A quand la Justice pour ces milliers de Camerounais disparus???

LES DISPARUS DE DOUALA

Une
affaire toujours pas classée. En 2001, un quartier populaire de Douala,
au Cameroun, est le théâtre d’exactions organisées par une unité
spéciale, le Commandement opérationnel. Neuf jeunes gens sont portés
disparus. Depuis sa création, cette brigade de répression du grand
banditisme est en fait directement responsable de la mort d’un millier
de personnes.

Les disparus de DoualaAu
Cameroun, le 20 février 2000, une unité spéciale appelée Commandement
opérationnel est créée sur décret présidentiel. Ce groupe de militaires
et de gendarmes est mis en place pour lutter contre le grand banditisme
sévissant à Douala.

Mais ce Commandement opérationnel est
avant tout criminel et agit comme un escadron de la mort. Intervenant
de manière arbitraire, il va massacrer plus d’un millier de personnes
en une année.

La peur règne alors dans la région. Sur simple
dénonciation, les gens disparaissent, pour ne plus jamais revenir,
nombre d’entre eux sont détenus dans des camps de torture, comme celui
appelé Le Kosovo.

Un ancien militaire témoigne : "On reçoit
les ordres, on nous met sur le terrain… On le finit là-bas à bout
portant… Et à la fin des exécutions, on est contents, on est en joie,
on chante…"

En janvier 2001, neuf jeunes gens disparaissent.
Neuf morts de trop qui font réagir la population, laquelle ose alors
manifester dans la rue. Sous la pression populaire, et avec
l’implication de la presse – qui joue un rôle déterminant -, le
Commandement est dissous.

Les disparus de DoualaUn
procès a lieu, mais seulement huit de ses membres sont traduits en
justice. "Les forces de l’ordre, chez moi, au Cameroun, ont pour
mission essentielle de terroriser le peuple et non de mettre de
l’ordre", déclare l’avocat Jean de Dieu Momo, qui continue de mener le
combat. Le procès n’est que pure mascarade.

Plus de six ans
après, rien n’est résolu. L’avocat fait appel avec courage et
détermination : "Je crois que si on recule devant la menace, on lui
donne le champ libre. A partir de ce moment-là, on permet aux
tortionnaires de faire leur oeuvre, quelquefois il faut dire non au
prix de sacrifier sa vie…"

Journalistes, avocats, familles de
victimes espèrent que justice soit faite un jour. Que soient enfin
mises en pleine lumière les violations des droits de l’homme subies
dans le pays.

Françoise Jallot

Première diffusion : lundi 11 février 2008 à 21:35 (câble, satellite et TNT).

Durée : 52′
Auteur-réalisateur : Osvalde Lewat
Production : France 5 / AMIP / Waza Images
Année : 2007

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