Et pour la « dignité du nom » à la constitution européenne…Qui s’en charge???

UE : une initiative «pour la dignité du oui»
Au sommet européen, Luxembourg et Espagne tentent de relancer le processus constitutionnel.
Par Jean QUATREMER
QUOTIDIEN : samedi 16 décembre 2006
Bruxelles (UE) de notre correspondant

La pression sur la France et les Pays-Bas est montée d’un cran
au cours du Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement
qui s’est achevé vendredi à Bruxelles. L’Espagne et le Luxembourg,
les deux seuls pays qui ont approuvé la Constitution européenne par
référendum, ont invité les seize autres Etats membres de l’Union
l’ayant ratifiée à se réunir, fin janvier à Madrid, pour relancer
le processus constitutionnel (1). Une seconde réunion aura lieu fin
février à Luxembourg, élargie aux sept pays qui n’ont pas encore
ratifié le texte, et aux deux qui l’ont rejeté par référendum.

«Nous pensons que ceux qui ont ratifié le traité ont le droit de
s’exprimer haut et fort, 
a expliqué Jean-Claude Juncker, le
Premier ministre du Grand-Duché.
Tout le public européen est sous l’influence de ceux qui ont dit
non. Nous devons redonner leur dignité aux arguments de ceux qui
ont dit oui.» 

«La voix des Dix-Huit ne doit pas être sous-estimée», a
surenchéri la chancelière allemande, Angela Merkel, qui va présider
l’Union durant le premier semestre 2007, et a sans doute donné sa
bénédiction à cette initiative hispano-luxembourgeoise. Jeudi, elle
avait insisté devant le Bundestag sur la nécessité, en préservant
«la substance du traité constitutionnel», de parvenir à un
nouveau texte avant les élections européennes de 2009 : ce serait
une
«erreur historique» de louper le coche, a-t-elle prévenu.

L’affaire est un tantinet humiliante pour la France et les
Pays-Bas, qui se retrouvent marginalisés. En affirmant leur volonté
de poursuivre leur intégration, les Dix-Huit pointent du doigt la
responsabilité de Paris et de La Haye dans la crise que traverse
l’Europe. Et ne semblent pas être prêts à sacrifier l’ensemble du
traité constitutionnel. Les partenaires de la France espèrent aussi
que les candidats à la présidentielle feront de l’Europe l’une de
leurs principales priorités :
«Si tout le monde voit ce que veut Nicolas Sarkozy avec son
"minitraité", la pensée européenne de Ségolène Royal reste pour le
moins brumeuse, 
confiait un diplomate européen.
Cela inquiète dans les capitales de l’UE.»

(1) La Bulgarie et la Roumanie, qui seront membres de l’UE le
1er janvier, ont déjà ratifié la Constitution.
© Libération
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