverse but in many ways still disparate Cameroonian community, and the larger global village – can continue contributing to the achievement of Dr. King’s dream. Hence, we all need a spirit of unity, everybody coming together for our democracy and civil rights. Everyone has their own battle to fight, and unless we lock arms and join forces [on issues], we’re going to continue to crumble.

Olivier Tchouaffe, PhD, Spokesman of the CL2P

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LE CAMEROUN DE PAUL BIYA ET SA JUSTICE AUX ORDRES: DE GRÂCE NE PARLEZ PAS D’ÉTAT DE DROIT!

LE CAMEROUN DE PAUL BIYA ET SA JUSTICE AUX ORDRES
Par Joël Didier Engo, Président du CL2P
Le drame dans ce pays c’est de voir qu’une justice aux ordres peut ainsi infliger toutes les peines les plus surréalistes à des innocents, sachant précisément que cela ne suscitera aucun émoi, aucune indignation, y compris des professionnels du droit, encore moins des supposés acteurs politiques et de la société civile…
Il faudra pourtant un véritable devoir de mémoire pour restaurer l’état de droit dans ce pays.
Car quand des magistrats (je suppose bien formés ) peuvent délibérément condamner des accusés sur des motifs aussi débiles que la « complicité intellectuelle de détournement de deniers publics » ou la  » tentative d’escroquerie par voie de publication informatique »…cela veut dire que l’en-sauvagement est généralisé et ne s’encombre même plus avec la science juridique.
AFFAIRE SAPACK ET EBOUTOU/NE ME PARLEZ PLUS DE JUSTICE DANS CE BLED
Par Michel Biem Tong, Web journaliste, Correspondant du CL2P au Cameroun
30 mois de prison ferme pour Patrick Sapack et David Eboutou. C’est à dire 19 mois déjà purgés et 11 autres à passer à la prison centrale de Kondengui. Plus question de faux en écriture privée pour lequel le tribunal a été saisi par une ordonnance de renvoi. La fausse facture « made in Jean Pierre Amougou Belinga (PDG groupe de presse l’Anecdote) » a été écartée par ce dernier.
On ne parle plus que « de tentative d’escroquerie via les réseaux sociaux » sur lequel les accusés n’ont ni été auditionné, ni été inculpé, ni été mis en examen mais pour lequel ils ont été condamnés. Pourtant, les juristes disent qu’un tribunal ne peut statuer que « in rem » (des faits dont il est saisi par une ordonnance de renvoi).
De grâce, ne me parlez plus de la République du Cameroun mais d’une grande bananeraie prise en otage par une véritable association de malfaiteurs. Ne me parlez plus de cette « Républiquette » où un homme d’affaires, en un claquement de doigt et pour peu qu’il ait des relations avec certains barons du régime, peut jeter des innocents en prison sous n’importe quel motif. Ne me parlez plus de la justice camerounaise, de certains magistrats camerounais, de l’indépendance de la justice, de l’État de droit, etc.
Ne me parlez plus de Laurent Esso, actuel tout puissant ministre de la Justice, fossoyeur de l’État de droit au Cameroun.
De grâce, ne me parlez plus de tout cela et de peur de me pousser à bout.
David Eboutou et Patrick Sapack reconnus non coupables « d’escroquerie » ainsi que du « faux en écriture privée », etc. » mais néanmoins condamnés pour … « complicité de tentative d’escroquerie par voie informatique »
Par Alex Gustave Azebaze, Directeur de Publication du Messager
Selon une publication de l’un de leurs avocats, Me Christian Ntimbane Bomo, David Eboutou et Patrick Sapack auraient été reconnus « NON COUPABLES POUR FAUX EN ÉCRITURE PRIVÉE, NON COUPABLES POUR ESCROQUERIE » Et d’ajouter,  » mais ouvrez bien les oreilles »; ils sont « RECONNUS COUPABLES POUR TENTATIVE D’ESCROQUERIE PAR VOIE DE PUBLICATION INFORMATIQUE… »
En conclusion, les deux hommes de médias sont condamnés à « DEUX ANS ET DEMI d’emprisonnement (soit 30 mois) » révèle Me Christian Ntimbane Bomo!! Et 97.500Fcfa de dépens à payer au trésor public par personne ! ! !
Cette décision rendue en première instance par le tribunal de Yaoundé est quand même un peu compliquée.
amougou-belinga
BONJOUR MES AMIS!!!
Par David Eboutou
IL FALLAIT ABSOLUMENT UNE CONDAMNATION!!! ILS ONT EU LEUR CONDAMNATION!!!
Je vois encore ces images dans ma tête. Ce président de la collégialité des juges n’a jamais été autant gêné de visu que ce jour….
Mais il lui aura fallu lire! Oui lire machinalement ce qu’il aura ô j’imagine rédigé au dictakt
Donc au final, David Eboutou et Patrick Sapack reconnus NON COUPABLES POUR FAUX EN ÉCRITURE PRIVÉE, NON COUPABLES POUR ESCROQUERIE mais ouvrez bien les oreilles,RECONNUS COUPABLES POUR TENTATIVE D’ESCROQUERIE PAR VOIE DE PUBLICATION INFORMATIQUE..
RÉSULTAT: DEUX ANS ET DEMI d’emprisonnement (soit 30 mois)!! et 97.500Fcfa de dépens à payer au trésor public par personne ! ! !
Le grand manitou qui était parfaitement au courant de la perfidie aura pris soin de faire rentrer subtilement ses caméras dans la salle pour capter cet instant  »jouissif », se fera surprendre par des amis qui donneront le signal aux gardiens de prison dans la salle qui décideront de confisquer ces images (qui servent de propagande au dieu Méphisto dans ses ‘victoires’ de  »justice »)
Me Christian Ntimbane Bomo nous l’avait dit longtemps à l’avance et je le cite: » Ces gars là craignent le mentor de l’autre (Laurent ESSO, pour ne pas le nommer), ils ont reçu instruction de vous coller 03 ans. Ils n’ont pas le choix. Bien que sachant le dossier vide, ils ont leurs carrières à défendre ! » .
Maître, tu avais l’info! Sauf qu’ils ont juste réduit de 06 mois!! C’est donc une victoire!! Le bourreau lui même nous avait promis 05 ans (il savait sur qui compter et où appuyer), sauf que là, nous avons gagné, on en a pris juste la moitié ! ! !
Le bourreau connaissait la décision! Il est vraiment introduit hein!! Nous ferons la Une de tous ses organes de presse dès ce soir (vision 4, anecdote etc…) .Nous serons mis à la Une et les  »grands dinosaures » analyseront et décrypteront! Vive le PDG ! Vive le boss ! ! Il dit et la chose s’accomplit!! Alléluia ! !
Mes Chers amis! Mon ami Sapack et moi sommes heureux d’êtres en vie!! (Nous sommes conscients de ce que Méphisto peut faire)!!
Ainsi se boucle un épisode ! Mais l’histoire s’écrit tous les jours et demain n’est pas encore écrit ! ! ! !Bien malin sait de quoi demain sera fait!!
Ma conviction est que les plus forts d’aujourd’hui seront les plus faibles de demain et en ce moment là qu’adviendra-t-il alors pour les bourreaux d’hier!!!
Rendons grâce à Dieu en toutes choses ! ! !

cl2p

Comité de Libération des Prisonniers Politiques – http://www.cl2p.org
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Le pouvoir et les cobayes politiques au Cameroun / Power and Political Guinea Pigs in Cameroon

Le pouvoir et les cobayes politiques au Cameroun

électionsaucameroun

Les élections en régime autocratique sont une autre expérimentation politique où le dictateur trompe le peuple afin qu’il obtienne et affiche une onction populaire forcément imméritée. Les régimes autoritaires reposent tous sur des pratiques frauduleuses qui, parfois, sont considérées comme naturelles. En pratique la dictature est en fait une quête permanente d’expérimentation politique. L’histoire de la dictature est toujours faîte de pratiques trompeuses et les populations constituent ses cobayes.

Ainsi, l’élection n’est pas la pierre angulaire de la démocratie dans les régimes autocratiques où toutes les institutions sont privatisées, il n’y a aucune séparation de pouvoir et pas de libertés publiques pour le moins qu’on puisse dire dans ces régimes. Le dictateur sape constamment le système judiciaire en nommant des juges flexibles à tous les niveaux de la magistrature, des nominations qui continueront à avoir un effet longtemps après que le dictateur a quitté le pouvoir, et qui ont même parfois le potentiel de voir se perpétuer les violations des droits humains par les administrations successives.

Les régimes autoritaires sont connus pour truquer le système de vote de haut en bas – du choix des candidats à la manipulation des scrutins. La privatisation de l’État entre les mains du tyran rend la compétition politique non seulement coûteuse, mais aussi impossible pour quiconque s’y hasarde sans son consentement tacite; sauf bien évidemment pour certains candidats hyper-connectés à des réseaux d’influence et ceux qui comptent sur de puissants soutiens extérieurs, parce que le népotisme et le clientélisme sévissent dans l’autocratie. De plus, tous les camerounais qui sont éligibles n’ont pas le même accès au vote, et surtout pas un droit égal de s’y présenter. Fondamentalement parce que dans ce marché de dupes qui prévaut dans la scène politique camerounaise, il semble acquis et concerté entre les acteurs choisis par le dictateur que les prisonniers politiques soient absolument privés de leurs droits.

Une autre raison est que les électeurs ne sont pas suffisamment éclairés sur le vote et les campagnes politiques. Le système éducatif s’écroule et les médias sont ou des caisses de résonance de la pensée unique, ou censurées, quand bien même le paysage médiatique offre une belle façade pluraliste.

Par conséquent, les démocraties meurent lorsque les électeurs sont trompées. Certes les dictateurs meurent aussi – mais que faire si le système ne permet qu’à une poignée de psychopathes d’arriver au pouvoir?

À ce égard, l’une des missions du CL2P est de fournir aux citoyens ordinaires des connaissances civiques leur permettant de penser de manière critique et autonome, puis de voter en conséquence. Cela commence bien évidemment avec les Camerounais ordinaires qui soient en mesure de refuser de prolonger indéfiniment la mascarade électorale du régime de Biya, qui les utilise uniquement comme des cobayes. En effet, pouvoir faire la différence entre la propagande et la démonstration politique, c’est-à-dire avec des actions qui ont un sens dans leur propre vie réelle serait déjà une indéniable avancée, afin notamment d’établir une distinction claire entre la vie biologique et biographique.

Le savant français, Didier Fassin, appelle la vie biographique, la capacité de sacraliser sa propre vie à travers son intégrité personnelle et son témoignage. Il commence par le postulat que la connaissance de la vie n’est jamais complètement saisie, que lorsque l’existence et la vie vécue se rejoignent. C’est la vie à travers laquelle les Camerounais ordinaires peuvent, en toute indépendance, donner un sens à leur propre existence. En tant que tel, faire de sa vie une biographie implique deux qualités spécifiquement humaines: donner un sens aux événements qui se sont produits et utiliser le langage pour le transmettre.

Ainsi, nous devons privilégier une «politique de la vie» avec des formes ou des choix de politiques qui donnent une valeur spécifique à la vie humaine; par opposition à la «vie nue» produite par des États autocratiques punitifs, où la vie humaine est réduite à la chair de cobayes. Les vies biographiques sont fondées sur des principes humanitaires, comme la pratique de la gestion de la vie précaire, qui doit considérer chaque personne comme une personne à part entière. Dans sa formulation du concept de biolégitimité, Didier Fassin part donc de la reconnaissance que le droit à la vie est devenu prioritaire sur le plan des droits humains, en relation (directe) avec les droits sociaux et économiques.

Aussi, le premier mandat de tout gouvernement humanitaire est de protéger la vie humaine sans la mettre inopportunément en danger.

Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques

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prisonniers politiques au cameroun 2018

English version

Power and Political Guinea Pigs in Cameroon

votezpourmoi

Elections in autocratic regime are another political experimentation where the dictator tricks the people into gaining an undeserved political unction. Authoritarian regimes are all built on fraudulent practices that in times come to be seen as natural. In practice, the dictatorship is in fact a quest of political experimentation. The history of dictatorship is always a history of deceptive practices and the people its guinea pigs.

Thus, election is not the cornerstone of democracy in autocratic regimes where there all the institutions are privatized, there are no checks and balances and no public liberties to say the least. The dictator constantly undermines of the judicial system through the appointment of pliant judges across all levels of the judiciary, appointments that will continue to have an effect long after the dictator leaves office and have the potential for subsequent administrations to get away with eroding human rights more easily.

Authoritarian regimes are known to rig the voting system from the bottom-up—from choice of candidates to cheating at the polls. The privatization of the state in the hands of the tyrant makes running for office not merely expensive but impossible for anyone but the super-connected because nepotism runs rampant in autocracy.

More, not all Cameroonians who are eligible has equal access to vote because we have political prisoners who are deprived of their rights. Another one is that voters go to the polls to make an informed decision. Yet, however, the education system sucks and the media – both of which are prerequisites for voters to be less susceptible to populism, are in the hands of the dictator.

Hence, democracies die when voters want to be lied to. Studying liars who just happen to come along and supply what happens to be in demand is secondary. Dictators will come and eventually go – but what if the system only for a string of psychopaths to come to power?

One of the CL2P’s missions is to provide for civic knowledge for ordinary citizens to think critically & vote accordingly. That begins with ordinary Cameroonians refusing to continue the Biya’s regime charade that uses them solely as guinea pigs. Knowing the difference between propaganda and demonstration which mean actions that make sense in their own lives in order to make the difference between biological and biographical lives.

The French scholar, Didier Fassin, calls biographical life, the capacity to sanctity one own life through personal integrity and testimony. It begins with the knowledge that life is never grasped more fully than when existence and living come together. Thus, the life through which ordinary Cameroonians can, independently, give a meaning to their own existence. As such, making one’s life into a biography implies two specifically human qualities: making sense of events which have occurred and using language to transmit it. Thus, a “politics of life” that constitute forms of politics that give specific value and meaning to human life as opposed to the “bare life or the naked life produced by punitive autocratic states where human life is reduced to flesh and the state of guinea pigs

Biographical lives are predicated on humanitarian principles, as the practice of governing precarious lives, that must consider every person as equal. In his formulation of the concept of biolegitimacy, consequently, Didier Fassin begins from the recognition that the right to life has gained priority on the human rights agenda in relation to social and economic rights.

Therefore, the first mandate of any humanitarian government is to protect human life not endanger it.

The Commitee For The Release of Political Prisoners

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La nouvelle lettre de Marafa Hamidou Yaya aux Camerounais: «Faire de 2018 une année utile pour le Cameroun….Certains veulent m’écarter du débat politique»

Tribune: Faire de 2018 une année utile pour le Cameroun.

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Chers compatriotes,

L’année 2018 débute, où vous aurez à faire un choix capital pour l’avenir de notre pays. En effet, lors des élections présidentielles, législatives et municipales, vous serez le pilote qui peut, soit laisser aller le navire à sa dérive actuelle, soit au contraire l’en sortir pour le diriger sur le bon cap.

Certains considèrent ces échéances comme un mal nécessaire, voire une menace. Je vous invite au contraire à y voir une chance. La chance de faire de 2018 une année utile pour le Cameroun. Une année utile, enfin, après des décennies d’immobilisme et de renoncements. Il ne s’agira pas de régler ses comptes avec le pouvoir en place, ou au contraire, d’écarter systématiquement toute alternance démocratique. Ce serait une nouvelle occasion manquée pour notre pays.

Certains veulent m’écarter du débat politique. Depuis six ans, malgré les obstacles, les menaces et les épreuves de la vie, j’ai réfléchi constamment, jour après jour, à l’avenir du Cameroun. Par mes lettres ouvertes et mes tribunes, j’ai partagé avec vous, chers compatriotes, mes analyses, et je vous ai soumis des propositions concrètes sur les problèmes du moment ou de l’avenir.

À l’approche des échéances électorales de 2018, que diriez-vous si je me taisais? Vous penseriez que je manque de courage, que je privilégie peut-être ma libération au prix de mon silence, dans un marchandage secret avec le pouvoir. Au regard de l’expérience que j’ai acquise au service de notre pays, et de ce que je lui dois, j’estime de mon devoir d’apporter ma contribution à vos réflexions afin que vous puissiez faire en 2018, le choix utile pour le Cameroun. C’est ce que j’entends faire dans cette tribune, qui s’adresse à vous avec modération, hors des polémiques, des clivages partisans et des querelles de personnes.

Comment faire de 2018 une année utile pour le Cameroun?

Au moment de tirer le bilan du septennat qui s’achève, il nous faut regarder la réalité de notre pays en face. Cette réalité nous dit quatre vérités: il nous faut reconstruire notre unité nationale ; il nous faut réformer nos institutions pour que le Cameroun puisse être gouverné efficacement; il nous faut changer de modèle économique pour créer des emplois et lutter contre la pauvreté; enfin, il nous faut rétablir le leadership international du Cameroun.

Ce sont ces quatre vérités que je souhaite explorer avec vous.

  1. La première est qu’il nous faut reconstruire notre unité nationale.

Ce n’est pas un appel incantatoire à l’unité que je lance ici, encore moins une invitation à vous ranger, tous comme un seul homme, derrière quiconque; je laisse cela à d’autres. Ce que je veux, c’est rappeler, particulièrement aux plus jeunes, pourquoi l’unité est littéralement vitale pour le Cameroun, et comment, alors qu’elle est menacée, nous pouvons ensemble la consolider.

Pourquoi notre unité est-elle vitale? Parce que c’est la seule réponse que les Camerounais peuvent apporter à la pluralité singulière de leur pays. Pluralité qui se reflète tant au plan physique que sociolinguistique et historique. Seul le Cameroun, sur notre continent, incarne à la fois l’Afrique des plaines et des plateaux, l’Afrique des forêts et des savanes, l’Afrique des chrétiens et des musulmans, l’Afrique anglophone et francophone.

Etre camerounais, c’est vouloir vivre libre, c’est-à-dire à l’abri de l’injustice, d’où qu’elle vienne, dans une nation riche de ses sociétés plurielles, et qui protège ses milieux naturels et ses paysages. À ceux qui voient dans cette diversité les germes d’une fragilité, répondons, comme nos aînés, que notre pluralité, nos différences, qu’elles soient ethniques, religieuses ou linguistiques, ne constituent nullement un terreau propice aux crises, mais, plutôt, des pierres d’angle pour construire notre Nation.

Aujourd’hui, notre unité nationale est menacée. Certains de nos compatriotes sont tentés par un repli identitaire ou communautaire. Cette tentation se nourrit essentiellement d’un sentiment: le sentiment d’injustice. La crise anglophone, qui persiste et s’aggrave, en est l’illustration dramatique.

Malgré l’état d’urgence, malgré les mesures prises par le Chef de l’État pour répondre aux revendications de nos compatriotes anglophones, les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest vivent dans une situation de quasi rébellion. Les morts s’accumulent parmi les populations civiles, et parmi les représentants de nos forces de l’ordre. Je veux dire ici ma profonde sympathie aux familles endeuillées. La Nation devra se souvenir de ces fils et de ces filles perdues dans ce conflit fratricide. Elle devra se souvenir de ces enfants morts pour le Cameroun, ou pour l’idée qu’ils s’en faisaient.

Aujourd’hui, sans oublier les souffrances d’hier ni celles du moment, nous devons rechercher le chemin vers la paix, et 1 ‘unité. Quand bien même nos valeureuses forces armées parviendraient à restaurer le calme, pensez-vous que nous pourrions continuer comme avant? Le bon sens nous dit que si la même politique était appliquée, elle ne ferait que creuser des cicatrices profondes, qui, mélangées à un passé mal vécu, à des considérations économiques à court terme et une vision d’un futur idéalisé, ne ferait qu’accroître le nombre des séparatistes.

Alors, que faire? Mes chers compatriotes, c’est à vous, par votre vote, qu’il appartiendra, cette année, de décider. Les candidats qui se présenteront à vos suffrages devront vous dire clairement leurs propositions sur la question anglophone. La gravité de la crise que traverse notre pays appelle autre chose que les déplorations véhémentes des uns et les vagues promesses des autres.

Pour ma part, je voudrais partager avec vous trois convictions sur la question anglophone:

La première est que le particularisme anglophone est une réalité vivante et durable, que le Cameroun doit reconnaître dans sa loi organique. En effet, tous nos compatriotes originaires des régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest aspirent, chacun au fond de son cœur, à une certaine reconnaissance de ce particularisme, qui ne s’appuie ni sur des affinités ethno-religieuses, ni sur un découpage administratif arbitraire, mais sur une culture forgée par une histoire et une langue qui les distinguent. Reconnaître par la loi ce particularisme, ce n’est pas affaiblir notre pacte social. Au contraire, comme le sable qu’on ajoute au ciment permet d’obtenir un mortier plus dur, c’est l’enrichir et le solidifier.

Ma deuxième conviction, c’est que pour reconnaître ce particularisme dans notre loi, ni le fédéralisme, ni la décentralisation ne seraient efficaces. L’un serait un retour paresseux en arrière, l’autre, la décentralisation, est un dispositif d’efficacité administrative qui s’applique uniformément à toutes les régions. Une autre voie mérite d’être étudiée, c’est celle d’une dévolution de certains pouvoirs de l’État à un Parlement et un exécutif représentatifs de ces deux régions. Les pouvoirs ainsi transférés à ces instances s’appliqueraient dans un premier temps aux domaines de l’éducation et de la formation, de la santé et des services sociaux, de la justice. Par la suite, ces pouvoirs pourraient être élargis à d’autres compétences.

Ma troisième conviction est que, nous devons enrayer le décrochage économique dont souffre la zone anglophone vis-à-vis de la zone francophone. Ce décrochage est réel. Et les causes en sont bien connues: rapportées au nombre d’habitants, les sommes allouées par l’État aux régions anglophones sont deux fois moindres que dans les régions francophones. Ce décalage, qui nourrit le sentiment d’injustice, doit être corrigé par un rééquilibrage, dans la loi de finances, des sommes allouées aux différentes régions du pays, en prenant en compte leur poids démographique.

Mes chers compatriotes,

Comme vous pouvez le constater, la justice, la confiance, et la responsabilité sont les valeurs centrales sur lesquelles s’appuie ma réponse à la question anglophone. Ce sont les valeurs sur lesquelles nous pourrons reconstruire notre unité.

Mais, me direz-vous, pourquoi ne pas étendre la dévolution à d’autres régions qui subissent elles aussi les effets néfastes de notre centralisme? L’unité ne signifie pas l’uniformité, mais la cohérence et la cohésion. La culture politique des régions francophones reflète le mode de gouvernance centralisé hérité de la période coloniale. La décentralisation visait à en atténuer les effets négatifs, mais ce processus est aujourd’hui en panne, comme le chef de l’état l’a reconnu dans son récent discours à la Nation. Il est urgent de le relancer. Pour cela, je vous proposerai, dans les semaines à venir, un nouveau mécanisme de relance de la décentralisation, qui s’appuiera lui aussi sur les valeurs de justice, de confiance, et de responsabilité.

  1. J’en viens maintenant au deuxième grand axe de mes préconisations pour le pays : il faut que le Cameroun puisse être gouverné.

    Le gouvernement actuel semble frappé d’immobilisme. Comme moi, vous constatez chaque jour que les paroles du chef de l’État se transforment rarement en actes. Comme moi, vous voudriez lui demander:

    – Qu’est devenu le programme de réhabilitation et de construction des forages d’eau potable pour l’Extrême-Nord, que vous aviez promis en octobre 2011, à Maroua, lors de la campagne présidentielle? Les populations locales l’attendent toujours!

– Où sont les tracteurs et les voitures dont vous annonciez l’assemblage au Cameroun?

– Pourquoi le port en eau profonde de Kribi, qui devait être livré, entièrement équipé et opérationnel en juin 2014, n’a-t-il toujours pas démarré ses activités?

– Pourquoi les travaux sur l’autoroute Douala-Yaoundé, que nous attendons depuis 20 ans, sont-ils interrompus?

– Pourquoi seuls 20 km ont été réalisés, après quatre années de travaux?

– Pourquoi le Conseil Constitutionnel prévu par la Constitution de 1996 n’a-t-il pas été créé, alors que devant la Nation, le 31 décembre 2012, vous vous engagiez à le faire après les élections sénatoriales de 2013?

– Pourquoi tous ces retards, pourquoi toutes ces infrastructures sur ou sous dimensionnées, pourquoi ces grandes réalisations déjà obsolètes avant leur mise en service?

Vos questions seraient d’autant plus légitimes que le Chef de l’État lui-même, année après année, lors de ses vœux à la Nation, déplore cet immobilisme.

Peut-on continuer ainsi? Assurément, non. Certains parmi vous pensent qu’il suffirait de changer de président pour que tout aille mieux. Pour d’autres, c’est l’entourage de celui-ci qui est en cause. D’autres encore attendent le sempiternel remaniement supposé pour relancer la machine. Hélas, trois fois hélas, toutes ces solutions sont vaines.

En effet, ce ne sont pas seulement le capitaine et l’équipage qui sont en cause, mais le moteur lui-même, c’est à dire notre agencement institutionnel. Il a été conçu, il y a 60 ans, pour un pays de moins de 3 millions d’habitants, faiblement alphabétisé, dans le monde fermé de la guerre froide.

Pour répondre aux impératifs de dynamisme, de flexibilité et de compétitivité du monde dans lequel nous vivons, le Cameroun doit avoir un exécutif efficace. Pour cela, nous devons réformer notre constitution. Cette réforme, je propose de l’articuler sur deux principes: la responsabilité et l’alternance.

Le premier principe est de bon sens. Il ne doit pas exister de pouvoir sans responsabilité. Ceux qui gouvernent doivent être comptables de leurs actes devant vous. Or ce n’est pas le cas aujourd’hui au Cameroun. L’immobilisme qui paralyse le pays, qui en est responsable? Le Président, le gouvernement, le parlement ou l’administration? Nul ne sait, nul n’est jamais sanctionné. Pour dégager sa responsabilité vis-à-vis de l’opinion, l’exécutif se décharge sur les juges, et leur jette en pâture des responsables, souvent choisis sur des critères strictement politiques. Or, la situation du Cameroun, 10 ans après le début de l’opération Épervier, prouve qu’une réponse judiciaire aux problèmes essentiellement politiques de la gouvernance est inefficace.

Le deuxième principe, celui de l’alternance, relève lui aussi du bon sens. Nos sociétés modernes changent et se complexifient à une telle vitesse que nul ne peut plus prétendre pouvoir diriger son pays, pour le bien de tous, durant des décennies. Songez qu’il y a deux septennats de cela, nous étions 6 millions de camerounais en moins, et songez qu’Internet en était chez nous à ses balbutiements! L’alternance, qui renouvelle les idées et les hommes, est en outre le meilleur moyen de lutter contre la clanisation, dont vous connaissez les ressorts: on s’entoure de proches, qui eux-mêmes se reposent sur des proches. Lorsqu’au sommet de l’Etat l’absence d’alternance atteint le point culminant du clan, la bonne gouvernance devient impossible. Le clanisme est la porte ouverte à toutes les combinaisons, à tous les arrangements, au détriment d’une bonne gestion des biens publics, au détriment du peuple, à votre détriment.

C’est à vous, chers compatriotes, d’apprécier si oui ou non ce point culminant de la clanisation du pouvoir a été atteint dans notre pays. La question que vous devez vous poser en 2018, et poser aussi à tous les candidats est celle-ci: peut-on espérer moraliser la vie publique et lutter contre la corruption sans mettre au cœur de notre constitution ces deux principes de responsabilité et d’alternance? À mon avis, non. Il est urgent de renoncer à ce régime semi- présidentiel, dans lequel la responsabilité de diriger le gouvernement se dissout, se dilue entre le président et le Premier ministre. La constitution dont le Cameroun a besoin doit placer au sommet de l’État un président responsable, qui dirige lui-même ses ministres. Cela, sans Premier ministre. Un président qui gouverne et non un président qui règne. Au plan législatif, un parlement plus resserré, plus représentatif de notre réalité démographique – et qui contrôle effectivement l’action gouvernementale.

Par ailleurs, cette nouvelle constitution devra garantir une alternance démocratique réelle – et non plus virtuelle! À cet égard, je propose de limiter la durée du mandat présidentiel à sept ans, renouvelable une fois, pour une durée de 5 ans.

Cette réforme institutionnelle est indispensable à l’instauration d’un système judiciaire probe, indépendant. Elle mettra fin aux pratiques judiciaires actuelles qui participent de manière significative à la perte de légitimité de l’Etat, et qui font obstacles aux réformes économiques dont notre pays a besoin.

  1. En effet, créer des emplois, lutter contre la pauvreté nécessite, et c’est le troisième point sur lequel je veux insister aujourd’hui, de changer notre modèle économique.

Regardons la réalité en face: notre modèle économie fabrique des chômeurs parce que nous manquons de compétitivité et que nous nous endettons pour financer des projets sans utilité économique.

La pauvreté ne cesse d’augmenter, et touche, selon la Banque Mondiale, plus de 8 millions de camerounais. Le taux de chômage chez les jeunes dépasse les 50%, Enfin, notre dette s’envole. Le FMI vient de la classer en risque élevé, ce qui signifie qu’elle a financé des investissements improductifs. Je suis le seul responsable politique à avoir déploré publiquement, les 800 milliards CFA engloutis pour organiser la CAN. Ils rentrent dans cette catégorie d’investissements stériles, au même titre que toutes ces grandes réalisations déjà obsolètes avant même d’être opérationnelles.

N’est-il pas temps de changer de cap?

Notre économie ne·se redressera pas d’un coup de baguette magique. Être pour ou contre Biya ne suffit pas à constituer un programme.

La nouvelle économie mondiale est globale, compétitive, ultra- technologique, et soucieuse d’environnement.

Chers Compatriotes, adapter notre économie à cette nouvelle donne, ce que je propose, requerra un effort important. Il est prioritaire d’investir dans trois domaines en particulier: les infrastructures, l’innovation et l’éducation.

Nous avons besoin de routes et de chemins de fer plus rapides et plus fiables pour transporter les hommes et les marchandises, nous avons besoin d’un réseau Internet haut débit pour transporter les informations; nous avons besoin d’une recherche scientifique ambitieuse pour profiter des immenses opportunités économiques offertes par les nouvelles technologies; nous avons besoin de mieux former nos jeunes, et pour cela de mieux former nos professeurs, afin que les travailleurs camerounais soient capables d’occuper les emplois de demain.

Si nous faisons cet effort, le Cameroun deviendra compétitif’: nous irons reprendre nos emplois dans ces pays qui nous vendent des biens manufacturés ou des produits alimentaires que nous pourrions fabriquer ou produire nous-mêmes.

Je pense à ces fameux ordinateurs, importés à prix d’or et offerts aux étudiants de la part du Président. D’autres pays comme la Côte d’Ivoire et l’Éthiopie ont choisi de les fabriquer eux-mêmes pour créer des emplois chez eux. Pourquoi pas nous?

Je pense aux 700 000 tonnes de riz que nous importons chaque année, et que nous pouvons produire.

Si le Cameroun devient compétitif: nous irons reprendre nos emplois dans les pays qui exportent chez nos voisins ce que le Cameroun pourrait leur vendre.

Le Nigéria est un débouché naturel pour certains de nos produits alimentaires ou d’élevage. Aidons nos entrepreneurs à y prendre pied, comme notre puissant voisin aide ses grands groupes nationaux à se déployer chez nous.

À l’Est, les conflits en RCA et au Sud-Soudan ne doivent pas nous masquer le fait que ces pays sont potentiellement riches, et seront à reconstruire. Ils sont situés, comme le Cameroun, sur l’axe Asie – Afrique – Amérique, le long duquel se reconfigure le commerce mondial. Ce seront des clients pour nos services notamment bancaires, portuaires, logistiques, médicaux, mais aussi de télécommunications ou de travaux publics.

Si, le Cameroun devient compétitif, nous irons reprendre nos emplois dans les pays vers lesquels les investisseurs se tournent, car ils les jugent plus attractifs que le Cameroun.

Notre pays se classe parmi les derniers rangs par rapport à la facilité d’y entreprendre des affaires. La corruption, l’insécurité juridique, et le manque d’infrastructures le pénalisent. Si nous faisons les réformes institutionnelles que je vous ai soumises, nous regagneront rapidement un meilleur classement, car elles se traduiront par un assainissement du système judiciaire.

Quand aux infrastructures, ceux qui ont pris la décision de priver d’internet près de 5 millions de nos compatriotes, pendant trois mois, n’ont pas compris le monde dans lequel nous vivons. Les technologies de l’information et de la communication créent de la valeur ajoutée, c’est-à-dire du travail et de la richesse. Nous devons rapidement accroître la qualité de nos réseaux téléphoniques et la vitesse de connexion Internet, cela en abaissant sensiblement les prix de ces services.

La compétition pour le travail se joue à l’échelle mondiale. Mettre la science au cœur de notre système d’éducation pour nous lancer à la conquête de ce monde nouveau, c’est un défi à notre portée. Il ne tient qu’à nous de le relever. À cet égard, apprenons à regarder nos enseignants comme des bâtisseurs de la Nation, et donnons leur la même considération que nos soldats qui en sont les défenseurs.

Mais, notre développement économique ne doit pas se faire au détriment de notre environnement. Aujourd’hui, nos forêts sont pillées. Nos mines sont souvent confiées à des entreprises au mieux inexpérimentées, au pire criminelles, ou laissées entre les mains d’exploitants clandestins qui polluent les cours d’eau au détriment de la santé des populations.

Sur le littoral, la mangrove disparaît. L’extrême-Nord se désertifie à vue d’œil. La sécheresse y tue en silence, et contraint des villages entiers à la migration vers d’autres régions du pays.

Le Cameroun doit assumer sa responsabilité écologique: Je propose la création urgente d’un organisme parapublic qui, dans tout projet économique touchant nos ressources minières, forestières ou fauniques, veillera à la prise en compte de l’accompagnement social des communautés, de la durabilité environnementale et de l’ aménagement territorial.

(IV), C’est au prix de tous ces efforts que notre pays pourra retrouver son leadership international.

Le Cameroun est devenu un pays faible: assisté sur le plan économique, assisté sur le plan militaire, et sans influence sur la plupart des grands leaders internationaux, qui, pour certains, jugent nos représentants infréquentables.

Qu’il s’agisse du nombre et de la qualité des personnalités d’envergure qui visitent notre pays, ou avec lesquels notre chef de l’État dialogue; qu’il s’agisse de la participation de notre pays aux réflexions internationales sur les grands sujets mondiaux, africains ou même régionaux; ou encore du poids de notre pays dans les règlements des conflits qui se multiplient à nos frontières, à tous les égards, l’influence du Cameroun au plan international s’affaiblit chaque jour un peu plus.

Il est urgent de rétablir notre rang. Pour être considéré et respecté, le Cameroun doit démontrer qu’il est assez fort pour se réformer démocratiquement. Sa sécurité et son indépendance doivent être garantie par une armée forte. Elle n’est pas au service du président, du gouvernement, ou du parlement, mais exclusivement au service de la Nation. Réaffirmons notre soutien à nos soldats qui se battent pour notre Nation, et soutenons leurs familles.

Au moment de faire votre choix en 2018, pensez au leadership du Cameroun comme si c’était celui de votre famille, et demandez-vous quel programme, quel candidat sera le mieux en mesure de le restaurer.

Mes chers compatriotes, je vous ai parlé d’un choix utile pour le Cameroun. Je l’ai fait avec gravité et vérité. Je vais vous dire pourquoi. Au fond de moi, j’ai la certitude que nous formons un grand peuple, capable des plus grands accomplissements lorsqu’il se mobilise, mais qui peut, s’il se divise sombrer dans le chaos. C’est pourquoi, je suis certain qu’au moment de choisir, vous saurez surmonter vos préjugés, vos découragements, vos rancunes, pour faire de 2018 une année utile pour le Cameroun.

crise anglophone

Avant de conclure, permettez-moi de dire quelques mots à nos compatriotes anglophones:

My fellow citizens,

The entire Nation has heard the voices which, since October 2016, have risen from the anglophone regions. She has recognised the echoes of the suffering endured by many Cameroonians across the country. In those voices she has also recognised the voices of our elders who fought, risking their lives, against the injustice of the colonial system to gain our independence and to build a nation where every person, regardless of language, creed or tribe will get a fair shake in life.

Being Cameronian should not be considered a historical fatality but should instead mean pursuing this ambition of a fair society. Each of us has the responsibility to keep our elders’ ambition alive during the upcoming 2018 elections.

The candidates and political parties presenting themselves must tell us what they intent to do to get our country out of its stagnation. What is their response to the anglophone question?

I can clearly see that the path you have led us to is one of justice and change, much needed by Cameroon. So it is time to act and to make 2018 a useful year for our country.

These elections should not just give our people a government that is more benevolent. They should give them a govemment that is more competent and efficient.

The world has changed since the eighties! We live, study and do business in a digital era. Internet is not a jukebox or a Playstation you can tum off whenever you consider it too noisy! In this hypercompetitive time, Cameroon cannot win the future with a government of the past.

In that vein, to address the anglophone question, I am proposing a reorganisation of our institutions, which provides, in particular, the devolution of power to a representative parliament and executive of the Northwest and Southwest regions.

My fellow citizens, this is not a time to give up on our Nation/ it is a time to build Cameroon.

It is our spirit that will keep our Nation alive for generations to come.

Happy New Year Everyone.

Marafa Hamidou Yaya a notamment été secrétaire général à la présidence du Cameroun et ministre d’État chargé de l’administration territoriale et de la décentralisation du Cameroun (2002-2011). Maintenu depuis cinq  (05) années en détention arbitraire en violation de l’avis de l’ONU, il est considéré comme le potentiel successeur le plus crédible et redouté au Président Paul Biya.

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Notes sur les régimes de merde: Faisons d’abord nos Preuves! / On ShitholeGate: Let’s Pay our Dues

Notes sur les régimes de merde: Faisons d’abord nos Preuves!

JMTV PLUS

Par Olivier Tchouaffe, PhD, Porte-parole du CL2P

Le passage récent de Patrice Nganang dans Le Bœuf Bourguignon de Jackie Moiffo sur JMTV Plus a été un puissant révélateur, notamment sur la façon dont il met en lumière les machines à enfumer du régime Biya.

Tout d’abord, il y avait des informations très intéressantes sur les deux régions anglophones ghettoïsées, maintenues en état de siège par le gouvernement de Yaoundé, et où le Wi-Fi n’est accessible que de manière limitée dans une boîte de nuit dans une ville sous couvre-feu permanent. Il y a aussi ces apparitions menaçantes des tontons macoutes habillés comme des Ninjas et ce voyage de 45 minutes qui prend deux jours. Puis, le comble, ces différents jeunes camerounais que Nganang rencontre et qui ont tous l’air d’avoir le double de leur âge biologique!

Il va sans dire que, dans cet environnement surréaliste, la seule chose que le gouvernement a à offrir est la misère et la répression. Ce qui contredit la propagande du régime à propos d’ une politique de développement linéaire, homogène, progressiste dans l’ensemble du pays; et met définitivement à nu les limites d’une telle propagande. Car tout cela ne tenait en réalité plus qu’à un fil, au point où y compris les bonnes personnes considérées et dépeintes comme des instigateurs n’avaient en réalité plus besoin d’orchestrer ou fomenter quoique ce soit pour que la situation s’empire et explose.

En effet, s’il est bien connu que nous avons tous tendance aux mimétismes, un des traits les plus fondamentaux de notre humanité, nous sommes aussi tous façonnés d’abord par ce que nous voyons, entendons, et ressentons.

À ce sujet, la chose la plus immédiate à craindre et qui se dégage du carnet de voyage de Patrice Nganang c’est la manière dont le régime de Yaoundé a poussé durant ces 35 dernières années, aussi bien ses partisans que ses adversaires supposés à abandonner leurs valeurs morales, éthiques et professionnelles, puis à céder à leurs instincts primitifs avec récemment ces appels au génocide et au nettoyage ethnique que le CL2P a vigoureusement dénoncés et condamnés.

Comment les tyrans détruisent l’autonomie de la volonté et rendent les gens faciles à la suggestion?

En pratique, il n’y a hélas aucune possibilité d’autodétermination lorsque les gens ordinaires sont sous une influence maléfique, avec la répétition des traumatismes et des pratiques autodestructrices. C’est ainsi que la faible moralité des États déteint sur ses citoyens. Surtout quand la norme qui se répand consiste à acquérir puis conserver le pouvoir coûte que coûte, et ensuite d’humilier ou dénigrer les ennemis désignés, qui sont généralement ici nos propres compatriotes.

Paradoxalement, ce n’est pas cet état d’esprit là que Patrice Nganang semble avoir rencontré lors de son périple dans les deux régions anglophones du Cameroun. Même si ces gens ont beaucoup à se plaindre, l’écrivain dit avoir partagé le quotidien avec des êtres humains qui, contrairement à nombre de leurs compatriotes francophones, refusent d’abandonner leur décence atavique. Ce, alors même que Nganang semble représenté et est dépeint comme un être revendiquant son appartenance à un monde anglophone décrit d’une obscurité impénétrable. L’écrasante majorité des francophones camerounais ont ainsi la tête branchée sur le spectacle sans fin des conneries du régime Biya, ce que Donald Trump appelle «shithole». Il est donc logique qu’ils se ferment à toute expression de compassion et à toute politique humanitaire. En soutenant et encourageant l’escalade guerrière ils se privent absolument de l’opportunité de rencontrer et redonner l’espoir d’un vivre ensemble.

Aussi, si comme Patrice Nganang et le CL2P vous vous sentez outragé par les 35 années de dictature implacable de Paul Biya, ou même d’autres dictateurs voisins et partout ailleurs, n’en restez pas là, ne vous en tenez pas uniquement à votre indignation sur Facebook ou Instagram: Agissez, Faites ainsi quelque chose de bien pour ce monde qui est le nôtre, il en a cruellement besoin. Et vous pourriez même rencontrer de l’espoir en chemin et maîtriser admirablement l’art de vivre ensemble en paix en tant que frères et sœurs du même pays. Nous le devons à notre lieu de naissance ou d’origine, d’où nous tirons notre âme et notre identité.

Olivier Tchouaffe, PhD, Porte-parole du CL2P

Vidéos: L’Après séquestration au Cameroun: Rencontre entre Patrice Nganang et la diaspora à Paris dans un entretien convivial sur Jmtvplus Jmtvplus

https://www.youtube.com/watch?v=Q1uqXpGp2ns

https://www.youtube.com/watch?v=X-NcNfHae1U&feature=share

English version

On ShitholeGate: Let’s Pay our Dues

JMTV PLUS1

By Olivier Tchouaffe, PhD, Spokesman of the CL2P

The Recent passage of Patrice Nganang on Jackie Moiffo’s Le Boeuf Bourguignon was very powerful in the ways it shines a light on the Biya’s regime gaslight machine.

First, there was some very interesting information of a ghettoized region under siege by the government where Wi-Fi can only be accessed in limited fashion in a night club in a city under curfew. There are threatening appearances of soldiers dressed like Ninjas and a 45 minutes trip that takes two days and a series of young Cameroonians Nganang meets along who look twice their age!

Needless to say that, in this surrealistic environment, the only thing the government has to offer is misery and repression which contradict the regime’s propaganda of progressive linear development in the country and lay bare its wicked results and it only take good people to stand by and do nothing for the matter to get worse.

It is well known, however, that we tend to imitate each other. This is one of the most basic features of our humanity. Indeed, we are all shaped by what we see, hear and feel. Consequently, the most immediate thing to be feared during Nganang’s trip is the way the regime of Yaoundé has inspired, for the past 35 years, both its supporters and its perceived opponents to abandon their moral, ethical, and professional standards and give in to their unchecked instincts to acquire power and humiliate or denigrate their perceived enemies, usually their fellow countrymen. Thus, how tyranny destroys autonomy of the will and renders people easy prey to suggestion. Thus, no possibility of self- sovereignty when ordinary people are under malignant influence including the repetition of trauma and self-destructive practices. Therefore, how the weak morality of the states rub off on its citizens.

However, that is not what Nganang found during his trip in the Anglophones region of Cameroon. Even though, these people have a lot to complain about and to be aggrieve about, he found who against their fellow Francophone countrymen, are refusing to abandon their basic decency.

Thus, while Nganang seems to depict a world of what seems like an impenetrable darkness. There Francophones seem to have their heads plugged into the unending show of bullshit, what Donald Trump calls “shithole.” Therefore, closing themselves off to the possibility of compassion and humanitarian politics. They also deprive themselves of the opportunity of encountering hope.

As with Patrice Nganang and the CL2P, If you find yourself outraged by 35 years of Biya’s dictatorship, or dictators everywhere for that matter, don’t just sit there, don’t stew or Facebook or Instagram your statement about it: Do something good in the world. The world could use it. And you might even encounter some hope along the way and master the art to live together in peace as brothers and sisters. We owe it to our place of birth and where we get our soul and identity from.

Olivier

Olivier Tchouaffe, PhD, Spokesman of the CL2P

cl2p

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La démocratie des masochistes et des crédules au Cameroun / Democracy of the Masochistic and the Credulous in Cameroon

La démocratie des masochistes et des crédules au Cameroun

Biya Vote

Pour un pays pauvre, comme le Cameroun, on peut se demander pourquoi tenir et aller encore aux élections? Nous pouvons certainement économiser l’argent qui sera dépensé dans les simulacres d’élections, présidentielles notamment, pour financer les écoles publiques et la santé des Camerounais ordinaires. En effet après 35 ans au pouvoir, la plupart des Camerounais savent déjà que Biya ne va nulle part, et ils sont coincés avec lui et sa célébration obscène quasi non-stop de sa propre immortalité. Les quelques-uns qui l’approuvent encore le font parce qu’ils croient que son immortalité obscène déteindra sur eux et qu’ils deviendront aussi immortels, comme l’a souligné le réalisateur Jean-Pierre Bekolo dans son film Le President: Quand savez-vous qu’il est temps de s’en aller?

Ainsi, l’élection au Cameroun n’est plus qu’un drame inutile et un autre coup de publicité pour un dictateur qui n’arrête pas de voler l’onction populaire pour vendre sa « démocratie apaisée ».

L’intérêt principal de l’élection est un stimulant pour la légion payée des fans de Biya et des autres camerounais masochistes éhontés qui vont continuer à pousser leur flagornerie jusqu’au boutiste et amplifier leur art de la servilité, puis poursuivre l’idolâtrie et projeter leur fantasme d’immortalité sur un triste personage qui n’en mérite aucun. Ils vont enfumer tout le monde en prétendant que le Cameroun est le pays du lait et du miel, et mettre leurs compatriotes sous hypnose ou effet somnolent avec toute cette «merde» propagandiste. Ces connards voudront et seront même en mesure de lui sauver la mise une fois de plus: mais au fond le régime de Biya est nul. Ils ne peuvent même pas gérer les problèmes de base comme l’accès à l’eau potable, à l’électricité, aux soins de santé, à l’éducation, aux produits de première nécessité etc…qui préoccupent prioritairement les camerounais et nous laisser enfin tranquille.

Ce qui se passera comme d’habitude sera une nouvelle ode antipolitique démagogique, une parodie de l’idée de compétence ou de virtuosité en politique, suivi d’un catalogue d’agressions, d’insultes, d’intimidations, voire d’éliminations physiques d’une légion de nihilistes en grande partie; et en réalité une réaction psychotique de colère et de désespoir sur les valeurs aliénées et les structures sociales faméliques de dirigeants politiques responsables de conduire le pays dans un fossé.

Par conséquent. Dans cette célébration carnavalesque ad nauseam du néant qu’est l’élection dans une plantation biopolitique néocoloniale déguisée en État-nation moderne, il n’y a pas de sens, il n’y a que de la sensibilité.

D’un côté, la célébration d’un nihiliste amoral et égomaniaque qui s’est mis en position de contrôler la vie des gens pour son propre bénéfice. Et des structures de la société civile, comme le CL2P, une organisation des droits de l’Homme avec une sensibilité avancée luttant pour l’humanisme et créant des opportunités pour nous-mêmes, indépendamment des forces des ténèbres et de l’énigme karmique dans laquelle nous nous sommes engouffrés.

Ça ne sert à rien de regarder le passé en se demandant ce que nous avons perdu. Ce qu’il faut, c’est lutter au présent pour défendre ce qui nous semble juste. Et pour cela, déjà, il faut lutter contre l’arme suprême des Ténèbres: leur capacité à nous faire minimiser nos victoires et surestimer nos pertes. Les Ténèbres sont toujours plus fortes quand elles réussissent à nous convaincre qu’elles gagnent toujours et que nous perdons sans cesse. Mais ce n’est pas une vraie perte, ce n’est pas une perte essentielle: nous n’avons jamais vraiment perdu devant les Ténèbres tant que nous sommes restés fidèles à nos principes et valeurs. Tant que nous n’avons pas trahi nos idéaux, tant qu’elles n’ont pas changé nos cœurs, tant que nous ne sommes pas devenus amers ou malveillants, quelques soient les échecs que nous avons affrontés dans notre vie, quelques soient les torts qu’on nous a faits, les Ténèbres n’ont pas avancé d’un millimètre. Elles ont reculé et vont continuer à reculer parceque l’arc de l’univers moral est long mais penche irréversiblement vers la Justice.

Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques

http://www.cl2p.org

plateforme de l'oppostion autour de Akere Muna

Photo: Les membres de la plateforme de l’opposition sabrent le champagne avec le candidat Akéré Muna

English version

Democracy of the Masochistic and the Credulous in Cameroon

For a poor country, such as Cameroon, one can ask oneself why are elections? We can certainly save the money that will be spend on sham election to fund public schools and the health of ordinary Cameroonians. After 35 years in power, most Cameroonians already know that Biya is going nowhere and they are stuck with him and his non-stop obscene celebration of his own immortality. The few who still approve of him do so because they believe that his obscene immortality will rub off them and they will also be immortal as Jean-Pierre Bekolo pointed out in The President: When do you know it is time to go?

So, the election is nothing more than an unnecessary drama and another publicity stunt for a dictator stealing so called popular unction to sell his “appeased democracy.”

The main interest of the electionis as a stimulus for Biya’s paid legion of shameless masochistic Cameroonians to take their sycophancy to the next level and pretend that the president is a “democrat.” Thus, continue to practice the art of servility and to practice idolatry and project their fantasy on a person who deserves none.

They will open up the damn of gaslight to pretend that Cameroon is the land of milk and honey to put most Cameroonians under hypnosis or somnolent effect. These assholes will sell any narrative they can to keep from selling the one that seems increasingly likely to be true:The Biya’s regime sucks. They cannot even handle the basics and leave us alone.

What will take place instead will be another demagogic anti-politics, a mockery of the idea of skill or virtuosity in politics, and a catalogue of brattiness and aggression from a legion of nihilist, in that it is largely an abusive and psychotic reaction of anger and despair regarding the alienated values and social structures and political leaders responsible for driving the country into a ditch

Consequently. In this carnavalesque celebration ad nauseam of the void that is the election in a neo-colonial biopolitical plantation masquerading as a modern nation-state, there is no meaning, there is only sensibility.

On one side, the celebration of an amoral, egomaniacal nihilist who’s put himself in a position to control people’s lives for his own benefit. And organizations, such as the CL2P, a human right organization with an advanced sensibility fighting for humanism and creating opportunities for ourselves independent of the forces of darkness and the karmic conundrum we have gotten ourselves mix up in.

The CL2P understands that it is no use looking back at the past wondering what we’ve lost. What is needed is to fight in the present to defend what seems right to us. And for that, already, we must fight against the supreme weapon of Darkness: their ability to make us minimize our victories and overestimate our losses. Darkness is always stronger when it succeeds in convincing us that it is always gaining and we are constantly losing. But this is not a real loss, it is not an essential loss: we have never really lost in front of the Darkness as long as we have remained faithful to our principles. As long as we have not betrayed our ideals, as long as they have not changed our hearts, as long as we have not become bitter or malicious, whatever the failures we have faced in our lives, whatever the wrongs we have been made, the Darkness has not advanced a millimeter. They have retreated because the arc of the moral universe is long but leans towards justice.

The Commitee For The Release of Political Prisoners

http://www.cl2p.org

cl2p

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CAMEROUN: PRISONNIERS POLITIQUES, EMBLÈMES DE L’ARBITRAIRE SOUS LA DICTATURE DE PAUL BIYA (84 ANS, 35 ANNÉES DE RÈGNE)

Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P) sera inlassablement là pour rappeler au dictateur Camerounais Paul BIYA (84 ans, 35 de règne) au premier devoir d’un «démocrate»: laisser autant libre ses opposants comme ses concurrents dans leurs choix; prendre le risque de les affronter dans des élections libres et transparentes. Nul besoin de les éliminer en instrumentalisant la justice.

prisonniers politiques au cameroun 2018

Devoir au quotidien présenter bien malgré nous la vraie nature dictatoriale d’un régime qui se présente à la face du monde comme un modèle de « démocratie apaisée », rappeler l’élimination judiciaire et carcérale que son créateur Paul BIYA réserve systématiquement à ses rivaux potentiels désignés comme des « prévaricateurs de la fortune publique » …n’est hélas pas toujours un exercice facile sous un tintamarre de la propagande orchestrée par son régime et l’achat systématique des consciences au Cameroun. Mais nous continuons inlassablement de le faire. Parce que le silence est la pire des sentences pour un prisonnier d’opinion. Il participe largement à la banalisation du crime politique particulièrement au Cameroun.

MESDAMES, MESSIEURS,

Nous vous invitons à toujours mettre des noms et des visages derrières la propagande politique parfaitement huilée du régime en place au Cameroun depuis 34 ans, notamment lorsqu’il prétend mener une lutte sans merci contre la corruption et/ou le terrorisme, hélas souvent à tête chercheuse, faite d’accusations cousues de toutes pièces, de procès kafkaïens, et de condamnations arbitraires en cascade (les fameux procès à tiroirs).

POUR LE CL2P VOICI LES PRINCIPALES VICTIMES DE L’ARBITRAIRE POLITIQUE ET JUDICIAIRE AU CAMEROUN:

1. Marafa HAMIDOU YAYA

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2. Jean Marie ATANGANA MEBARA

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3. Urbain OLANGUENA AWONO

Olanguena Awono

4. Aboubakary SIDDIKI

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5. Polycarpe ABAH ABAH

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6. Mohammed IYA

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7. Zacchaëus FORJINDAM

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8. Yves Michel FOTSO

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9. Chief Ephraïm INONI

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10. Achille ZOGO ANDELA

Achille_ZOGO_A.ANDELA

11. David EBOUTOU

Eboutou

12. Patrick SAPACK

Sapack

13. MANCHO BIBIXY, Le leader de la «Coffin Révolution»,

MANCHO BIBIXY

Ainsi que tous les activistes anglophones séquestrés dans les geôles de la république du Cameroun, à la suite de la rupture unilatérale du processus de dialogue sur la crise anglophone par le gouvernement de Paul BIYA.

Voici la liste actualisée des détenus anglophones incarcérés à la prison centrale de kodengui à Yaoundé – Membres du Parlement Anglophone – après la libération vendredi 01 septembre 2017 de 55 autres, puis la dernière vague d’arrestations arbitraires consécutives à la révolte pacifique du 01 octobre 2017 (Source: Patrice Nganang)

1. Mancho Bibixy Che
2. Penn Terrence Khan
2. Conrad Tsi
4. Ngalim Felix Safeh
5. Aselacha Martin
6. Tamngwa Malvin
7. Yah Emile Agwe
8. Kingah Valentine
9. Aaah Dzenyagha Thomas
10. Esono Wakemba
11. Elobwede Van Kingsly
12. Bezeng Marvin
13. Nyuforam Eugene
14. Anyangawei Nelly
15. Bayong Eugene
16. Tayo Livite
17. Njinou Titus
18. Numfor Godloze
19. Wirba Bruno
20. Ngwa Kingsley
21. Fonyu Terence
22. Ngwa Joseph N.
23. Ade Kenneth
24. Fabian Vishigwo
25. Ayuk Ottu C.
26. Awanatowo Zack
27. Lopte Jacob
28. Fung Calemba
29. Atanga Durand
30. George N. Tang
31. Tangem Thomas
32. Bossi Vincent
33. Ngwa Louis
34. Fun Luther
35. Martha Fomuyong (female)
36. Germaine Dzenjo (female)
37. Esua Norbert
38. Kwalar Marvin
39. Musa Benjamin
40. Fongod Richard
41. Any Divine
42. Sunday Justus
43. Dobgima Frederick
44. Aaah Rostand
45. Nchotu Stephen
46. Taminang Ephraim
47. Atoh Benjamon
48. Kama Jude
49. Soh Raoul
50. Zemo Collins
51. Yarayem Paul
52. Nsoh Binda
53. Ambe Ivo
54. Akongwi Charles
55. Ngwa Peter
56. Nah George
57. Peter Sullivan
58. Tse Bruno
60. Ngu Gabriel
61. Mofor Ngwa
62. Aaah Godlove
63. Wemjeh Jude
64. Kwateh Edmond
65. Tita Georges
66. Ndifor Richard
67. Dzekashu Protus
68. Bangu Collins
69. Tension Leonard
70. Kahn Marcel
71. Boma Anthony
72. Fun Leslie
73. Tse Clarence
74. Akuma Desmond
75. Owen Smith
76. Cyril Berinyuy
77. Lendzemol Platini
78. Soh Gabriel
79. Tse Noel
80. Kingsley Lekumzy
81. Nfam Ivo
82. Bah Paulinus
83. Yuka Edward
84. Tsimungu Emmanuel
85. Eric Yufenyuy
86. Akembom Divide
87. Vintar Bertrand
88. Windzerem Clifford
89. Tikum Moses
90. Jonson Babila
91. Tanye Eric
92. Zobou Jean Claude
93. Mbah Stephen
94. Ernest Lontum
95. Fon Evaristus
96. Ndamen Julius
97. Ndeucha Jean Flobbe
98. Kpuyuf Etienne
99. Babila Vena
100. Nji Victor Tembe
101. Bang Ramsey Jafara
102. Tabju Noel Bobga
103. Fomusoh Ivo Feh

104. Fri Christelle
105. Simon Nde Che
106. Elijah Che Nde

Principal prison

1. Acha Constantine Atolambai
2. Myalum Gangti Gilbert
3. Nyonbella Bakery Feh
4. Atanga Celestine Ngu
5. Fr. Andrew Ambeazieh Ofembe
6. Nche Benjamin Amuabo
7. Mbuh Rene Nsuh
8. Such Funwie Paul Vincent
9. Tabe Edward Fomdoh
10. Fomuki Fabian Fomusuro
11. Kisob Bertin
12. Asah Patrick Ndangoh
13. Divine Yuyuh Dzekem
14. Tanwum Kechawa Sylva
15. Ndasi Alfred Ngyah
16. Dr. Eric Mom Take
17. Che Chi Joseph
18. Afuh Nivelle Nfoh
19. Azah Levis Gob

Tous sont membres du Parlement Anglophone de Kondengui, à Yaoundé

Mancho Bibixy

Nous nous insurgerons toujours contre les relaxes sélectives et continuerons d’exiger la libération inconditionnelle de tous les activistes anglophones séquestrés dans les geôles de la dictature de Yaoundé – dont le leader de « Coffin Révolution » MANCHO BIBIXY – à la suite du vaste mouvement de désobéissance civile observé dans les deux régions anglophones du Cameroun depuis le 11 octobre 2016.

nous-sommes-anglophones

Au moment où la climat social est particulièrement tendu dans sa partie anglophone, et que le tribalisme devient le seul argument agité par le régime de Paul Biya pour pérenniser sa dictature trentaine au Cameroun – nous formulons le vœux d’une libération immédiate de tous ces prisonniers d’opinion, officiellement présentés comme des prisonniers de droit commun ou des terroristes dans ce pays, et qui rentrent tous dans les critères objectifs (http://cl2p.org/presentation/) établis à sa création par notre organisation.

Monsieur Le Président BIYA, Libérez tous les prisonniers politiques du Cameroun, et Laissez tous les candidats – qui le veulent – postuler librement à l’investiture suprême. Il reviendra alors aux seul-e-s Camerounais-e-s de choisir en toute transparence le prochain locataire du Palais de l’Unité.

NOTRE SILENCE PARTICIPERAIT À LA BANALISATION DU CRIME POLITIQUE AU CAMEROUN
Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P)

http://www.cl2p.org

crise anglophone

English version

Cameroon: Political Prisoners: Emblems of a Gerontocratic and Anachronistic arbitrary regime

The Committee for the Liberation of Political Prisoners (CL2P) vows to tirelessly remind the life-long president of Cameroon, Paul BIYA (84 years, 35 of reign) of his regime of permanent coup d’état through the perpetual practice of phony elections. The first duty of a « democrat » is to be more aggressive in ensuring free and fair elections; to greatly improve a flawed electoral system lays bare by the designation of legitimate political « competitors » as the country “fifth column.“ This much improved and bipartisan electoral system must be 100 percent free of the Biya’s regime large scope of voting suppression and fraud that reduce voter participation. This much needed improvement begins with ending Biya’s war of attrition against the political opposition through a well-oiled practice of rounding up and sequestering legitimate political opposition figures in order to anesthetize the political system.

Indeed, lifting the veil of dictatorship over the Biya‘s regime is a responsibility the CL2P did not seek. It is important to note, however, that this is a regime that consistently presents itself to the face of the world as a model of « appeased democracy.” The reality is that this regime has built up this “appeased democracy” brand through the systematic liquidation of the political opposition under the guise of manufactured charges such as « prevaricators of the public fortune, » therefore, rendering legitimate political opposition ineligible through legal despotism. In the process, highlighting how much Biya’s institutions are disconnected from ordinary Cameroonians and the necessity of a legitimate form of institutional resistance and consensual reality.

The CL2P participates in the building of this institutional resistance, even though, it recognizes that is not always a fair fight trying to confront the regime’s political drama amped up by a propaganda factory and its systematic purchase of consciences in Cameroon. The CL2P, however, continues the fight because of the recognition that silence is the worst sentence for a prisoner of conscience. Indeed, silence plays an important part in the rationalization and trivialization of political crime, particularly in Cameroon.

LADIES AND GENTLEMEN,

We invite you to always put names and faces behind the perfectly oiled political propaganda of the regime that has been in place in Cameroon for 34 years, especially when it claims to fight mercilessly against corruption, Alas, this anti-corruption fights always comes packaged with made up and completely sealed accusations, Kafkaesque trials, and arbitrary cascading condemnations (the famous trials with drawers).

1. Marafa HAMIDOU YAYA

2. Jean Marie ATANGANA MEBARA

3. Urbain OLANGUENA AWONO

4. Aboubakary SIDDIKI

5. Polycarpe ABAH ABAH

6. Mohammed IYA

7. Zacchaëus FORJINDAM

8. Yves Michel FOTSO

9. Chief Ephraïm INONI

10. Achille ZOGO ANDELA

11. David EBOUTOU

12. Patrick SAPACK

13. MANCHO BIBIXY, The leader of the «Coffin Révolution»,

And all his Anglophone colleagues, civil rights activists sequestrated in The Yaoundé Central Prison, including:

  1. Mancho Bibixy Che
    2. Penn Terrence Khan
    2. Conrad Tsi
    4. Ngalim Felix Safeh
    5. Aselacha Martin
    6. Tamngwa Malvin
    7. Yah Emile Agwe
    8. Kingah Valentine
    9. Aaah Dzenyagha Thomas
    10. Esono Wakemba
    11. Elobwede Van Kingsly
    12. Bezeng Marvin
    13. Nyuforam Eugene
    14. Anyangawei Nelly
    15. Bayong Eugene
    16. Tayo Livite
    17. Njinou Titus
    18. Numfor Godloze
    19. Wirba Bruno
    20. Ngwa Kingsley
    21. Fonyu Terence
    22. Ngwa Joseph N.
    23. Ade Kenneth
    24. Fabian Vishigwo
    25. Ayuk Ottu C.
    26. Awanatowo Zack
    27. Lopte Jacob
    28. Fung Calemba
    29. Atanga Durand
    30. George N. Tang
    31. Tangem Thomas
    32. Bossi Vincent
    33. Ngwa Louis
    34. Fun Luther
    35. Martha Fomuyong (female)
    36. Germaine Dzenjo (female)
    37. Esua Norbert
    38. Kwalar Marvin
    39. Musa Benjamin
    40. Fongod Richard
    41. Any Divine
    42. Sunday Justus
    43. Dobgima Frederick
    44. Aaah Rostand
    45. Nchotu Stephen
    46. Taminang Ephraim
    47. Atoh Benjamon
    48. Kama Jude
    49. Soh Raoul
    50. Zemo Collins
    51. Yarayem Paul
    52. Nsoh Binda
    53. Ambe Ivo
    54. Akongwi Charles
    55. Ngwa Peter
    56. Nah George
    57. Peter Sullivan
    58. Tse Bruno
    60. Ngu Gabriel
    61. Mofor Ngwa
    62. Aaah Godlove
    63. Wemjeh Jude
    64. Kwateh Edmond
    65. Tita Georges
    66. Ndifor Richard
    67. Dzekashu Protus
    68. Bangu Collins
    69. Tension Leonard
    70. Kahn Marcel
    71. Boma Anthony
    72. Fun Leslie
    73. Tse Clarence
    74. Akuma Desmond
    75. Owen Smith
    76. Cyril Berinyuy
    77. Lendzemol Platini
    78. Soh Gabriel
    79. Tse Noel
    80. Kingsley Lekumzy
    81. Nfam Ivo
    82. Bah Paulinus
    83. Yuka Edward
    84. Tsimungu Emmanuel
    85. Eric Yufenyuy
    86. Akembom Divide
    87. Vintar Bertrand
    88. Windzerem Clifford
    89. Tikum Moses
    90. Jonson Babila
    91. Tanye Eric
    92. Zobou Jean Claude
    93. Mbah Stephen
    94. Ernest Lontum
    95. Fon Evaristus
    96. Ndamen Julius
    97. Ndeucha Jean Flobbe
    98. Kpuyuf Etienne
    99. Babila Vena
    100. Nji Victor Tembe
    101. Bang Ramsey Jafara
    102. Tabju Noel Bobga
    103. Fomusoh Ivo Feh

104. Fri Christelle

105. Simon Nde Che

106. Elijah Che Nde

Principal prison

  1. 1.Acha Constantine Atolambai
    2. Myalum Gangti Gilbert
    3. Nyonbella Bakery Feh
    4. Atanga Celestine Ngu
    5. Fr. Andrew Ambeazieh Ofembe
    6. Nche Benjamin Amuabo
    7. Mbuh Rene Nsuh
    8. Such Funwie Paul Vincent
    9. Tabe Edward Fomdoh
    10. Fomuki Fabian Fomusuro
    11. Kisob Bertin
    12. Asah Patrick Ndangoh
    13. Divine Yuyuh Dzekem
    14. Tanwum Kechawa Sylva
    15. Ndasi Alfred Ngyah
    16. Dr. Eric Mom Take
    17. Che Chi Joseph
    18. Afuh Nivelle Nfoh
    19. Azah Levis Gob

    All of them are members of the so-called Anglophone Parliament in Yaoundé

The real task is to build a regime of consensual reality all Cameroonians can share rather than tribal reality where Cameroonians are forced to segregate themselves in tribal fiefdoms they trust and shut everyone else out.

TO FIGHT THESE SEGREGATED FIEFDOMS, WE CAN’T FORGET THE ENGLISH-SPEAKING ACTIVISTS SEIZED BY THE POWER OF PAUL BIYA IN THE YAOUNDE DETENTION CENTERS, ALL CONSIDERED AS PRISONERS OF OPINION BY THE POLITICAL PRISONERS ‘RELEASE COMMITEE (CL2P)

At a time when the social climate is particularly tense, especially in Anglophone Cameroon, and compounded with the regime’s active suppression of political transition and political alternatives. – After endless years of an implacable dictatorship – we wish An immediate release of all those prisoners of conscience officially presented as ordinary prisoners in that country, all of whom fall within the objective criteria established by our organization. Because we consider that no republic should prosper under systemic repression and permanent electoral theft and political segragation; nor can it resign itself to a culture of political crime for the perpetuation of a dictatorship.

Mr. President BIYA: Release all political prisoners from Cameroon, and Let all the candidates – who want to – apply freely for the supreme nomination. It will then be up to the Cameroonians to make a transparent choice of the next tenant of the Palais de l’Unité.

OUR SILENCE WOULD PARTICIPATE IN THE RATIONALIZATION AND BANALIZATION OF POLITICAL CRIME IN CAMEROON

The Commitee for the Liberation of Political Prisoners (CL2P)

http://www.cl2p.org

cl2p

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