Cameroun: Le régime de Paul BIYA marche véritablement sur la tête…des Camerounais

Car voici un pays, le Cameroun, où sur simple décret du Président de la
République, des ministres ont été jetés en prison sans la moindre
instruction ni condamnation judiciaire, mais uniquement sur la base
d’un faisceau de rumeurs officielles.

Et voilà que dans ce même pays, quatre années après une escroquerie
monumentale de 35 millions de dollars au bas mot (pas 35 millions ou
milliards de nos malheureux Francs CFA), mais bien 35 millions de
dollars impliquant essentiellement des collaborateurs du président Paul
Biya …. la Justice et la presse aux ordres en sont encore reduits à
divertir le petit peuple du Cameroun depuis des semaines: sur les
vraies-fausses auditions des uns, les révélations des autres, puis
l’interminable attente de cette "vérité" qui jaillira forcément de la
firme Boeing à Seattle aux Etats-Unis d’Amérique, au bout d’une mission
des enquêteurs camerounais…

Deux questions de bon sens s’imposent:

1) les enquêteurs du Cameroun iront-ils aux Etats-Unis d’Amérique
dans le cadre d’une commission rogatoire sur le détournement présumé de
35 millions de dollars par les collaborateurs du président Paul Biya?
personne ne sait… en tous les cas, pas l’ombre d’un éclairage de la
part de la justice ou la presse aux ordres du Cameroun.

2) En quoi la firme Boeing serait-elle concernée par le
détournement en rétro-commissions ou en bakchich de près de 35 millions
de dollars, initialement destinés à l’achat d’un avion présidentiel,
mais dont uniquement 2 millions auraient servi à acquérir un vieux
coucou réaménagé pour l’usage privatif d’un président éternellement aux
abonnés absents sur la scène internationale?

A ces simples questions de bon sens, nous n’obtiendrons vraisemblablement jamais de réponse objective.

Sinon la poursuite d’un incessant "feuilleton politico-judiciaire"
qui trouvera certainement son terme avec l’annonce officielle de la
candidature à l’élection présidentielle (anticipée ou non), puis la
réellection de Paul BIYA pour un énième mandat à vie (dont d’autres 7
longues années).

Ainsi va le cameroun sous le règne de Paul BIYA, les scandales
politico-médiatiques servent essentiellement à redonner une crédibilité
ou un semblant de légitimité à une Présidence à vie.

Je vous remercie

Le président camerounais Paul Biya, le 23 octobre 2007 à Paris.

AFP/BERTRAND GUAY

Le président camerounais Paul Biya, le 23 octobre 2007 à Paris.

Au Cameroun, la lutte contre la corruption sert d’arme politique
LE MONDE | 27.05.08 |
YAOUNDÉ, DOULA, ENVOYÉ SPÉCIAL

es
têtes tombent au Cameroun. Chaque matin, la dizaine de journaux
quotidiens du pays rivalise de titres aguicheurs pour tenir la
chronique de la grande lessive anticorruption au sommet de l’Etat. Dans
un pays où il est d’usage de nommer "excellence" le moindre
secrétaire d’Etat et où les médias impertinents sont à la merci d’une
descente de police, dénoncer le "vol" de milliards de francs CFA par
d’anciens protégés du chef de l’Etat, relève désormais de l’hygiène
nationale.


Le directeur général des chantiers navals de
Douala a été, en mai, la dernière cible de cette épuration. Il a suivi
en détention un ancien ministre des finances et son collègue de la
Santé. Ce dernier, accusé d’avoir mis dans sa poche l’argent de l’aide
internationale contre le sida a été complaisamment filmé sur la
paillasse de sa cellule par la télévision d’Etat. Oubliée la
présomption d’innocence : le succès d’audience est assuré.

Amorcée
en 2006 par le président Paul Biya, l’opération baptisée "Epervier" a
déjà conduit à l’incarcération de quatre ministres et trois dirigeants
de sociétés publiques. En 2006, des peines de vingt et trente-cinq ans
de prison ont été infligées pour "détournement de deniers publics".
Le total des sommes détournées par les personnages mis en cause
s’élèverait à 136 milliards de francs CFA (207,3 millions d’euros) dans
un pays où la moitié de la population vit avec moins de deux dollars
par jour.

La motivation première du régime de M. Biya est de
répondre aux pressions des bailleurs de fonds étrangers et des ONG qui
désignent régulièrement le Cameroun comme l’un des pays les plus
corrompus de la planète. La corruption, évaluée à 40 % des dépenses de
l’Etat, est officiellement désignée comme la principale entrave aux
investissements étrangers dans ce pays pétrolier en panne de
croissance. "Chacun vit en rançonnant plus faible que lui au détriment de l’Etat, précise un haut fonctionnaire. On accepte les "cadeaux" en se disant qu’on récupère ainsi de l’argent qui vous a été volé".

Pourtant,
"Epervier" est activé aussi en fonction du calendrier politique. Les
arrestations ont repris en mars, au lendemain des émeutes de la faim
violemment réprimées et de la réforme constitutionnelle qui permet au
président Paul Biya de prolonger, en 2011, un bail déjà long de
vingt-six ans, et renforce son immunité.

Les opposants voient
ainsi dans le grand déballage financier une soupape propre à apaiser la
colère de la population. "Epervier" servirait aussi de leurre pour
masquer les manoeuvres d’un chef de l’Etat prétendant à l’inamovibilité. "Un théâtre d’ombres nécessaire à la survie du régime", diagnostique le député d’opposition Jean-Jacques Ekindi. Le "grand oiseau justicier" viserait en priorité les jeunes ambitieux du sérail qui préparaient ostensiblement la succession du chef, âgé de 75 ans.

Scandale
de tous les scandales, le coûteux contrat de location d’un antique
Boeing 767 pour servir d’avion présidentiel, négocié par des pontes du
régime sous couvert d’une société enregistrée aux îles Caïman, a de
quoi nourrir la paranoïa du chef de l’Etat. L’Albatros – nom de
l’appareil – a failli coûter la vie à M. Biya et à sa famille, en 2004,
lors d’un vol vers Paris, suite à une panne du train d’atterrissage.

Aux sceptiques, le président Biya a répondu qu’"Epervier" "n’est pas de la poudre aux yeux". Mais les limites sont patentes. "Si
le président était animé par une véritable volonté de transparence, il
commencerait par appliquer le texte obligeant les dirigeants à rendre
publics leurs revenus. Et se l’appliquerait à lui même"
, observe Jean-Bosco Talla, directeur du quotidien Germinal.
Or les confiscations de biens ordonnées par la justice n’ont été
exécutées que marginalement et aucune recherche internationale des
sommes évadées n’a été entreprise.

D’autres observateurs
s’inquiètent d’un possible emballement du jeu de massacre en cours. En
discréditant les responsables politiques, il pourrait se révéler
dangereux pour un système où "chacun détient un dossier pourri sur son voisin". Totalement imprévisible, jouant de ses insondables silences, le président Biya – "le sphinx" pour les Camerounais -, est seul à maîtriser les envols ravageurs de "l’Epervier".

Philippe Bernard
Article paru dans l’édition du 28.05.08

Edition abonnés
Fiche pays : Cameroun

Bilan du Monde Edition 2006

Cameroun :
Bilan du Monde | 28.04.05 |

L‘année
2007 aura été marquée par des procès-fleuves dans le cadre de
l’opération anti- corruption "Epervier" lancée par le premier ministre
Ephraïm Inoni.

Les bailleurs de fonds ainsi que l’ambassadeur
américain Niels Marquardt – qui a quitté le Cameroun durant l’été –
avaient fait pression sur le gouvernement pour qu’il s’attaque à un
phénomène bien ancré, qui a souvent placé le pays en tête du palmarès
de Transparency International sur la corruption dans le monde. La
société civile y est aussi allée de ses dénonciations. Finalement, les
peines prononcées contre les prévenus l’ont agréablement surprise. Une
première dans un pays réputé pour le manque de sanctions contre les
"délinquants en col blanc". Plusieurs anciens ministres et patrons
d’entreprises publiques ainsi que leurs complices, accusés de
détournements de fonds, ont été condamnés à des peines allant de 10 à
50 ans d’emprisonnement. Leurs biens ont été confisqués. Malgré ces
lourdes peines, la corruption est loin d’avoir été éradiquée.

Clés

Chef de l’Etat : Paul Biya
Premier ministre : Ephraïm Inoni
Capitale : Yaoundé
Superficie : 476 000 km2
Population (hab.) : 16,1 millions
Densité : 34 hab./km2
Croissance (2007-FMI) : 3,8 %
Chômage (2001-CIA): 30 %
Monnaie : franc CFA BEAC (0,001586 €)

ix
ans après le début du processus, le Cameroun a atteint fin avril 2006
le point d’achèvement de l’Initiative en faveur des pays pauvres très
endettés (PPTE).

Cet événement majeur tant attendu aurait dû
déjà intervenir dès 2004. Faute d’une mise en oeuvre satisfaisante du
programme économique soutenu par le Fonds monétaire international, ce
point d’achèvement avait dû être repoussé.

Il a fallu que le
gouvernement améliore la gestion des finances publiques et affiche sa
volonté de placer la bonne gouvernance au centre des politiques de
développement pour que le pays revienne en grâce auprès des bailleurs
de fonds. Une chambre des comptes a aussi été créée et un audit de la
Société nationale de raffinage – un Etat dans l’Etat – a été lancé.

Une
fois franchi le point d’achèvement, le gouvernement s’est présenté
devant ses créanciers publics réunis dans le cadre du Club de Paris.
Ces derniers ont effacé 692,8 millions d’euros de la dette du Cameroun,
estimée fin 2005 à 4,7 milliards d’euros.

Autre coup d’éponge :
celui des créanciers multilatéraux. Grâce à l’initiative des pays du
G8, le Cameroun a pu bénéficier d’une annulation à hauteur de 597,3
millions d’euros de sa dette multilatérale, estimée à 1,4 milliard
d’euros.

Paris a décidé, pour sa part, d’accorder à son
ex-colonie une aide de 100 à 106 millions d’euros par an entre 2006 et
2010. Il s’agit, en fait, de l’argent que le Cameroun aurait dû
rembourser à la France.

Toutes les ressources provenant de
l’allégement de la dette ont permis de financer des projets dans le
secteur non pétrolier qui accroissent les performances de l’économie.
D’où une progression du produit intérieur brut de 4,2 % en 2006 (entre
3,7 % et 4,3 % en 2007).

Minée par des querelles intestines,
l’opposition est atone. Ce sont plutôt les étudiants qui donnent de la
voix. Dans un tel contexte, le parti au pouvoir se dirige vers une
victoire lors des élections législatives prévues en 2007.

Article paru dans l’édition du 31.01.07

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5 commentaires pour Cameroun: Le régime de Paul BIYA marche véritablement sur la tête…des Camerounais

  1. Joël Didier dit :

    "Au Cameroun, la lutte contre la corruption sert d’arme politique…"(Journal Le Monde 28 Mai 2008)Le Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) demande à ce que " soit évitée la théâtralisation des arrestations " et que " la présomption d’innocence soit respectée. Car l’opinion ne doit pas se substituer à la justice qui se doit, en toutes circonstances, d’agir en toute sérénité"…Espérons que les dires du président du Gicam André Siaka ne lui vaudront pas des noms d’oiseaux. Car l’on ne peut raisonnablement rechercher la manifestation de la Vérité, de toute la Vérité, dans un pays pollué par la chasse aux sorciéres, la rumeur officielle, le lynchage médiatique et la justice aux ordres.Si le Cameroun veut effectivement se développer et attirer les investisseurs institutionnels qui lui font tant défaut, il faut que son chef de l’Etat et passablement sa justice aux ordres, comprennent que les interpellations et incarcérations spectacles de personnalités publiques ne sont pas le gage d’une nation civilisée. En effet ce qui est arrivé à l’ex-ministre de la santé Urbain Olanguena Awono et qui est relaté brièvement dans le Journal français Le monde du 28 mai 2008, ne témoigne pas de l’existence d’un Etat de Droit au Cameroun.Personne ne peut s’opposer à ce qu’un Etat veuille érradiquer la corruption qui gangrène tous ses rouages institutionnels. Mais à condition, une fois de plus, que cette lutte nationale contre la corruption se fasse dans le strict respect de l’intégrité (physique et morale) des personnes mises en cause, et surtout de leur présomption d’innocence.Nulle part dans le monde, sauf évidemment dans des Etats totalitaires, l’on a vu comme au Cameroun, des actions en Justice commanditées par le Président ou la Présidence de la République et diligentées par le Ministre de la Justice Garde des Sceaux,Que chaque acteur de la scène publique camerounaise reste constitutionnellement à sa place et dans son rôle; afin que la Justice puisse sereinement et en toute indépendance poursuivre les personnes ou personnalités sur la seule base de son intime conviction.La crédibilité économique et internationale du Cameroun est à ce prix…Je vous remercie Opération Epervier : Le Gicam dénonce la théâtralisation des arrestations

    ‘Mutations’DOUALA – 28 MAI 2008

    © Lazare Kolyang, Mutations

    Son président André Siaka l’a affirmé hier au cours de la 105ème assemblée générale de ce groupement.

    Ce n’était pas le thème choisi (Le droit d’auteur et les droits
    voisins) pour cette 105ème assemblée générale du Groupement inter
    patronal du Cameroun (Gicam) tenue hier, mardi 27 mai à Douala. Voilà
    pourquoi son président ne l’a évoqué que brièvement à la fin de son
    allocution. André Siaka salue ainsi " l’opération courageuse engagée
    par le chef de l’Etat pour lutter contre la corruption qui mine notre
    économie ". Avant d’exprimer le souhait du Gicam qui demande à ce que "
    soit évitée la théâtralisation des arrestations " et que " la
    présomption d’innocence soit respectée. Car l’opinion ne doit pas se
    substituer à la justice qui, en toutes circonstances, doit agir en
    toute sérénité".

    Interrogé quelques instants après la fin des travaux, le président
    du Gicam ne dira pas davantage sur la position du patronat camerounais
    sur la manière dont sont conduites ces arrestations. Quel serait donc
    l’impact de ces arrestations spectaculaires sur l’économie nationale ou
    l’entreprise ? " Ça remet en cause un des principes fondamentaux de
    notre droit qui est la présomption d’innocence. C’est ce que nous
    combattons", soutient André Siaka. Ce dernier s’explique en soutenant
    simplement qu’ " il ne faut pas accuser quelqu’un avant de l’avoir jugé
    ".

    Avec ce souhait du Gicam, c’est aussi la première sortie du
    patronat depuis le lancement des poursuites contre les dirigeants
    indélicats de la fortune publique. Mais la mise en scène de certaines
    arrestations a pris de proportions inquiétantes avec les dernières
    affaires. On se rappelle que pour interpeller les anciens ministres de
    l’Economie et des Finances, Polycarpe Abah Abah et de la Santé
    publique, Urbain Olanguena Awono, la presse avait été préalablement
    alertée et pratiquement " invitée " à couvrir la chute de ces anciens
    barons du régime.

    Au point où certains journaux ont servi à leurs lecteurs des
    reportages prêts à publier, car apparemment réalisés avant même l’heure
    des arrestations. La télévision publique, quant à elle, avait aussi été
    indexée. Car une équipe de reportage de la Crtv avait été admise à
    filmer les cellules où étaient détenues ces deux personnalités. Et
    évidemment, ces dernières avaient crié à l’atteinte à leur image.

    Quelques semaines après, pour signifier à l’ancien administrateur
    directeur général de la Camair, Yves Michel Fotso, une convocation à
    comparaître à la police judicaire à Yaoundé, des policiers avaient fait
    le siège de l’immeuble abritant la Commercial Bank-Cameroon (Cbc) à
    Bonanjo à Douala. Devant les caméras de télévision, et dont certaines
    faisaient vivre l’événement en direct à leurs téléspectateurs. La
    dernière arrestation en date, celle de l’ancien Directeur général du
    Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic), Zacchaeus Forjindam, a
    aussi été grandement relayée. Alors que les arrestations des premières
    personnalités survenues en février 2006 ont été certes très médiatiques
    mais avec moins de mises en scène.

  2. Joël Didier dit :

    "Au Cameroun, la lutte contre la corruption sert d’arme politique…"(Journal Le Monde 28 Mai 2008)Le Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) demande à ce que " soit évitée la théâtralisation des arrestations " et que " la présomption d’innocence soit respectée. Car l’opinion ne doit pas se substituer à la justice qui se doit, en toutes circonstances, d’agir en toute sérénité"…Espérons que les dires du président du Gicam André Siaka ne lui vaudront pas des noms d’oiseaux. Car l’on ne peut raisonnablement rechercher la manifestation de la Vérité, de toute la Vérité, dans un pays pollué par la chasse aux sorciéres, la rumeur officielle, le lynchage médiatique et la justice aux ordres.Si le Cameroun veut effectivement se développer et attirer les investisseurs institutionnels qui lui font tant défaut, il faut que son chef de l’Etat et passablement sa justice aux ordres, comprennent que les interpellations et incarcérations spectacles de personnalités publiques ne sont pas le gage d’une nation civilisée. En effet ce qui est arrivé à l’ex-ministre de la santé Urbain Olanguena Awono et qui est relaté brièvement dans le Journal français Le monde du 28 mai 2008, ne témoigne pas de l’existence d’un Etat de Droit au Cameroun.Personne ne peut s’opposer à ce qu’un Etat veuille érradiquer la corruption qui gangrène tous ses rouages institutionnels. Mais à condition, une fois de plus, que cette lutte nationale contre la corruption se fasse dans le strict respect de l’intégrité (physique et morale) des personnes mises en cause, et surtout de leur présomption d’innocence.Nulle part dans le monde, sauf évidemment dans des Etats totalitaires, l’on a vu comme au Cameroun, des actions en Justice commanditées par le Président ou la Présidence de la République et diligentées par le Ministre de la Justice Garde des Sceaux,Que chaque acteur de la scène publique camerounaise reste constitutionnellement à sa place et dans son rôle; afin que la Justice puisse sereinement et en toute indépendance poursuivre les personnes ou personnalités sur la seule base de son intime conviction.La crédibilité économique et internationale du Cameroun est à ce prix…Je vous remercie Opération Epervier : Le Gicam dénonce la théâtralisation des arrestations

    ‘Mutations’DOUALA – 28 MAI 2008

    © Lazare Kolyang, Mutations

    Son président André Siaka l’a affirmé hier au cours de la 105ème assemblée générale de ce groupement.

    Ce n’était pas le thème choisi (Le droit d’auteur et les droits
    voisins) pour cette 105ème assemblée générale du Groupement inter
    patronal du Cameroun (Gicam) tenue hier, mardi 27 mai à Douala. Voilà
    pourquoi son président ne l’a évoqué que brièvement à la fin de son
    allocution. André Siaka salue ainsi " l’opération courageuse engagée
    par le chef de l’Etat pour lutter contre la corruption qui mine notre
    économie ". Avant d’exprimer le souhait du Gicam qui demande à ce que "
    soit évitée la théâtralisation des arrestations " et que " la
    présomption d’innocence soit respectée. Car l’opinion ne doit pas se
    substituer à la justice qui, en toutes circonstances, doit agir en
    toute sérénité".

    Interrogé quelques instants après la fin des travaux, le président
    du Gicam ne dira pas davantage sur la position du patronat camerounais
    sur la manière dont sont conduites ces arrestations. Quel serait donc
    l’impact de ces arrestations spectaculaires sur l’économie nationale ou
    l’entreprise ? " Ça remet en cause un des principes fondamentaux de
    notre droit qui est la présomption d’innocence. C’est ce que nous
    combattons", soutient André Siaka. Ce dernier s’explique en soutenant
    simplement qu’ " il ne faut pas accuser quelqu’un avant de l’avoir jugé
    ".

    Avec ce souhait du Gicam, c’est aussi la première sortie du
    patronat depuis le lancement des poursuites contre les dirigeants
    indélicats de la fortune publique. Mais la mise en scène de certaines
    arrestations a pris de proportions inquiétantes avec les dernières
    affaires. On se rappelle que pour interpeller les anciens ministres de
    l’Economie et des Finances, Polycarpe Abah Abah et de la Santé
    publique, Urbain Olanguena Awono, la presse avait été préalablement
    alertée et pratiquement " invitée " à couvrir la chute de ces anciens
    barons du régime.

    Au point où certains journaux ont servi à leurs lecteurs des
    reportages prêts à publier, car apparemment réalisés avant même l’heure
    des arrestations. La télévision publique, quant à elle, avait aussi été
    indexée. Car une équipe de reportage de la Crtv avait été admise à
    filmer les cellules où étaient détenues ces deux personnalités. Et
    évidemment, ces dernières avaient crié à l’atteinte à leur image.

    Quelques semaines après, pour signifier à l’ancien administrateur
    directeur général de la Camair, Yves Michel Fotso, une convocation à
    comparaître à la police judicaire à Yaoundé, des policiers avaient fait
    le siège de l’immeuble abritant la Commercial Bank-Cameroon (Cbc) à
    Bonanjo à Douala. Devant les caméras de télévision, et dont certaines
    faisaient vivre l’événement en direct à leurs téléspectateurs. La
    dernière arrestation en date, celle de l’ancien Directeur général du
    Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic), Zacchaeus Forjindam, a
    aussi été grandement relayée. Alors que les arrestations des premières
    personnalités survenues en février 2006 ont été certes très médiatiques
    mais avec moins de mises en scène.

  3. Joël Didier dit :

    "Au Cameroun, la lutte contre la corruption sert d’arme politique…"(Journal Le Monde 28 Mai 2008)Le Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) demande à ce que " soit évitée la théâtralisation des arrestations " et que " la présomption d’innocence soit respectée. Car l’opinion ne doit pas se substituer à la justice qui se doit, en toutes circonstances, d’agir en toute sérénité"…Espérons que les dires du président du Gicam André Siaka ne lui vaudront pas des noms d’oiseaux. Car l’on ne peut raisonnablement rechercher la manifestation de la Vérité, de toute la Vérité, dans un pays pollué par la chasse aux sorciéres, la rumeur officielle, le lynchage médiatique et la justice aux ordres.Si le Cameroun veut effectivement se développer et attirer les investisseurs institutionnels qui lui font tant défaut, il faut que son chef de l’Etat et passablement sa justice aux ordres, comprennent que les interpellations et incarcérations spectacles de personnalités publiques ne sont pas le gage d’une nation civilisée. En effet ce qui est arrivé à l’ex-ministre de la santé Urbain Olanguena Awono et qui est relaté brièvement dans le Journal français Le monde du 28 mai 2008, ne témoigne pas de l’existence d’un Etat de Droit au Cameroun.Personne ne peut s’opposer à ce qu’un Etat veuille érradiquer la corruption qui gangrène tous ses rouages institutionnels. Mais à condition, une fois de plus, que cette lutte nationale contre la corruption se fasse dans le strict respect de l’intégrité (physique et morale) des personnes mises en cause, et surtout de leur présomption d’innocence.Nulle part dans le monde, sauf évidemment dans des Etats totalitaires, l’on a vu comme au Cameroun, des actions en Justice commanditées par le Président ou la Présidence de la République et diligentées par le Ministre de la Justice Garde des Sceaux,Que chaque acteur de la scène publique camerounaise reste constitutionnellement à sa place et dans son rôle; afin que la Justice puisse sereinement et en toute indépendance poursuivre les personnes ou personnalités sur la seule base de son intime conviction.La crédibilité économique et internationale du Cameroun est à ce prix…Je vous remercie Opération Epervier : Le Gicam dénonce la théâtralisation des arrestations

    ‘Mutations’DOUALA – 28 MAI 2008

    © Lazare Kolyang, Mutations

    Son président André Siaka l’a affirmé hier au cours de la 105ème assemblée générale de ce groupement.

    Ce n’était pas le thème choisi (Le droit d’auteur et les droits
    voisins) pour cette 105ème assemblée générale du Groupement inter
    patronal du Cameroun (Gicam) tenue hier, mardi 27 mai à Douala. Voilà
    pourquoi son président ne l’a évoqué que brièvement à la fin de son
    allocution. André Siaka salue ainsi " l’opération courageuse engagée
    par le chef de l’Etat pour lutter contre la corruption qui mine notre
    économie ". Avant d’exprimer le souhait du Gicam qui demande à ce que "
    soit évitée la théâtralisation des arrestations " et que " la
    présomption d’innocence soit respectée. Car l’opinion ne doit pas se
    substituer à la justice qui, en toutes circonstances, doit agir en
    toute sérénité".

    Interrogé quelques instants après la fin des travaux, le président
    du Gicam ne dira pas davantage sur la position du patronat camerounais
    sur la manière dont sont conduites ces arrestations. Quel serait donc
    l’impact de ces arrestations spectaculaires sur l’économie nationale ou
    l’entreprise ? " Ça remet en cause un des principes fondamentaux de
    notre droit qui est la présomption d’innocence. C’est ce que nous
    combattons", soutient André Siaka. Ce dernier s’explique en soutenant
    simplement qu’ " il ne faut pas accuser quelqu’un avant de l’avoir jugé
    ".

    Avec ce souhait du Gicam, c’est aussi la première sortie du
    patronat depuis le lancement des poursuites contre les dirigeants
    indélicats de la fortune publique. Mais la mise en scène de certaines
    arrestations a pris de proportions inquiétantes avec les dernières
    affaires. On se rappelle que pour interpeller les anciens ministres de
    l’Economie et des Finances, Polycarpe Abah Abah et de la Santé
    publique, Urbain Olanguena Awono, la presse avait été préalablement
    alertée et pratiquement " invitée " à couvrir la chute de ces anciens
    barons du régime.

    Au point où certains journaux ont servi à leurs lecteurs des
    reportages prêts à publier, car apparemment réalisés avant même l’heure
    des arrestations. La télévision publique, quant à elle, avait aussi été
    indexée. Car une équipe de reportage de la Crtv avait été admise à
    filmer les cellules où étaient détenues ces deux personnalités. Et
    évidemment, ces dernières avaient crié à l’atteinte à leur image.

    Quelques semaines après, pour signifier à l’ancien administrateur
    directeur général de la Camair, Yves Michel Fotso, une convocation à
    comparaître à la police judicaire à Yaoundé, des policiers avaient fait
    le siège de l’immeuble abritant la Commercial Bank-Cameroon (Cbc) à
    Bonanjo à Douala. Devant les caméras de télévision, et dont certaines
    faisaient vivre l’événement en direct à leurs téléspectateurs. La
    dernière arrestation en date, celle de l’ancien Directeur général du
    Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic), Zacchaeus Forjindam, a
    aussi été grandement relayée. Alors que les arrestations des premières
    personnalités survenues en février 2006 ont été certes très médiatiques
    mais avec moins de mises en scène.

  4. Joël Didier dit :

    AFP/FANNY PIGEAUD
    Lors des émeutes de février 2008, des entreprises françaises ont été
    prises pour cibles ainsi que des sociétés soupçonnées d’appartenir au
    président Biya.
    Reportage
    Les jeunes Camerounais déçus par une France timorée sur les droits de l’homme en Afrique

    LE MONDE | 03.06.08 | 13h38  YAOUNDÉ, DOUALA ENVOYÉ SPÉCIALlacardés sur les murs, Mandela, Luther King et Guevara assistent, muets, au procès improvisé : "Depuis quarante ans que la France "aide" le Cameroun, les gens vivent-ils mieux dans ce pays ?, attaque Mouafa Djontu, dirigeant d’une association d’étudiants de Yaoundé. Elle n’est là que pour conforter ses intérêts !"
    Au coeur d’un village de brousse, un jeune agriculteur exprime autrement des sentiments comparables : "Quand
    un ministre camerounais vole, c’est notre argent qui va à Paris. La
    France est notre marraine. Elle ne devrait pas laisser passer ça !"
    Nul besoin d’orienter la conversation sur l’image de la France au
    Cameroun. La présence d’un journaliste blanc suffit à la déclencher,
    quitte, parfois, à forcer le trait. Jamais d’agressivité personnelle,
    mais des griefs ordonnés autour de trois thèmes : le soutien de Paris à
    l’éternel président Paul Biya, l’exploitation des richesses du pays, et
    la fermeture des frontières de la France.Latente, l’animosité à
    l’égard de la France n’est pas l’élément déclencheur des émeutes qui, à
    la fin février, ont fait plusieurs dizaines de morts au Cameroun.
    L’explosion des prix du carburant et du riz et la réforme autorisant le
    président, Paul Biya, au pouvoir depuis vingt-six ans, à briguer un
    nouveau mandat ont enflammé la rue.Mais tout le monde l’a
    remarqué : les entreprises françaises ont été prises pour cibles, au
    même titre que celles que la population attribue au président. Les
    stations Total, les agences Orange, les kiosques du PMU ont été pillés.
    "Les jeunes se sont attaqués à ce qu’ils croient être la cause de leur malheur", résume Pius Njawé, directeur du quotidien Le Messager.L’hostilité
    antifrançaise relève du politique. Aucun Européen n’a été pris à
    partie. Rien à voir non plus avec les années 1990, lorsqu’un mot
    d’ordre de boycottage des produits français accompagnait la lutte
    contre le parti unique. "Au Cameroun, rien n’est plus prisé que les marques françaises. Mais l’image de la marque "France", elle, passe mal", sourit Gabin Nguidjoc, 30 ans, consultante en relations publiques.Branchés
    sur RFI, TV5 ou Yahoo.fr, les jeunes rêvent de découvrir les richesses
    qui, comme si elles venaient d’une autre planète, s’étalent sur leurs
    écrans. "Chacun veut avoir sa chance", glisse une étudiante à qui un visa pour Paris a été refusé.Entre dépit et colère, les jeunes Camerounais enragent contre une "France qui ne s’aperçoit pas que l’Afrique change" et continue de traiter les Africains en enfants immatures. "Si la France voulait, les choses changeraient ici."Paris éternelle responsable ? "Voilà une rhétorique du passé dont il est difficile de se passer, tranche Jean-Jacques Ekindi, député de l’opposition. Le véritable problème du Cameroun, ce sont les Camerounais."De
    façon inattendue, Nicolas Sarkozy a plutôt bonne presse parmi ces
    jeunes en rogne contre la France. Ils sont nombreux à le créditer d’une
    énergie inépuisable dont il ne peut sortir que du bien. "Il a demandé aux Africains de se prendre en main. Mais certains trouvent plus commode d’accuser la France", affirme une étudiante.Mais les diplomates français en prennent pour leur grade : ils sont accusés de parler "toujours par euphémisme alors que c’est d’eux que nous attendons les offensives sur les droits de l’homme et contre la corruption". "Ils sont vieux jeu, incapables de regarder sous les jupes de l’Afrique qui est tout de même l’épouse de leur propre pays",
    ose l’éditorialiste radical Shanda Tonme. Les jeunes mettent en exergue
    les prises de position plus nettes des ambassadeurs américains ou
    néerlandais sur les atteintes aux libertés.Mais c’est dans le
    domaine économique, ultrasensible pour une jeunesse massivement
    condamnée au chômage, que l’aigreur est la plus marquée. Le
    réquisitoire est récurrent : "Les Français exploitent notre port,
    notre bois, nos bananes. Ils se réservent les postes de direction et ne
    fraient jamais avec les employés. Ils donnent des ordres, mais ne vont
    jamais sur le terrain, ils ne construisent rien de visible." Tout le contraire des vertus prêtées aux "partenaires" chinois qui multiplient les chantiers, notamment celui du rutilant palais des sports de Yaoundé.Dans l’esprit des jeunes rencontrés, la Chine "investit"
    réellement pour l’avenir du Cameroun. Les ingénieurs envoyés par Pékin
    vivent dans des baraquements et se contentent de salaires modestes
    alors que les Français exigent air conditionné, piscine et salaire
    d’expatrié. "La France dépense de l’argent pour des conférences qui ne nous donne rien sauf des politiciens corrompus. Les Chinois nous facilitent la vie en nous vendant des motos à moitié prix et des objets quotidiens abordables", tranche un jeune agriculteur.Même
    si les coeurs restent tournés vers la France et sa langue, les regards
    d’admiration convergent désormais vers la Chine. Le volontarisme
    politique des Chinois, la fierté qui les conduit à refuser l’aide
    internationale sont perçus comme des vertus à importer d’urgence en
    Afrique. Avec un espoir largement exprimé : que la concurrence
    asiatique amène la France à considérer l’Afrique autrement. Philippe BernardArticle paru dans l’édition du 04.06.08

  5. Joël Didier dit :

    Anthony Bouthelier,
    président délégué du Conseil français des investisseurs en Afrique
    (CIAN) "Nous ne sommes pas complices des kleptocrates africains"

    LE MONDE | 03.06.08 |

    Anthony Bouthelier, vous êtes président délégué du Conseil français des
    investisseurs en Afrique (CIAN) qui regroupe la plupart des chefs
    d’entreprises françaises présentes sur le continent. Vous venez de
    prendre position en faveur de la transparence des revenus des chefs
    d’Etat africains. Pourquoi ?
    Tout
    entrepreneur gère des risques. Il a besoin d’une visibilité qui dépend
    de l’existence d’un Etat de droit. Or 400 milliards de dollars ont été
    détournés d’Afrique depuis trente ans selon l’ONU.
    Les
    entreprises sont parmi les premières victimes de la corruption.
    Contrairement aux dirigeants d’Asie qui investissent dans leur pays
    l’argent dérobé, les présidents prédateurs africains envoient leur
    fortune à l’étranger. En montrant qu’ils n’ont pas confiance en leur
    propre pays, ils adressent un message très négatif aux investisseurs.
    Les
    contribuables des pays riches n’acceptent plus de payer les frasques
    immobilières de potentats qui réclament en même temps des remises de
    dette. On ne peut plus attendre leur mort pour connaître leur fortune
    et la restituer à leur pays.

    En quoi cela concerne-t-il les entreprises françaises établies en Afrique ?
    Le
    fait que la France aide certains prédateurs africains la rend très
    impopulaire parmi les populations africaines. Cette impopularité risque
    de se retourner contre nos entreprises. Nous ne sommes pas complices
    des kleptocrates africains. Nos investissements se font à long terme,
    indépendamment du calendrier politique.
    La longévité de
    certains dirigeants n’est pas un facteur de stabilité comme on le
    prétend. Elle fabrique de la fragilité économique et de l’exaspération
    sociale.

    Vos concurrents chinois ne s’embarrassent pas de telles précautions.
    L’Afrique
    va moins mal sur le plan macro-économique et les Chinois sont les
    bienvenus pour soutenir cette croissance. La hausse des matières
    premières pourrait permettre à certains Etats africains de se payer un
    Etat de droit. Mais des chefs d’entreprise nous disent : "On n’y va pas
    car c’est trop pourri." Pour ces raisons, les Africains sont peut-être
    en train de rater le coche.

    Le soutien français à certains dirigeants est souvent justifié par la
    défense des intérêts des entreprises françaises. Pourquoi le remettre
    en cause ?
    La
    politique française en Afrique est parfois contre-productive pour les
    entreprises. L’essentiel des investissements français se fait
    aujourd’hui hors de l’Afrique francophone. Le soutien politique ne
    favorise pas nécessairement les affaires. Il nous aliène des
    populations dont nous avons besoin qu’elles nous acceptent.
    Quant
    à la politique d’aide publique au développement, elle a complètement
    échoué. Nous parviendrions à un meilleur résultat si nous pouvions nous
    concerter en amont avec l’Etat sur les choix d’investissements. Cela
    suppose une nouvelle répartition des rôles entre diplomates et
    entreprises.
    Propos recueillis par Philippe Bernard
    Article paru dans l’édition du 04.06.08

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