Le révisionnisme est la première nature de tout Néo-conservatisme


Dr Shanda TOMNE,

Le révisionnisme est la première nature de tout Néo-conservatisme, tant aux Etats-Unis, qu’en France .

Alors pourquoi dénoncer "la meilleure doctrine bushiste de
l’utilisation extrême et permanente de la force" chez Bush, et faire
l’apologie de "la brutalité verbale, économique et politique" de
Sarkozy en Afrique, au nom pourtant du même "réalisme géo-stratégique"???

Est-ce parce que, je cite, "l’homme africain n’est pas assez entré
dans l’Histoire (…).Jamais il ne s’élance vers l’avenir (…). Dans cet
univers où la nature commande tout, l’homme reste immobile au milieu
d’un ordre immuable où tout est écrit d’avance. (…)" …Que nous devons
oublier qu’à la source de tout néo-conservatisme, prédomine le postulat de
la supériorité de la civilisation occidentale, américaine, européenne,
voire française…sur toutes les autres civilisations???

Alors "l’’inacceptable révision de l’histoire" par le président des
Etats-Unis Georges W. Bush ne surpendra que ceux qui n’entrevoient le
Néo-conservatisme que sous le prisme américain. Alors qu’en France,
plus proche de nous, c’est la même idéologie du "Wear big shoes and carry a
big stick" ( Porte de grosses chaussures et tient un gros bâton) qui
triomphe.

Je vous remercie


Monsieur Le Président, quelle est est la politique africaine de la France????



L’inacceptable révision de l’histoire par le président des Etats-Unis

Dans une adresse solennelle à ses compatriotes le mercredi 22 août
2007, le président des Etats-Unis, Georges W. Bush, a remis en cause la
manière dont quelques-uns de ses prédécesseurs ont conduit le destin de
l’Union au cours des cinquante dernières années. En fait le président a
reformulé à sa manière les enjeux géo-stratégiques et géo-politiques
auxquels les Etats-Unis ont été confrontés au cours de cette période,
en soutenant que des erreurs ont été commises et qu’il importait
d’éviter leur répétition.

Georges W. Bush estime en effet que les Etats-Unis n’auraient
jamais dû se retirer du Vietnam parce que, soutient-il, la conséquence
immédiate fut une véritable catastrophe et une humiliation interminable
pour la plus grande puissance de la planète. Opposant à cette
défaillance l’exemple de la Corée où les troupes américaines sont
restées indéfiniment et qu’il considère comme le triomphe du réalisme
géo-stratégique, le chef suprême de l’armée des Etats-Unis estime que
la meilleure doctrine devrait être celle qui se fonde sur une
utilisation extrême et permanente de la force. La logique de la pensée
du Président voudrait donc que partout où les troupes américaines
prennent pied, qu’elles n’en repartent plus sous aucun prétexte.

Pour mieux comprendre les motivations et les contours de cette
nouvelle doctrine du président pour l’usage de la force en relation
avec la défense des intérêts supposés ou réels des Etats-Unis à travers
le monde, il importe absolument de restituer le contexte dans lequel
elle est énoncée.

Le même jour où le président s’adressait à ses compatriotes pour
rendre publique cette doctrine, quatorze soldats américains périssaient
en Irak dans un accident d’hélicoptère, portant le total des soldats
morts au front dans ce pays depuis son invasion le 20 mars 2003 à 3750.
Dans le même temps, un rapport des services de renseignements
américains dont personne ne doute de la crédibilité, concluait à
l’approfondissement du chaos et l’impossibilité pour le Premier
ministre irakien à ramener la paix et la réconciliation.

Pressé par une opinion publique qui à plus de 70% souhaite
maintenant le retrait pur et simple de l’armée américaine d’Irak,
coincé par le Congrès qui ne croit plus à une pacification et qui exige
le début du retrait des troupes à partir de janvier 2008, débordé sur
sa droite par des amis politiques républicains qui ne veulent plus être
associés à une guerre perdue, troublé par les réticences maintenant
ouvertes de certains alliés de la première heure qui envisagent de se
retirer de la fameuse coalition guerrière constituée en 2003, Georges
Walker Bush n’a plus vraiment le choix dans la gestion du dossier
irakien, d’autant plus que par ailleurs, les choses ne s’arrangent pas
en Afghanistan où les talibans, ses ennemis jurés se sont entièrement
réorganisés et contrôlent des provinces entières, pendant que de
l’autre côté de la frontière, son principal allié stratégique dans la
région, le général Musharaf, président du Pakistan, fait face à un
harcèlement des islamistes fidèles à Al Qaida.

En réalité le président des Etats-Unis maîtrise le dossier irakien
et est particulièrement conscient qu’il sera difficile voire impossible
pour son pays de pacifier le pays dans les termes qu’il avait envisagés
au départ avec ses plus proches conseillers de l’époque et surtout avec
l’appui des milieux ultra conservateurs américains en quête d’une
renaissance idéologique pour refaçonner le monde dans la logique de la
pensée unique et de la puissance unique. Que fait donc le président et
quelle orientation stratégique a-t-il préférée dans ces conditions ?

Premièrement, Georges Bush n’a pas à se montrer pressé. Il sait
qu’il lui suffit de tenir encore moins de six mois et le dossier
empoisonné irakien sera laissé au nouveau président élu qui, de toute
évidence sera un démocrate et certainement la charmante et très
populaire Hilary Clinton qui a toujours les faveurs des sondages à
hauteur d’environ 60%. Historiquement, c’est connu que les Républicains
ont commencé les guerres et les ont menées sans jamais céder pendant
que les Démocrates ont généralement plié devant la clameur nationale et
internationale. Dès février 2008, le nouveau président démocrate devra
donc prendre la décision de conserver les troupes en Irak ou de les
ramener à la maison. Or à entendre Hilary Clinton qui a flairé le
piège, il ne serait pas du tout recommandable de partir de l’Irak sous
la précipitation.

Deuxièmement, la perte de confiance dans son propre parti, le place
en position délicate à l’approche des élections dont l’issue
défavorable pour les candidats du parti pourrait lui être imputée comme
conséquence de la faillite de sa mauvaise gestion du dossier irakien.
Il faut par conséquent trouver un moyen pour ne rien changer à son
orientation actuelle tout en se protégeant de toute accusation dans sa
propre famille politique plus tard.

Où en sommes nous donc, à la lecture des positions des uns et des
autres, et surtout pour ce qui est des stratégies doctrinales usées par
le président en exercice. D’abord, Georges Bush joue d’intelligence en
allant puiser dans l’histoire où il choisit de redire les choses à sa
manière pour justifier une démarche qui, en réalité demeure purement
tactique dans le fond. Le président soutient que comme en Corée, les
Etats-Unis devraient rester pour construire un pays libre, démocratique
et prospère. Partir de l’Irak serait selon lui, un signal et un message
négatifs aux groupes terroristes qui y verraient la faillite des
Etats-Unis.

Par ailleurs, le fait que le Président ne soit pas en mesure de
capturer Ben Laden, considéré ou présenté comme l’instigateur des
attentats du 11 septembre 2001 et dont comme l’ennemi numéro Un du
pays, lui confère un argument de poids pour imposer à ses détracteurs,
la stratégie de la force.

Le président a jusqu’à présent, au moins réussi à embarrasser ses
contradicteurs en agitant l’obligation pour celui ou ceux qui
souhaitent un retrait de l’Irak, à assumer la responsabilité de
l’échec. Or personne aux Etats-Unis n’est disposé à porter un tel
chapeau. Pour mieux compliquer l’équation, Georges Bush mélange tout,
introduisant le dossier palestinien et israélien dans le jeu, et
reprenant la vieille rhétorique d’un monde arabe démocratisé et libre.

Il faut dire ici que la conduite diplomatique et idéologique du
président des Etats-Unis à travers l’expression de cette nouvelle
doctrine, procède d’une malhonnêteté de grande envergure. Il s’agit
même d’une faute impardonnable et d’un manque de courtoisie. Aussi bien
vu de l’intérieur que analysé de l’extérieur, le discours du président
recèle de la provocation. L’on ne saurait en réalité ni confondre ni
comparer la situation de la Corée et celle du Vietnam. Les deux guerres
furent menées dans des contextes radicalement différents. Les enjeux
idéologiques étaient certes les mêmes, mais les leviers de commande
stratégiques et les ingrédients diplomatiques ne furent jamais les
mêmes.

En Corée, l’armée américaine n’intervint que grâce à une résolution
du Conseil de sécurité de l’Onu dite résolution Acheson du nom du
Secrétaire d’Etat américain de l’époque. Cette résolution adoptée dans
des conditions troubles proches de la tricherie et de l’illégalité,
légitima la présence des troupes en principe multinationales, mais en
réalité américaines sur le sol coréen. Les conséquences de la guerre
froide et les accords secrets entre les deux super puissances pour la
gestion du monde, ont permis aux Etats-Unis de s’imposer pratiquement
comme une force d’interposition entre les deux Corées sous la bannière
de l’Onu. C’est une véritable incongruité qui dure encore sans que
personne ne soit en mesure de dire quand elle prendra fin.

Par SHANDA TONME

Le 29-08-2007

Le Messager

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