Cameroun: Que Viva Ruben! Ruben UM NYOBÉ et l’Opposant comme syndrome du dérangement dans la Francafrique, Par Olivier Tchouaffe

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Cameroun: Que Viva Ruben! Ruben UM NYOBÉ et l’Opposant comme syndrome du dérangement dans la Francafrique

La dépouille de Ruben UM NYOBE
Par Olivier Tchouaffe, PhD, Contributeur au CL2P
Au moment où nous célébrons le 60e anniversaire du meurtre du chef historique de l’opposition au Cameroun, le Mpodol Ruben Um Nyobe, assassiné par des escadrons de la mort de Francafrique, il devient de plus en plus évident que la Francafrique n’a jamais produit de chefs historiques comme Mahatma Gandhi, Kwame Nkrumah, Mwalimu Julius Nyerere, Madiba Nelson Mandela et même la version antérieure de Robert « Bob » Mugabe. Cela a trait aux différences cruciales entre la morphologie des institutions de l’État et la philosophie de la gouvernance entre des puissances coloniales importantes que furent la France et le Royaume-Uni.
En effet au Royaume-Uni qui est une monarchie constitutionnelle et un système parlementaire, le rôle de l’opposition est reconnu dans une logique de contribution au consensus national. Le chef du parti d’opposition est le chef du «shadow cabinet» et le «shadow cabinet» n’est pas simplement réduit au rôle de figuration. Le shadow cabinet est composé de députés aguerris et expérimentés qui se tiennent prêts à occuper des fonctions au gouvernement à tout moment, dès que les électeurs le décident. Ainsi dans le système britannique, les partis d’opposition sont une pièce importante des rouages du système de gouvernance, presque aussi important que le gouvernement lui-même, car elle est composée des membres éminents et compétents prêts à faire leur preuve à tout moment.
Dans la “Francafrique au contraire, la figure de l’opposant dans le système politique est une figure biopolitique, une nuisance que le president Macron vient de definir, avec toute sa truculence et son pouvoir sanctimonieux que lui donne la constitution de 1958, comme des “Fainéants, cyniques, extrêmes”, donc, une nuisance à éradiquer avant qu’elle ne cause trop de problèmes. Dans la Francafrique l’opposition est une catégorie biopolitique. Dans cette conception biopolitique, l’opposant a été ou devrait être un produit et une représentation du système politique. Il a ainsi historiquement été façonné par les institutions d’État et les prérogatives exorbitantes du Chef de l’État sous un régime décrit comme «présidentialiste à pouvoir renforcé», qui n’est autre qu’un pouvoir absolu.
Né à la fin des années 60, notre génération a grandi dans un contexte d’État d’urgence permanent, présenté comme la conséquence politique de la douloureuse bataille des indépendances qui a ravagé le pays au début des années 60.
La figure emblématique de l’opposant véhiculé par le pouvoir colonial et néo-colonial n’était autre que celle du « maquisard ». qui est en fait la figure du “field Nigger” le nègre comme bête de somme contrairement au nègre de la maison, pacifique et docile. En effet, le maquisard était décrit comme un sauvage et un psychopathe sanguinaire qui règle ses problèmes politiques dans des bains de sang. L’idée du maquisard était une construction néfaste produite par les sorciers de la Françafrique naissante du Général De Gaulle et ses sbires comme Jacques Foccart, dans le but de pathologiser le débat politique au Cameroun et mettre en place une politique de la terre brûlée au napalm, permettant selon eux de “discipliner et de contrôler le corps des Camerounais”. C’est un processus que des intellectuels Camerounais comme Achille Mbembe ont appelé «niggerization» ou «tonton macoutization»des corps et de l’espace publique. Donc avoir le pouvoir ou être placé à la tête de celui-ci (comme l’ont été Ahmadou Ahidjo puis Paul Biya) c’est ne pas être un “négre” de service, comme l’est devenu paradoxalement Paul Biya qui ressemble de plus en plus après 35 ans de pouvoir au Vieux nègre Meka du “Vieux Nègre et la Médaille” de feu Ferdinand Leopold Oyono.
L’opposant dans ce contexte totalitaire est devenu la figure à embastiller, torturer, annihiler, transformer en chose parmi d’autres choses, dans un régime où la pensée et le parti unique sont considérés comme la norme. Le produit de cette discipline corporelle a accouché la figure de l’opposant comme une personne incapable d’assurer sa propre sécurité et incapable de transformer le monde dans lequel il vit. Dans cette optique, l’opposant n’est plus la figure d’une possible transformation, l’agent d’une alternance positive, mais un préjugé, un stéréotype, un cliché à exploiter à des basses fins politiciennes, promu par une conception narcissique, libidinale et jouissive d’un pouvoir voulu éternel.
Contrairement à Hannah Arendt qui lie l’histoire des droits humains à la natalité et à l’idée que nous sommes tous libres parce que la liberté naît avec le commencement qui est notre naissance. Ce qui commence est précisément libre parce que non pollué par l’histoire et les constructions humaines, c’est-à-dire une approche Rousseauiste de la dignité humaine. Au Cameroun par contre, l’affiliation politique a toujours été un marqueur de citoyenneté et une prérogative institutionnelle du prince. Tout Camerounais peut donc être déchu de sa nationalité par le fait du prince, dont il a lui même reconnu dans une de ses rares interviews accordés à l’ancien présentateur du journal télévisé à la CRTV, Eric Chinje en 1984.
Cette déchéance de nationalité suit l’opposant jusque dans la mort.
La figure de l’opposant a atteint un degré tel que même dans sa mort il n’a pas le droit à une sépulture digne de ce nom. Le Cameroun est ainsi un pays qui n’enterre pas ses soi-disant opposants. Ils sont tous dans des tombes anonymes à l’étranger, dans les forêts ou dans des fosses anonymes. Ironie de l’ironie, même Ahmadou Ahidjo le prédécesseur de M. Biya est jeté dans une fosse quelque part à Dakar au Sénégal. À ce sujet il faut signaler que ce qui fait de nous des humains, c’est parce que nous enterrons nos morts. La caractéristique de l’humain c’est celui qui enterre ses morts. Que dire d’un régime qui n’a jamais enterré ses morts parce que «opposants»?
Cela explique pourquoi la Francafrique n’a jamais produit des leaders de la trempe de Mahatma Gandhi, Kwame Nkrumah, Mwalimu Julius Nyerere, Madiba Nelson Mandela et même la version antérieure de Robert « Bob » Mugabe. Nul doute que comme le Mpodol Ruben Um Nyobe, ils auraient purement et simplement été assassinés par les escadrons de la mort de la Francafrique. Ceci explique également pourquoi la Francafrique est la zone politique la plus arriérée du monde!
La question que nous devons en permanence nous poser est celle-ci: Sont-ils morts pour rien?
Olivier Tchouaffe, PhD, Contributeur au CL2P

Ruben UM NYOBE
English version
Cameroon: Que Viva Ruben! Ruben UM NYOBE and the Opponent’s derangement Syndrome in the Francafrique
By Olivier Tchouaffe, PhD, Contributor to the CL2P
As we celebrate the 60th anniversary of the murder of the Cameroonian’s historical leader, The Mpodol Ruben Um Nyobe, at the hand of the Francafrique’s murder squads, it becomes more and more evident that the Francafrique has never produced historical leaders like the Mahatma Gandhi, Kwame Nkrumah, the Mwalimu Julius Nyerere, Madiba Nelson Mandela and even the earlier version of Robert “Bob” Mugabe. This has to do with crucial differences between the morphology of state institutions and the philosophy of governance between prominent colonial power such as France and the United Kingdom.
In the United Kingdom which is a constitutional monarchy and a parliamentary system, the role of the opposition is recognized within a logic of contribution. The Head of the opposition party is the head of the shadow cabinet and the shadow cabinet is not simply reduced to the role of the opposition. The shadow cabinet is made up of prominent members of parliament who are expected to hold government position at any time if the voters chose so. In the British system, therefore, the opposition parties are important piece in the system of governance, almost as important as the government itself because it has prominent members ready to rule.
In the Francafrique system, the opposition is an unwelcome nuisance that needs to be eradicated before it starts causing too much problems. As the president Macron expressed recently, in all its truculence and sanctimonious power, qualifying his opponents as bunch of “cynics” and “ne’er do wells”. In the Francafrique, opponent is a biopolitical category. In this biopolitical practice, the opponent is produced and represented in this political system and historically been determined by the institutions of the State and the disproportionate prerogatives of the Head of State in a regime described as « Presidentialiste à pouvoir renforcé” which basically means absolute power.
Born in the late 1960s, our generation grew up in a state of emergency as a political consequence of the painful battle for independence that ravaged the country in the early 1960s.
The emblematic figure of the opponent was manufactured by the power as the « maquisard ». The Maquisard was described as a savage and a bloodthirsty psychopath who settled his political problems in bloodshed. The idea of ​​the Maquisard was a harmful construction produced by the sorcerers of the nascent Françafrique of General De Gaulle and his henchmen like Jacques Foccart in order to pathologize the political debate in Cameroon and to put in place a policy of scorched earth with napalm in the goal of disciplining and controlling the body of Cameroonians. It is a process that Cameroonian intellectuals like Achille Mbembe have called « niggerization » or « tonton macoutization » of bodies and public space. In practice, having power means not being a “Nigger.”
The opponent in this context has become the figure to be tortured, annihilated, and transformed into something among other things in a regime where thought and single party have become the norm. The product of this body discipline has given birth to the figure of the opponent as a person incapable of ensuring his own safety and incapable of transforming the world in which he lives. In this perspective, the opponent is no longer the figure of a possible transformation, the agent of a positive alternation but a prejudice, a stereotype, a cliché to exploit at low politician ends, promoted by a narcissistic, libidinal and enjoying a power.
Unlike Hannah Arendt who links the history of human rights to her concept of “natality” and the idea that we have inalienable rights just for being born which she called “The right to have rights.” We are born free as Jean-Jacques Rousseau wrote but society corrupts us. In Cameroon, consequently, political affiliation has always been a marker of citizenship and an institutional prerogative of the prince. Any Cameroonian can therefore be deprived of his nationality by the fact of the prince, which he himself recognized in one of his rare interviews granted to the former presenter of the newscast to the CRTV, Eric Chinje in 1984.
This deprivation of nationality follows the opponent even to death. The figure of the opponent has reached such a degree that even in his death he has no right to a burial worthy of the name. Cameroon is a country that does not bury its so-called opponents. They are all in anonymous tombs abroad, in forests or in anonymous pits. Ironically, even Mr. Biya’s predecessor is thrown into a pit somewhere in Senegal. On this subject it must be pointed out that what makes us human is because we bury our dead. The characteristic of the human is that which buries his dead. What about a regime that has never buried its dead so-called « opponents? »
This explains why the Francafrique has never produced leaders such as Mahatma Gandhi, Kwame Nkrumah, Mwalimu Julius Nyerere, Madiba Nelson Mandela and even the earlier version of Robert “Bob” Mugabe. As with the Mpodol, they would have been murdered by the Francafrique death squads.
The question we must ask ourselves is this: did they die for nothing?
Olivier Tchouaffe, PhD, Contributor to the CL2P

Ruben UM NYPBE avec ses camarades de l’Uion des Populations du Cameroun (UPC)

The Commitee For The Release of Political Prisoners (CL2P) – http://www.cl2p.org
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Cameroun: Le CL2P*, la question des prisonniers politiques et le militantisme pour les droits humains en Afrique francophone

Cameroun: Le CL2P*, la question des prisonniers politiques et le militantisme pour les droits humains en Afrique francophone

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Rassemblement Place du Châtelet à Paris – Journée de Solidarité pour les Libertés au Cameroun – Paris 16 avril 2016

Par Olivier Tchouaffe, PhD, Contributeur au CL2P

Eldridge Cleaver du Black Panther Party a rendu célèbre le slogan politique «Vous faites partie du problème où vous faites partie de la solution». Par conséquent, nous avons toujours le monde que nous méritons. Dans l’univers mental déformé et dégradé de la politique Camerounaise, il y a une campagne hystérique et concertée menée par un grand nombre d’oiseaux de mauvaise augure et de mouches contre le CL2P avec des affirmations infondées et calomnieuses telles que «petit groupe» de «charlatans», «vendus» ou «idiots utiles» manipulés par une cabale de politiciens corrompus et affamés de pouvoir.

La réalité est que le CL2P est une organisation de droit humain dotée d’une authenticité impeccable. Le CL2P favorise les libertés civiles en Afrique francophone, l’une des régions les plus politiquement arriérées de la planète et du continent.

Le CL2P est influencé en cela par les travaux de Frantz Fanon, qui démontrent que l’oppression prolongé dégrade tant l’oppresseur que l’opprimé. Le CL2P est une organisation de la liberté civile animée par Joël Didier Engo qui a subi dans sa chair les ravages du Despotisme juridique de Biya, l’a survécu pour témoigner et s’assurer que ce type de régime ne prospère plus en Afrique. La lutte pour le droit humain et la liberté civile est quelque chose qu’il vit encore aujourd’hui y compris comme «exilé politique» en France.

Engo a dû arrêter une carrière prometteuse qui l’a conduit en France, aux États-Unis et en Australie pour lutter contre un régime oppressif en état de pourriture totale et qui entraîne de nombreuses familles camerounaises dans la ruine. L’homme a l’âme d’un militant progressiste et, contrairement à beaucoup de camerounais ordinaires captifs du régime de Biya et qui subissent un syndrome traumatique de Stockholm sans fin, l’homme a l’esprit et l’intégrité d’un Emiliano Zapata qui comprend que « mieux vaux mourir debout que de vivre à genoux»

Par conséquent, nous devons admettre que beaucoup d’entre nous ont internalisé l’oppression et restent silencieux en marge. Nous attaquons le CL2P parce que nous n’avons pas l’intégrité nécessaire de rester debout. Ceux qui attaquent le CL2P sont des vampires psychiques qui tentent de discréditer l’expérience et le travail communautaire de combattants engagés de la Liberté. Comme avec Alexandre Dumas, un écrivain noir de renommé mondial qui a souffert du racisme dans la France réactionnaire et qui a écrit au sujet de son héros le comte de Montecristo qu’il n’y a rien de pire que d’essayer de voler une colère et une quête de justice saine.

Pour celles et ceux que le CL2P rend mal à l’aise; C’est exactement sa mission.

Le CL2P ne cessera jamais d’organiser, ne cessera jamais de lutter pour la liberté, ne cessera jamais d’être politique. Comme avec le révérend Dr. Martin Luther King, le CL2P comprend que l’arc de l’univers moral est long mais se penche vers la justice. Par conséquent, le CL2P s’engage dans une tradition prophétique des droits de l’Homme et de la justice sociale que rien n’arrêtera.

À bon entendeur Salut!

Olivier

Olivier Tchouaffe, PhD, Contributeur au CL2P

* Comité de Libération des Prisonniers Politiques – CL2P

English version

Cameroon: The CL2P, the Question of Political Prisoners and Human right activism in Francophone Africa

Prisonniers Politiques Camerounais

By Olivier Tchouaffe, PhD, CL2P Contributor

Eldridge Cleaver of the Black Panther Party made famous the political slogan “You are either part of the problem or part of the solution.” Hence, we have the world we deserve. In the decrepit mental universe of Cameroonian politics, there is a concerted hysterical campaign ran by a great number of auspicious birds and flies trying to paint the CL2P is a “small group” of “charlatans,” “sellout” or “useful idiots” manipulated by a cabal of corrupt and power-hungry politicians.

The reality is that the CL2P is a human right organization with impeccable credentials. The CL2P promotes civil liberties in Francophone Africa, one of the most politically backward region on the planet.

The CL2P understand, as with work of Frantz Fanon, that oppression degrades both the oppressor and the oppressed. The CL2P is a hands on civil liberty organization animated by Joel Didier Engo who suffered in his body the ravages of Biya’s legal Despotism and lived to tell the story and make sure this kind of regime no longer prosper in Africa. The fight for human right and civil liberty is something that he lived in even now as a political exile in France.

Engo has to stop a promising career that led him to France, the USA and Australia to fight an oppressive regime that degrades not only itself but numerous Cameroonian lives. The man has the soul of an activist and unlike many ordinary Cameroonians captive of the Biya’s regime and who are undergoing a traumatic Stockholm syndrome, the man has the soul and the integrity of an Emiliano Zapata who understand that « better that we should die on our feet rather than live on our knees » 

Hence, we have to admit that many of us have internalized oppression and remain silent on the sidelines. We attack the CL2P because we do not have the gut to stand on our feet. Those who attacked the CL2P are psychic vampires who are trying to invalidate the experience and the community work of committed freedom fighters. As with Alexandre Dumas, a renowned black writer who suffered from racism in reactionary France wrote in the Count of Montecristo that there is nothing worse than try to steal a man righteous anger and quest for justice.

For those the CL2P is making uncomfortable; that is exactly its mission. The CL2P is never going to stop organizing, never going to stop fighting for freedom, never going to stop being political. As with, reverend Dr. Martin Luther King, the CL2P understand that the arc of the moral universe is long but bend toward justice. Hence, the CL2P is engage in a prophetic tradition of human rights and social justice that nothing is going to stop.

A bon entendeur Salut!

Olivier Tchouaffe, PhD, CL2P Contributor

logoCL2P

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Kenya:«Insubordination judiciaire», Éthique de vie et Pouvoir d’État en Afrique / Kenya: Judicial “Insubordination,” Ethical Life and State Power in Africa

kenya Cour suprême

Les juges de la Cour Suprême du Kénya

Kenya: «Insubordination judiciaire», Éthique de vie et Pouvoir d’État en Afrique
Par Olivier Tchouaffe, PhD, contributeur au CL2P and Joël Didier Engo, Président du CL2P
Dans un acte judiciaire révolutionnaire qui était il y a encore peu considéré comme relevant du pur fantasme ou de la pensée magique, le CL2P applaudit le jugement historique de six juges kényans (4-2) favorables à la requête déposée par le candidat de l’opposition Raila Odinga, et qui a ordonné un nouveau vote dans les 60 jours dans ce pays. Le CL2P tient surtout à saluer l’exceptionnel courage des juges de la Cour Suprême Kényane qui ont ainsi su résister à toutes les pressions, dont celle de la « victoire » établie n’était pas la moindre, dans une Afrique noire où cet ordre juridictionnel sert hélas souvent de simple caisse d’authentification de coups d’État électoraux planifiés puis exécutés par les détenteurs du pouvoir sortant.
Et on se prend à rêver du jour où une cour suprême d’un pays francophone du continent noir en fera de même contre les inamovibles proxénètes de la politique politicienne et leur arrogante certitude injustifiée du droit au pouvoir à vie; notamment au Gabon des Bongo, au Togo des Eyadema, au Cameroun des Biya, au Congo Brazzaville des Sassou, au Tchad des Deby ou au Burundi de Nkurunziza, le premier président à avoir félicité
Uhuru Kenyatta avant même la proclamation officielle des résultats électoraux.
Analysons attentivement la réalité derrière les mythes:
En effet, la Cour suprême du Kenya a déclaré invalide la victoire d’Uhuru Kenyatta après l’élection présidentielle du mois d’août et a ordonné qu’un nouveau scrutin ait lieu dans les 60 jours.
La décision d’annuler le résultat, une première au Kenya, est sans précédent sur le continent africain et établit surtout un unique précédent – Stare Deciesis -pour le continent.
Kenyatta a accepté la décision du tribunal vendredi après-midi, appelant à «la paix, la paix et la paix » dans une adresse télévisée.
Cette libre déclaration d’insubordination de la Cour suprême kenyane est sans précédent en Afrique moderne. Car il est inhabituel de voir une élection présidentielle en Afrique annulée par la Cour suprême ou la Cour constitutionnelle.
Les hommes forts africains sont généralement élus avec des résultats de type soviétique, comme récemment Paul Kagamé au Rwanda avec 99% des voix. Par conséquent, c’est extrêmement courageux de défier ainsi publiquement un des chefs d’État d’Afrique, continent où le pouvoir de l’État est littéralement privatisé dans des réseaux ethnofacistes impitoyables regorgeant de crimes politiques et de violences génocidaires. La décision de la Cour suprême du Kenya ne présente a priori aucun signe de crainte des conséquences de cet ordre, dont celle d’une épée de Damoclès d’un génocide ethnofaciste où les gens ordinaires seraient sacrifiés pour rien, juste pour non acceptabilité et «normalisation» d’une dictature implacable. Pourtant nous ne pouvons pas perdre de vue que les dernières élections au Kenya ont causé 2 000 décès et plus de 600 000 personnes déplacées, entraînant la poursuite du président sortant et de son vice-président devant la Cour Pénale Internationale (CPI).
Le fait que cette décision soit sans précédent tient probablement aussi au détail non négligeable que la Cour suprême du Kenya n’est pas une « créature » des Kenyattas, père et fils. Ce sont des personnalités de haut rang sélectionnées à des postes de pouvoir et de prestige uniquement sur la base du mérite, et qui peuvent donc revendiquer des formes d’autonomie, puis se placer en position de plaider en faveur et de bâtir les fondations institutionnelles d’une gouvernance véritablement démocratique. Ainsi, la Cour suprême kenyane n’est pas le produit ou l’assemblage de bureaucrates de carrière incompétents et lèche-cul.
La décision de la Cour suprême kenyane est l’acte ultime de défiance contre la nécropolitique qui veut en Afrique noire que le commandement au nom de la souveraineté de l’État s’exprime d’abord par un droit à la vie et à la mort qui est, il faut le noter, un produit de la «modernité» dite civilisationnelle, et non pas des traditions Africaines, dans le but ultime de produire un sujet politique docile et pacifique. Car dans les sociétés traditionnelles africaines il existe ou a existé des contre-pouvoirs pour contrecarrer et contrôler l’usage abusif du pouvoir par les chefs.
Aussi, dans la nouvelle éthique de l’État-nation, ce n’est plus le souverain qui a le pouvoir de la vie et de la mort, mais notre volonté de sacrifier nos vies afin que le pays puisse survivre, pas uniquement le dictateur et sa violence tribale « héroïque ». Vu sous cet angle, la Cour suprême kenyane veut que le pays vive, même si certains ethnofacistes sont disposés à répandre du sang partout afin que rien ne change. Dans ce sens, nous pouvons mourir pour notre pays, mais nous ne pouvons pas laisser tomber le pays juste pour le plaisir narcissique de certains dictateurs. C’est donc un coup porté à la prophétie auto-réalisatrice qui voulait et veut que le dictateur incarne seul le pays ou la Nation dans les démocratures africaines.
En Afrique noire comme partout ailleurs sur la planète, nous n’avons pas besoin de dictateurs. Nous avons besoin d’institutions fortes, parce que la liberté est le droit suprême qui nous donne le privilège de construire notre démocratie et notre future en paix. C’est pour cela que «l’insubordination» judiciaire de la Cour Suprême Kenyane est une vraie déclaration d’Humanité et un désaveu total des politiques faisant l’apologie du cynisme et de la résignation totalitaire.
Olivier Tchouaffe, PhD, contributeur au CL2P and Joël Didier Engo, Président du CL2P
English version
Kenya: Judicial “Insubordination,” Ethical Life and State Power in Africa
By Olivier Tchouaffe, PhD, Contributor to the CL2P et Joel Didier Engo, President of the CL2P
In a judicial revolutionary act that was previously thought to be the stuff of fantasy and magical thinking, the CL2P applauds the six-judge bench rules 4-2 in favor of petition filed by rival candidate Raila Odinga and orders new vote within 60 days. above all, the exceptional courage of the Supreme Court of Kenya, who have been able to resist all pressures, including, that of marketed “predictable Soviet-style victory” is not the least in a black Africa where the Supreme Courts serve to authenticate and legitimize planned electoral coups, generally planned and executed by the holders of the outgoing power.
And we dream of the day when a supreme court of a francophone country of the black continent will do the same against the unmovable political pimps and their overpowering sense of special status and political entitlements; especially Gabon of Bongo, Togo of Eyadema, Cameroon of Biya, Congo Brazzaville of Sassou, Chad of Deby or Nkurunziza’s Burundi who was the first to congratulate Kenyatta before the official result of the Kenyan presidential race. The Supreme Court of Kenya said that we do not have to live within the cultural and legal lines laid out by these political pimps and that there are alternatives.
Let’s track down the reality behind the myths:
The Kenya’s Supreme Court has declared Uhuru Kenyatta’s victory in the presidential election last month invalid and ordered a new vote to be held within 60 days.
The decision to nullify the result, a first in Kenya is unprecedented on the African continent and set a unique precedent-Stare Deciesis- for the continent.
Kenyatta accepted the court decision on Friday afternoon, calling for “peace, peace, peace” in a televised address.
This open declaration of “insubordination” from the Kenyan Supreme Court is unprecedented in Modern Africa. Indeed, it is very unusual to have a Supreme Court reversing elections where African strongmen are usually elected with Soviet-Style results as recently with Paul Kagame with 99% of the vote. Hence, it’s very brave to publicly defy African chiefs where state power is entrenched in ruthless ethnofacist networks drenched in genocidal violence. The Kenyan Supreme Court ruling shows no fear of consequences which is the Damocles Sword of ethnofacist genocide where ordinary people are sacrificed for nothing besides accepting the normalization of dictatorship. Hence, we must take into account that the last election presidential in Kenya caused 2,000 deaths and more than 600, 000 displaced within the country.
The fact that this ruling is unprecedented, moreover, is probably because the Kenyan Supreme Court is not a “creature” of the Kenyattas, father and son. Those are officials selected for positions of significant power and prestige based on merit and therefore able to claim forms of autonomy and put themselves in position of advocacy and institutional building for a democratic governance. Hence, the Kenyan Supreme Court is not the product of scheming and spineless incompetent career bureaucrats and the shallow state.
The Kenyan Supreme Court ruling is the ultimate act of defiance against necropolitics where the command over sovereignty is expressed by the right of life and death which in itself, ironically, is a product of modernity rather than African tradition, which goal was the production of a docile and pacified political subject. In traditional African societies, there are counter-power that actually control misuse of power by the chiefs.
In this new modern ethic of the nation-state, it is no longer the sovereign who has the power of life and death but our readiness to sacrifice our lives so the country can survive not a dictator and his “heroic” tribal violence. In this case, the Kenyan Supreme Court wants the country to live even if some ethnofacists are willing to shed blood so that nothing changes. In this sense, we can die for our country but we cannot let the country dies because of some dictators. This is a blow to the self-fulfilling prophecy that the dictator is the country.
We do not need dictators; we need strong institutions because freedom is the supreme right that gives us the privileges to build our democracy and our future in peace. And that is why, the Supreme Court of Kenya just demonstrated that “insubordination” is a declaration of humanity and a total disavowal of politics of cynicism and resignation.
Olivier Tchouaffe, PhD, Contributor to the CL2P et Joel Didier Engo, President of the CL2P
Elections Cameroun
Cameroun: Politique électorale, Leçons du Kenya / Cameroon: Electoral Politics, Lessons from Kenya
Que pouvons-nous apprendre des développements récents à l’occasion des élections historiques au Kenya?
Tout d’abord, le vote est un droit constitutionnel fondamental. Donc, les politiques électorales ne peuvent pas être écrites par un seul homme ou par un seul parti, et suivant des logiques tribales, claniques, ou partisanes. Les lois électorales doivent être soumises au référendum parce qu’aucune personne ou aucun parti ne peut prétendre avoir seul la connaissance entière et l’intégrité suffisante pour parler au nom de tout le pays; comme le fait le parti-État du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) depuis 1984 au Cameroun, notamment quand il a pris la mauvaise habitude de le faire «avec perfection» et au détriment de la vraie démocratie. C’est cette stratégie que prône notamment le général chinois Sun Tzu lorsqu’il écrit dans son célèbre livre The Art of War:  » soumettre l’ennemi sans se battre c’est le summum de la compétence (…) Mais pour cela, il faut arriver à lui faire ressentir qu’il a déjà perdu d’avance.»
C’est ainsi que le parti-État RDPC a pu tout contrôler dans le processus électoral au Cameroun en donnant toujours aux Camerounais l’impression «qu’il n’y a pas match», au motif qu’il aurait reçu seul un mandat d’eux. Les militants et sympathisants de cette formation hégémonique ont ainsi vite fait d’oublier que les Camerounais sont bien plus qu’un dictateur ou un parti-État, et qu’un processus électoral pour être crédible a besoin d’être légitimé à chaque étape.
Voici notre liste de leçons du Kenya:
1) La Commission électorale doit être véritablement indépendante et démontrer sa capacité d’agir de manière autonome puis de résoudre les différends qui, dans le passé, aurait pu se solder ou se sont soldés par la violence. En outre, si la commission électorale échoue, néglige ou refuse de mener l’élection présidentielle d’une manière compatible avec les prescriptions de la constitution, les membres de la commission doivent être tenus individuellement responsables de tout manquement devant la loi.
2) Le parti d’opposition doit pouvoir examiner les listes électorales pour s’assurer que les personnes décédées, mineures, ou non-citoyens ne votent pas. Aux dernières élections au Kenya, 5 millions d’inscrits n’ont pas pu être certifiés par la Cour Suprême Kenyane. Par conséquent, le processus de comptage et de transmission des résultats doit être rendu fiable.
3) Les urnes électorales doivent être proportionnelles à la population votante. Plus pour éviter de longues files d’attentes que d’empêcher les bureaux de vote fictifs.
4) Les partis d’opposition doivent pouvoir préserver et certifier les résultats de chaque bureau de vote
5) Les journalistes doivent être libres de faire leur travail sans intimidation, de manière à démontrer qu’il existe bien des opinions contradictoires. Et surtout, que lesdites opinions sont réciproquement respectées.
6) Les prisonniers politiques accrédités doivent être autorisés à se présenter aux élections si ils le souhaitent. Aucun Camerounais ne peut être privé de ses droits constitutionnels sans être soumis à une procédure régulière.
7) Les observateurs extérieurs ne sont pas nécessairement une garantie de neutralité

 , précisément parce que les gouvernements étrangers comme la France et les États-Unis traînent un passé accablant d’ingérence dans la politique des pays en développement où leurs intérêts sont en jeu. En outre au KENYA ces observateurs ont été si prompts à rejeter les accusations d’irrégularités, comme si par une sorte de soulagement il fallait uniquement s’assurer que le vote du 8 août avait d’abord été pacifique, dans le secret espoir que toute dénonciation des résultats n’entraînerait pas le type de violences que celles qui ont éclatées après les contestations de l’Élection de 2007, causant des centaines de morts.
8) L’organisation indépendante des droits de l’Homme telle que le CL2P doit pouvoir travailler librement. En particulier, des préoccupations ont été soulevées avant l’élection lorsque le fonctionnaire qui a supervisé le système de vote électronique a été torturé et tué quelques jours avant le vote. Par la suite la commission électorale a reconnuqu’il y avait eu une tentative de pirater le système alors que les votes étaient comptés et compilés.
9) Un accès libre et équitable de tous les partis politiques aux médias publics et privés.
10) Une Loi de finance claire, transparente, et ouverte proportionnellement à tous les partis et/ou candidats représentatifs
Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P)
English version
Cameroon: Electoral Politics, Lessons from Kenya
What can we learn from the recent historical election in Kenya?
First, Voting is a basic constitutional right .As such electoral policies cannot be written by one man or one party or along tribal lines. Electoral laws have to be submitted to referendum because no one person or one party can trusted to have the knowledge and the integrity to speak for the whole country; as the one party-state took the bad habit of doing with “perfection” at the expense of true democracy in Cameroon .This is the same strategy as the Chinese general Sun Tzu put it in his famous book The Art of War, “To subdue the enemy without fighting is the acme of skill.” But to do that, you need to make him feel he has already lost.”
That is how the CPDM party –state gets to control everything as if it was mandated to do by the Cameroonian people. Cameroonian people are more than one dictator or one party-state and the electoral process needs to be made accountable every step of the way:
This is our list of lessons:
  1. The electoral Commission must be truly independent and demonstrate the capacity to act independently and to resolve disputes that in the past have often spilled over into violence. Moreover, if the electoral commission failed, neglected or refused to conduct the presidential election in a manner consistent with the dictates of the constitution, members of the commission must be individually held accountable for any wrongdoings in front of the law.

 

  1. Opposition party must be able to review electoral rolls to make sure that dead or underage people or non-citizens are voting. In the last election in Kenya, 5 million votes could not be accounted for. Hence, the process for tallying and transmitting results has to be made reliable.

 

  1. Polling booths have to be proportional to the voting population. Especially, to make voting easy and to prevent fictional voting booths.

 

  1. Opposition party must be able to guard and certify results from each voting booths

 

  1. Journalists must be free to their job without intimidation to demonstrate that there are rooms for contradictory arguments. And most importantly that these arguments must be respected.

 

  1. Certified Political prisoners must be allowed to stand for office if they wish. No Cameroonians can be deprived of his constitutional rights without due process.

 

  1. External observers do not mean neutrality because foreign governments, such as France and the USA have a disturbing history of meddling in the politics of developing countries where their interests are at stake. These Observers moreover were also too quick to dismiss charges of irregularities, largely out of relief that the Aug. 8 voting had been mainly peaceful and in the hope that disappointment with the results would not lead to the sort of violence that erupted after the disputed 2007 election, in which hundreds of people were killed.

 

  1. Independent Human rights organization such as CL2P must be allowed to work freely. Particularly, when concerns were raised before the election that the official who oversaw the electronic voting system was found tortured and killed days before the vote. The electoral commission has said there was a failed attempt to hack the system as votes were being counted and compiled.

 

  1. Equitable access of all political parties to the media.

 

  1. Transparent finance laws for all the parties

 

The Commitee For The Release of Political Prisoners (CL2P)

The Commitee For The Release of Political Prisoners (CL2P) http://www.cl2p.org

 

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Cameroun: La politique et la tradition prophétique / Cameroon: Politics and the Prophetic Tradition by Olivier Tchouaffe, PhD, CL2P Contributor

Cameroun: La politique et la tradition prophétique par Olivier Tchouaffe, PhD, Contributeur au CL2P
L’un des saints patrons du CL2P est le révérend Dr. Martin Luther King. En effet l’un des slogans du Cl2P est « une injustice dans un endroit du monde est une menace posé à la justice partout dans le reste du monde». Parmi ses nombreuses citations mémorables, il y a aussi celle où il affirme que «l’arc de l’univers moral est long, mais il se plie vers la justice». Cette citation serait aurait aussi très importante pour le président Obama qui l’avait littéralement fait tisser dans un tapis quand occupait encore le bureau ovale.
La lutte afro-américaine pour les droits civiques pendant laquelle le Dr King a émergé comme un puissant chef prophétique est en réalité une tradition prophétique qui s’inspire de l’évangile, en particulier la passion et la résurrection du Christ. Les esclaves noirs américains ont identifié cette passion et cette résurrection du Christ, puis l’ont inscrit dans leur propre expérience d’esclave dans cette tradition prophétique chrétienne. Cela signifie la possibilité de séparer la vie quotidienne, la faiblesse humaine, et les pratiques babyloniennes avec l’enseignement et la grâce salvatrice du Christ sur le choix du bon côté de l’histoire.
Dans ce contexte, il est clair que des personnes mal intentionnées prévalent souvent dans ce monde charnel où le diable règne encore. Cela ne signifie pas que nous ne devrions pas nous engager dans un activisme politique. Au contraire, cela signifie que nous ne devrions pas supposer qu’une sorte de force magique nous mène inexorablement vers une fin utopique progressiste ou vers une fin conservatrice de l’histoire.
Cette profession de foi, cependant, signifie que travailler pour la défense des droits de l’Homme et la justice sociale est une vocation. Mais une vocation qui ne requiert pas de ressource matérielle ou intellectuelle extraordinaire, mais la foi que l’arc de l’univers se pencha vers la justice.
En effet, comme pour le travail de Manuel Domergue, Jacob Tatsitsa et Thomas Deltombe avec leur livre Kamerun! Le pays est né dans une rivière de sang où de nombreux Camerounais ont donné leur vie pour l’indépendance. Aujourd’hui, il n’y a ni de martyrs ni de héros de l’indépendance qui sont commémorés dans le pays. Comme nous l’avons déjà écrit, le Cameroun est probablement un pays unique au monde sans pères fondateurs. Cependant les martyrs de l’indépendance du Cameroun ne sont pas morts en vain, et c’est précisément le travail des militants et d’organisations des droits de l’Homme comme le CL2P de s’assurer que notre pays reste sur la bonne trajectoire de l’histoire. Ce n’est en aucun cas un travail facile car le pouvoir autocratique en Afrique semble se fossiliser au pouvoir et le progrès ne semble pas toujours envisageable.
Alors qu’il était devant à ses jours les plus sombres et la veille de son assassinat, le Dr King a déclaré: « Je ne pourrais peut-être pas vous y mener, mais nous, en tant que peuple, arriverons à la Terre Promise ». Cet argument prophétique est important contre la production de l’ignorance au Cameroun et la nécessité de construire des ponts menant vers une constellation de possibilités infinies de futurs possibles. Cela signifie la capacité d’engager à la fois le hardware et le software de la politique, c’est-à-dire engager dans des voies complexes pour surmonter nos propres entraves biologiques, le poids de l’histoire, et le déterminisme social, dans la mesure où le pouvoir temporel est par nature limité dans le temps et que la raison prophétique gagne toujours.
Olivier Tchouaffe, PhD, Contributeur au CL2P
English version
Cameroon: Politics and the Prophetic Tradition by Olivier Tchouaffe, PhD, Contributor to the CL2P
One of the patron saint of the CL2P is the reverend Dr. Martin Luther King. Indeed, one of the motto of the Cl2P is “injustice anywhere is a threat to justice everywhere.” Among his many memorable quotes, there is also the knowledge that “The arc of the moral universe is long, but it bends toward justice.” That quote is so important to president Obama that he had it literally woven into a rug while he was in the Oval Office.
The African-American struggle for Civil Rights out of which Dr. King emerged as a powerful prophetic leader is a prophetic tradition that takes root in the Gospel, particularly, the passion and resurrection of Christ. The American Black slaves identified with that passion and resurrection of Christ and inscribed their own experience within that Christian prophetic tradition. It means the ability to separate the everyday life, human weakness and Babylonian practices with the teaching and saving grace of Christ about choosing the right side of history.
In this context, it is clear that bad people often prevail in this carnal world where Caesar still rules. That doesn’t mean that we shouldn’t engage in political activism. On the contrary, it does mean that we shouldn’t assume some sort of magical force is inexorably leading us to some utopian progressive or liberal end of history.
This profession of faith, however, means that working for human rights and social justice is a vocation. But a vocation that does not require massive material or intellectual resources but the faith that the arc of the universe bent toward justice.
Indeed, as with the work of Manuel Domergue, Jacob Tatsitsa and Thomas Deltombe’s Kamerun! The country was born in a river of blood where many Cameroonians gave their lives for the independence. Today, there are neither martyrs nor heroes of the independence being commemorated in the country. As we wrote earlier, Cameroon is probably a unique country without founding fathers. The martyrs of the independence of Cameroon, however, did not die in vain and that is the job of human right activists and organization such as the CL2P to make sure that our country stays on the right side of history. This is in no way an easy work as autocratic power in Africa seems to dig in and progress does not always seems inevitable.
As he faced his darkest days and on the eve of his assassination, Dr. King said “I may not get there with you, but we as a people will get to the Promised Land.” This prophetic argument is important against the production of ignorance in Cameroon and the necessity to build bridges towards the open constellation of open ended future possibilities. This means the capacity to engage both the hardware and the software of politics which means the complex ways to engage our own biological shackles, history and social determinism with the understanding that temporal power is by nature fickle and prophetic reason always win.

Olivier Tchouaffe, PhD, Contributor to the CL2P
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Cameroun: Le CL2P et l’héritage du Vieux-Nègre / The CL2P and the Legacy of the Vieux Negre By Olivier Tchouaffe PhD

Cameroun: Le CL2P et l’héritage du Vieux-Nègre: Par Olivier Tchouaffe PhD Contributeur au CL2P

Dr. Mathias Eric Owona Nguini
La dernière diatribe insensible de M. Owona Nguini contre la minorité anglophone du Cameroun interpelle, notamment quand il semble préconiser une violence sanglante pour régler les griefs légitimes soulevés par la société civile anglophone, puis la perpétuation du contrôle social et des règles de gouvernance autocratique pour gérer les effets perturbateurs générés par les changements politiques attendus au Cameroun. Cette position dystopique du régime de Paul Biya soulève une question cruciale sur la manière de sensibiliser l’opinion publique et de structurer le débat public après l’interminable règne de l’inamovible président camerounais, mais aussi les mécanismes démocratiques et auto-correctifs qu’il faudra pour gérer les effets induits par ces changements auxquels nous aspirons tous.
Fait désormais quasiment immuable, qu’il approuve ou non, le président Paul Biya est un homme du passé. Et l’une des manières d’analyser son héritage consiste à passer en revue méthodiquement les règles, les méthodes, les positionnements permettant de mieux le décrypter. On pourrait aussi le faire en comparant le travail intellectuel et organique du CL2P aux dernières actions et prises de paroles des principaux intellectuels du régime de Yaoundé. Ceci est important parce que Joël Didier Engo, le président du CL2P et M. Owona Nguini partagent à peu près le même âge et le même background social (ont notamment été des proches voisins à Yaoundé).
Mais comment leurs différentes trajectoires nous informent sur la fracture intergénérationnelle camerounaise et les problèmes conjoints liés au personnel politique, à la dérive autocratique du régime trentenaire de Paul Biya; également sur les positionnements vis-à-vis de celui-ci? En effet la représentation et l’emprise du pouvoir patriarcal, la versalité politique, le travail intellectuel et les positions éthiques, la vision sociétale, et l’action collective inclusive ou exclusive …en disent un peu aussi sur chacun d’entre-nous durant ces 35 années. Les réponses à ces questions sont cruciales pour appréhender la ou les manières d’informer objectivement sur nos présuppositions non examinées et notre prédisposition idéologique.

Joël Didier Engo, Président du CL2P
Dans un moment déterminant de sa vie, Engo, contre la sagesse voulue conventionnelle du système, a pris des positions éthiques solides contre le régime du despotisme légal de Yaoundé, face notamment aux sirènes de la politique tribale et à la forte pression qui voudrait de faire allégeance à la ligne tribale dans un pays où la gouvernance tribale est un jeu brutal à somme nulle où le gagnant rafle la mise. Cette attitude de principe l’a certainement aliéné de ses proches et des personnes qu’il aimait le plus, et qui s’attendaient vraisemblablement à une attitude de soumission tribale en échange d’une hypothétique clémence du prince pour son père incarcéré arbitrairement pendant 14 années pour ce qui fut perçue comme une déloyauté.
À l’instar d’autres régimes autocratiques, celui de Yaoundé a développé une stratégie juridique despotique qui fonctionne à merveille, avec une suppression immédiate des droits civils des adversaires politiques (de l’intérieur) ou perçus comme tels, au nom de la lutte démagogique contre la corruption. La position de principe d’Engo a été vue comme extrêmement irrévérencieuse. Car malgré son côté affable, qu’il a cultivé depuis le séminaire, le vieux nègre n’a jamais fait preuve de clémence face à ses adversaires politiques désignés.
Pourtant après une lutte sans merci contre le régime de Yaoundé pour obtenir la libération au forceps de son père, Joël Didier Engo n’en avait étonnamment pas fini avec la dictature de Paul Biya. En effet, dans un pays structuré autour de la gouvernance tribale, de nombreux tribalistes ne pouvaient pas croire qu’il était son propre homme et pouvait agir sur la base de convictions solidement ancrées. Il lui ont fait endurer toutes sortes de vilenies dans sa détermination d’en venir à bout avec le despotisme légal au Cameroun. Engo a néanmoins continué à être un défenseur acharné de l’égalité des droits pour tous, de la restauration d’un état de droit, de la promotion d’une alternance démocratique à travers le CL2P qu’il préside. Il est devenu emblématique du fort désaveu public des pratiques politiques népotiques, clientélistes, kleptocratiques, et autocratiques dans lesquelles il a grandi comme Mathias Owona Nguini.
M. Owona Nguini de son côté a abandonné tout semblant d’intégrité académique lorsqu’il a décerné un doctorat honorifique à la Première Dame du Cameroun. Il a encore tout récemment proféré des menaces de mort contre la minorité anglophone, et semble même prôner le recours à la violence à tout va comme unique réponse aux griefs légitimes et politiques soulévés par la minorité Anglophone. Pris comme tel M. Owona Nguini paraît avoir pris le parti d’un régime autocratique calcifié, ossifié, et sclérosé après 35 années; exposant par là même toute la problématique entre les privilèges et les limites des privilèges dans des régimes autocratiques où la violence reste la seule option envisageable pour les préserver. La violence dans le cas d’espèce est évidemment l’expression d’une faiblesse profonde, davantage que celle d’une réelle force; parce qu’elle n’a aucun autre objet au-delà de l’égoïsme personnel et de l’accumulation primitive des richesses.
À l’image de ces deux trajectoires intra-générationnelles, la question cruciale qui est aujourd’hui posée au Cameroun ou aux Camerounais consiste à trouver comment gérer le lourd héritage du vieux nègre, avec les effets perturbateurs induits par le nécessaire changement. Plus d’autocratie n’est à l’évidence pas la façon de relever les défis de demain. Vu sous cet angle le CL2P se trouve indiscutablement du bon côté de l’histoire, en préconisant une société ouverte, où la responsabilité démocratique avec ou grâce aux mécanismes intégrés d’auto- contrôle permettra de mieux articuler les changements voulus dans un pluralisme assumé.
Olivier Tchouaffe PhD Contributeur au CL2P
English version:  Cameroon: The CL2P and the Legacy of the Vieux Negre: Notes on Pubic versus Organic Intellectual Work By Olivier Tchouaffe PhD Contributor to the CL2P
Mr. Owona Nguini’s latest insensitive diatribe against the Anglophone minority of Cameroon where he seems to advocate bloody violence to settle the Anglophone’s legitimate grievances and the perpetuation of autocratic social control and rules to handle changes. This dystopic position of the Biya’s regime public intellectual raises a crucial question about how to organize public opinion and public debate to bear upon the legacy of the Biya’s regime and the democratic and self-correcting mechanisms to handle the disrupting effects of change we can all believe in.
Hence, whether he likes it or not, the president is a man of the past. And one way to deal with his legacy is to elaborate on the rules and proper ways to engage that legacy. One could do that by comparing the intellectual and organic work of the CL2P to the latest actions of the regime’s leading intellectuals. This is important because Joel Didier Engo, the C2LP president and Mr Owona Nguini share roughly the same age and the same social background but how their different trajectory informs on Cameroonian’s intra-generational divide and conjoined issues tied to the personal and the political, politics, representation and patriarchal power, politics, intellectual work and ethical stances, inclusive and exclusive collective vision and action. The answers to these issues are crucial for ways they inform on our unexamined assumptions and our ideological predisposition.
At a defining moment in his life, Engo, against conventional wisdom, took some strong principle ethical stances against the regime of Yaoundé’s legal despotism facing the sirens of tribal politics and heavy pressure to tow the tribal line in a country where tribal politics is a brute zero sum game where the winner takes all. This principle stance alienated the care of folks he loved the most and who expected a compliant attitude in exchange of mercy for his father incarcerated for his perceived disloyalty. As in most autocratic regimes, the regime of Yaoundé has developed a despotic legal strategy to deprived political and perceived political adversaries of their civil rights in the name of fighting corruption. Engo’s principle stance was a great call because despite of his cultivated affable demeanor he acquired as an altar boy and seminarist, Le vieux negre has yet to demonstrate leniency against his designated political opponents.
Still, Engo Joel Didier was not out of wood yet. In a country structured by tribal politics, many tribalists could not believe that he was his own man. He had to endure all kinds of abuse in his attempts to clear his good name. Engo went on to become a strong vocal advocate for equal rights for all, the rule of law and democratic accountability notably through the CL2P which he presides. Engo becomes emblematic of a strong public disavowal of autocratic political and kleptocratic practices he grew up in.
On the other hand, Mr. Owona Nguini has relinquished all semblance of academic integrity when he awarded an honorary doctorate to the First Lady of Cameroon. He went on recently to spew demeaning remarks against the Anglophone minority and seems to advocate violence as response to their political legitimate grievances. As such, Mr. Owona Nguini seems to have taken the side of 35 years of a calcified, ossified and sclerotic autocratic regime displaying the conundrum between privilege and the limits of privileges in autocratic regimes where violence remains a strong option or self-preservation. Violence in this case is usually an expression of weakness rather than strength because it has no object beyond selfishness and primitive accumulation.
As with these two intra-generational divide the crucial question is how do we deal with the legacy of le vieux negre and the disrupting effects of change. More autocracy is not the way to handle future challenges. The CL2P is on the right side of history advocating for an open society where democratic accountability and self-correcting inclusive mechanisms are the ways to grasp with future changes in an open democratic future.

Olivier Tchouaffe PhD Contributor to the CL2P
Olivier Tchouaffe PhD Contributor to the CL2P
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Cameroon: Presidential Election and The Biopolitical Plantation Economy

Cameroon: Presidential Election and The Biopolitical Plantation Economy

BiyaVote

Albert Camus writes that to name things wrongly is to add to the misfortunes of the world. Defining the independence in Africa is still a big problem. As of today, the definition of that term is not settled. Hence battles over semantic control, agenda setting, legal and ideological hegemony are useful for the understanding of socio-economic and political organization and ways in which ordinary people sign up into laws that subjected them to authoritarian power where statehood is a biopolitical experiment of plantation system as nation-state where the independence are now considered transition in modes of subjection.

In this new modes of subjection, the president replaces the colonial master and rights, while universal, are actually restricted to an entitled few which is the president and his close allies. Within this context, special privileges are restricted to the few and the prison system turns into a plantation system where domestic terrorism is not a state crime because the plantation is a state of exception where the law is suspended and practices at the whim of the master and his legal despotic associates who treat any forms of dissent as criminal activities because of lack of constitutionally protected free speech and assembly. Hence, no constitutionally protected activities besides the ones allow by the state. Thus, the prison system is a site where the «bad negroes» are sent to languish.

Thus, how the political power, in the name of fighting corruption, stages and re-stages legal judicial spectacles to deprive legitimate political opponents from participating in political election.

If the plantation master, Paul Biya, is a real “democrat » as he pretends to be: why does not he free his opponents and take the risk of confronting his political « competitors » and internal « adversaries » designated in transparent ballot boxes? There is no need to sequester them arbitrarily.

The CL2P has the reluctant duty to lift the veil over the true dictatorial nature of a regime which presents itself to the face of the world as a model of « appeased democracy. » In practice, “appeased democracy” is a democracy as long as Paul Biya keep winning elections which he has done for the past 34 years through rigged elections and the imprisonment of the political competitors. In responses to these repeated electoral hold ups, it is important, consequently, to keep in mind the legal despotism Paul Biya uses to systematically incarcerate his potential rivals Designated as « prevaricators of the public wealth ».

The CL2P recognizes that it is not always an easy exercise to work for human rights under a blast of propaganda orchestrated by the Cameroonian regime that naturalizes, minimizes and desensitizes ordinary Cameroonians and the world to its old tricks, deprivation of ordinary Cameroonian’s human rights and vicious opportunism.

Hence the CL2P continues to fight for human rights because silence is the worst sentence for a prisoner of conscience. It plays an important part in the trivialization of political crime, particularly in Cameroon.

prisonnierspolitiques2017

LADIES AND GENTLEMEN,

We invite you to always put names and faces behind the perfectly oiled political propaganda of the regime that has been in place in Cameroon for 34 years, especially when it claims to fight mercilessly against corruption with Kafkaesque trials, and arbitrary convictions (the famous trials with drawers).

FOR THE CL2P HERE ARE THE MAIN VICTIMS OF THE POLITICAL AND JUDICIAL ARBITRARY IN CAMEROON

1. Marafa HAMIDOU YAYA

Marafa-Hamidou-Yaya

2. Jean Marie ATANGANA MEBARA

Jean-MarieAtanganaMebara_0

3. Urbain OLANGUENA AWONO

Olanguena Awono

4. Aboubakary SIDIKI

sidiki

5. Polycarpe ABAH ABAH

abahabah

6. Me Abdoulaye HARISSOU

Abdoulaye

7. Mohammed IYA

Iyamohamed

8. Zacchaëus FORJINDAM

fonjidam

9. Yves Michel FOTSO

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10. Ahmed ABBA

Ahmed Abba 3

11. Chief Ephraïm INONI

Inoni Ephräim

THE ADDITIVE LIST OF ENGLISH-SPEAKING ACTIVISTS SEIZED BY THE POWER OF PAUL BIYA IN THE YAOUNDE DETENTION CENTERS, ALL CONSIDERED AS PRISONERS OF OPINION BY THE POLITICAL PRISONERS ‘RELEASE COMMITTEE (CL2P)

Prisonnierspolitiquesanglophones

Here is the complete list of the defendants of the Anglophone crisis, according to the Network of Defenders of Human and Peoples Rights (REDHAC)

1 – Barrister Nkongho Felix Agbor Balla
2 – Justice Ayah Paul Abine
3 – Dr. Fontem Neba
4 – Mancho Che Bibixy
5 – Prof. Chia Ateh
6 – Barrister Abandem Walters
7 – Kuyase Leonard Sallan
8 – Aselacha Martin
9 – Ngwa Joseph Ngaling
10 – Awuh Tevence Ambe
11 – Munji Rolland
12 – Nkembu Chigum Anicet
13 – Njousi Abang David
14 – Tsi Conrad
15 – Moforchu Che Jea n Rene
16 – Awah Thomas Dzenyagha Junior
17 – Miclaksh Junior
18 – Yadomgheh Hillary
19 – Pang James Puh
20 – Sunjoh Dieudonne
21 – Ngembe Eugene
22 – Ngalim Felix Sateh
23 – Tah Emile Agwe
24 – Kiugah Valentine
25 – Levala Brian
26 – Awan Zacks
27 – Tangwa Marvin
28 – Awermo Joseph
29 – Yusinyu Gerald
30 – Tambu Cedric
31 – Ndasi Julius
32 – Mungou Priestly Azeh
33 – Manyaka Gaston
34 – Langgwa Justin Tardeznywy
35 – Vernyuy Clerance
36 – Wandong Enoh Moses
37 – Chiafo Richard
38 – Temi Clifford
39 – Tim Finnian
40 – Tatih Eric Ngu
41 – Alobwede Van Kinsly Same
42 – Tata Elvis
43 – Achomba Hans
44 – Bezeng Mervine Akwang
45 – Nkwenkam Momenkam Tite
46 – Veranso Steven
47 – Wakemba Esono
48 – Penn Terence Khan
49 – Ndzenyuy Elvis
50 – Ndenge Gordon Zama
51 – Fontem Neba Dieudonne
52 – Ngembe Eugene
53 – Livisone Fung
54 – AchUO Azang
55 – Hampel Azang
56 – Afuh Javes Ngourou
57 – Njuh Kingsley Kelly
58 – Mamouda Sule
59 – Kum Gerald Chuo
60 – Abang Modest Amih
61 – Tsu Itie Franck
62 – Ngong Solos Wallang
63 – Nasser Fontoh
64 – Ewi Alain Meeh
65 – Ten Josua Mua
66 – Kangsen Nestor Mbah
67 – Fung Marcel Mih
68 – Tibi Vingent Tebug
69 – Ngong Canisius
70 – Lunba Bruno Nkemta
71 – Achou Emmanuale Kum

Prisonniers anglophones

The country of Cameroon is at a dangerous crossroads. It is time for moral clarity because old tricks won’t work tomorrow. As things stand today, Cameroon faces a darkening political future and the question of national unity is more pressing than never before. Paul Biya can help a lot by beginning to free political prisoners for a free and fair political competition.

CAN BIYA 2019 2

Version Française

CAMEROUN: Élection présidentielle et Économie de la plantation biopolitique

Albert Camus écrit que mal nommer les choses c’est ajouter aux malheurs du monde.

Définir l’indépendance en Afrique représente encore un gros dilemme. Y compris aujourd’hui, la définition de ce terme n’est pas réglée. Aussi, les luttes pour son contrôle sémantique, l’établissement de l’ordre dominant, l’hégémonie légale, et idéologique sont utiles pour comprendre l’organisation socio-économique et politique, puis les moyens par lesquels les gens ordinaires s’inscrivent dans le respect des lois qui les soumettent au pouvoir autoritaire, pour lequel l’état est une expérience biopolitique s’apparentant au système de la plantation dans un État-nation où l’indépendance est d’abord considérée comme une transition cosmétique dans des systèmes de soumission.

Dans ce nouveau mode d’assujettissement, le président remplace le maître colonial et les nouveaux droits, tout en étant universels, sont réellement restreints uniquement à quelques-uns qui sont le président et ses proches alliés. Dans ce contexte, les privilèges spéciaux sont limités à quelques-uns et le système pénitentiaire se transforme en un système de plantation où le terrorisme domestique n’est pas un crime de l’État, parce que la plantation est un état d’exception permanent dans lequel la loi est suspendue au seul bon vouloir et aux caprices du maître, puis par extensions ses associés juridiques despotiques qui traitent toutes les formes de dissidence comme des activités criminelles en raison du manque de liberté d’expression et d’assemblée protégés (pourtant) par la constitution.

Par conséquent aucune activité n’est de fait constitutionnellement protégée, en dehors de celles autorisées par le Parti-État. Le système pénitentiaire devient donc le lieu où les «mauvais nègres» sont envoyés pour languir et mourir. Et le pouvoir politique se charge de mettre en scène des spectacles juridiques et judiciaires , au nom de la lutte contre la corruption puis du terrorisme, pour empêcher aux opposants politiques légitimes et crédibles toute possibilité de participer aux élections politiques.

Si le maître de la plantation, Paul Biya, est le véritable « démocrate » qu’il prétend être: pourquoi ne libère-t-il pas ses adversaires et prendre le risque de les affronter à travers des urnes transparentes dans une compétition politique libre et ouverte à tous ses « concurrents » politiques et/ou «adversaires» internes désignés au RDPC? Nul besoin pour ce faire de les séquestrer arbitrairement.

Devoir au quotidien présenter bien malgré nous la vraie nature dictatoriale d’un régime qui se présente à la face du monde comme un modèle de « démocratie apaisée », rappeler l’élimination judiciaire et carcérale que son créateur Paul BIYA réserve systématiquement à ses rivaux potentiels désignés comme des « prévaricateurs de la fortune publique » …n’est hélas pas toujours un exercice facile sous un tintamarre de motions de soutien et d’appels commandés pour la tenue d’une élection présidentielle au Cameroun.

Mais nous continuons inlassablement de le faire. Parce que le silence est la pire des sentences pour un prisonnier d’opinion. Il participe largement à la banalisation du crime politique particulièrement au Cameroun.

MESDAMES, MESSIEURS,

Nous vous invitons à toujours mettre des noms et des visages derrières la propagande politique relayée par une presse à la solde du régime en place au Cameroun depuis 34 ans, notamment lorsque ce dernier prétend mener une lutte sans merci contre la corruption hélas souvent à tête chercheuse, faite d’accusations cousues de toutes pièces, de procès kafkaïens, et de condamnations arbitraires en cascade (les fameux procès à tiroirs).

POUR LE CL2P VOICI LES PRINCIPALES VICTIMES DE L’ARBITRAIRE POLITIQUE ET JUDICIAIRE AU CAMEROUN:

1. Marafa HAMIDOU YAYA

marafa_lettre_paul_biya_009_thn_475

2. Jean Marie ATANGANA MEBARA

Jean-MarieAtanganaMebara_0

3. Urbain OLANGUENA AWONO
olanguena770

4. Aboubakary SIDIKI
SIDIKI

5. Polycarpe ABAH ABAH
abahabah

6. Maître Abdoulaye HARISSOU
abdoulaye_harissou_0034_thn_475

7. Mohammed Iya
Iyamohamed

8. Zacchaëus Forjindam
Fonjidam

9. Yves Michel FOTSO
Fotso

10. Ahmed ABBA

11. Chief Ephraïm INONI

LA LISTE ADDITIVE DES ACTIVISTES ANGLOPHONES SÉQUESTRÉS PAR LE POUVOIR DE PAUL BIYA DANS LES CENTRES DE DÉTENTION DE YAOUNDÉ, TOUS CONSIDÉRÉS COMME DES PRISONNIERS D’OPINION PAR LE COMITÉ DE LIBÉRATION DES PRISONNIERS POLITIQUES (CL2P)

Voici la liste complète des prévenus de la crise anglophone, selon le Réseau des Défenseurs des Droits de l’Homme et des Peuples (REDHAC)
Les noms des 71 détenus énumérés sont contenus dans le Quotidien Le Messager du 1er juin 2017. En effet Selon le REDHAC, la crise anglophone a privé de liberté 71 personnes, au lieu de 23 comme le clament des sources gouvernementales. D’après la cellule de la communication du REDHAC, il s’agit de:

1 – Barrister Nkongho Felix Agbor Balla
2 – Justice Ayah Paul Abine
3 – Dr. Fontem Neba
4 – Mancho Che Bibixy
5 – Prof. Chia Ateh
6 – Barrister Abandem Walters
7 – Kuyase Leonard Sallan
8 – Aselacha Martin
9 – Ngwa Joseph Ngaling
10 – Awuh Tevence Ambe
11 – Munji Rolland
12 – Nkembu Chigum Anicet
13 – Njousi Abang David
14 – Tsi Conrad
15 – Moforchu Che Jea n Rene
16 – Awah Thomas Dzenyagha Junior
17 – Miclaksh Junior
18 – Yadomgheh Hillary
19 – Pang James Puh
20 – Sunjoh Dieudonne
21 – Ngembe Eugene
22 – Ngalim Felix Sateh
23 – Tah Emile Agwe
24 – Kiugah Valentine
25 – Levala Brian
26 – Awan Zacks
27 – Tangwa Marvin
28 – Awermo Joseph
29 – Yusinyu Gerald
30 – Tambu Cedric
31 – Ndasi Julius
32 – Mungou Priestly Azeh
33 – Manyaka Gaston
34 – Langgwa Justin Tardeznywy
35 – Vernyuy Clerance
36 – Wandong Enoh Moses
37 – Chiafo Richard
38 – Temi Clifford
39 – Tim Finnian
40 – Tatih Eric Ngu
41 – Alobwede Van Kinsly Same
42 – Tata Elvis
43 – Achomba Hans
44 – Bezeng Mervine Akwang
45 – Nkwenkam Momenkam Tite
46 – Veranso Steven
47 – Wakemba Esono
48 – Penn Terence Khan
49 – Ndzenyuy Elvis
50 – Ndenge Gordon Zama
51 – Fontem Neba Dieudonne
52 – Ngembe Eugene
53 – Livisone Fung
54 – AchUO Azang
55 – Hampel Azang
56 – Afuh Javes Ngourou
57 – Njuh Kingsley Kelly
58 – Mamouda Sule
59 – Kum Gerald Chuo
60 – Abang Modest Amih
61 – Tsu Itie Franck
62 – Ngong Solos Wallang
63 – Nasser Fontoh
64 – Ewi Alain Meeh
65 – Ten Josua Mua
66 – Kangsen Nestor Mbah
67 – Fung Marcel Mih
68 – Tibi Vingent Tebug
69 – Ngong Canisius
70 – Lunba Bruno Nkemta
71 – Achou Emmanuale Kum

Au moment où la climat social est particulièrement tendu dans sa partie anglophone, et que le tribalisme devient le seul argument agité par le régime de Paul Biya pour pérenniser sa dictature trentaine au Cameroun – nous formulons le vœux d’une libération immédiate de tous ces prisonniers d’opinion, officiellement présentés comme des prisonniers de droit commun ou des terroristes dans ce pays, et qui rentrent tous dans les critères objectifs (http://cl2p.org/presentation/) établis par notre organisation.

Monsieur Le Président BIYA, Libérez tous les prisonniers politiques du Cameroun, et Laissez tous les candidats – qui le veulent – postuler librement à l’investiture suprême. Il reviendra alors aux seul-e-s Camerounais-e-s de choisir en toute transparence le prochain locataire du Palais de l’Unité.

NOTRE SILENCE PARTICIPERAIT À LA BANALISATION DU CRIME POLITIQUE AU CAMEROUN

The Commitee For The Release of Political Prisoners (CL2P)

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Attaque terroriste au Burkina Faso: La condamnation unanime et la solidarité mondiale forcent le respect

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« Je suis #Fotokol », Page facebook dédiée aux victimes et déplacés de Boko Haram

Rien à voir en effet avec l’étrange banalisation des attentats terroristes dans l’extrême nord du Cameroun, qui semblent ne plus émouvoir personne dans ce pays, ni susciter la moindre réaction officielle des autorités.

Pourquoi faudrait-il d’ailleurs que ces dernières se montrent solidaires? Puisque les victimes semblent si lointaines du centre névralgique du pouvoir de Yaoundé: souvent musulmanes de confession, issues d’une ère géographique et culturelle perçue moins docile par les principaux décideurs politiques camerounais.

Ainsi s’est donc progressivement installée dans les têtes, l’idée d’une partition « terroriste » du Cameroun; partition que la dictature en place a opportunément étendu aux deux régions anglophones, au motif que ses ressortissants n’en peuvent plus avec leur statut de citoyens de seconde zone.

Mais ne dites rien! Au risque d’essuyer les foudres des autoproclamés camerounais authentiques et patriotes exclusifs qui crient aussitôt au complot international, puis à l’atteinte à la souveraineté nationale dès la publication du moindre rapport d’une ONG faisant état de graves atteintes aux droits humains, aux manifestations des activistes anglophones devant les représentations diplomatiques du Cameroun à l’étranger; au cri d’alarme lancé par le président malgache de la confédération africaine de football sur l’insuffisante préparation du Cameroun pour la CAN 2019, etc…

C’est entendu: la terre entière en veut au pays de Paul Biya.

Alors même que le despote camerounais fait un usage uniquement propagandiste et politique de la nécessaire lutte contre le terrorisme, au mépris des victimes camerounaises abandonnées à elles-mêmes.

Voilà pourquoi la solidarité Burkinabé, africaine et mondiale – notamment à la suite de l’attentat perpétré hier à Ouagadougou – force le respect.

Joel Didier Engo, Président du CL2P

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