Cameroun: Affaire Laurence Vergne

Le
gouvernement camerounais minimise la portée de cette "affaire
dite de droit commun ". Le contraire nous aurait surpris… à
quelques jours de l’arrivée à Paris de Paul Biya.

Les
ministres camerounais, respectivement de la Justice et de la Sureté
Nationale, Amadou Ali et Edgar Mebe Ngo’o ont déclaré
à cet effet que « ce n’est pas ce genre d’affaire qui va
ternir les relations franco camerounaises. Ces relations se portent
très bien "(
Quotidien
Mutations, 15 Octobre 2007)
.
Ce d’autant plus qu’au cameroun, l’assassinat à l’étranger
de ressortissant(s) camerounais n’a jamais soulèvé la
moindre réaction gouvernementale, ni la moindre plainte auprès
des tribunaux camerounais des familles endeuillées pour
retrouver «les vrais coupables».

Pourtant ce
n’est pas faute de volonté… mais simplement parce que la
banalisation du crime est une variante de la politique répressive
au Cameroun. Et lorsque le Vice-Premier Ministre Amadou Ali demande
dixit : ««que faisait la Française sur le lieu de
son assassinat à cette heure là et avec les personnes
avec qui elle se trouvait?», il n’exprime pas autre chose que
le peu d’intérêt accordé à l’intégrité
des personnes, camerounaises ou non, par le régime BIYA .

Alors il est
essentiel que les membres du gouvernement camerounais acceptent le
fait que sous d’autres cieux plus démocratiques, en France
notamment, il appartient aux institutions, y compris aux Médias,
de réclamer que toute la lumière soit faite sur
l’assassinat d’un(e) de leurs ressortissants à l’étranger.
Et ce, quel que fût le lieu, la raison ou l’auteur du crime….

Cela est de
leurs compétences et responsabilités dans un Etat de
Droit digne de ce nom.

Je vous
remercie

Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

15 Octobre 2007

A quelques jours de l’arrivée à Paris de Paul Biya,
Amadou Ali et Edgar Mebe Ngo’o parlent de l’enquête sur
l’assassinat de la française.

" Ce n’est pas ce genre d’affaire qui va ternir les relations
franco camerounaises. Ces relations se portent très bien ".
Amadou Ali a tenu à minimiser l’incidence de l’assassinat dans
la nuit du 6 janvier 2007 de Laurence Vergne, assistante coopérante
en service à l’Institut de recherche pour le développement
(Ird) dans une déclaration à notre confrère
Charles Ndongo de la Crtv vendredi dernier. Le Vice premier ministre
en charge de la Justice, apportait ainsi la réaction du
gouvernement sur l’enquête ouverte après l’assassinat de
cette coopérante française. Une enquête dont on
retiendra qu’elle intervient à quelques jours de la visite en
France du chef de l’Etat camerounais. Paul Biya doit en effet
effectuer une visite de travail dans la capitale française du
23 au 26 octobre prochain. Outre la première communication
qu’il délivrera au siège de l’Unesco, le président
de la République aura un entretien avec son homologue français
Nicolas Sarkozy le vendredi 26 octobre 2007 à l’Elysée.

On imagine bien que cette affaire ne manquera pas de préoccuper
les autorités françaises, qui font l’objet de pressions
de la part de la famille de la victime. Une famille qui se plaint
notamment de la lenteur dans les procédures engagées
pour retrouver les assassins de Laurence Vergne.

Affaire Laurence Vergne
Que cache l’assassinat de la
Française ?

Tandis que les autorités camerounaises donnent des
assurances sur le déroulement de l’enquête, le presse
hexagonale dénonce la lenteur judiciaire. L’affaire pourrait
rattraper Paul Biya lors de sa visite en France.

Depuis le drame, le dossier stagne sur le plan judiciaire ; que ce
soit au Cameroun où l’affaire s’est produite ou en France
où une plainte a été déposée par
la famille de la victime. En revanche, dans les médias,
camerounais comme français, ce sujet est largement couvert et
suivi. Surtout en France où radios, télés et
journaux semblent, au fil des articles, révéler la “
vérité ” dans cette affaire.

On pouvait le
constater en regardant, dimanche dernier, sur TF1, le magazine Sept à
Huit. Un reportage de 10 minutes a été consacré
à cette affaire. Il y a quelques temps ce sont les journaux
qui en avaient parlée. Le Parisien qui consacrait une pleine
page à ce dossier le 1er août. D’autres journaux aussi
en ont parlé, tels Libération (19 juin), Le Figaro et
même Le Monde, premier quotidien d’informations générales
du pays, mais aussi des journaux régionaux.
Tous ont abordé
cette affaire, dans un premier temps, sous l’angle du fait divers
sordide. Dans ce registre, c’est la tristesse et l’émotion
de la famille et des proches de la victime qui ont été
mises en avant ; (dans le reportage de TF1, par exemple, au début,
on pouvait voir les parents de la jeune femme exprimer leur chagrin,
feuilleter ses albums de jeunesse…). Par la suite (suivant les
recommandations de la famille ou est-ce pour d’autres raisons ?),
les médias ont très vite fait basculer ce sujet dans la
rubrique du “ scandale judiciaire ”. Le point de départ de
cette nouvelle catégorisation a été la plainte
déposée par la famille Vergne au tribunal de grande
instance de Paris, en mai dernier.
La plainte en question, selon
Me Antoine Comte, l’avocat de la famille, vise à dénoncer
la “ lenteur et l’incapacité ” de la police et de la
justice camerounaises à faire la lumière dans cette
affaire. Pire, elle affirme, sur la base d’informations glanées
à “ bonnes sources ”, que les coupables dans cette affaire
courent toujours, alors qu’ils sont connus ; que la police
camerounaise, qui les protège, et la justice ne sont pas
pressées d’élucider ce crime.
Ces “ révélations
” puisées à “ bonnes sources ” ont donc été
versées à la justice et aux médias hexagonaux.
S’il est certain que la justice prendra son temps (le temps de la
sérénité certainement) pour mettre au clair ce
crime ; en revanche, il est à craindre que les médias,
mus par d’autres raisons (et d’autres intérêts ?)
n’aient pas la même patience, ni la même sérénité
(comme en témoignent les nombreuses “ couvertures ” dont
nous parlions plus haut) pour éclaircir cette histoire.
Pourtant, l’enquête menée au Cameroun a conduit aux
premières arrestations et à des condamnations. Elle a,
selon beaucoup d’avis, été un peu bâclée
certes, mais les policiers poursuivent d’autres pistes que celles
initiales. En France même, le compte-rendu d’un conseil
ministériel affirme que, contrairement à de nombreuses
rumeurs, l’action judiciaire menée au Cameroun s’est
déroulée en toute transparence. Apparemment, cela ne
suffit pas à calmer les médias français, qui ont
décidé de faire, à leur manière, toute la
lumière dans cette affaire. Et il n’est pas impossible que
Paul Biya, lors de sa rencontre avec Nicolas Sarkozy, dans les
prochains jours, soit confronté à l’”affaire
Vergne”.

Aubin Fonkou

La Nouvelle Expression

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