LES REMANIEMENTS MINISTERIELS AU ZOMBILAND


Noyer les millions de
camerounais dans l’épais brouillard de la propagande officielle, sans
qu’ils aient jamais la possibilité de découvrir la véritable portée
politique du 27 éme remaniement ministériel du 07 Septembre 2007. Tel est
l’objectif des mois et des années qui viennent pour le régime en place
au Cameroun depuis le 06 Novembre 1982…

Pour faire court, derrière
l’entourloupe générique et systématique des "frères du village de Paul
BIYA"…Il s’agit simplement pour le chef de l’Etat camerounais et ses
proches, de denier tout mérite personnel ou professionel à quiconque du
centre et/ou du sud oserait s’affranchir de leur diktat. Tout
observateur avisé peut d’alleurs y dénicher une véritable stratégie de
pérennisation de la présidence familiale au Cameroun.

Car l’abattage médiatique
actuel autour de l’arrivée messianique de Louis-Paul Motaze au
ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du
Territoire, n’a pas d’autre but que de l’imposer subtilement et
progressivement à l’opinion publique nationale comme "la solution de
rechange" à Paul BIYA, dans l’hypothèse où la révision
constitutionnelle projetée continue à se heurter à la désapprobation de
la communauté internationale et à l’opposition légitime des
Camerounais. Le néophyte en économie Louis-Paul Motazé doit désormais
être vu et perçu par l’opinion publique camerounaise, comme "le dauphin
naturel" de son oncle Paul BIYA, dans la perspective de l’élection
présidentielle de 2011 au Cameroun.

Le Peuple Camerounais se
laissera-t-il une fois de plus voler son élection??? Il lui
appartiendra, et à lui seul, d’en décider. Mais personne ne peut dire
aujourd’hui la forme (pacifique ou armée) que prendra cette réponse.

Je vous remercie


A QUOI SERVENT LES REMANIEMENTS MINISTERIELS AU ZOMBILAND ?

Ainsi
donc, pour la 27ème fois depuis son accession au pouvoir il y a 25 ans,
le Président Paul Biya du Cameroun a encore remanié son gouvernement !
Pour autant de fois aussi, les journalistes se sont toujours perdus en
analyses, en conjectures, en spéculations et en élucubrations pour
tenter d’expliquer les sorties, les entrées, les profils et les
philosophies des choix du Prince! Ils ont tous oublié (ils oublient
toujours à chaque fois) que c’est depuis plus de deux décennies qu’ils
se livrent pratiquement tous les ans au même exercice et que jamais ils
n’ont cessé de se tromper. Si encore à ce jour les Camerounais en
général et les journalistes en particulier continuent de considérer les
remaniements ministériels sous le Renouveau comme des événements dignes
d’intérêt, c’est peut-être tout simplement parce que l’espoir est
tenace et rebelle à périr et que s’il cessait d’exister, la vie
disparaîtrait automatiquement avec lui. On peut aussi voir en cela la
preuve de la résignation et du renoncement d’un peuple qui, pour des
raisons diverses, a sombré dans la fatalité et remis son destin aux
mains de son propre bourreau d’une part et à celles de la Providence
d’autre part !

Sinon, comment comprendre qu’après 26
remaniements parfaitement inutiles en 25 ans ce peuple continue encore
d’attendre et d’accueillir le vingt-septième avec autant d’anxiété et
d’espérance comme si celui-là devait être différent des autres et
allait changer son quotidien fait de bluffs, de promesses non tenues,
de rendez-vous manqués, de déceptions, d’espoirs assassinés, de
désillusions, de pauvreté et de misère ? Car en effet, il est insensé
et même absurde de placer quelque espoir que ce soit dans un
remaniement ministériel, quand on sait que ce n’est rien d’autre que le
mode de reproduction par cooptation par lequel se régénèrent un régime
et un système viscéralement viciés qui conservent congénitalement
toutes leurs tares, toutes leurs capacités de nuisance et tous leurs
germes nocifs et mortifères.

Lorsque le remaniement ministériel
se fait aussi récurrent, il devient un acte banal et sans intérêt. La
fonction ministérielle elle-aussi s’en trouve banalisée et les
ministres eux-mêmes perdent leur prestige, rentrent dans les rangs et
ne se distinguent du commun des citoyens que par leurs excentricités,
leurs extravagances dispendieuses et les lourdes quincailleries dans
lesquelles ils paradent bruyamment dans les rues cabossées de nos
villes et villages. Car si on peut nommer aussi souvent des ministres
et les relever tout aussi souvent avant qu’ils aient eu le temps de
s’asseoir, de s’imprégner des contraintes de leurs fonctions et de
prendre connaissance avec les dossiers laissés par leurs prédécesseurs,
on peut à juste titre se demander si le remaniement ministériel n’est
pas un simple acte ludique, mieux, un divertissement pour un président
qui s’ennuie et qui prend le Cameroun comme un imposant tableau de
damier et les gens qu’il fait et défait chaque jour comme des pions.
C’est ici le lieu de s’interroger sur la véritable utilité d’un
ministre sous les Tropiques.

Nous sommes d’autant fondés à nous
interroger qu’il saute vraiment aux yeux qu’au Cameroun il n’y a pas de
profil particulier pour être ministre et que tout un chacun peut le
devenir. Lors du dernier remaniement, nous avons vu le maire d’une
petite ville de brousse, jusqu’ici inconnu de l’opinion, absent de la
liste des municipales de sa commune parce que battu aux primaires de
son parti être sans transition nommé ministre. Nous avons vu un autre
Camerounais sorti de nulle part, ex-prisonnier de droit commun par
ailleurs, crier sur tous les toits qu’il ferait basculer tout un
bastion imprenable de l’opposition se faire battre à plate couture aux
législatives dans sa circonscription d’origine et en être récompensé
par une nomination à un poste ministériel. Comment ne pas parler pour
ces cas comme pour bien d’autres de prime à la médiocrité et à
l’impopularité, et à quelles fins ? Et puisque tel est à peu de chose
près le moule d’où sortent la plupart des promus que l’on nomme depuis
des décennies à la tête de nos institutions, que pouvions-nous
honnêtement attendre d’eux ?

Quelqu’un d’autre que M. Paul Biya
aurait mérité des circonstances atténuantes en prétextant que ses trop
fréquents changements sont dus à un manque de chance doublé d’une
méconnaissance des compétences nationales. Mais lui qui a passé tant de
temps sur la scène politique camerounaise, occupé tant de postes et
tutoyé tous les sommets avant de devenir le successeur constitutionnel
de l’ancien ne peut exciper cet alibi. Du haut de ses 25 ans de pouvoir
personnel et personnalisé, il a vu venir et partir presque tous ceux
qui comptent ou qui pouvaient compter. Si lui, “l’éternel bon choix”,
n’a pas pu en 25 ans avoir la main heureuse et trouver de bons
collaborateurs, il devrait avoir l’honnêteté de ne s’en prendre qu’à
lui-même pour son manque de flair et de rigueur dans ses choix. Depuis
25 ans, il s’est enfermé dans une politique absurde et injuste
d’équilibre régionale aussi inopérante que stérile. De même, il a
refusé de reconsidérer les critères de choix de ses hommes. Je ne sais
pas comment on qualifie un entraîneur qui en 25 ans perd tous ses
matches mais s’obstine à conserver le même système de jeu, à ne pas
être plus exigeant sur la composition de l’équipe et à continuer à
essayer à chaque tournoi de nouveaux joueurs aux mêmes profils qui
perdent tous leurs duels et qui ne font guère mieux que les anciens.

La
philosophie qui a jusqu’ici présidé à la nomination des ministres n’a
jamais été celle de la recherche de la compétence, de l’efficacité et
du rendement. En d’autres termes, il n’a jamais été question de
chercher et de mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, “the
right man in the right place” comme l’exigent les Anglo-Saxons, plus
soucieux de la rentabilité qui génère la croissance et l’abondance à
redistribuer que du respect d’équilibres stupides qui au bout du compte
ne contribuent qu’à rogner le pouvoir d’achat et à dégarnir le panier
de la ménagère et le porte-monnaie du citoyen moyen.

Les
découpages des ministères prouvent d’ailleurs bien que le souci majeur
du Prince est plus de donner à manger au plus grand nombre possible de
ses serviteurs que de mettre sur pied des structures ou des
institutions fonctionnelles et efficaces susceptibles d’offrir aux
citoyens le meilleur service public et de générer la croissance, le
progrès et le développement. Sinon comment peut-on justifier qu’un
ministère de la Jeunesse soit déconnecté des ministères en charge des
questions éducatives qui rassemblent l’essentiel des jeunes, que celui
de la Recherche soit déconnecté de l’Enseignement Supérieur, celui de
l’Innovation du Ministère de l’Industrie ou celui du Travail coupé de
l’Emploi etc.?

Chez nous, un ministre, n’est théoriquement que
l’ambassadeur de la tribu à la mangeoire, le Prométhée qui vient voler
le feu du bonheur pour revenir redistribuer au Clan, comme le faisait
le chasseur aux temps de nos Ancêtres. Malheureusement que depuis que
cette philosophie dure, on se rend compte que le clan et la tribu ne
sont que des tremplins pour des individus qui ne reviennent vers les “
leurs ” qu’aux moments de détresse, pour rechercher de nouveaux alibis
ethniques afin de rebondir pour eux-mêmes ! Regardons autour de nous
les régions qui depuis des décennies ont toujours eu le plus grand
nombre de ministres ou de départements ministériels qui ont brassé
l’essentiel nos budgets. Sont-elles des modèles de développement et
d’endroits où il fait bon vivre ?

Mais par contre, leurs
champions, dans l’ostentation la plus révoltante et l’arrogance la plus
provocatrice ploient sous l’opulence et des fortunes dont ils ne savent
quoi faire mais qui par méchanceté ne peuvent être redistribuées. Car
leur plus grande préoccupation, ce n’est pas qu’ils soient insolemment
riches, mais c’est surtout que le dénuement et la misère de leurs
compatriotes viennent ajouter du piment et de nouveaux ingrédients à
leur bonheur et à leur bien-être.

C’est pour cela que
lorsqu’ils sont nommés, conscients de qu’on n’attend vraiment rien
d’eux et qu’ils n’occuperont pas longtemps cette place, ils se hâtent “
de brouter avec frénésie là où ils sont attachés ” pour assurer les
lendemains incertains ainsi que pour narguer tous ceux-là qui, alors
qu’ils mériteraient mieux dans un système autre, tirent le diable par
la queue. Car en effet depuis plusieurs années, les Camerounais se sont
serrés la ceinture et ont sacrifié leurs familles et leur train de vie
pour satisfaire les caprices et les humeurs de la Banque Mondiale, du
FMI, des Ajustements Structurels et pour l’atteinte d’un Point
d’Achèvement qui les a plutôt achevés et dont ils attendent en vain les
retombées.

Les fonctionnaires et agents de l’Etat, par
patriotisme et dans le même but, ont donné sans contrepartie les deux
tiers de leurs salaires et tous leurs plans et avantages de carrière.
Le président de la république ne s’est pas le moins du monde préoccupé
du choc que provoquerait dans l’opinion la nomination à la tête d’un
ministère hautement stratégique et sensible de quelqu’un qui depuis son
retour au pays natal n’a trouvé que les appartements douillets aux
loyers exorbitants du Hilton comme seul endroit correspondant à son
standing de vie. Nous savons pourtant tous que le salaire mensuel d’un
fonctionnaire de catégorie A2 en fin de carrière ne peut supporter
pendant deux jours le coût astronomique d’un appartement dans ces
Paradis Terrestres que l’Occident a transplantés chez nous pour
satisfaire les excentricités et la manie dépensière de quelques
milliardaires locaux ou en transit.

Nous avons pourtant tous suivi avec beaucoup d’intérêt les vagues
qu’ont soulevé en France le séjour de quelques jours du président
Sarkozy dans le yacht de Bolloré jusqu’à ce qu’il ait rassuré et prouvé
que cela n’avait coûté aucun centime au peuple français. Peut-on aussi
nous prouver que ces séjours des dignitaires au Hilton et autres
provocations dans un Pays Pauvre Très Endetté ne sont pas financés par
le contribuable camerounais exténué et étranglé par une pression
fiscale insoutenable ?

En
dehors de ce sport national que sont les détournements, les marchés
fictifs, les surfacturations, les abus de biens sociaux qu’ils
pratiquent à temps plein, les ministres n’ont aucun pouvoir. Ils ne
peuvent prendre aucune initiative personnelle. C’est pourquoi ils se
tournent les pouces et ne posent le moindre acte que “sur hautes
instructions du président de la république” ! Et ils n’ont vraiment pas
tort, car nous oublions trop vite que nous sommes dans un régime hyper-
présidentialisé où le totalitarisme a été constitutionalisé, ouvrant la
porte à toutes sortes de confusions et confiscations de pouvoirs. Le
président de la république, constitutionnellement doté de tous les
pouvoirs, n’est plus homme, mais un demi-urge, un Dieu autour duquel
gravitent de milliers de courtisans et de griots qui lui claironnent à
longueur de journée qu’il est infaillible et que c’est son entourage
(entendez les ministres) qui est mauvais et qui trame chaque jour
contre lui et contre le peuple de nombreux complots qui heureusement ne
peuvent aboutir, un dieu étant par essence immortel. C’est cette sorte
de fusible ou gilet pare-balles qui a bon dos et qui porte tous les
péchés et tous les dérapages qu’on ne peut plus objectivement attribuer
sans se renier à une divinité qui est à l’origine de cette fiction ou
cette nébuleuse qu’on a appelée la G11 !

En changeant donc
chaque jour de ministres et en les remplaçant par d’autres qui se
servent bien vite et repartent aussitôt, le président n’accomplit
qu’une tâche divine pour se mettre à la hauteur des attributs
surnaturels qui confèrent la divinité : le rêve d’éternité; tout le
monde passe et lui seul reste car il est l’alpha et l’oméga, le
commencement et la fin, la source de tout pouvoir. Nul ne peut rien
s’il n’est avec lui, s’il ne passe par lui. C’est pourquoi dans
beaucoup de cercles il fait l’objet d’un véritable culte. La Presby, la
Jachaby, et ces milliers d’associations alimentaires et clientélistes
qui hors du RDPC orthodoxe champignonnent autour du Renouveau et du
couple présidentiel sont autant de chapelles où se disent des messes
basses, où l’on chante des louanges et où chacun crie toujours plus
fort que les autres, espérant d’être vite remarqué, coopté, récompensé,
casé.

Et si ces changements par trop réguliers de musiciens et
de collaborateurs ne traduisaient que la défaillance, l’impuissance ou
l’incompétence d’un chef d’orchestre incapable de trouver la bonne note
de musique, la bonne partition et la juste mesure pour son auditoire et
qui se défoulait sur son entourage pour se donner une contenance ! Car,
seul le président de la république, à qui la Constitution donne tous
les pouvoirs, doit répondre de la marche de l’Etat. C’est lui qui, en
toute discrétion et en toute souveraineté, nomme tous les ministres et
autres collaborateurs. Il doit par conséquent répondre de tous leurs
comportements et assumer tous leurs actes. Si lui seul récolte les
lauriers quand tout va bien, il doit aussi accepter d’essuyer les
critiques, de même que les quolibets, quand tout va mal et que la
grogne gagne la rue. Les changements intempestifs de ministres et de
collaborateurs ne le disculperont point, de même qu’ils n’inverseront
jamais les rôles et les missions des uns et des autres tels que prévus
et définis dans la Loi Fondamentale :

Art.5 “ Le Président de
la République définit la politique de la Nation ; il veille au respect
de la Constitution ; il assure, par son arbitrage, le fonctionnement
régulier des pouvoirs publics ;

Art 10 : “ il nomme le Premier
Ministre et, sur proposition de celui-ci, les autres membres du
gouvernement; il fixe leurs attributions ; il met fin à leurs fonctions
; il préside les conseils ministériels ”.


Quant au Gouvernement, voici ce que leur exige la Constitution :

Art.
11 :
“Le Gouvernement est chargé de la mise en œuvre de la politique de
la Nation telle que définie par le Président de la République”.

Telles
sont les dispositions implacables de la Constitution qui définissent et
répartissent les rôles! Tant que le Président de la république n’a
défini aucune politique pour la Nation, les ministres n’ont rien à
mettre en œuvre, la loi ne leur laissant aucune marge pour des
initiatives personnelles. Un remaniement ministériel n’a donc de sens
et ne se justifie que dès lors que des missions précises,
minutieusement définies et conçues par le président de la république,
sont confiées à des gens triés sur le volet parce qu’ils étaient les
meilleurs parmi ceux qui avaient le profil de la tâche et non parce
qu’ils appartenaient à certaines tribus ou à certains cercles ! Ces
happy few doivent aussi bénéficier d’une forme de décentralisation,
d’un transfert de pouvoirs et de moyens qui leur laissent des coudées
franches afin qu’ils ne se sentent pas comprimés dans des camisoles de
force qui entravent leurs réflexions, leurs mouvements et inhibent
leurs actions. Tel n’est malheureusement pas le cas chez nous, sans que
fréquemment on voit le président de la république monter au-devant de
la scène et sur tous les fronts, comme un Sarkozy, pour donner le la et
impulser l’action. En d’autres termes, tant qu’un ministre ne dispose
pas à sa nomination d’un cahier de charges connu de tous et qui peut
être évalué à tout moment, toute sortie du gouvernement (ou limogeage)
sera toujours arbitraire et ressemblera toujours beaucoup plus à un
règlement de comptes ou à un changement d’alliances qu’à une sanction
dans le sens pédagogique du terme.

Combien de conseils
ministériels tient-il par mois ou même par an pour expliquer, évaluer
ou réorienter la politique qu’il a définie si tant est qu’il en a
défini une ? Son parti politique, laboratoire de ces tares et travers,
vit dans la même hibernation et souffre de la même léthargie ! Il est
vrai que les coups de tête et les changements de ministres sont plus
attrayants que la définition d’une politique générale et sectorielle
qui peut causer des insomnies et des céphalées. C’est un exercice bien
commode qui permet de temps en temps d’éprouver sa toute-puissance et
de montrer aux autres qu’on est toujours là, qu’on tient encore
fermement la barre et qu’on est plus que jamais le seul maître à bord.

Mais
alors que théoriquement et constitutionnellement le président de la
république n’a plus que trois ans pour quitter définitivement la scène,
cette instabilité n’aura pas réussi à masquer le fait que pendant 28
ans, il n’avait jamais pu définir une politique sérieuse et viable pour
la Nation et que pendant tout ce temps, nous avons fait de la
navigation à vue. Le Bateau Cameroun qui ne disposait d’aucune
boussole, ne pouvait alors que voguer au gré des vagues et des vents !
Ainsi donc tous les ministres à qui on a fait avaler d’énormes
couleuvres, qui ont été utilisés, pressés, essorés, ridiculisés et
abandonnés comme toute planche d’échafaude après que le maçon espiègle
ait fini de construire son pouvoir et pris son escalier interne,
n’auront été que des boucs-émissaires qui ne méritent nullement notre
compassion. Car pour de mesquins calculs égoïstes et des moignons de
bonheur personnel heureusement éphémère, ils auront sacrifié tout un
peuple et toute une nation. Ils méritaient pire. Que l’harmattan les
emporte jusqu’au désert !
Par Jean Takougang

La Nouvelle Expression

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Un commentaire pour LES REMANIEMENTS MINISTERIELS AU ZOMBILAND

  1. Joël Didier dit :

    Dans
    une brillante chronique récente dans le journal Camerounais "La
    Nouvelle Expression", Monsieur Jean Takougang demandait: "A QUOI
    SERVENT LES REMANIEMENTS MINISTERIELS AU ZOMBILAND ?…"à RIEN.

    A rien effectivement, si oui à alimenter la rumeur officielle, à
    assouvir l’aigreur collective sur les "fusibles faciles"…et à
    attendre le prochain remaniement minstériel.

    Alors Polycarpe Abah Abah est la fusible du moment. D’autres l’ont été avant lui. Et d’autres le seront après…Sans que personne ose au Cameroun comme dans la disapora poser la question qui fache:

    Mais pourquoi tous ces "parfaits fusibles" ont-ils "échoué depuis le 06 Novembre 1982????

    Je vous remercie

    Quotidienmutations

    VOUS | 20 Sep 2007

    Cameroun : Abah Abah, le peuple et la vindicte populaire Un Camerounais de la diaspora analyse le limogeage de l’ex-Minefi.

    Par Etienne de Tayo*

    Comme après chaque mouvement politique au Cameroun, j’ai appelé
    deux ou trois personnes pour savoir ce qui se dit dans l’opinion
    au-delà des analyses de quelques exégètes du dimanche. Au Cameroun le
    pouvoir est tellement hermétique qu’il ne laisse filtrer que ce qu’il
    souhaite voir répandre dans l’opinion. Alors la presse s’en empare et
    fait le reste.

    La première personne que j’ai contactée n’a pas caché sa
    satisfaction par rapport au départ du ministre de l’Economie et
    Finances, Polycarpe Abah Abah : "Nous avons fêté le départ de Abab
    Abah. Il a failli nous tuer avec les impôts. Si je n’étais pas très
    solide, j’aurai moi-même eu un arrêt cardiaque comme les autres",
    dit-elle.

    Cette personne m’annonce aussi qu’avec le départ de Abah Abah,
    c’est la prospérité économique qui s’annonce pour le Cameroun :
    "Sarkozy a dit qu’il va nous aider. Et nous savons qu’il fait toujours
    ce qu’il dit. Nous sommes très confiants", dit-elle en faisant à sa
    manière la lecture du discours de Sarkozy à Dakar qui pourtant dans les
    milieux intellectuels africains avait reçu une volée de bois vert. Et
    j’ai compris l’écart qui existe encore en Afrique entre le discours des
    intellectuels et la compréhension de l’opinion de la base.

    Cette préoccupation, je l’avais déjà ressentie avant de rédiger une
    réflexion intitulée : "Les défis des intellectuels africains de la
    diaspora". Cette personne, je l’ai rappelé trois jours après et elle
    m’a annoncé non sans satisfaction que "les auditions de Abah Abah avait
    déjà commencé à la police". Des informations pas toujours vérifiées qui
    sont souvent aussi malheureusement relayées par la presse camerounaise
    où on annonce une deuxième opération épervier : "Abah Abah et Cie
    annoncés au Sed", titre le Messager, l’un des principaux quotidien
    privé camerounais.

    Une deuxième personne que j’ai appelée est celle qui m’avait déjà
    annoncé une fois avec une pointe de fierté que "au Cameroun, nous
    sommes maintenant gouverné par l’ambassadeur des Etats-Unis. Il donne
    les ordres et notre président exécute". J’en avais été choqué. Que nous
    soyons tombé si bas au point d’être dirigé par l’ambassadeur d’un autre
    pays, fut-il une grande puissance.

    Cette personne est donc revenue cette fois pour me faire d’autres
    annonces. Selon elle, c’est finalement le fonds monétaire international
    dont une mission se trouve au Cameroun qui a finalement obtenu la tête
    d’Abah Abah..

    Elle m’a dit aussi que l’ambassadeur des Etats-Unis (encore lui!) a
    demandé de tout faire pour que l’opposition ait un groupe parlementaire
    à l’Assemblée nationale au risque pour le Cameroun de représenter aux
    yeux du monde l’image d’une démocratie monopartisane. Et c’est comme çà
    qu’elle explique le lâchage des ténors politique du Rdpc comme
    Françoise Foning, la députée-Maire de Douala 5e qui a vu ses deux
    élections annulées par la cour suprême.

    Mais la vedette au Cameroun reste Polycarpe Abah Abah, le parfait
    fusible. Et il faut se lever très tôt pour lui voler la vedette. En
    fait, dans l’opinion camerounaise, on accuse l’ancien ministre de
    l’Economie et Finances de crimes collatéraux ou si vous voulez
    d’homicide involontaire. On parle particulièrement à Yaoundé du cas de
    deux hommes d’affaires promoteurs d’agences de voyages.

    Tala Voyages, le propriétaire de l’agence qui porte son nom aurait
    été foudroyé par une crise cardiaque après que les inspecteurs lui ont
    annoncé un redressement fiscal de plusieurs dizaines de millions de F
    CFA : "Lorsque l’inspecteur des impôts lui a dit ce qu’il devait à
    l’Etat, il a compris que c’est la ruine qui le guettait. Alors il a
    commencé à suer à grande goutte et il a arrêté sa poitrine. Transporté
    à l’hôpital, il est passé de vie à trépas", rapporte une source
    camerounaise.
    L’autre opérateur économique, promoteur de l’agence de voyage
    "Binam Voyages" aurait connu lui aussi le même sort. Il était entré
    dans une grave dépression depuis le passage des inspecteurs des impôts
    qui lui avaient aussi annoncé un redressement fiscal. Il était mort lui
    aussi quelques temps après.
    Au Cameroun, on parle aussi de l’autre opérateur économique, Fokou
    Bernard promoteur du Groupe Fokou Fobert. Il opère dans le secteur des
    matériaux de construction, de l’industrie, de la construction routière.
    Il aurait décidé de délocaliser au Gabon et en Guinée Equatoriale pour
    protester contre ce qu’il considère comme le harcèlement fiscal.

    Un autre homme d’affaire de Douala, jadis prospère m’annonçait
    dernièrement qu’il avait décidé de déclarer faillite à cause du
    harcèlement fiscal des inspecteurs de impôts : "Depuis que j’ai pris
    cette décision, je crois que je suis plus tranquille maintenant. Je
    trouve du temps pour m’occuper de ma santé. Maintenant que j’ai déclaré
    faillite, je ne sais pas chez qui ils viendront encore réclamer
    l’argent. Est-ce que l’impôt c’est pour tuer l’économie?", s’interroge
    t-il.
    Tous ces drames, vécus par plus d’un opérateur économique au
    Cameroun à divers degrés, l’opinion camerounaise ne voit qu’une seule
    main, celle de Polycarpe Abah Abah, présenté dans certains milieux
    comme le diable incarné. L’inculpation de son épouse dans une affaire
    de détournement de deniers publics et sa libération en catimini avait
    fini de ternir l’image du Minéfi aux yeux de la population. Pour
    celle-ci, il n’était lui aussi qu’une fripouille, comme son épouse.
    Peut-être que eux-mêmes les opérateurs économiques camerounais
    avaient pris l’habitude de faire les affaires en s’arrangeant avec les
    agents des impôts, privant ainsi les caisses de l’Etat des ressources
    substantielles. Pratique à laquelle Abah abah a certainement voulu
    mettre fin. Peut-être, si on se laisse aller à la théorie du complot
    qui n’est jamais loin de ces commentaires autour du harcèlement fiscal,
    Abah Abah ne serait que le bras armé qui veut les asphyxier. Pour
    quelle raison?

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