Démerdez-vous Mme Royal, vous avez bien mérité votre grand capharnaüm de 2007.


Ségolène Royal suspend Arnaud Montebourg pendant un mois
LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 18.01.07 | 11h58  •  Mis à jour le 18.01.07 | 13h04

a sanction est tombée. La candidate socialiste à l’Elysée, Ségolène Royal, a "suspendu" temporairement de ses fonctions son porte-parole Arnaud Montebourg. Il ne parlera
plus en son nom "pendant un mois", à la suite de ses propos mettant en cause
son compagnon, François Hollande.

Interrogé, mercredi soir, sur le plateau du
Grand Journal de Canal+, sur le principal défaut de la candidate
socialiste dans la course à l’Elysée, Arnaud Montebourg avait répondu :
"Ségolène Royal n’a qu’un seul défaut, son compagnon", provoquant l’incrédulité. "Je pensais vous faire rire. C’était pour rire", a-t-il insisté.

"Je lui ai dit que ses propos étaient
déplacés. Je veux que mon porte-parole traite du fond"
, a déclaré la
candidate socialiste. Mme Royal a précisé que M. Montebourg est
"maintenu dans le groupe de travail sur les institutions" du Parti
socialiste.

"UN MOIS DE COLLE"

Dès
ce matin, Arnaud Montebourg avait proposé sa démission de son poste de
porte-parole. Dans un communiqué, il rappelait que ses propos avaient
une "vocation humoristique" et estimait qu’ils avaient été "malheureusement mal interprétés".

"Le jeune élève Montebourg a un mois de colle", a aussitôt ironisé le député sarkozyste Dominique Paillé. "Montebourg s’est fait
taper sur les doigts par la maîtresse. La prochaine fois, il aura droit à
l’internement en camp militaire"
, a-t-il plaisanté.


Les blogueurs ironisent sur la "punition" de Montebourg
LEMONDE.FR | 18.01.07 | 14h00

a
réaction n’a pas tardé : dans les minutes qui ont suivi l’annonce de la
démission, puis la suspension d’un mois d’Arnaud Montebourg en tant que
porte-parole de Ségolène Royal, les blogueurs pro et anti-Royal se sont
emparés de l’affaire.La vidéo, reprenant les propos d’Arnaud
Montebourg tenus mercredi soir sur le plateau du Grand Journal de
Canal+ sur le principal défaut de la candidate socialiste dans la
course à l’Elysée, postée dans la soirée sur Dailymotion,
a été reprise par de nombreux blogueurs et médias en ligne. Et bien
souvent la tonalité est la même : la réaction de Ségolène Royal
illustre son rapport traditionnel à l’autorité. "Réaction immédiate de maman, le petit Arnaud est puni. Suspendu pendant
un mois, il devra garder le silence. Au coin. Maman ne rigole pas avec
l’autorité"
, estime Artmeus dans ses billets de mauvaise humeur.

"Allez hop, au coin, ou à la niche comme tu préfères, exclusion d’un
mois, et tu fais signer ton carnet de correspondance par tes parents. Ça t’apprendra à dire des bêtises à propos du proviseur"
, plaisante le blog de Julizn, adhérent au Parti socialiste.

Et sur Désirs d’avenir, plateforme de soutien participative à Ségolène Royal, certains demandent plus d’indulgence pour le député socialiste : "ll arrive bien que votre mari fasse des bourdes : ‘je n’aime pas les riches’" , commente RICHY. D’autres s’interrogent sur l’impact de cette décision sur la campagne, dans un moment difficile : "La ‘private joke’ de M. Montebourg sur Canal+ transforme le trou en fracture totale", s’insurge un autre internaute. "Gardez Arnaud !", clame un autre, "nous aurons besoin de toutes nos forces (et de ses compétences)".

"ACTE DE BRAVITUDE"

Mais l’histoire fait aussi sourire les internautes : "Montebourg n’avait de toute façon pas sa place au PS, trop frondeur,
trop réformateur, trop franc. (…) je salue cet acte de bravoure, heu! de
bravitude, pardon…",
commente sourire sur Le monde.fr. D’autres interpellent la candidate sur sa conception de la justice : "Alors que Montebourg est privé de parole pendant un mois pour une
mauvaise blague, George Frêche n’a toujours pas été sanctionné pour ses
propos racistes…. Qu’on m’explique où est la logique"
, se demande un commentaire sur le blog de Jean-Marc Morandini.

Mais Arnaud Montebourg n’est pas lui non plus épargné : "Toi qui disais ne plus jamais mettre les pieds dans les émissions de
divertissement, car elles étaient décadentes…"
, souligne Julizn.

Nabil Wakim

PRÉSIDENTIELLE
Ségolène Royal en meeting à Toulon : "Que les éléphants s’y mettent !"
LE MONDE | 18.01.07 | 14h19
TOULON ENVOYÉE SPÉCIALE

ouchée,
mais pas abattue. Après la dispute fiscale et les critiques émises dans
son propre camp sur la conduite de sa campagne présidentielle, Ségolène
Royal a réagi, mercredi 17 janvier, lors d’un meeting à Toulon, en
défendant sa démarche. "Je veux garder le cap, rester moi-même, lance-t-elle à la tribune. La
droite a la puissance de l’argent, nous devons mobiliser en profondeur
l’intelligence du peuple français. Cette campagne je l’ai voulu
participative. En mille lieux, dans les grandes villes, et les petites,
nous faisons des choses dont nous n’avions plus l’habitude : nous nous
écoutons, nous nous parlons, nous bâtissons."

Mme Royal prend la salle à témoin et, au-delà, l’opinion. "Je veux arriver au pouvoir avec vous pour vous le rendre, dit-elle. Les
Français en ont assez des discours politiques de mensonge tenus au plus
haut niveau. Je suis la candidate de la morale de l’action… Je suis
la candidate de la vérité de la parole parce que c’est la vôtre."
Les Français, souligne-t-elle, "ne veulent pas d’une République incantatoire mais une République de tous les jours, concrète".

Touchée,
quand même. Le discours est confus, qui appelle à la rescousse tout à
la fois Rimbaud, Mitterrand, la chanteuse Diam’s et Gambetta. Les "trois piliers républicains",
liberté-égalité-fraternité, côtoient sans transition les mesures phares
pour les jeunes, dont l’allocation autonomie réclamée par le Mouvement
des jeunes socialistes. La facture de la réunion publique, dans le
palais des congrès de Toulon, est des plus classiques. Un texte, un
pupitre, une rangée d’élus sur la scène et des jeunes militants en
agents d’ambiance. Tout le contraire de ce que préconisait la candidate
dans son kit de campagne envoyé dans les fédérations socialistes. "Vous n’avez pas compris. J’ai dit voilà ce qu’il ne faut pas faire quand on annonce un débat participatif", récuse-t-elle à la sortie. Ici, c’est la formule classique.

"JE TRACE MA ROUTE"

Sans jamais citer Nicolas Sarkozy, Mme
Royal s’est appliquée dans son intervention à répondre pied à pied au
discours d’investiture du candidat de l’UMP. Elle lui dispute la "valeur travail". "Réhabiliter la valeur travail, ce n’est pas offrir toujours plus d’heures supplémentaires et toujours plus de flexibilité." Elle lui oppose "sa" France et conteste ses références. "Aimer
la France et son histoire, ce n’est pas tout confondre. L’Ancien Régime
et la Révolution, ce n’est pas pareil, les croisades et Valmy non plus.
Il est des combats plus justes que d’autres. La morale de l’histoire,
ce n’est pas que tout se vaut."
Elle revendique la rupture : "C’est la gauche qui l’incarne" et fustige les "synthèses molles qui permettent tous les renoncements et tous les opportunismes".
Parmi les deux mille personnes venues l’écouter, dont une partie a dû
se contenter des écrans placés à l’extérieur, beaucoup se disent "enchantés"
même si, dans la salle, l’auditoire est resté plutôt sage. En veste
blanche, comme toujours, la candidate, elle, est apparue moins à son
aise qu’à l’ordinaire, hésitant parfois sur les mots. Un nouveau
sondage CSA-Le Parisien (réalisé le 17 janvier par téléphone
auprès de 845 personnes âgées de 18 ans et plus selon la méthode des
quotas) donne Nicolas Sarkozy vainqueur avec 52 % des voix et une
perte, pour elle, de cinq points.

Alors, à la sortie, Mme Royal s’attarde un peu. "Je trace ma route, sans changement, argumente-t-elle. Je suis dans la cohérence et j’y resterai." La candidate justifie encore sa ligne de conduite et l’erreur qui consisterait, selon elle, à la modifier. "C’était
déjà le grand doute en 2002, le grand capharnaüm. Je suis en train de
monter en puissance mais je ne veux pas quitter le champ des valeurs."
Elle élude le différend fiscal avec le premier secrétaire, François Hollande. "Ça a un peu gêné (dans
la campagne). Ce n’était pas mon objectif prioritaire." Les critiques
d’une partie du PS ? Elle laisse échapper sa colère. "Un certain nombre de personnes n’ont pas encore compris l’importance de faire de la politique autrement mais je tiendrai bon" sur les débats participatifs. "Que les éléphants s’y mettent !", tranche Mme Royal avant de tourner les talons.

Isabelle Mandraud
Article paru dans l’édition du 19.01.07

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