«Hillary Clinton survit» mais devient nuisible à son Parti…à l’Amérique.

Car avec une victoire de 55 contre 45 pour Barack Obama, Mme Clinton n’aura au mieux obtenu que 6 délégués de plus que son challenger à la primaire de Pennsylvanie. Mais l’onde de choc de ses propos et slogans de campagne risque d’être très dommageable pour l’unité du parti démocrate.

En effet, introduire le terroriste Ben Laden ou faire subrepticement allusion à la réligion musulmane du défunt père de Barack OBAMA afin de faire peur et s’attirer les voix d’une frange inculte et xénophobe de l’électorat masculin blanc, devrait amener les dirigeants du Parti Démocrate à prendre définitivement leurs responsabilités dans la bataille d’investiture qui oppose Mme Clinton à Barack OBAMA. Les membres influents de ce parti ne pourront plus s’abriter derrière l’argument de la neutralité pour refuser d’ endosser l’un des deux candidats, et par la même,  déterminer l’Amerique qu’ils souhaitent voir émerger après la présidence de Georges W. Bush.

–  Vourdont-ils d’une Amérique du préjugé facile et impérialiste? alors Mme Clinton et John Mc Cain sont ses meilleurs représentants.

– Ou alors, voudront-ils d’une Amérique  réunifiée et pacifiée qui s’attaquera efficacement à la pauvreté, à l’illettrisme, au manque de protection sociale et surtout  à la recession économique encours, alors Barack OBAMA demeure le seul candidat crédible, comme l’a récemment reconnu "Le Financial Times".

C’est pourquoi, dans un tel contexte, tous les coups semblant permis au couple Clinton par le Parti démocrate, lui seront néfastes lors de l’élection générale en Novembre 2008. Car de toutes les façons, arithmétiquement Mme Clinton ne peut plus combler son retard en suffrages exprimés contre son adversaire Barack OBAMA dans la course à l’investiture présidentielle au sein du Parti démocrate.

Je vous remercie

«Hillary Clinton survit» mais c’est toujours le statu quo, selon la presse américaine

Hillary Clinton, mardi à Philadelphie en Pennsylvanie (Reuters).
Pour les médias américains, la victoire d’Hillary est un trompe l’œil et ne résout rien chez les démocrates.
François Meurisse
LIBERATION.FR : mercredi 23 avril 2008

Comment
dire la même chose sans lasser ? C’est le défi que doivent relever
depuis des mois les candidats à l’investiture démocrate Hillary Clinton
et Barack Obama. Mais c’est aussi la difficile tâche de la presse
américaine. Preuve encore ce mercredi après la victoire attendue de la
sénatrice de New York sur son rival. Une victoire qui «maintient à flot sa campagne», selon le Washington Post mais qui ne change, ni ne résout rien.

Car à mêmes causes, mêmes effets. Les causes: un vote catégoriel marqué. CBS News rappelle les grandes lignes de ces primaires démocrates encore à l’œuvre en Pennsylvanie: «Clinton
a gagné dans sa base: les syndiqués, les votants moins éduqués et de
plus faibles revenus et les électeurs ruraux. Obama l’emporte, lui,
chez les votants plus aisés et plus instruits et les noirs »
.

Les effets ? Hillary Clinton «survit à une autre journée» pour le journal en ligne The Huffington Post et cette nette victoire – 55% des voix contre 45% – «lui
donne de bonnes raisons pour maintenir sa candidature malgré ceux des
démocrates qui préféreraient la voir s’allier à Obama»
estime le New York Times. Mais ABC News douche toute velléité de triomphalisme: les démocrates devront «continuer à se battre».

Car «malgré cette victoire, le mode de calcul
proportionnel des délégués des démocrates fait qu’il était improbable
que Clinton refasse son retard sur Obama, même si elle regagne du
terrain en nombres de voix pures»
analyse le LA Times. De fait, selon le décompte du site Realclearpolitics.com, le sénateur de l’Illinois n’abandonne que 6 délégués en Pennsylvanie, lui qui en compte plus de 120 d’avance.

Mais le LA Times met en valeur un autre point, plus à l’avantage de la gagnante du jour: la capacité d’Hillary Clinton à rafler «les
grands Etats dont les démocrates auront besoin pour la Maison blanche
en novembre. En sus de la Pennsylvanie et de l’Ohio, elle peut
s’appuyer sur ses victoires en Californie, dans le New Jersey et dans
l’Etat de New York»

Mais l’éternel problème de la campagne de
l’ex-First Lady subsiste: l’argent. Car là aussi Obama fait la course
en tête depuis longtemps. Mais d’après le New York Times, «des
responsables de la campagne ont déclaré que mardi a été leur meilleure
nuit en termes de collecte de fonds en ligne, avec 2.5 millions de
dollars en moins de quatre heures»
.

Dans son éditorial,
le quotidien – qui a choisi Obama – se montre malgré tout très critique
envers la campagne des démocrates et celle d’Hillary Clinton en
particulier. «La campagne de Pennsylvanie qui s’est conclu sur un
nouveau résultat dont ne peut rien tirer, a été encore plus mesquine,
vide, désespérée et pleine de basses flatteries que les scrutins
mesquins, vides, désespérés et pleins de basses flatteries qui l’ont
précédée. Les électeurs en ont assez. (…) Il est plus que temps
qu’Hillary Clinton reconnaisse que la négativité, dont elle est
principalement responsable, ne fait que lui nuire, ainsi qu’à son
rival, à son parti et aux élections 2008.»
 

Car le vrai grand vainqueur de cette primaire,
c’est une nouvelle fois le républicain John McCain qui, goguenard, peut
continuer sa campagne à son rythme, sans rival encombrant.

© Libération

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4 commentaires pour «Hillary Clinton survit» mais devient nuisible à son Parti…à l’Amérique.

  1. Joël Didier dit :

    Ten Things to Remember on Tuesday Night

    Ten Things to Remember on Tuesday Night
    By Seth Grahame-Smith
    Hillary Clinton will win Pennsylvania.
    Arguments
    over the meaning or meaninglessness of her win will dominate MSM and
    stretch bandwidth to its breaking point. Bloggers and pundits will dust
    off their favorite boxing metaphors: "Hillary’s off the ropes!" "Obama
    can’t land the knockout!" Hillbots will rejoice, Obamabots will panic,
    and McCainbots will watch Murder She Wrote and go to bed at six-thirty.
    I’ll probably write a scathing post attempting to prove that Hillary is
    the devil incarnate. We’ll all lose our minds.
    In hope of
    preventing some of this hysteria (especially my own), I thought it’d be
    helpful to keep a few things in mind during Tuesday night’s results —
    from Hillary’s "victory" speech to the blizzard of spin that’s sure to
    follow:
    1. Remember that there’s no way
    Hillary can become the nominee without a superdelegate coup — which
    would alienate a generation of young Democrats and dangerously fracture
    the party.
    2. Remember that her campaign
    leaked internals showing an eleven point lead (as a means of firing up
    her supporters and getting out the vote). Therefore, any win smaller
    than eleven points should be considered a disappointment by her own
    assessment.
    3. Remember that every time Hillary begins a sentence with "you know," or "my opponent," the next thing out of her mouth is a lie.
    4.
    Remember that when Clinton surrogates say "this proves Obama can’t win
    the big states," they’re ignoring the fact that he actually won more
    delegates in Texas — not to mention twice as many states as she has.
    5.
    Remember that when the pundits argue that Obama can’t win in white
    rural areas because they broke for Hillary, they’re ignoring the fact
    that he won (in alphabetical order): Alaska, Colorado, Connecticut,
    Delaware, Idaho, Iowa, Kansas, Maine, Maryland, Minnesota, Nebraska,
    North Dakota, Utah, Vermont, Virginia, Washington, Wisconsin, and
    Wyoming.
    6. Remember that when Hillary talks
    about who will be "better against John McCain in the fall," she’s
    talking about the fall of 2012.
    7. Remember that Hillary’s campaign is $10M in debt, while Obama’s has more than $40M in cash on hand.
    8. Remember that Hillary’s lead in Pennsylvania was as a high as 26 points only a month ago.
    9. Remember that Hillary’s late Pennsylvania rebound was forged in the fires of negativity and fear-mongering.

    10.
    Remember that the only manufacturing job Hillary ever brought to
    Pennsylvania was the manufactured notion that she was a middle-class,
    whisky-swilling duck killer, and not an anti-union multi-millionaire.

  2. Fabienne dit :

    Clinton s’impose en Pennsylvanie, Obama se tourne vers l’Indiana
    NOUVELOBS.COM |La
    sénatrice de New York recueille 55% des voix contre 45% pour son rival
    démocrate. Le sénateur de l’Illinois, qui a vivement dénoncé la
    stratégie d’Hillary Clinton en l’accusant de brandir "la menace
    terroriste pour récupérer des voix", conserve malgré tout 111 délégués
    d’avance. Prochaine consultation le 6 mai dans l’Indiana.

    Hillary Clinton et Barack Obama (AP) Hillary
    Rodham Clinton est donnée gagnante de la primaire démocrate en
    Pennsylvanie face à Barack Obama mardi soir 22 avril, selon les
    premiers résultats partiels, une victoire qui lui permet d’échapper
    temporairement à l’élimination dans la course à l’investiture.
    Après dépouillement de 99% des bulletins, l’ex-First Lady l’emportait
    avec 55% des votes, contre 45% pour son rival le sénateur de
    l’Illinois. Ces premiers résultats lui assuraient de pouvoir compter
    sur 28 délégués supplémentaires, sur les 158 accordés à la Pennsylvanie.
    Mais Hillary Clinton a besoin d’une victoire convaincante pour sauver
    sa candidature face à Barack Obama qui, avec une avance de 111
    délégués, se pose en favori pour décrocher la nomination du parti
    démocrate.
    La sénatrice de New York a, une nouvelle fois, rejeté toute idée
    d’abandon. "Certains pensaient que je perdrais et m’ont dit
    d’abandonner", a déclaré l’ex-First Lady à des électeurs venus saluer
    sa victoire. "Mais les Américains n’abandonnent pas. Et ils méritent un
    président qui n’abandonne pas, lui non plus". Avant d’ajouter : "Grâce
    à vous, le courant est en train de changer".

    Obama s’en prend à la stratégie de Clinton

    Après avoir félicité sa rivale devant ses supporters réunis à
    Evansville dans l’Indiana (nord) où se déroulera la prochaine bataille
    démocrate le 6 mai, Barack Obama a affirmé que la présidentielle
    n’était pas seulement destinée à vaincre les républicains, mais aussi à
    choisir quel type de parti démocrate serait au pouvoir.
    "Nous pouvons être le parti qui dit qu’il n’y a pas de problème et
    accepte l’argent des lobbies de Washington", a déclaré le sénateur de
    l’Illinois (nord) avant d’ajouter: "On ne peut se prétendre le
    défenseur des travailleurs si on est financé par les lobbyistes qui
    étouffent leurs voix".
    "Nous pouvons être un parti qui pense que la seule façon de paraître
    fort sur les questions de sécurité nationale est de parler, d’agir et
    de voter comme George W. Bush et John McCain. Nous pouvons utiliser la
    peur comme une tactique et la menace terroriste pour récupérer des
    voix", a-t-il dit en allusion à un récent clip de campagne d’Hillary
    Clinton où apparaissait Oussama ben Laden.
    "Nous pouvons être un parti qui dit ou fait tout pour gagner cette
    élection (…) ou nous pouvons être le parti qui ne se focalise pas
    uniquement sur la façon de gagner mais sur pourquoi nous devrions
    gagner", a-t-il ajouté.

    Un succès confirmé dans les grands Etats

    Hillary Clinton a pu compter mardi sur les voix des ouvriers, des
    femmes et des blancs qui ont majoritairement voté pour elle au cours
    d’une élection dominée par les questions économiques. Plus de 80% des
    électeurs interrogés à la sortie des urnes ont estimé que les
    Etats-Unis se trouvaient déjà en récession.
    Barack Obama a pour sa part séduit les noirs, les classes sociales
    favorisées et les électeurs ayant récemment rejoint le parti démocrate,
    selon les sondages réalisés par The Associated Press et des chaînes de
    télévision.
    La victoire en Pennsylvanie conforte le succès rencontré par Hillary
    Clinton dans les grands Etats – elle a précédemment gagné les primaires
    du Texas, de la Californie, de l’Ohio et de l’Etat de New York. Cela
    pourrait s’avérer utile pour convaincre les superdélégués de faire
    abstraction de l’avance de Barack Obama en termes de délégués et de
    nombre de voix lorsqu’ils choisiront en août le candidat démocrate pour
    l’élection présidentielle.

    Obama conserve son avance

    Barack Obama conservait toutefois mardi soir une nette avance, avec
    1648,5 délégués contre 1537,5 pour Hillary Clinton, des chiffres qui
    incluent les quelque 500 "superdélégués" -des personnalités démocrates-
    qui ont apporté leur voix à l’un ou à l’autre.
    L’ancienne résidente de la Maison Blanche a néanmoins affiché sa
    confiance mardi soir, au point d’organiser un meeting à Philadelphie
    pour la soirée. Barack Obama avait, lui, montré d’emblée qu’il
    s’attendait à une défaite en s’envolant pour l’Indiana avant la
    fermeture des bureaux de vote.
    Quatre millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour un scrutin
    aux allures de "gros lot", la Pennsylvanie étant le dernier des dix
    Etats qui doivent encore voter jusqu’à début juin à offrir autant de
    délégués (158) en vue de la convention démocrate qui désignera en août
    à Denver le candidat du parti à la présidentielle de novembre. (avec
    AP)

  3. Joël Didier dit :

    Dans Newsweek : "Monsieur le sénateur Obama…"
    NOUVELOBS.COM | 29.04.2008 | 12:47
    Réagissez à l’article 11 réactions
    L’ancien conseiller en chef du président Bush offre ses services à Obama pour l’aider à se défaire de son étiquette d’élitiste.

    IL Y A quatre mois, vous avez pris d’assaut le monde politique en Iowa. Les médias, en émoi, vous ont qualifié de "splendide", votre victoire était "un message adressé au monde entier". Vous "faisiez l’histoire" et les Américains pouvaient "se regarder avec fierté" et vivre "un moment d’émerveillement".

    Les temps changent. Les six semaines qui ont précédé la primaire en Pennsylvanie ont été difficiles. Vous avez brillé par votre capacité à lever des fonds et à gagner des soutiens, mais vous vous êtes affaibli à mesure que les grands problèmes faisaient surface. Avant que vous puissiez les résoudre, vous devez les comprendre. En Pennsylvanie, vous n’avez gagné que 30% des votes des Catholiques, et 29% de l’électorat ouvrier blanc.
    Les Républicains sont élus avec des défections de ce genre.

    Vous soutenez que le fils d’une femme célibataire et active ne peut pas être élitiste. Mais ce qui compte, ce n’est pas là où l’on démarre dans la vie, mais où l’on finit par se retrouver. Après une prestigieuse classe préparatoire, les universités de Columbia et de Harvard, vous avez fini par avoir les valeurs de Cambridge, de San Francisco et de Hyde Park (le quartier chic et blanc de Chicago). Donc vous ne réussissez pas très bien dans les villes comme Scranton, Youngstown et Erie, où vivent les Américains moyens.

    Voici six suggestions pour vous débarrasser de votre étiquette d’élitiste.

    1. Votre discours politique sonne vieux et il est déconnecté de la réalité. Mardi dernier, lorsque vous avez perdu en Pennsylvanie, vous avez fait une erreur en ne donnant rien de nouveau à la presse qui s’ennuyait (comme les électeurs). Trouvez quelque chose de nouveau qui se concentre sur les élections de novembre. Reprenez le ton optimiste de vos débuts et débarrassez-vous de ce ton las, irritable et distrait que vous adoptez depuis quelque temps.

    2. Quand vous êtes dans le pétrin, choisissez une simple explication. Et tenez-vous y. Prenez le révérend Jeremiah Wright Jr. Vous avez dit que vous n’étiez pas présent à l’église le jour où il a dit ces choses horribles. Deux jours après, vous l’excusez, et dites que ces propos ne "donnaient pas un portrait complet" de la personne. Deux jours après cela, vous avez condamné ses déclarations, les jugeant "non seulement fausses, mais aussi source de discorde", mais vous ne pouviez quand même pas "le renier", pas plus que vous ne pouviez renier votre grand-mère. Dix jours plus tard, vous laissiez entendre que si le révérend Wright n’avait pas pris sa retraite, vous auriez peut-être quitté son église. Il aurait été plus judicieux de dire dès le départ que les propos de Wright étaient déplacés et insultants, et vous auriez dû le faire plus tôt. Les applaudissements auraient été assourdissants.

    3. La valeur de vos thèmes essentiels est réduite par votre manque d’accomplissement. Vous êtes convaincant lorsque vous déclarez que l’Amérique, "ce n’est pas des États rouges ou des États bleus mais les États-Unis". Le problème, c’est que vous n’avez pas, en tant que sénateur, l’expérience de travailler au-delà des clivages politiques. Donc construisez-vous cette expérience. Dans les mois à venir, annoncez que vous nommerez des Républicains dans votre cabinet et débrouillez-vous pour que quelques- uns d’entre eux disent qu’ils vous rejoindraient. Insistez sur les mesures auxquelles les Républicains pourraient adhérer. Et le plus important, soutenez une question bipartisane maintenant devant le Congrès.

    4. Vous parlez de "la terrible urgence de maintenant" qui amène les dirigeants à être confrontés à des défis considérables. Ça sonne bien, mais les gens se demandent qu’est-ce qui est à l’origine de votre immense talent. Cela va à l’encontre de l’intuition, mais passez moins de temps à faire campagne et plus de temps à travailler au Sénat. Prenez un sujet important et battez-vous férocement pour lui. Perdez ou gagnez, l’important c’est que vous aurez donné de la substance à votre argument.

    5. Cessez le feu. Ces attaques sapent votre revendication pour une nouvelle politique post-partisane. Vous montiez en flèche lorsque vous sembliez au-dessus de la politique, et vous avez perdu de l’altitude quand vous avez fait ce que vous critiquez. Les attaques sont satisfaisantes sur le coup, mais elles finissent par corroder votre charme.

    6. Pour répondre aux questions grandissantes concernant votre inexpérience, les gens ont besoin de savoir, concrètement et de manière crédible, ce qu’ils peuvent attendre de vous en tant que président. C’est ce qu’il vous manque maintenant. Et n’allez pas croire que ces articles d’opinion écrits par des universitaires et mis en ligne feront l’affaire. Les Américains veulent voir votre passion et votre engagement envers ce qui compte pour eux, d’une manière qui leur donne confiance et qui leur montre que vous avez l’expérience nécessaire pour ce poste. Ils sentent quand quelque chose ne vient pas du cœur, que c’est en fonction des sondages ou pour faire plaisir à un groupe choisi. Aussi, vous ne pouvez plus bluffer comme vous l’avez fait en octobre 2006 dans l’émission politique hebdomadaire "Meet the press". (Vous n’étiez alors pas encore officiellement en campagne, mais c’est quand même parlant.) Tim Russert faisait remarquer que dans un passage de "The Audacity of Hope" (l’audace de l’espoir), vous écriviez que "une grande partie des programmes gouvernementaux ne travaille pas selon les conseils qui leur sont donné", et il vous a demandé de citer un exemple. Vous avez cité Medicaid et Medicare, en disant : "Je pense qu’il ne fait aucun doute que nous pourrions rendre ces systèmes plus efficaces. Un exemple simple : nous n’utilisons pas la facturation électronique Medicare et de Medicaid. Il n’existe aucune autre entreprise au monde où les gens remplissent encore des papiers pour être remboursé, surtout pour un système aussi grand. Nous pourrions réduire considérablement les coûts de ces systèmes".

    Le seul problème, c’est que l’administration Bush, sur la base du bon travail de l’administration Clinton, a déjà mis en place en 2003 une régulation qui requiert la facturation électronique de Medicaid et de Medicare. Depuis, tout est pratiquement électronique. Vous ne pourrez plus avoir la moyenne en bluffant. Il faudra faire vos devoirs et de temps en temps, il faudra que vous fassiez quelque chose qui est difficile pour vous (comme pour la plupart des hommes politiques) : admettre que vous ne savez pas.

    Vous êtes talentueux, intelligent et vous avez atteint quelque chose de puissant dès le début de votre campagne. Mais une campagne présidentielle ne ressemble à rien de ce que vous avez déjà fait. Vous faites des erreurs et vous faites craindre aux électeurs que vous êtes un élitiste. Donc, puisque vous allez certainement remporter l’investiture, les Démocrates ont peur pour les élections de cet automne. Vous leur donnez des raisons d’avoir peur.

    Par Karl Rove

  4. Joël Didier dit :

    Traduction de l’américain par Nadia Bensmail
    Dear Senator Obama …

    President Bush’s former senior adviser offers advice for fighting the ‘elitist’ label.
    Karl Rove
    NEWSWEEK
    Updated: 3:23 PM ET Apr 26, 2008

    Four months ago, you took the political world by storm in Iowa. The media were agog. They called your words "gorgeous," your victory "a message to the world." You "made history" and Americans could "look at ourselves with pride" in "a moment to marvel."

    Times change. The six weeks leading into Pennsylvania were difficult. You excelled at raising money and gaining endorsements, but got weaker as big problems emerged. Before you can fix them, you must understand them. In Pennsylvania, you won only 30 percent among Catholics and 29 percent among white working-class voters. Defections like this elect Republicans.

    Even liberal commentators who adore you warn you can’t win with a McGovern coalition of college students and white-wine sippers from the party’s left wing. Saying small-town voters cling to guns, faith and xenophobia because of economic bitterness hurt you; it reinforced the growing sense you don’t share Middle America’s values. So did asking about the price of arugula in Iowa, dismissing the "true" patriotism of people who wear a flag lapel pin, being "friendly" (as your chief strategist, David Axelrod, put it) with a violent, unrepentant ’60s radical and having a close relationship with an angry pastor who expressed anti-American sentiments.

    You argue the son of a single working mom can’t be an elitist. But it’s not where you start in life; it’s where you end up. After a prestigious prep school, Columbia and Harvard, you’ve ended up with the values of Cambridge, San Francisco and Hyde Park. So you’re doing badly in Scranton, Youngstown and Erie, where ordinary Americans live.

    Here are six suggestions for what to do.

    1. Your stump speech is sounding old and out of touch. You made a mistake by not giving the bored press (and voters) something new last Tuesday when you lost Pennsylvania. Come up with something fresh that’s focused on the general election. Recapture the optimistic tone of your start and discard the weary, prickly and distracted tone you’ve taken on.

    2. When you get into trouble, pick one, simple explanation. And stay with it. Take the Rev. Jeremiah Wright Jr. You said you weren’t sitting in church when he said those ugly things. Two days later, you excused him, saying his comments didn’t give "a well-rounded portrait" of him. Two days after that, you condemned his statements as "not only wrong but divisive" but still couldn’t "disavow him" any more than you could your grandmother. Ten days later, you implied if Wright hadn’t retired, you might have left his church. It would have been better to say from the start that Wright’s words were wrong and offensive and you should have spoken out earlier. The applause would have been deafening.

    3. Your lack of achievements undercuts your core themes. It’s powerful when you say America is not "Red States or Blue States but the United States." The problem is, you don’t have a long Senate record of working across party lines. So build one. In the coming months, say that you’ll appoint Republicans to your cabinet and get a couple to say they’d serve. Highlight initiatives Republicans can agree on. Most importantly, push for a bipartisan issue now before Congress.

    4. You speak of the "fierce urgency of now" that calls leaders to confront important challenges. Sounds good, but people are asking, what urgent issues have drawn your enormous talents? It’s counterintuitive, but spend less time campaigning and more time working the Senate. Pick a big issue and fight hard for it. Win or lose, you’ll give your argument substance.

    5. Stop the attacks. They undermine your claim to a post-partisan new politics. You soared when you seemed above politics, lost altitude when you did what you criticize. Attacks are momentarily satisfying but ultimately corrode your appeal.

    6. To answer growing questions about your inexperience, people need to know, in concrete and credible ways, what they can expect from you as president. That’s missing now. And don’t think those position papers written by academics and posted on the Web do the job. They have a check-the-box quality to them. Americans want to see your passion and commitment to things they care about, in ways that give them confidence you’re up to the job. They can smell when something is poll-tested and focus-grouped, not from the heart. Also, you can’t bluff anymore like you did on "Meet the Press" in October 2006. (You weren’t officially running for president yet, but it’s still telling.) Tim Russert pointed to the passage in "The Audacity of Hope" that says "no small number of government programs don’t work as advertised," and he asked for an example. You cited Medicaid and Medicare, saying: "I think that there’s no doubt that we could squeeze more efficiencies out of those systems there. Simple example, we don’t use electronic billing for Medicare and Medicaid providers. Now there’s no other business on earth that still has people filling out paper forms to get reimbursed, especially for a system that large. We could drastically reduce the costs of those systems."

    The only problem is, the Bush administration, building on the good work of the Clinton administration, already put in place in 2003 a regulation that requires electronic billing of Medicaid and Medicare. Since then, all but a handful have been electronic. You won’t get a pass on bluffing anymore. You’ll have to do both your homework and occasionally something that’s difficult for you (and most other politicians): admit you don’t know.

    You have talent, intelligence and tapped into something powerful early in your campaign. But running for president is unlike anything you’ve ever done. You’re making mistakes and making people worry that you’re an elitist. So while you’ll almost certainly win the nomination, Democrats are nervous about the fall. You’ve given them reasons to be.
    URL: http://www.newsweek.com/id/134322

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