Au Cameroun, la rumeur vient d’en haut et la vérité d’en bas…et pour cause!!!

"Qui a intérêt à inonder l’opinion de rumeur de toutes sortes sur l’arrestation de X ou de Y parfois dans des conditions qui ne respectent aucun point de procédure et donc de ce fait, devrait amener les hommes de média à un peu plus de circonspection ????" (Mutations, 28 Mars 2008)

Celui-là même qui excelle depuis plus d’un quart de siècle dans l’art de la diversion politique:
Paul BIYA.


Car, pendant que les médias du Cameroun parlent du retrait des passeports diplomatiques des anciens ministres, des "opérations éperviers" à tête chercheuse, des motions et meetings de soutien à la gloire du petit timonier… ils ne s’enquièrent pas de la hausse ininterrompue des prix des produits de première nécessité (riz, lait, sucre, viande, poisson, plantain, pain, huile…), de la diminution aggravée du pouvoir d’achat des ménages (malgré la hausse sectorielle de 15% des salaires), de l’augmentation du chômage des jeunes, de l’effet repoussoir naturel exercé sur investissements directs étrangers par la perspective d’une modification controversée de l’article 6al2 de la constitution …ou pire encore, de l’absence d’une véritable politique de développement économique au Cameroun.

Voilà l’objectif visé par la rumeur officielle et les incessantes chroniques sur les arrestations alimentées par le régime en place: empêcher par tous les moyens que les médias informent le peuple du Cameroun sur le lien inévitable entre le maintien à vie de la dictature de Paul BIYA, les risques aggravés d’instabilité institutionnelle, politique et sociale , puis l’absence de prospérité économique ou de création de richesse au Cameroun.

Tout est ainsi, et plus que jamais, lié au Cameroun: la stabilité politique et institutionnelle, le progrès social, le développement  économique.

A qui la faute??? jamais à Paul BIYA…évidemment.

Je vous remercie

Chronique des arrestations annoncées: Esbroufe



La
mise en examen d’un citoyen, fut-il un ancien ministre, doit-elle faire
l’objet d’autant de surenchère médiatique, fut-ce au pays des apprentis
sorciers rois ?
 

YAOUNDE – 28 MARS 2008 : Qui
a intérêt à inonder l’opinion de rumeur de toutes sortes sur
l’arrestation de X ou de Y parfois dans des conditions qui ne
respectent aucun point de procédure et donc de ce fait, devrait amener
les hommes de média à un peu plus de circonspection ? L’impunité a
atteint un stade au Cameroun qui est tel que l’arrestation du moindre
présumé prévaricateur de la fortune publique finit par être un
évènement qui déborde de la chronique judiciaire pour gagner la sphère
politique. Les silences et déclarations de la chancellerie n’y étant
pas étrangers lorsque essaiment, comme il y a quelques semaines dans
les colonnes des médias, des listes de personnes, parfois avec leur
progéniture, supposées avoir spolier l’Etat. L’instrumentalisation
médiatique aidant, il y a une inclinaison à penser que l’assainissement
des mœurs publiques ne soit pas au cœur de la manœuvre. Les lacunes
avérées et le caractère bâclé de l’instruction dans les affaires
Feicom, Sic, Pad et Crédit foncier sont là pour attester d’une certaine
précipitation et de desseins inavoués.

Ceux qui ont déjà été arrêtés, dans ce qui a été appelé un peu
prématurément "opération mains propres", que ce soit à la fin des
années 90 ou au début de l’année 2006, ont beau jeu de se considérer
comme : des victimes de batailles d’appareil qui sévissent dans le
sérail ; des détenus d’opinion parce qu’en rupture de ban avec le
système ; ou des "sacrifiés" en réserve de la République parce qu’étant
des cautions servies sur un plateau en or à la communauté
internationale à un moment précis pour le maintien en équilibre
instable d’un régime moulé dans l’inertie.

Il n’est d’ailleurs pas rare d’entendre ici et là que la décision
d’arrêter untel ou untel autre est prise directement par le chef de
l’Etat. Ce dernier ne se prive pas dans ses discours ces temps derniers
d’attester qu’il est le maître du temps en général et dans l’opération
baptisée "Epervier" en particulier. Au diable la séparation des
pouvoirs ! Le démiurge est un. Même dans les Saintes écritures, la
sainte trinité c’est bien trois en un. Quoi de plus normal donc que
dans notre constitution en sursis, les trois pouvoirs supposés soient
bien trois en un aux mains d’un seul et même individu. Et que, même
pour des situations qui crèvent l’œil, la mise en branle de l’action
publique soit soumise à un accord formel ou tacite de l’exécutif.

On peut dès lors comprendre la quiétude de l’ancien ministre de
l’Economie et des Finances (Minefi), devenu apprenti théologien (pas
sorcier), qui se demande de quel côté pourrait venir l’orage. Puisque
n’ayant jamais été formellement questionné sur sa gestion tant à la
direction des impôts qu’au Minefi par les instances sensées le faire de
façon routinière. Pourtant, l’opinion se nourrit de toutes sortes de
fantasmes et d’histoires sur l’immensité de sa fortune comme sur celle
de pas mal d’autres personnes ayant eu ou ayant en charge la gestion de
la fortune publique.

Du coup, "M. tout le monde" peine à remarquer que le riz coûte un
peu plus chef qu’avant les ordonnances du chef de l’Etat et ce dans des
magasins ayant proclamé leur détermination à vendre moins cher. Son
attention est détournée du chantier de l’imminente révision
constitutionnelle dont le régime en bute à crise de légitimité assoit
déjà la stratégie pour réprimer les éventuels contestataires qui
dénonceront de façon bruyante le hold-up programmé.

Le renforcement du dispositif sécuritaire à Yaoundé ces jours
derniers, alors que commençaient à disparaître des esprits les images
des folles journées de la fin du mois de février, n’est pas gratuit.
Des heures durant on peut se perdre en conjectures, décrire les
conditions rocambolesques de l’interpellation de tel ministre qui
pourtant se la coule douce derrière les murs coulés dans du béton de
l’une de ses résidences cossues identifiées dans la capitale. Un
investissement immobilier qui seul doit pouvoir appeler une élucidation
de la part de ces organismes mis en place pour aider à la lutte contre
la corruption et palier la frilosité et les pesanteurs qui plombent
l’action du parquet. Il s’agit notamment de l’Agence nationale
d’investigations financières et de la Commission nationale
anti-corruption (Conac) dont les membres et cadres ne semblent pas
s’offusquer de ce que même les partenaires au développement à qui ils
étaient présentés comme des gages dans la lutte contre la corruption,
s’offusquent déjà de ce que ce soit des "machins".

© Junior Binyam, Mutations

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