L’EURO deviendra invévitablement et progressivement la monnaie de reserve mondiale, grace aux fondamentaux économiques de l’union européenne.

Chronique
L’euro menace-t-il le dollar ?, par Cécile Prudhomme
LE MONDE | 12.01.07 | 13h27  •  Mis à jour le 12.01.07 | 13h27

ouvelle
désillusion pour l’euro. Mal aimée de la plupart des Européens, la
monnaie unique constituait jusqu’ici au moins un motif de fierté des
responsables politiques. Depuis sa création en 1999, elle s’était
imposée face au dollar comme monnaie de réserve internationale, ces
avoirs obligatoirement libellés en devises étrangères et gérés par
chaque banque centrale pour soutenir la valeur de la monnaie nationale.

A la fin de 2006, deux pays avaient
d’ailleurs fait sensation sur les marchés. Le 18 décembre, l’Iran avait
annoncé que ses revenus extérieurs et ses avoirs à l’étranger seraient
désormais libellés en euros plutôt qu’en dollars. Mais alors que ce
pays sent le soufre, un Etat bien sous tous rapports, les Emirats
arabes unis, ont annoncé, à leur tour, le 27 décembre, leur volonté de
convertir 8 % de leurs réserves en euros d’ici à septembre 2007.

Las
! Un des économistes français les plus éminents vient casser le mythe.
Dans une étude, publiée le 9 janvier, Patrick Artus, responsable des
études économiques chez Natixis, affirme qu’il n’y aurait pas de
substitution d’actifs en euros aux actifs en dollars dans les réserves
de change mondiales, contrairement à ce qu’affirment de nombreux écrits.

Certes,
la part de l’euro dans les réserves de change des banques centrales a
augmenté ces dernières années. Les statistiques du Fonds monétaire
international et de la banque des règlements internationaux – qui font
foi dans ce domaine, les banques centrales ne publiant pas l’exacte
composition de leurs réserves – montrent en effet une évolution
favorable à l’euro.

En 1999, leurs réserves étaient composées de
71,1 % de dollars, 2,7 % de livres sterling, 6 % de yens et 18,1 %
d’euros. Au troisième trimestre 2006, les proportions étaient de 65,6
%, 4,2 %, 3,2 % et 25,2 %.

Mais cet accroissement de la part de
l’euro ne serait pas dû à un choix de ces super-banques de remplacer
des dollars par des euros. Cet effet proviendrait essentiellement,
selon les calculs de M. Artus, de l’appréciation de la monnaie unique
face au billet vert sur le marché des changes. Car les chiffres des
réserves de change sont exprimés en dollars, et sont mécaniquement
influencés par le taux de conversion.

Cet expert montre, par des calculs complexes sur la vitesse de progression de chaque part exprimée dans sa devise, que "quand
on corrige de cet effet de valorisation pour révéler le "vrai"
comportement d’allocation d’actifs des banques centrales, on voit
qu’elles substituent effectivement des livres sterling aux yens
(…), mais pas d’euros aux dollars".

Les
pères de l’euro ont un argument. Face à un dollar qui a vu le jour en
1785, il est encore bien tôt pour étudier l’ombre que lui fait le tout
jeune euro.

Cécile Prudhomme
Article paru dans l’édition du 13.01.07
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