Le Cameroun asphyxié après un quart de siècle sous le régime de Paul Biya

An XXV : Le Rdpc défend le bilan du Renouveau…

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Ici anim

Si les dignitaires et pontes du RDPC que sont Francis Nkwain, Dorothy
Njeuma, Jacques Fame Ndongo, Hamadjoda Adjoudji, Jean Nkuete, Louis
Yinda, Suzanne Mbomback, Dieudonné Oyono, Ufei Chinje Melo, Bernard
Nwana Sama, Moukoko Mbonjo, John Ebong Ngollè, Jacques Roger Booh Booh
et Joseph Dion Ngute…arrivent encore à defendre l’indéfendable bilan
catastrophique du Renouveau, au bout de 25 longues années d’inertie
institutionnalisée…Qui d’autre le ferait???

Au pays du culte exacerbé de la personnalité et de la pensée
unique, vous trouverez toujours des personnalités pourtant
intellectuellement articulées pour soutenir un régime totalitaire
nationalement et mondialement (re)connu pour sa légendaire incurie.

Mais bon, "le Cameroun c’est le Cameroun", et il restera toujours
des personnes prêtes à glorifier une mangeoire de mauvais goût, quand
bien même la plupart des Camerounais(e)s l’aura dédaignée…

Je vous remercie

Quotidienmutations

POLITIQUE | 15 Nov 2007

An XXV : Le Rdpc défend le bilan du Renouveau

Une vingtaine de dignitaires du parti au pouvoir étaient face à la presse hier.

JFB

La maquilleuse commise pour la circonstance n’a pas eu à se
tourner les pouces toute la journée d’hier dans la vaste salle des huis
clos du palais des Congrès de Yaoundé où le comité central du Rdpc
procédait finalement à l’enregistrement du " Bouquet médiatique An 25
du Renouveau ". La coupure d’électricité survenue sur les lieux a de ce
fait entraîné l’arrêt de fonctionnement de la climatisation dans la
salle. Une salle abondamment chauffée par les puissants projecteurs de
la Crtv dont le matériel était mis à contribution dans cet exercice qui
a mobilisé beaucoup de monde.

Quatre principaux thèmes ont finalement été retenus et les débats
seront diffusés sur les quatre chaînes de télévision sélectionnées pour
la circonstance. C’est ainsi que le thème sur " Les grands idéaux de la
nation : Paix unité nationale et stabilité politique " qui a pour chef
de file la Crtv a effectivement connu la participation de tous les
intervenants prévus à cet effet. Francis Nkwain et Dorothy Njeuma pour
la version anglaise sous la coordination de Ufei Nseke. Jacques Fame
Ndongo et Hamadjoda Adjoudji coordonné par Alain Belibi pour la version
française.

Le deuxième thème qui a porté sur des " Questions économiques et
sociales " a notamment vu la participation du Vice premier ministre,
ministre de l’Agriculture, Jean Nkuete, de Louis Yinda, Suzanne
Mbomback et Dieudonné Oyono du côté francophone alors que Ufei Chinje
Melo et Bernard Nwana Sama soutenait le débat dans la langue de
Shakespeare. La chaîne de télévision Equinoxe Tv a été choisie comme
chef de file, tandis que le débat sur " Démocratie et libertés
publiques " programmé sur Canal 2 avait pour invité Pierre Moukoko
Mbonjo et John Ebong Ngollè. Pour sa part, Stv a été désigné comme chef
de file des " Questions internationales " qui avaient pour intervenants
Jacques Roger Booh Booh et Joseph Dion Ngute.

On soulignera tout de même la grande liberté de ton des
intervieweurs, même si du côté des intervenants, du moins pour le
premier tableau auquel nous avons pu assister, la réplique n’était pas
toujours celle attendue. A la facilité de communication d’un Jacques
Fame Ndongo, qui semblait vraiment dans son élément, on notait quelques
difficultés chez son collègue Hamadjoda Adjoudji, dans un décor où tout
semblait pourtant avoir été fait pour un dialogue convivial entre les
dignitaires du parti au pouvoir et les représentants des médias.

Faillite d’un système

Le Cameroun asphyxié après un quart de siècle sous le régime de Paul Biya



Ce qu’un quotidien français de référence pense du Renouveau.



Nombre de Camerounais n’ont connu que lui : le 6 novembre, le
président Paul Biya, 74 ans, a fêté son quart de siècle à la tête du
pays. A son arrivée au pouvoir, en 1982, ce pays d’Afrique centrale
comptait parmi les plus riches du continent. Aujourd’hui, il ne
ressemble plus à rien. A tel point que beaucoup de ses 16 millions de
citoyens n’aspirent qu’à le quitter. “Il existe peu d’Etats africains
comme le Cameroun, où les habitants ont une aussi mauvaise image de
leur pays et d’eux-mêmes”, constate le politologue Fred Eboko.

Le pays a pourtant un gros potentiel économique. Pourvu d’un accès
à la mer, doté d’importants gisements miniers et de terres agricoles
fertiles, le Cameroun est la porte d’entrée du golfe de Guinée, une
région pétrolifère riche devenue stratégique pour les Occidentaux et la
Chine. D’ici à 2015, les Etats-Unis comptent ainsi importer 25 % de
leur pétrole depuis cette région.

Détournement. S’il ne figure pas parmi les plus importants
producteurs d’or noir de la zone, le Cameroun a l’avantage d’être le
pays le plus stable d’Afrique centrale. Mais cette “stabilité” masque
un encéphalogramme plat sur le plan économique comme politique. La
chute mondiale du cours des matières premières dans les années 80
explique le début de cette dégringolade. Surtout, le laxisme de gestion
depuis l’arrivée de Biya au pouvoir et le détournement de l’argent de
l’Etat ont atteint des niveaux records. Le pays est l’un des plus
corrompus au monde, selon l’Ong Transparency International. Tous les
secteurs sont touchés : la santé, l’éducation, la justice, la police.
Sous la pression des bailleurs de fonds, une opération mains propres a
été lancée en 2006 mais n’a pas donné grand-chose.

Loin de se développer, le pays régresse. Selon un réseau d’Ong, une
société a empoché en 2004 547 000 euros de l’Etat pour construire 4
salles de classes, sans jamais les réaliser. La somme aurait pu
permettre d’en bâtir 43. Mais cela n’émeut plus personne : l’élite
dirigeante est indifférente à tout ce qui ne menace pas son pouvoir,
qu’elle doit exclusivement au président Paul Biya. Omnipotent bien que
quasi invisible, celui-ci fait et défait les carrières. Les opposants
sont “atomisés, manipulés, achetés”, dit un diplomate européen.

“La trajectoire que suit ce pays depuis 1982 n’est guère favorable
à l’éclosion de l’esprit. Je ne voulais pas être condamné à une vie
spirituellement misérable et corrompue. La plupart des intellectuels
qui aspiraient à mener une certaine vie éthique sont partis. Moi
aussi”, expliquait déjà en 2003 le célèbre historien Achille Mbembe.
“Depuis qu’il est en place, ce pouvoir s’est officiellement ému et a
mis en scène de manière spontanée sa douleur et sa volonté de
promouvoir le sentiment national une seule fois : pour la mort d’un
footballeur (1), relève Fred Eboko. Cela en dit long sur la faillite
idéologique du régime.”

Les feymen, ces individus qui se sont enrichis en escroquant les
autres, riches ou non, sont devenus des modèles pour une partie de la
jeunesse. La criminalité augmente, les braquages à main armée, souvent
réalisés avec la complicité des forces de l’ordre, sont devenus
courants. En 1991, une grève générale avait paralysé pendant plusieurs
mois le pays. Mais Biya a vite repris la main. Depuis, la population
est désabusée, malgré quelques accès de fièvre comme lundi à Kumba,
dans l’ouest du pays, où deux étudiants ont été tués par la police lors
d’une manifestation.

“Exploser”.

Beaucoup de Camerounais considèrent que la France, soutien depuis
toujours de Biya, est en partie responsable de leur misère. D’autres ne
voient qu’une guerre civile comme issue. “Les choses peuvent exploser,
mais aussi pourrir sur pied”, confie le philosophe Fabien Eboussi
Boulaga. Lors de la prochaine élection présidentielle, en 2011, Biya,
qui a entamé il y a trois ans son dernier mandat, ne pourra pas se
représenter. A moins, comme le souhaitent certains membres du parti au
pouvoir, que la Constitution ne soit modifiée.

Fanny Pigeaud

Source : Libération du

14 novembre 2007, P.12

(1) Marc-Vivien Foé, décédé d’une crise cardiaque lors d’un match de l’équipe nationale à Lyon en 2003.

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