« La Grande Muette doit rester muette »…

« La Grande Muette doit rester muette »…

Si des officiers
camerounais se permettent de confirmer ce que le monde entier sait: la
défaite de Tsahal face aux troupes aguerries du Hezbollah, et lèvent
ainsi le voile sur la collaboration honteuse de l’armée d’un Etat
démocratique (Israël) avec la garde présidentielle d’un tyran…Qui
s’en plaindra???

Pourquoi
devraient-ils nécessairement se taire au prétexte que la Grande Muette
se doit de rester muette, alors même que les intérêts supérieurs de la
Nation sont en jeu.

Je vous remercie

 

SORTIE
DES OFFICIERS S’ATTAQUENT A LA GARDE DE PAUL BIYA

Ils ont critiqué le fiasco de l’armée israélienne – dont certains
éléments assurent la sécurité du chef de l’Etat camerounais – au sud
Liban. Le haut commandement militaire, sur les dents, s’en prend à
Cameroon Tribune qui a ralayé l’information et envisage des sanctions.

C’était parti pour être une conférence savante. Au menu : la crise
du Liban. Ou plus exactement le conflit entre l’armée israélienne et le
Hezbollah. Finalement, on a eu droit à une sortie insolite de la “
Grande muette ”. Etrange rupture d’avec une tradition bien établie. Sur
un sujet apparemment lointain. Quoique les convictions des
conférenciers aient fait l’apologie d’une certaine proximité. Sur un
air jusque là peu audible dans les rangs. En substance : “ Le militaire
doit tirer les enseignements de la récente confrontation entre le
Hezbollah et l’armée israélienne ”. Et rien de tel que de hauts gradés
pour édifier des soldats, des sous-officiers et des officiers, accourus
en nombre – si l’on s’en tient au compte-rendu de Cameroon Tribune
(01/09/06). En première ligne : le colonel François Ebanga, commandant
de brigade du quartier général, et le capitaine Martin Nsomo Mvomo,
commandant de compagnie de protection de l’aéroport de
Yaoundé-Nsimalen. Des propos et d’autres, présentés comme autant de
clés de compréhension de la crise au Liban.

Ainsi que le rapporte le quotidien gouvernemental : “ Au niveau des
enseignements militaires, le commandant du quartier général a attiré
l’attention de ses hommes sur le fait que si le Hezbollah a tenu tête à
Tsahal, c’est parce que les membres de la milice chiite étaient bien
entraînés. Ils avaient également une bonne maîtrise des engins
militaires. Du côté de l’état-major israélien, il y a eu précipitation
dans l’encadrement des troupes au front, mais surtout le renseignement
n’a pas bien fonctionné. Conséquence, les deux soldats enlevés par la
milice chiite n’ont pas été libérés lors de l’offensive de Tsahal au
sud Liban ”. Et ce n’est pas rien.

D’abord, les mots. Qui résonnent, dans le contexte du conflit
libanais, comme des tirs d’obus. Sans en rien laisser soupçonner. Des
propos ouvertement défavorables à Tsahal, clairement visée. Une sorte
de guerre éclair. Ensuite, les auteurs ne sont pas de simples hommes de
rang. Leurs fonctions en portent témoignage. Et puis, ils ne
s’expriment pas de n’importe quel poste de commandement : le quartier
général, affirment des sources introduites, fait partie maillons
essentiels dans le dispositif de sécurité présidentielle, au côté de la
garde présidentielle, de la Direction de la sécurité présidentielle et
le dernier cercle plutôt discret. Enfin, et c’est le problème : ce
dernier cercle est réputé tenu par des éléments israéliens. De là à
faire peser l’analyse de Tsahal sur le dernier rempart sécuritaire du
président Biya…

Tout le week-end dernier, à Yaoundé, des milieux divers- dont ceux
de la Défense – n’ont pas manqué de s’émouvoir de cette sortie
inhabituelle et jugée inélégante des hauts gradés de l’armée
camerounaise à l’égard d’une armée amie, incrustée dans les arcanes
stratégiques du pouvoir en place. Apparemment, le compte-rendu de
Cameroon Tribune n’a pas laissé impassible la haute hiérarchie
militaire. Deux démarches ont semblé indiquer qu’un certain embarras
était a posteriori perceptible au sein de l’armée. Hasard ou
coïncidence : samedi, l’émission “ Honneur et fidélité ” des forces
armées s’est appesantie sur les questions de droits de l’homme, faisant
valoir en substance que la liberté d’expression fait partie desdits
droits, insistant en même temps sur le fait qu’un corps comme l’armée
présentait tout de même des particularités à propos de cette liberté
d’expression. Et cela, sans à aucun moment faire référence
explicitement à la conférence de jeudi dont le compte-rendu a été fait
dans les colonnes de Cameroon Tribune de vendredi. Un discours tout en
suggestions.

Deuxième repère de cet malaise plus ou moins confus : la démarche de
la haute hiérarchie militaire en direction du quotidien gouvernemental.
De hauts gradés sont réputés avoir fait valoir que le journal de la rue
de l’aéroport aurait pu faire l’économie de certaines déclarations dans
ses colonnes, sans pour autant rejeter ou infirmer les déclarations
rapportées par les reporters. La rédaction de Cameroon Tribune, à ce
qu’il semble, a pris acte de ces remarques et promis de ne pas se faire
répéter la leçon. Lundi, en mi-journée, La Nouvelle Expression
apprenait, de sources bien informées, que le haut commandement
envisageait l’hypothèse de sanctions à infliger aux… conférenciers du
Quartier général. Officiellement saisi par La Nouvelle Expression,
lundi, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense n’a pas
pu apporter des réponses aux questions qui lui ont été envoyées sur
divers aspects de cette affaire.
La Grande muette, telle qu’en elle-même !

Valentin Siméon ZINGA
La Nouvelle Expression
Publié le 04-09-2006

Publicités
Cet article, publié dans Non classé, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s