Et les africains, qu’attendent-ils de leurs dirigeants???

Le président Sénégalais, Abdoulaye Wade, le 25 avril 2008.

AFP/GEORGES GOBET

Le président du Sénégal, Abdoulaye Wade a prévenu, lundi 7 juillet, les
dirigeants du G8 réunis au Japon que l’Afrique ne voulait plus de
"nouvelles promesses" non tenues.

Me Wade, si "l’Afrique ne veut plus de nouvelles promesses non tenues du G8", les peuples africains eux, ne veulent plus de ces despotes illégitimes qui sillonnent la planète en quête d’une aide internationale dont leurs concitoyens voient rarement la couleur.

Si ce n’est à travers les articles du Journal "le Monde" décrivant les fortunes amassées illicitement en France et ailleurs par leurs dirigeants, la démesure des campagnes électorales et les grosses commandes d’armement à des fins repressives.

Merci


Le G8 s’apprête à réitérer ses engagements passés d’aide à l’Afrique
LE MONDE | 08.07.08 |
TOYAKO (Japon), envoyée spéciale

a
première journée du G8 de Toyako, au Japon, a donné lieu à une
confrontation entre Africains et Occidentaux, lundi 7 juillet. Les
premiers reprochant aux seconds de ne pas avoir tenu leurs engagements
en matière d’aide publique au développement, pris lors du G8 de
Gleneagles (Royaume-Uni), en 2005. A savoir, le doublement du montant
annuel de cette aide d’ici à 2010, par rapport à 2004, pour atteindre
les 50 milliards de dollars, dont la moitié consacrée à l’Afrique.
Selon les dirigeants africains et des organisations non
gouvernementales comme Oxfam, seule un quart de la somme promise a été
débloquée à ce jour.

Mis sous pression, les sherpas (négociateurs)
des pays du G8 se sont réunis jusqu’à 3 h3 0 dans la nuit de lundi à
mardi éviter un constat d’échec. De source diplomatique occidentale, on
indiquait mardi matin que la déclaration finale, prévue mercredi,
allait "rappeler et réaffirmer tous les engagements de Gleneagles, avec les chiffres".

Cela
apparaissait comme un retournement, dans la mesure où, jusque-là, le
projet de déclaration finale faisait l’impasse sur ce chiffre de 50
milliards à l’horizon 2010 – alors que le G8 de Heiligendam, en 2007,
avait bien fait ce rappel.

Les dirigeants des sept pays africains
invités à la réunion du G8 (Afrique du sud, Algérie, Sénégal, Ghana,
Tanzanie, Nigeria, Ethiopie) ont fait valoir que face à la crise
alimentaire, et avec la flambée des prix du pétrole, il était important
que les promesses d’aide occidentales soient tenues. Dans des
déclarations à la presse avant l’ouverture du sommet, le premier
ministre britannique Gordon Brown et le secrétaire général de l’ONU,
Ban Ki-Moon, avaient lancé des appels similaires.

PRESSION SUR MUGABE

La
discussion a semble-t-il été animée entre Africains et Occidentaux,
dans l’hôtel accueillant le G8 sur les rives embrumées du lac Toya.
Beaucoup de temps a été consacré à la crise politique au Zimbabwe : les
Occidentaux et la Russie souhaitent mettre la pression sur Mugabe, avec
le vote possible d’une résolution de sanctions à l’ONU, tandis que les
Africains prônent une solution plus consensuelle de gouvernement
d’union nationale.

Mais c’est le thème de la lutte contre la
pauvreté qui a mis les Occidentaux sous pression. Après une
intervention du premier ministre japonais, Yasuo Fukuda, vantant
l’annonce du doublement de l’aide de son pays à l’Afrique, le président
du Sénégal, Abdoulaye Wade, a dit qu’il avait déjà entendu de telles
promesses sans qu’elles ne se traduisent dans la réalité. Les
Occidentaux ont fait valoir que l’Afrique ne tenait pas non plus tous
ses engagements, en matière de lutte contre la corruption notamment. Un
mécanisme de vérification annuelle, par des réunions de sherpas, de
l’état du versement de l’aide, a été suggéré.

Les pays
occidentaux rencontrent de difficultés croissantes pour tenir leurs
promesses d’aide. La crise financière mondiale et les coûts élevés du
pétrole sont passés par là. Surtout : par un effet de résorption, la
part des effacements de dettes accordés aux pays africains est
désormais réduite au sein du montant global de l’aide, et "pour progresser désormais, il faut trouver de l’argent frais", comme le dit un diplomate occidental.

La
France en particulier est critiquée par Oxfam pour avoir reculé sur ses
promesses, et réduit, depuis 2007, d’environ 66 millions de dollars le
montant de son aide publique au développement, d’après des chiffres
fournis, en avril, par l’OCDE. Interrogée sur ce point mardi soir, une
source officielle française répondait : "On ne peut pas dire ça, on est en cours d’exercice budgétaire, il est trop tôt pour faire le point".

Les
représentants d’Oxfam font observer que l’Allemagne d’Angela Merkel, à
l’inverse de l’équipe du président Sarkozy, a fixé un calendrier annuel
précis de ses déboursements d’aide, qui ont été augmentés. Berlin a
pris la décision, en 2007, de verser 3 milliards de dollars en quatre
ans. Une semaine avant l’ouverture du G8 de Toyako, Mme Merkel a, en
outre, annoncé une somme supplémentaire de 3,2 milliards, sur quatre
ans.

Pour la première fois depuis 2000, relève Oxfam, le montant
de l’aide française a connu une chute considérable, passant de 0,47 %
du RNB (revenu national brut), en 2006, à 0,39 % en 2007. Oxfam
s’inquiète du fait que M. Sarkozy ait renoncé à l’objectif fixé, en
2002, par son prédécesseur, Jacques Chirac, de pousser l’aide à 0,7 %
du RNB d’ici à 2012, et que la France ait repoussé la date à 2015, s’en
tenant ainsi à l’engagement général pris par l’Union européenne.

On fait valoir, côté français, que Paris va "doubler
son engagement financier bilatéral pour l’Afrique subsaharienne sur la
période 2008-2012, ce qui fait 2,5 milliards de dollars sur cinq ans"
, ainsi que l’avait annoncé M. Sarkozy lors d’un discours au Cap, en février.

Oxfam accuse toutefois Paris de jouer sur les mots car l’expression "engagement financier"
reste vague, et ne recouvre pas, à proprement parler, de l’aide
publique au développement mais inclut du soutien au secteur privé
africain, qui peut passer par des prêts.

Le G8 doit se pencher,
mardi, sur les enjeux économiques globaux, et les crises
internationales, comme celle du nucléaire iranien.

Natalie Nougayrède

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