« Le drame de l’Afrique », d’après le nouveau civilisateur des Africains, Nicolas Sarkozy…


"Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez
entré dans l’Histoire (…).Jamais il ne s’élance vers l’avenir (…). Dans
cet univers où la nature commande tout, l’homme reste immobile au
milieu d’un ordre immuable où tout est écrit d’avance. (…) Il n’y a de
place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès."

Le
sang de l’africain que je suis a fait plus qu’un tour devant les
propos ci-dessus, tenus par le nouveau Président français à Dakar le 26
Juillet 2007.

J’en suis encore à me demander, mais comment
a-t-il pu tenir de tels propos??? Comment ont-ils pu les avaler sans
broncher, nos frères et amis Sénégalais??? qui plus est, dans
l’enceinte de l’université Cheikh Anta Diop…

Je n’arrive toujours pas à comprendre, et j’avoue ma profonde perplexité…

Je vous remercie

Le président français Nicolas Sarkozy et son homologue sénégalais Abdoulaye Wade.

Zoom +

A Dakar, Nicolas Sarkozy appelle l’Afrique à "renaître" et à "s’élancer vers l’avenir"
LE MONDE | 27.07.07 | 
DAKAR, ENVOYÉS SPÉCIAUX

Le
"discours de Dakar" ne sera sans doute pas à Nicolas Sarkozy ce que
celui de Brazzaville avait été au général de Gaulle en 1944. Alors que
le président français avait lui-même évoqué ce parallèle la veille, les
applaudissements à peine polis que lui ont réservés les 1300 auditeurs
triés sur le volet à l’université Cheikh Anta Diop, jeudi 26 juillet,
ont sonné le glas de cette ambition.

Debout dans la limousine
du président sénégalais Abdoulaye Wade, Nicolas Sarkozy avait pu
apprécier, en début de journée, l’accueil bruyant, coloré, bon enfant –
et très organisé – traditionnellement réservé aux chefs d’Etat français
dans les anciennes colonies. "J’aime l’Afrique, j’aime et je respecte
les Africains", a-t-il indiqué.

A la tribune de l’université,
le président a lancé une longue adresse à la jeunesse d’Afrique.
Déclinant l’un des thèmes de sa campagne présidentielle, il a rappelé
son refus d’entrer dans un exercice de repentance, parce que "nul ne
peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères".

Certes,
le président n’a "pas nié les fautes ni les crimes, car il y a eu des
fautes et il y a eu des crimes". Avec des mots plus forts que jamais,
il a qualifié "la traite négrière et l’esclavage" de "crimes contre
l’homme, crimes contre l’humanité". Et il a longuement dénoncé les
effets pervers de la colonisation. "Ils ont cru qu’ils étaient la
civilisation (…). Ils ont abîmé une sagesse ancestrale. (…) Le
colonisateur a pris, s’est servi, il a exploité, il a pillé des
ressources (…). Ils ont eu tort" a-t-il scandé.

"Ils se
trompaient mais ils étaient sincères", a-t-il toutefois nuancé. Plutôt
que la repentance, M.Sarkozy préfère le partage, la compassion au sens
premier : "Je suis venu vous dire que ta déchirure et ta souffrance
sont les nôtres et donc les miennes." Puis, comme s’il cherchait à
équilibrer les torts, M. Sarkozy a invité l’Afrique a faire sa propre
autocritique : "L’Afrique a sa part de responsabilité dans son propre
malheur : la colonisation n’est pas responsable des guerres sanglantes
que se font les Africains entre eux, des génocides, des dictateurs, du
fanatisme, de la corruption et de la prévarication."

Pour le
président français, c’est au sein même de l’identité africaine qu’il
semble falloir chercher les freins au développement du continent : "Le
drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré
dans l’Histoire (…). Jamais il ne s’élance vers l’avenir (…). Dans cet
univers où la nature commande tout, l’homme reste immobile au milieu
d’un ordre immuable où tout est écrit d’avance. (…) Il n’y a de place
ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès." Pour M.
Sarkozy, le salut du continent ne pourra venir que du métissage, de
l’assimilation de la part de civilisation européenne laissée par
l’Histoire : "Elle est le fruit d’un grand péché d’orgueil de
l’Occident mais elle n’est pas indigne (…), car elle est l’appel de la
liberté, de l’émancipation et de la justice." Le chef de l’Etat
français pense que ce métissage préparera "l’avènement de l’Eurafrique,
ce grand destin commun qui attend l’Europe et l’Afrique" que son projet
d’"Union méditerranéenne" pourrait préfigurer.

"IL FAUT REVENIR BÂTIR L’AFRIQUE"

Pour
cette "Renaissance africaine" qu’il appelle de ses vœux, M.Sarkozy
estime que l’Afrique aura besoin de sa jeunesse : "Jeunes d’Afrique,
vous devez pouvoir acquérir hors d’Afrique la compétence et le savoir
que vous ne trouvez pas chez vous (…). Vous devez aussi à la terre
africaine de mettre à son service les talents que vous aurez
développés." "Il faut revenir bâtir l’Afrique" a-t-il lancé. Un thème
qu’il avait déjà développé lors de sa conférence de presse au côté du
président Wade pour justifier sa politique d’immigration restrictive :
"La France n’a pas à rougir de ce qu’elle fait (…), elle est un pays
ouvert, généreux, qui aime l’Afrique, mais qui n’a pas l’intention de
piller le Sénégal et qui ne peut accueillir tout le monde." Le
président sénégalais dit partager cette analyse : "L’immigration est un
danger, même pour l’Afrique", a-t-il affirmé.

Un an avant son
élection, M.Sarkozy avait appelé à "construire une relation nouvelle,
assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des scories du passé"
avec l’Afrique. Une "rupture" avec les vieilles habitudes de la "Françafrique".

Annoncées
voici quelques semaines, les destinations envisagées pour le premier
voyage africain du président – Afrique du Sud, Congo-Kinshasa, Ghana,
en plus du Sénégal – semblaient conforter cette ambition, avant d’être
abandonnées. Au pouvoir depuis quarante années, le président gabonais
Omar Bongo, auquel M.Sarkozy rend visite vendredi à Libreville, peut
difficilement passer pour un symbole de renouveau. "Vous savez qu’en
Afrique, l’ancienneté d’un chef d’Etat, ça compte, a confié le
président français. Pas un chef d’Etat africain n’aurait souhaité qu’on
humilie le doyen." "Parler de précarré n’a aucun sens, ce n’est pas
respectueux, a affirmé, agacé, M. Sarkozy, jeudi à Dakar, à un
journaliste sénégalais. Nous avons en Afrique des amis parce que nous
avons une histoire commune, et d’autres dont nous avons intérêt qu’ils
se développent. (…) La France est amie de l’Afrique, de l’Afrique
francophone d’abord, mais elle ne s’interdit pas d’avoir des amis
ailleurs." Le président a promis qu’il effectuera prochainement "une
autre tournée" africaine, différente.
Philippe Bernard et Christophe Jakubyszyn

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Un commentaire pour « Le drame de l’Afrique », d’après le nouveau civilisateur des Africains, Nicolas Sarkozy…

  1. Joël Didier dit :

    Monsieur Bak’s,
    Je ne suis pas dupe, je sais ô combien que l’Afrique est retourné à
    l’époque des bons et vieux nègres et de leurs néo-civilisateurs
    français.
    Mais
    comme le disent souvent ces paysans africains que Sarkozy semblent
    visiblement mieux connaître que les éminences africaines et
    sénégalaises réunies à l’université Cheik Anta Diop: la misère, voire
    l’ignorance, n’interdisent pas la dignité et la fierté.
    Alors,
    aussi discourtois, irresponsable, voire sauvage, que cela puisse
    paraître à notre néo-civilisateur et à son bon-vieux nègre sénégalais,
    je me serais simplement lever et sorti dignement de cet amphithéâtre où
    je n’avais rien à y faire. Car ce ne sont pas tant les "torts
    qu’auraient causé la colonisation à l’Afrique que monsieur Sarkozy
    dénonçait, mais ce qui fait l’essence même des civilisations
    africaines: notre capacité naturelle à nous surpasser, à nous remettre
    en cause, et à envisager un avenir meilleur que celui de nos ancêtres.
    Que
    je sache, l’Homme Africain n’est pas si ignare et attardé, au point
    d’être retourné au moyen âge, voire à la préhistoire, par un homme qui,
    fût-il président de la République française, n’est pas habilité à venir
    l’injurier sur ses terres, en prononçant des propos dignes de
    l’exposition coloniale de Paris de la fin du 19éme siècle.
    L’Afrique
    n’est pas un immense Zoo expérimental, ouvert à tous les curieux
    civilisateurs occidentaux, où ils peuvent à loisir délivrer leurs
    prophéties.
    Je vous remercie
    Bak’s wrote:
    Ne dit-on pas au cameroun que la verité blesse mais le sang ne coule
    pas ? Je suis surpris que certains s’offusquent des propos de M.
    Sakosy. Quoi que son diagnostic soit biaisé par son ego et ses
    ambitions floues, il n’en demeure pas moins qu’en gros il ne dit que la
    verité.
    Chef
    de bois, tu te demande, comment ils ont pu ne pas broncher au Senegal ?
    Qu’aurait-on fait si cela s’etait passé au Cameroun ? on aurait sans
    doute applaudi et déclaré etre les meilleurs eleves de la France!
    L’attitudes des senegalais, n’est que la preuve en direct de ce que
    Sarkosy pointe du doigt, l’immobilisme l’attentisme, l’indolence etc…
    Arretons
    de nous voiler les yeux et de pleurnicher chaquefois que quelqu’un nous
    presente un miroir qui reflette notre realité. Nous ne sommes que des
    pleurnichards, et ca ne nous avance en rien. La meilleur replique que
    nous pouvons adresser a sarkosy c’est de demontrer les responsabilités
    relles de la france actuelle dans le chaos qui regne en afrique.
    Sarkosy
    a donné son point de vue par rapport aux torts qu’a causé la
    colonisation en afrique, et estime que ce n’est pas a lui d’expier la
    faute de ses peres. Il est de notre responsabilité de lui dire ce que
    nous aussi en pensons, et de proposer des solutions pour panser les
    plaies et passer a autre chose.
    Cher chef de bois, qu’aurais tu fais si tu etais a la place des Senegalais? l’aurais-tu lapidé?
    Respect.

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