Ce ne fut qu’un slogan de campagne, rien de plus!!! « travailler plus pour gagner plus….

Et tant pis pour tous ceux qui ont cru que l’on "travaillerait plus pour gagner plus" par la magie d’un décret d’application des heures supplémentaires.

Il aurait simplement suffi de raisonner: l’on ne propose des heures supplémentaires que si le carnet des commandes l’exige. Le reste n’est que de la fumisterie politicienne et démagogique…

Peut-être devrait-on inciter les français à séjourner et à travailler davantage dans les pays anglo-saxons (Etas-Unis, Australie, Grande Bretagne…). Ils comprendront alors que jamais l’hyper-flexibilité du marché du travail n’a été un gage de gain de pouvoir d’achat. Ce dernier ne s’apprécie véritablement qu’en fonction du statut que l’on occupe dans l’entreprise (cadre ou simple empoyé…).

A cet égard, le petit employé de la Commonwealth bank en Australie,  ou de Charles Shwab aux Etats-Unis, a beau multiplié les heures supplémentaires, y compris de nuit, il ne verra aucune incidence significative sur son pouvoir d’achat, qui est ausssitôt avalé par des impératifs de consommation courante. Par contre le fondé de pouvoir, l’agent de change, ou le trader desdites entreprises voient leurs "bonus" grimpés à une vitesse vertigineuse lorsqu’ils sont réquisitionnés pour des heures supplémentaires ou le travail de nuit.

C’est malheureusement cela la triste réalité de l’économie moderne. Nul besoin pour cela de la travestir en faisant une réforme idéologique et clientéliste, sous le couvert d’une amélioration généralisées et factice du pouvoir d’achat des français, grâce au recours aux heures supplémentaires non taxées.

Ce n’est qu’une excroquerie politique, une de plus malheureusement!!!

 Je vous remercie


Heures sup’ : travailler plus pour gagner plus ?

 

Politiques


Heures supplémentaires, personne n’y croit vraiment
La mesure phare de la campagne de Sarkozy entre en vigueur aujourd’hui.
Par Muriel Gremillet
QUOTIDIEN : lundi 1 octobre 2007

«T
ravailler plus, pour gagner plus», premier jour. A partir
d’aujourd’hui entre en application le slogan phare de la campagne
présidentielle de Nicolas Sarkozy. Soit la promesse pour les salariés
que le travail va enfin payer, par un biais étrange, la défiscalisation
des heures supplémentaires. Concrètement, en vertu de la loi votée en
août, les heures travaillées au-delà de la durée légale de 35 heures
par semaine ou 218 jours par an, devront systématiquement être payées
25 % de plus qu’une heure normale. Y compris pour les salariés employés
dans des PME de moins de 20 salariés. Jusqu’ici leurs heures sup
étaient seulement rémunérées 10 % de plus. Et le produit de ce travail
additionnel ne sera pas soumis à l’impôt sur le revenu et sera exonéré
pour une grande part de cotisations sociales.

Paradoxe.  Premier constat, cette mesure est coûteuse
pour l’Etat, qui va devoir dans un premier temps compenser le manque à
gagner en cotisations non versées à la Sécurité sociale à hauteur de
5,1 milliards d’euros. La perte sèche à prévoir dans la campagne
d’impôt sur le revenu est, elle, impossible à évaluer. Joli paradoxe,
les entreprises sont incitées à recourir aux heures supplémentaires par
une réduction forfaitaire de cotisations sociales, tout en pouvant
continuer à bénéficier des aides versées au titre de la réduction du
temps de travail. Facture : une vingtaine de milliards d’euros sur le
budget de l’Etat en 2008 au bas mot.

La mesure, qui devait
être la première pierre pour faire tomber, par l’usage, les 35 heures,
a donc du mal à convaincre, même à droite. Premier à dégainer, Jean
Arthuis, le président (UMP) de la commission des finances du Sénat, qui
ne fait même plus mine de croire à l’efficacité des mesures prévues
dans le budget 2008 débattu la semaine prochaine à l’Assemblée
nationale. Pour lui, la défiscalisation est un dispositif compliqué :
«On avait une usine à gaz qui s’appelait les 35 heures.
Pour les contourner, on crée une autre usine à gaz. Le vrai sujet, c’est de remettre en cause les 35 heures.»

«Franchement, inscrire dans sa déclaration Urssaf : Allégement
Fillon moins 300 euros , il y a pire comme système compliqué non ?»
rigole un député UMP.

Car voilà 5,1 milliards
qui vont peser sur le budget, la première année, alors que la
croissance s’annonce molle et que les déficits vont continuer à se
creuser. C’est un pari économique qu’il va falloir assumer
jusqu’en 2012. Voire payer cash aux municipales de mars. «Si on n’améliore pas le pouvoir d’achat des plus modestes, et
si, à la fin du quinquennat, les inégalités se sont creusées, les
électeurs nous renverront chez nous»,
a prévenu Pierre
Méhaignerie, député (UMP) d’Ille-et-Vilaine. Inquiet, notamment, que
dans certaines branches professionnelles, comme la métallurgie ou
l’agroalimentaire, le recours aux heures sup soit interdit, au profit
du repos compensateur : «Plusieurs centaines de milliers d’ouvriers ne pourront pas
bénéficier du dispositif. Le risque, c’est que le chauffeur du
président de la République ou l’agent de la DDE puisse faire des heures
sup mais pas le métallo qui travaille aux deux-huit !»
Il va donc
déposer, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité
sociale, un amendement laissant aux comités d’entreprise la possibilité
de contourner les accords de branche et de choisir entre heures sup et
repos compensateur.

Le gouvernement a fort
à faire pour vendre un dispositif censé doper le pouvoir d’achat, son
obsession numéro 1. Samedi, devant les parlementaires UMP réunis à
Strasbourg, François Fillon a mis en avant le côté social de la loi : «Pour l’essentiel, les heures sup sont accomplies par les
ouvriers et les employés. Ce sont donc eux qui en profiteront
majoritairement. J’invite la gauche à aller expliquer à ces femmes et
ces hommes dont l’instauration improvisée des 35 heures a bloqué les
salaires, que ce que nous proposons est injuste !»
Selon le
ministère de l’Emploi, en 2004, 37 % des salariés ont effectué au moins
une fois dans l’année des heures sup. Potentiellement, 18 millions de
personnes sont concernées. A condition que les employeurs acceptent
d’utiliser le mécanisme, et en aient besoin .

Blanchiment.  Les plus sérieuses critiques portent sur
l’efficacité, la croissance et le pouvoir d’achat. Hier sur France 5,
Lionel Jospin a jugé que «le slogan de Sarkozy signifie qu’il est exclu qu’on gagne plus
si on ne travaille pas plus. Alors que c’est la question de
l’augmentation des salaires qui serait légitime».
Ce qu’avait
dénoncé dès l’été la CGT. Sans compter un risque de blanchiment des
primes, planquées et défiscalisées par la nouvelle loi. «Le simple coût de la mesure pour le budget limite son efficacité», note Didier Migaud, le président (PS) de la commission des finances de l’Assemblée.

A tel point que, vu les problèmes budgétaires que la France va devoir affronter d’ici quelques mois, le coût du
«travailler plus pour gagner plus» risque de paraître
épiphénoménal. Preuve en est, la déclaration hier soir, sur Europe 1,
d’Eric Woerth, le ministre du Budget annonçant que Bercy «a prévu une réserve de précaution de 7 milliards d’euros» sur le budget 2008,
«parce qu’il peut y avoir des dépenses imprévues». Voire des
recettes pas au rendez-vous pour contenir les dépenses publiques et
présenter un tableau à peu près correct aux autorités de l’UE. «Si on fait plus de 2,25 % de croissance, tant mieux, on ira plus
vite vers le chemin de l’équilibre, et on ne dépensera pas cet argent
, a-t-il poursuivi.
C’est de la bonne gestion.»

Cordeau.  Mais si la croissance n’est pas là, comme
semblent l’indiquer l’ensemble des indicateurs, la réserve de
7 milliards ajoutée à une gestion au cordeau des dépenses de l’Etat
devrait permettre de tenir le coup. «Il est juste en train de nous dire qu’il sait qu’il n’aura pas
les recettes fiscales qu’il espérait, qu’il a déjà prévu que son budget
est intenable, et que nous n’avons plus aucunes marges de manœuvres,
note un député UMP.
Ça part bien à une semaine de la discussion au Parlement.» Travailler plus, on a dit…

© Libération

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