Les émeutes d’Abong Bang, prémices d’un embrasement généralisé au Cameroun???

Les émeutes d’Abong Bang et la sanglante répression des forces de l’ordre qui s’en est suivie, sont l’expression d’un possible embrasement social généralisé au Cameroun. Ce, dans des localités reculées souvent à l’abri des regards nationaux et internationaux.

Autant il est irresponsable d’attiser, voire de souhaiter un telle tournure dramatique de la constestation sociale, autant la nier ou croire éternellement pouvoir l’endiguer par la terreur policière, conjuguée à la propagande gouvernementale, représente un leurre qui conduit inélutablement au pourrissement général.

Car le peuple camerounais, malgré sa légendaire patience, est simplement à l’image de tous les peules du monde, confronté sans discontinuité depuis Novembre 1982 à la même détérioration des conditions de vie, aux mêmes promesses non tenues d’un avenir meilleur de la part d’un président à vie et pourtant toujours aux abonnés absents sur tous les dossiers.

Alors, pourquoi être surpris quand la contestation consécutive à l’interruption de la fourniture d’électricité à Abong Mbang vire à l’émeute????



Quotidienmutations

VIVRE AUJOURD’HUI | 20 Sep 2007

Abong-Mbang
: La ville morte reprend vie Après les journées sanglantes de lundi et
mardi, la localité toujours privée d’électricité a renoué avec
l’activité hier.

Léger Ntiga, à Abong-Mbang Les corps des deux victimes des émeutes
d’Abong-Mbang du lundi, 17 septembre dernier, ont été acheminés hier,
19 septembre 2007, à Bertoua, la capitale provinciale de l’Est.
C’était, a-t-on appris, sur instruction du procureur de la République
près les tribunaux du Haut Nyong. Pour justifier cette évacuation des
dépouilles de Jean Jorès Shimpe Poungou Zok et de Marcel Bertrand Mvogo
Awono, les autorités vont valoir l’interruption, une fois de plus, de
la fourniture de l’énergie électrique dans la ville d’Abong Mbang dans
la nuit de mardi à mercredi dernier.

Si ce transfert des corps vise à permettre aux différentes
administrations de remplir toutes les formalités liées aux procédures
relatives aux obsèques prochaines des deux élèves du lycée technique
d’Abong-Mbang, cette mesure a frustré la famille Zok, venue pour la
mise en bière de leur fils à l’hôpital départemental d’Abong-Mbang hier
matin. Malgré cela, la vie a repris aussi bien dans les quartiers que
dans le centre commercial, où les conducteurs de motos taxis ont repris
du service. Tous les établissements scolaires ont également rouvert
hier, 19 septembre au matin, comme l’avait souhaité le secrétaire
d’Etat à la Défense chargé de la gendarmerie, Jean-Baptiste Bokam la
veille.

Toutes les autres administrations publiques et privées ont, elles
aussi, tourné à plein régime au cours de la journée d’hier. Cette
sortie de la ville morte n’a cependant desserré l’étau autour de la
ville toujours sous le contrôle des différentes unités d’élite de
l’armée, de la gendarmerie et de la police (Bir, Gepig et Gmi de
Bertoua et Yaoundé). Images d’une localité meurtrie par la mort
violente par balle de deux de ses élèves, mais aussi d’une capitale
départementale sans repère tant les principaux symboles de l’Etat
restent absents depuis 72h.

Jusqu’au moment où le reporter de Mutations quittait Abong Mbang
hier soir, les autorités étaient toujours à la recherche d’un nouveau
cadre de travail pour le préfet du Haut-Nyong. Ce dernier étant
lui-même actuellement à Bertoua, pour des raisons de sécurité. Mission
encore difficile donc pour les magistrats municipaux à qui le
gouverneur de la province de l’Est a demandé de trouver un cadre
provisoire pour abriter la préfecture.

En effet, depuis lundi dernier, date des émeutes, la résidence de
Sylvestre Essama et la préfecture ont été incendiées à la suite de la
mort par fusillade de deux élèves du lycée technique. Selon de nombreux
témoignages, y compris ceux de certaines autorités du département du
Haut Nyong, le préfet Sylvestre Essama est l’auteur du premier coup de
feu qui a atteint son propre neveu, Marcel Bertrand Mvogo Awono. Une
information que le mis en cause continue cependant de nier.

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