L’inévitable intéraction des proces de la race en Occident et des systèmes de gouvernance en Afrique

Le
Drame de l’Afrique réside essentiellement dans la perpétuelle
interaction entre les systèmes de gouvernance en Afrique et le procès
fait à la race en Occident. L’un ne va pas sans l’autre.

La
position du Président Camerounais Paul BIYA sur le "Discours de Dakar
de Nicolas Sarkozy en fournit la démonstration éclatante, lorsqu’il
déclare dans “Le Talk de Paris” de France 24,  je cite: "le discours de
Dakar de Nicolas Sarkozy s’adressait aux adultes … que les africains
cessent de se plaindre du passé colonial, de l’aliénation coloniale et
qu’ils assument le double héritage : l’héritage africain – qui est le
leur, qui est inné – et ce qu’ils ont pu acquérir au contact avec les
milieux occidentaux, et qu’ils se tournent vers l’avenir…"

Ne
pas percevoir le procès qui est fait contre la race dans ce discours de
Dakar est en soi révélateur de l’état d’aliénation coloniale de
certains gouvernants africains de la trempe de Paul BIYA. Et il serait
vain d’instruire un proces de la race contre certains dirigeants
occidentaux, si l’on omet de dénoncer, voire de poursuivre leurs
collaborateurs africains.

Cette vérité ne saurait faire des
Hommes africains d’eternels enfants, mais des adultes responsables qui
assument parfaitement leur Histoire et leur avenir.

Je vous remercie

L’Afrique entre le procès de la race et le procès des systèmes de gouvernance

Le scandale provoqué par une poignée d’aventuriers européens qui ont
affrété un avion pour aller s’emparer d’une centaine d’enfants en
territoire, sous le prétexte de l’action humanitaire, sans droit ni
titre, et sans morale ni raison, arrive à point nommé pour coller à un
autre fait d’actualité marquant voire brûlant. Cette affaire est à elle
seule, tout un symbole de la contradiction dans laquelle baigne
l’Occident. Comment comprendre qu’au moment où les portes de tous les
pays européens semblent se fermer à l’Afrique par des législations
d’enfer contre l’immigration, l’on nous annonce que par charité, des
centaines de gamins nègres vont être accueillis par des familles
blanches ? S’agit-il d’une entreprise de pédophilie à grande échelle ?
S’agit-il de les transformer une fois parvenus à destination, en
esclaves dans des maisons closes, en jouets pour petits blancs, ou en
bonne chair pour des fauves des cirques ?

Qui croira qu’aux
échelons les plus élevés, cette entreprise n’avait pas de quitus ?
Combien y a-t-il eu de vols antérieurs et où sont passés les enfants,
ces victimes africaines innocentes dont le seul malheur, est d’avoir
été condamnés à la misère, l’errance et la souffrance ? Le Gouvernement
tchadien a pu stopper l’opération, en procédant à l’arrestation des
aventuriers impliqués dans l’opération, et en confiant ensuite les
enfants à la garde de l’Unicef. Mais de quel gouvernement tchadien
s’agit-il, celui protégé, supervisé et entretenu en vie par la France,
ou un autre capable d’indépendance et capable de juger puis de
condamner des trafiquants européens ? Bien évidemment, aucune illusion
ne devrait être entretenue sur la libération arrangée de ces voyous à
qui Dieu a donné la peau blanche. Ils sont citoyens des pays Maîtres
des potentats qui écument le continent, y compris le petit soldat du
Tchad et surtout lui.

Sans doute inspirés par toutes les
histoires et toutes les images qui remplissent les bulletins
d’information à travers le monde sur la misère totale du continent
africain, un véritable commerce de la pitié s’est mis en place dans les
pays riches. L’excitation a dorénavant gagné toutes les couches
sociales et les bancs des académies. Il y a ceux qui se sont assigné
pour mission, et sans que mandat leur soit donné pourquoi que ce soit,
de sauver des enfants africains traités à tort ou à raison d’orphelins.
Il y a ceux qui se battent dans les assemblées intergouvernementales
pour des programmes inventer des programmes de sauvetage, tantôt pour
la Somalie, tantôt pour l’Est du Congo démocratique en proie à une
rébellion sans fin, tantôt pour le Tchad et la Centrafrique où des
Accords de paix succèdent à des Accords de paix, mais jamais sans taire
les armes. On se bat donc partout, au nom de l’Afrique.

Mais,
et c’est édifiant, on cherche aussi, pour comprendre, pour cadrer, pour
dompter la misère, donner une couleur aux souffrances, affecter une
religion à la pauvreté, et inventer une gêne pour la violence.

Par
où faudrait-il dorénavant orienter les recherches sur les causes de la
misère de l’Afrique ? Faudrait-il continuer dans une critique
intellectuelle des systèmes de gouvernance ou recourir à une étude
approfondie des traits génétiques des peuples africains ? Voilà en
substance qu’elle problématique semble se dégager des débats feutrés
dont nous sommes l’objet à notre corps défendant.

Le monde
ne parle plus que de nous, de l’Afrique. Le monde ne voit plus que nous
comme le problème, la honte éternelle de l’espèce humaine,
l’humiliation des continents, la source de toutes les maladies. Il y a
une trentaine d’années, alors que je résidais à Washington, je
découvris un article fort significatif dans le très sérieux Washington
post, sans doute le plus prestigieux et le plus important quotidien de
l’Amérique. L’auteur de l’article dont j’ignore maintenant le nom et
que l’on présentait de toute façon comme un scientifique éminent,
décrivait les différentes espèces de cafards en prenant le soin de
mentionner leurs capacités de nuisance, leur dangerosité et leur
origine. Une bonne dizaine de ces bêtes étaient ainsi répertoriées,
provenant de tous les continents. La plus douce, la plus fine et en
même temps la moins nuisible, était arrivé aux Etats-Unis dans les
bagages des immigrants européens. La plus nuisible, grossière, méchante
et envahissante provenait d’Afrique, importées malencontreusement dans
les baluchons des esclaves.

Ma réaction à la lecture de
l’article, fut tout de suite d’écrire au journal pour demander de plus
amples explications sur cette affaire. Pourtant, je réussi à me calmer,
renonçant à me mettre en exergue dans un pays aussi vaste qui comptait
quinze millions de citoyens descendants d’esclaves, et convaincus que
quelqu’un sortirait de leur rang pour protester ou au moins réagir de
n’importe quelle façon. Rien ne se produisit, me confinant finalement
dans le sentiment que le scientifique avait raison, puisque des gens de
bien plus grande réputation intellectuelle que moi n’avaient trouvé
rien à redire, y compris les africains américains que je croyais être
les premiers insultés.

Plus tard, lors de la découverte du
virus du Sida en 1981, j’étais toujours sur le sol américain, et les
médias commençaient déjà à raconter sans trop insister, des histoires
sur ses origines qui se situeraient en Afrique. Les années 1990
allaient amplifier l’information et l’on ne citait plus que les
multiples études scientifiques établissant avec certitude cette fois,
les origines du virus sur une espèce de singe africain.

Avant
cela, et bien longtemps avant que je ne commence à percevoir réellement
le monde dans toutes ses traductions idéologiques, ses antagonismes
politiques et ses conflits culturels, mon séjour d’étudiant en Occident
fut très souvent troublé par les injures des bailleurs qui pour nous
refuser la location de leurs minuscules chambres insalubres, révélaient
que les mets des africains sont trop épicés et dégagent une forte
senteur gênante pour les voisins d’immeuble.

Aujourd’hui, en
2007, nouveau siècle, nouveau millénaire, et alors que le monde a
évolué dans tous les compartiments de la recherche scientifique, de la
technologie et de l’information, et alors que les peuples sont
préoccupés par leur positionnement dans l’agencement des grands défis
de la globalisation et de la mondialisation, notions ou concepts
rassemblant toutes les exigences d’uniformisation des intelligences,
des échanges, de la production industrielle, de la commercialisation et
de la circulation de l’argent, l’Afrique se voit rappelée brutalement
ses insuffisances.

Ce dont il est question dans l’actualité
du monde, dépasse dorénavant la simple expression du sentiment
individuel des hommes d’Etat, des hommes des lettres et des sciences
sur la situation d’un peuple ou d’un continent. Ce qui est en cause,
c’est la présentation d’un nouveau déterminisme non pas purement
philosophique et sujet de polémique quelconque, mais d’un matérialisme
cartésien relevant de l’idéologie d’exclusion et d’accusation. Nous
entrons dans la phase finale du procès cruel des peuples, lequel mettra
à mort les parents incestueux, les gouvernants incapables, et les
continents misérables, et les races maudites, après avoir fait le bilan
de la contribution de chacun

Mais alors, en lieu et place
des systèmes et des formes de gouvernance, c’est la race qui est
projetée au-devant de la scène. La vérité que cache le discours de
Sarkozy à l’Université de Dakar, c’est la mise en cause de la race
noire. Il ne s’agit point de mettre en cause à notre tour le Président
d’un pays dont la main est, de façon inévitable, historiquement
associée aux malheurs du continent, du moins partiellement. Ce que nous
proposons comme grille de lecture, ambitionne de prendre en
considération l’ensemble des éléments psychologiques et factuels de ce
que nous traitons dorénavant comme l’initiative de Dakar. En réalité,
nous avions déjà fait l’effort de dépasser Dakar, pour faire autre
chose et penser autrement nos urgences, lesquelles, étions-nous
convenus, ne sauraient se cantonner sur des querelles d’antériorité de
notre civilisation par rapport aux autres, ou encore sur la recherche
de justification de notre infamante indigence.

L’évolution
du monde sonne dorénavant, comme l’étalage d’une succession
d’affirmations que certains porteurs analystes prolifiques, ont
longtemps étouffé, retenu, et même caché.
A suivre…

Par Shanda Tomne
Le Messager
Le 31-10-2007

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Un commentaire pour L’inévitable intéraction des proces de la race en Occident et des systèmes de gouvernance en Afrique

  1. Joël Didier dit :

    Extrait du discours controversé de Nicolas Sarkozy à Dakar:"…Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré
    dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit
    avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la
    nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la
    répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
    Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.
    Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à
    l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme
    reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble être écrit
    d’avance.
    Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin…"

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