Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, Président de la République Française

Envoyé à l’Elysée
le Mardi 23 Octobre 2007 à 15: 43

Mesdames, Messieurs,

Dans un souci de transparence et
d’objectivité, nous vous transmettons la teneur de la lettre
ouverte à Nicolas Sarkozy soumise à l’appréciation
des associations et organes de presse, à l’occasion de la
visite officielle en France du 23 au 26 Octobre 2007 du Président
de la République du Cameroun Paul BIYA.

Le Parti Socialiste dont nous
sommes militants dans la section Léon Blum de Paris 11 n’ayant
pas voulu s’associer à notre démarche citoyenne, nous
assumons dès lors seuls la responsabilité de nos
écrits.

Nous vous prions de croire,
Mesdames, Messieurs, en l’expression toute notre considération.

Fabienne DEBARGE et Joel Didier
ENGO

Lettre ouverte à Nicolas
Sarkozy, Président de la République Française

Monsieur Le Président de la
République,

Lors de la campagne présidentielle,
vous vous étiez engagé à mettre fin à la
Françafrique et à toutes les relations néo-coloniales
que la France entretient avec ses anciennes colonies. Cependant
depuis votre élection, vous avez continué la politique
de Jacques Chirac en soutenant les dictateurs africains que sont Omar
Bongo, Dénis Sassou Nguesso, Paul BIYA ou Idriss Déby.
Votre discours de Dakar sur «l’Homme africain» fut le
plus bel exemple de pensée et d’idéologie
néo-coloniale.

Une fois de plus, la France va
officiellement soutenir un régime dictatorial avec la
réception au Palais de l’Elysée du Président
camerounais Paul Biya le Vendredi 26 Octobre 2007 à 10 heures,
au nom du peuple français.

Il faut en finir avec la
Françafrique.

Notre pays doit reconnaître ses
responsabilités auprès de tous les Africains qui ont
souffert au nom des intérêts françafricains, que
ce soit par des soutiens politiques, ou par des soutiens
économiques.

Pour sortir de la Francafrique, il vous
faut arrêter le soutien politique et militaire aux dictatures.
Les accords de coopération économique, de sécurité
et de défense qui nous lient avec de nombreux pays doivent
être rendus publics et rediscutés au Parlement.

Nous demandons que les affaires
étrangères, notamment les relations avec l’Afrique, ne
soient plus sous l’exclusivité du chef de l’État et
de la Cellule africaine de l’Elysée. Un réel contrôle
parlementaire doit pouvoir être assuré. La France ne
doit plus cautionner les élections frauduleuses comme ce fut
le cas récemment au Cameroun.

Pour sortir de la Françafrique,
la France doit, par l’intermédiaire de son chef de l’État,
assumer son histoire et mettre en place une nouvelle politique de
développement équilibré et bénéfique
à tous. Seule la solidarité permettra de résoudre
le drame humain que constitue l’immigration clandestine et les
graves problèmes écologiques et économiques qui
se posent avec le pillage incontrôlé des ressources
naturelles dans les pays africains.

Le Cameroun de Paul BIYA est
emblématique à plus d’un titre.

Voici un pays classé par les
institutions financières internationales jusqu’à la fin
des années 1980 parmi les puissances émergentes ou pays
à revenu intermédiaire de Afrique, qui a
progressivement sombré dans l’endettement et la plus extrême
pauvreté au cours des 25 ans de présidence de monsieur
Paul BIYA.

Sa visite officielle en France sonne
comme une contradiction politique, au moment même où le
Gouvernement français durcit les conditions d’entrée et
de séjour des immigrés africains en France, avec
l’introduction des «Test ADN» dans le cadre du
regroupement familial. Car les hommes et les femmes qui immigrent en
France en provenance du Cameroun, souvent au péril de leurs
vies, fuient précisément les dégâts
humanitaires, environnementaux, sociaux, économiques et
politiques causés par l’indéfectible soutien de la
France à la dictature de Paul BIYA depuis le 06 Novembre 1982.

Monsieur Le Président de La
République,

Soit vous continuez la contradiction
françafricaine consistant à lutter contre l’immigration
irrégulière en France, à promouvoir le
co-développement en Afrique, tout en soutenant financièrement
et politiquement les dictatures les plus sanguinaires et crapuleuses
de ce continent.

Soit vous mettez effectivement fin à
cette contradiction françafricaine, en rompant définitivement
avec l’indéfectible soutien de la France aux dictateurs
africains.

La visite officielle en France de Paul
BIYA du Mardi 23 Octobre au Vendredi 26 Octobre 2007 vous en offre
l’opportunité. Il n’appartient qu’à vous de la saisir.

Fabienne Debarge , Citoyenne française

Joël Didier Engo, Citoyen
Camerounais, et français

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