Cameroun: La justice, champion de la corruption…en Afrique

 "La justice, champion de la corruption…" Pourquoi en serait-elle l’exception???

Le Cameroun a aussi le système judiciaire qu’il mérite…à l’image de toutes les autres institutions de la République.

Je vous remercie

Pouvoir judiciaire 

 


La justice, champion de la corruption

Le Cameroun a le système judiciaire le plus corrompu d’Afrique. Révélation du Rapport mondial de Transparency International.

Après la publication de l’Indice de perception de la corruption (Ipc)
dans le monde le 26 septembre dernier, Transparency International –
Cameroun a officiellement présenté le Rapport mondial de la corruption
2007 de l’Ong allemande Transparency International (TI). C’était hier
03 octobre à Yaoundé, devant une trentaine d’invités, dont
l’ambassadeur des Pays-Bas, SE Norbert Braackhuis. Avec un score de 2,4
points sur 10, l’Ipc classait déjà le Cameroun au 41e rang des pays
perçus par les milieux d’affaires comme étant les plus corrompus monde.
Le Rapport mondial de la corruption, quant à lui, est thématique et
analyse des expériences concrètes de corruption. Le secteur choisi
cette année est le système judiciaire. Des expériences ont été
recueillies dans 62 pays, dont une dizaine de pays africains. 


En Afrique, le système judiciaire camerounais est le plus corrompu.
Dans le continent, une personne interrogée sur cinq, ayant été en
rapport avec la justice en 2006, affirme avoir versé des pots-de-vin.
Ce rapport, est de un sur trois au Cameroun ! Pour ce qui est de la
perception, 59% des personnes consultées en Afrique estiment que le
système judiciaire est corrompu. Au pays de Paul Biya, 80% des enquêtés
assurent qu’il est plutôt “très corrompu”. Les résultats ainsi obtenus
s’appuient sur seize (16) analyses comparatives d’experts sur la
corruption judiciaire, onze (11) rapports nationaux et six (6) études
empiriques. Ils tirent leur source du baromètre mondial de la
corruption 2006 – un autre instrument de TI.


Ainsi, la corruption dans les systèmes judiciaires en Afrique est
endémique. Selon Me Charles Nguini, président de TI – Cameroun, elle
“fragilise la justice, refusant aux victimes et aux accusés le droit
fondamental à un procès juste et impartial.” En effet, peut-on lire
dans le rapport mondial, “une magistrature corrompue divise les
communautés ; les systèmes judiciaires dévalorisés par des pots-de-vin
sapent la confiance dans la gestion des affaires publiques en
favorisant la corruption dans tous les secteurs de l’administration, à
commencer par la tête du pouvoir.” Sur le plan économique, indique
David Koschel, chargé des programmes au département Afrique et Moyen
orient de TI à Berlin, “ on observe une corrélation entre le niveau de
corruption judiciaire et le niveau de croissance économique, vu que
l’assurance d’obtenir l’exécution d’un contrat ou le règlement d’un
différend est capitale pour les investisseurs et constitue la condition
du développement et de la croissance des affaires.”


Ce pourrissement de la justice n’est pour autant pas une fatalité. A
TI, on pense que l’on peut y remédier. C’est pourquoi le rapport
propose une thérapie basée sur la réforme des systèmes judiciaires.
Léonard Ambassa, enseignant à l’Université catholique d’Afrique
centrale, pense que l’une des pistes serait “la mobilité des
magistrats, la culture des résultats chez ces derniers et l’éducation
populaire sur les procédures de justice.” Comme disait le Christ, si le
sel venait à s’affadir, avec quoi va-t-on le saler ?

Le pourrissement de la chaîne judiciaire

Transparency International définit la corruption comme l’abus d’une
position publique en vue d’un intérêt privé. La corruption judiciaire
désigne ainsi toute influence indue sur l’impartialité du processus
judiciaire, par tout acteur du système judiciaire. Elle concerne les
policiers, les avocats, les procureurs, les juges, les gardiens de
prison et tous ceux qui participent à la chaîne de prise de décision
judiciaire. De manière générale, TI situe la corruption dans le système
judiciaire à deux niveaux : l’ingérence des autres pouvoirs (exécutif,
législatif, économique, médiatique, militaire, …) et les pots-de-vin. 


L’ingérence politique se traduit autant par la menace, l’intimidation
ou le simple soudoiement des juges que par la manipulation des
nominations judiciaires, des salaires et des conditions d’emploi. Quant
aux pots-de-vin, les fonctionnaires de justice peuvent extorquer de
l’argent pour des tâches qu’ils sont de toute façon tenus d’exécuter.
Les avocats peuvent exiger des honoraires supplémentaires pour
accélérer ou repousser une affaire ou pour orienter leurs clients vers
des juges connus pour rendre une décision favorable. Pour leur part,
les juges peuvent accepter des pots-de-vin pour retarder ou accélérer
une affaire, accepter ou rejeter une procédure d’appel, influencer
d’autres juges ou, simplement, trancher une affaire dans un sens donné.
Les cas de policiers qui falsifient les preuves justifiant des
poursuites pénales sont légion. On constate que de plus en plus, les
procureurs n’appliquent pas des critères identiques à toutes les
preuves rassemblées par la police.


Une certaine forme de corruption manipule le système judiciaire pour
aboutir à une décision injuste. Mais beaucoup versent des pots-de-vin
pour diriger ou accélérer la procédure judiciaire en vue d’une décision
qui peut s’avérer tout à fait juste.

Par Alexandre T. DJIMELI

Le Messager
Le 04-10-2007

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