Monsieur BIYA le cameroun ne sera pas cet îlot insurrectionnel d’un instant, sans véritable transition ou alternance politique….

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Aucun bien, aucun équipement urbain, aucun palais de la République, aucun pouvoir financier ou politique… ne vaut la perte de 17 vies humaines innocentes (chiffre officiel), fussent-elles des vies de "délinquants ou de malfaiteur(s)…sur le seul motif que ces derniers ont osé manifester bruyammment ou brutalement leur famine, leur désespérance…et surtout leur aspiration à la dignité humaine.

Depuis la nuit des temps, les êtres humains ont toujours su s’affranchir, certes labourieusement, de toutes les souffrances qui leur sont imposées par leurs semblables, que les bourreaux soient dictateur tout puissant comme Paul BIYA, simples soldats de son armée, ou thuriféraires de son régime inhumain…

Paul BIYA est l’auteur de la situation dramatique vécue aujourd’hui par les camerounais et détient seul la solution…du moins tant qu’elle ne lui échappe pas définitivement.

Il est illusoire de croire que qu’il pourra canaliser indéfiniment une révolte sociale sourde et souterraine, qui n’a pas à sa tête de(s) leader(s)…

C’est presque comme si l’homme qu’il est encore malheureusement, se donnait pour mission de canaliser l’éruption d’un volcan en ébullition, dont on il ne sait véritablement pas quand ou comment aura lieu sa prochaine éruption. Celle-ci sera-t-elle plus forte, plus mortelle, ou pire encore, emportera-t-elle tout sur son chemin et aux environs…la prochaine fois???.

A cet égard l’on ne peut plus simplement parler de banales difficultés dont devra désormais faire face le gouvernement du Cameroun, mais d’un risque constant d’insurrection suicidaire pour tout le régime.

Le plutôt monsieur BIYA prend la réelle mesure de la situation à laquelle il devra dorénavant faire face, le mieux c’est pour lui à titre personnel, mais aussi pour tous ses partisans et courtisans réunis au sein de son Parti-Etat "RDPC".

Car c’est une erreur de penser que l’ordre imposé par ou grâce à la force des armes est un ordre éternel.

Je vous remercie

 

Quotidienmutations
LA LETTRE | 29 Feb 2008


A qui s’adresse le président ?


Les proches collaborateurs du chef de l’Etat sont assurément
contents. Le ton ferme et quelquefois martial utilisé par le président
de la République mercredi soir lors de sa " Déclaration " doit être à
la mesure de l’affront causé par ces "apprentis sorciers ".
Par Alain B. Batongué


Ce qui est en cause, martelait le président Biya, " c’est
l’exploitation, pour ne pas dire l’instrumentalisation, qui a été faite
de la grève des transporteurs, à des fins politiques. Pour certains,
qui n’avaient d’ailleurs pas caché leurs intentions, l’objectif est
d’obtenir par la violence ce qu’ils n’ont pu obtenir par la voie des
urnes, c’est-à-dire par le fonctionnement normal de la démocratie ".

La
thèse du chef de l’Etat est donc claire : les manifestations actuelles
ne sont pas spontanées et ne font pas suite aux revendications
jusque-là connues. Elles sont la matérialisation d’un complot plus
élaboré ayant pour but de s’attaquer aux institutions de la République
par des moyens autres que le choix des citoyens.

Qu’on s’entende
bien. Dans ces mêmes colonnes mercredi dernier, nous approuvions la
volonté du gouvernement de prendre des dispositions pour que " force
reste à la loi". A l’effet de rassurer les citoyens dont certains
couraient le risque d’être agressés même dans leurs domiciles par des
individus qui profitent du désordre pour piller et saccager les
symboles de l’Etat. Et s’il était établi que des personnes ont voulu
profiter des manifestations populaires pour renverser les institutions,
nous serions naturellement les premiers à le condamner et à exiger, au
nom de la République, un châtiment exemplaire. Pourtant, nombreuses
sont les personnes qui ont été " déçues " par le ton et le message
délivrés par le président de la République. L’essentiel de la classe
politique, qui fait quelques propositions, regrette que le chef de
l’Etat en soit resté au seul discours répressif, sans doute pour
réaffirmer son autorité sans laquelle il ne pourrait plus piloter le
bateau Cameroun. Et de n’avoir pas pu ou voulu tenir compte des
souffrances des populations, qui restent la raison principale du
mouvement d’humeur.

Comment va-t-on oublier que l’écrasante
majorité des Camerounais, qui a attendu en vain les effets bénéfiques
du passage du pipeline au Cameroun, à qui on a promis le bout du tunnel
au lendemain de l’atteinte du Point d’achèvement de l’initiative Ppte,
après de lourds sacrifices consentis, n’a rien vu venir? Entre temps,
tout ou presque a augmenté sur le marché et les mesures parfois
proposées par le gouvernement n’ont jamais été appliquées, achevant de
plonger ces populations dans un état d’indigence inqualifiable. Ce sont
toutes ces personnes qui ont espéré que, en marge de la réaffirmation
de l’autorité de l’Etat, le président de la République, à l’occasion de
sa déclaration, annoncerait des mesures fortes visant à indiquer qu’il
se souciait des problèmes de ses compatriotes. Parce que tous ces
jeunes camerounais qui, comme à Bamenda hier, sont partis des internats
parce que les réserves étaient épuisées, ont d’abord faim et ne savent
pas ce que c’est qu’un pouvoir politique.

Et ils ont
l’impression que le discours dur que le président tient contre eux
aujourd’hui n’a jamais été tenu contre ceux qui, en son nom, ont plongé
le pays dans la situation où il se trouve aujourd’hui. Que, malgré les
effets d’annonce, le président n’a jamais cherché à punir tous ceux qui
ont détourné des projets de développement du pays tout entier pour un
enrichissement personnel.

Heureusement, les portes de la négociation
ne sont pas fermées et il faut espérer que le président, s’il a encore
de l’amour pour son pays, saura donner des indications pour faire
tourner définitivement cette autre page sombre de son histoire. Parce
qu’on aurait tort de considérer, à la faveur des premiers effets
bénéfiques de mesures vigoureuses qu’il a prises, que les problèmes
sont désormais réglés. La sécurité revient certes peu à peu. Mais il
faut l’adhésion de tous à un projet pour travailler ensemble ; et
espérer impulser, enfin, le développement.


REPORTAGE


Le président Biya siffle la fin des émeutes

De notre correspondante à Yaoundé Fanny Pigeaud
QUOTIDIEN : vendredi 29 février 2008

Ceux qui commencent à se risquer à rouler dans certains quartiers de Douala ne le font pas sans allumer leurs feux de détresse. «Ça permet de faire croire qu’on est en service commandé afin d’intimider les éventuels groupes de casseurs», explique un habitant de la capitale économique camerounaise.

Groggy. Hier, les piétons sont sortis plus nombreux que la
veille dans les rues encore encombrées de restes de pneus brûlés et des
opérations de casse et de pillages. Après la crise qui a embrasé
plusieurs villes du pays depuis lundi, provoquant la mort d’au moins
17 personnes dans des affrontements avec les forces de l’ordre, la
tension semblait être en partie retombée hier au Cameroun. Il a fallu
que le président Paul Biya, 75 ans, sorte de son mutisme habituel. Dans
une courte déclaration radiotélévisée, celui que l’on surnomme «l’homme lion» a rappelé qui était le chef. Il a promis d’utiliser «tous les moyens légaux» pour rétablir l’ordre.

De fait, jeudi matin, l’armée camerounaise a pris position aux
principaux carrefours de Yaoundé, la capitale politique, tandis qu’à
Douala, après une nuit très mouvementée dans certains quartiers, les
derniers attroupements ont été également dispersés par l’armée qui a
tiré en l’air. «Le Président a renvoyé chacun chez soi», commente, désabusé, un habitant. «Il nous a tous insultés avec ce discours, s’indigne une militante des droits de l’homme, groggy. Il n’a pas parlé des problèmes graves qui ont jeté les gens dans la rue et n’a rien donné pour les améliorer.»

Déstabilisation. Pas une allusion aux protestations contre la
vie chère, exit celles contre le projet de révision de la Constitution
qui permettrait au Président, au pouvoir depuis 1982, de se représenter
en 2011 qui ont jeté une partie des Camerounais dans la rue. Devant
leur bière, les clients d’un des rares bars ouverts de Douala ont
encore du mal à comprendre ce qu’il a voulu dire. «Biya a gagné,
c’est le suprême ! Il va pouvoir faire passer la révision de la
Constitution sans problème, il a désormais le champ libre,
assure, admiratif, l’un d’entre eux. On ne comprend pas ce que le Président a voulu dire et à qui il s’adressait»,
commente un responsable du Social Democratic Front (SDF). Principal
parti d’opposition, le SDF estimait la veille qu’une tentative de
déstabilisation du régime, venue de membres du parti au pouvoir, était
en cours.

Le bilan humain et matériel de la crise sera «probablement très lourd», a prévenu le chef de l’Etat. A Douala, les hôpitaux sont débordés, au bord de la rupture en stock de médicaments. «Quel
que soit le bilan, l’avenir se présente mal. Il y aura toujours du
désordre au Cameroun, tant que la majorité vivra dans la pauvreté
tandis qu’une poignée s’enrichit sans vergogne»,
commentait hier un journaliste camerounais.

© Libération

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