Ce fric chinois, américain, indien qui appauvrira encore plus l’Afrique…


car non-conditionné à la bonne gouvernance ou à la lutte effective contre la pauvreté dans les pays bénéficiaires.

L’on peut parier que l’argent chinois, américain…qui coule à flot dans l’extraction du pétrole ou de la bauxite en Afrique, reproduira inévitablement dans 5 à 10 ans les mêmes travers de surendettement et de corruption endémique engendrés par l’aide des pays occidentaux aux Etats africains dans les années 1970-1980.

Il est utopique de penser qu’une aide sans investissement productif et industriel favorise le développement. Au contraire, elle accentue la dépendance économique et financière des pays bénéficiaires, parallèlement à la fuite des capitaux et des matières premières non transformées.

Je vous remercie


Le fric arrive jusqu’en Afrique
Développement. La croissance sur le continent pourrait atteindre près de 7 % en 2008.

 

©
Station de forage au Nigéria

 

Olivier Feiertag Université de Rouen
QUOTIDIEN Libération: vendredi 19 octobre 2007

L’Afrique est-elle en train de sortir de la pauvreté ? Elle connaît
actuellement ses plus forts taux de croissance économique depuis la fin
de la décolonisation. Le FMI prévoit dans son dernier rapport
semestriel de conjoncture une croissance économique de 6,1 % pour 2007
et même de 6,8 % pour 2008. C’est deux points de plus que la croissance
de l’économie mondiale. La croissance semble donc bien être durablement
de retour en Afrique depuis une dizaine d’années.

Ce miracle économique s’explique bien sûr par la hausse du prix du
pétrole, multiplié par dix depuis le creux de la fin des années 1990.
Elle est directement à l’origine des 20 % de croissance du PIB de
l’Angola. Mais l’embellie économique se fonde plus généralement sur la
hausse de l’ensemble des matières premières, y compris agricoles comme
le cacao ou le café. Cette évolution tranche avec l’afro-pessimisme
dominant depuis les années 1980. Les Pays les moins avancés (PMA),
selon l’euphémisme convenu, n’étaient-ils pas condamnés à rester au
bord du chemin de la croissance et de la mondialisation ?

Manne. Ce miracle économique a comme toujours des causes
financières. C’est le principal enseignement du rapport annuel sur
l’investissement dans le monde que vient de publier la Cnuced. Les
transferts financiers vers l’Afrique ont atteint des records. Les
investissements étrangers dans l’ensemble du continent ont dépassé
36 milliards de dollars en 2006. C’est deux fois plus qu’en 2004. Cette
manne profite pour l’essentiel aux industries minières. Le Nigeria et
le Soudan en sont les grands bénéficiaires. Ces flux proviennent encore
en majorité des pays du Nord. Mais le fait nouveau est la nette percée
des investisseurs du Sud : la Chine mais aussi l’Inde, la Malaisie ou
le Koweït (lire ci-contre).

La croissance de l’économie africaine est donc fragile. Elle est à
la merci d’un contre-choc pétrolier similaire à celui qui avait fait
sombrer ce qu’on appelait encore le tiers-monde dans la crise de la
dette des années 1980. Mais l’embellie est surtout un effet d’optique.
Un taux de croissance est d’autant plus fort que l’on part de très bas.
Il masque les inégalités entre les différents secteurs de la vie
économique. Surtout, rien ne permet encore de dire que cette croissance
se fait sentir au niveau microéconomique, celui de la vie des gens.

Inégalités. La question de la répartition des fruits de cette
embellie économique reste plus que jamais posée en Afrique. Elle se
pose en particulier pour les groupes sociaux en marge de l’économie de
marché. Le creusement des inégalités et les tensions sociales
croissantes qui en résultent sont en tout cas le signe le plus frappant
que le continent africain à son tour est entré dans la mondialisation.

© Libération

La hausse des produits de base profite à l’Afrique

Des travailleurs sud-africains dans une mine d'or. 

		(Photo: Oscar G./<A href="http://www.num.org.za/">NUM</A>)

Des travailleurs sud-africains dans une mine d’or.
(Photo: Oscar G./NUM)

La
hausse des cours des produits de base, minerais mais aussi pétrole et
gaz, a profité à l’Afrique même si elle reste derrière les pays
asiatiques et ceux d’Amérique latine/Caraïbes en termes
d’investissement, indique la Conférence des Nations unies pour le
commerce et le développement dans son Rapport annuel sur l’investissement dans le monde.

Le Rapport annuel sur l’investissement dans le monde de la Cnuced, intitulé Sociétés transnationales, industries extractives et développement,
publié le 16 octobre 2007, fait état d’une progression de 38 % de
l’investissement étranger direct (IED) en 2006. Celui-ci est estimé à
1 306 milliards de dollars, soit un chiffre proche du record enregistré
en 2000. Des gains importants ont été réalisés par les trois
principales catégories de pays : développés, en développement ou en
transition.

Les Etats-Unis sont redevenus le premier pays
d’accueil d’investissement suivi de la Grande-Bretagne et de la France
parmi les pays développés. La Chine, Hong Kong et Singapour sont les
principales destinations du groupe des pays en développement  et la
Russie pour celui des Etats en transition. L’essor de ces flux mondiaux
est dû en partie à l’augmentation des bénéfices des entreprises et à la
hausse consécutive des cours des actions, qui a accru la valeur des
fusions-acquisitions internationales.

Boom des prix des produits de base

Les
économistes de la Cnuced ont mis l’accent sur l’implication massive des
sociétés transnationales (STN) dans les industries extractives et leur
impact sur le développement. Ils précisent que 23 des 25 principaux
producteurs de minerais étaient en 2005 des sociétés privées, alors que
les entreprises d’Etat dominaient l’exploitation pétrolière et gazière,
principalement basées dans des pays en développement ou en transition.
Le boom actuel des prix des produits de base devrait susciter de
nouvelles opportunités en termes de développement et de réduction de la
pauvreté dans les pays exportateurs de minerais. A condition,
soulignent-ils, que des efforts considérables soient déployés pour
répondre aux préoccupations de nature politique, économique, sociale et
environnementale liées à l’extraction minière.

D’après le
rapport, les entrées d’IED en Afrique ont doublé entre 2004 et 2006
pour atteindre un record de 36 milliards de dollars – les sorties d´IED
ont aussi atteint un montant record, 8 milliards de dollars en 2006,
contre 2 milliards en 2005, les entreprises d´Afrique du Sud étant les
principaux investisseurs de la région. Dans les entrées, la valeur des
fusions-acquisitions internationales a atteint le montant record de
18 milliards de dollars en 2006, près de la moitié représentant des
achats réalisés par des sociétés transnationales de pays en
développement d´Asie. Malgré ces hausses, la part de l´Afrique dans
l´IED mondial est tombée à 2,7 % en 2006, contre 3,1 % en 2005, soit un
niveau faible par rapport aux pays asiatiques (15 % du total mondial)
et à ceux d´Amérique latine et des Caraïbes (6 %).

En 2006, les
10 premiers pays d´accueil africains ont reçu environ 90 % du flux,
soit 32 milliards de dollars. Les pays d´Afrique du Nord ont bénéficié
d´entrées record en provenance d’Asie, dans un large éventail de
secteurs. En Afrique subsaharienne, les IED ont augmenté partout sauf
en Afrique australe, en raison de la multiplication des investissements
dans les secteurs du pétrole et de l´extraction minière. Ceux-ci ont
cependant fortement diminué en Angola (-1,1 milliard de dollars) et en
Afrique du Sud (-0,3 milliard de dollars) à la suite de la vente
d´actions étrangères au gouvernement, dans le premier cas, et à des
entreprises locales pour le second.

Le secteur manufacturier reste peu important

Les
fusions-acquisitions ainsi que les investissements de création de
capacités et les projets d´expansion ont joué un rôle important dans
les principaux pays d´accueil. En Egypte, premier destinataire de la
région, les entrées ont été supérieures à 10 milliards de dollars, dont
80 % au titre d´activités non pétrolières. Le Nigeria a été la
principale destination en Afrique de l´Ouest, les capitaux,
essentiellement chinois, visant surtout le secteur pétrolier.

La
recherche de nouvelles réserves de ressources naturelles a également
entraîné une hausse de l´IED dans les pays les moins avancés (PMA)
d´Afrique, soit 8 milliards de dollars après deux années consécutives
de baisse. Les PMA ont accueilli 23 % des IED dans la région : Burundi,
Cap-Vert, Djibouti, Ethiopie, Gambie, Guinée-Bissau, Madagascar,
Somalie et Soudan – essentiellement destinés à financer de nouvelles
activités de prospection pétrolières et d´extraction minière.

Le
secteur des services, surtout les transports, le stockage et les
communications, a également continué à attirer les investisseurs. Mais
le secteur manufacturier s’est accru lentement en Afrique du Nord et
est resté peu important en Afrique subsaharienne.

De nombreux
pays africains ont par ailleurs intégré, selon la Cnuced, des mesures
dans leurs cadres politiques et réglementaires afin de garantir un
volume constant d´IED et d´attirer des investissements favorisant leur
développement. Les perspectives en Afrique restent ainsi positives : en
effet, en raison du niveau élevé des prix sur les marchés mondiaux de
produits de base, les sociétés transnationales, notamment asiatiques,
profitent du bon rendement de leurs investissements. Toutefois, ce
mouvement de hausse devrait ralentir en 2007 du fait d´une pause des
investissements importants dans le secteur pétrolier de plusieurs pays
africains.

par Marie 
Joannidis (MFI)

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