« Solidarité africaine », de quelle solidarité africaine???


– celle qui lie les tyrans sanguinaires et crapuleux du continent au
sein du "machin" d’Addis Abeba, baptisé pompeusement "Union?
Africaine"?

-..ou alors la réelle solidarité des Peuples Martyrisés d’Afrique
qui réclament Justice depuis l’esclave, la colonisation et les
distatures d’aujourd’hui et entrevoient un frémissement avec
l’inculpation d’Omar Al Bachir par la CPI?

Des enfants soudanais originaires du Darfour dans le camp de réfugiés de Gaga, près d’Abéché, au Tchad.

Bientôt Mugabe, Sassou, BIYA, Bongo, Deby…et leurs soutiens français, britanniques, américains, chiniois ou russes…..



Il est permis de rêver!!!

Merci

Editorial



Solidarité africaine


LE MONDE | 14.07.08 |

Après le Zimbabwe, le Soudan. A quelques semaines d’intervalle, deux
dirigeants africains mis en cause sur la scène internationale pour des
crises, et des crimes, qui frappent en premier lieu leurs populations
appellent leurs pairs à leur secours.

Robert Mugabe, le président zimbabwéen, a pu compter sur la
solidarité continentale, au sein de plusieurs organisations, notamment
l’Union africaine (UA), pour se protéger. Mais des voix africaines
discordantes, lassées de son entêtement à se maintenir au pouvoir à
tout prix, fût-ce en ruinant son pays, commencent à émerger. Des
présidents africains se refusent à ce que la mise en question des
agissements de l’un des leurs soit assimilée à une trahison au profit
des ex-puissances coloniales et des pays occidentaux.

Omar Al-Bachir, son homologue soudanais, est le premier président
en exercice mis en cause par la Cour pénale internationale (CPI). Il
l’est sur la base d’accusations présentées lundi 14 juillet par le
procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, pour son rôle dans la tragédie
du Darfour. La nature de ces accusations est, à la mesure des faits,
d’une gravité exceptionnelle. Elle s’appuie sur "des preuves sur les
crimes commis dans l’ensemble du Darfour (ouest du Soudan) au cours des
cinq dernières années" pour mettre en cause directement le chef de
l’Etat soudanais.

Le président Al-Bachir compte sur des réflexes d’autodéfense pour
que l’UA et la Ligue arabe s’emploient à torpiller une éventuelle
action de la CPI. Les premiers résultats sont déjà visibles. Hisham
Youssef, chef du bureau du secrétaire général de la Ligue arabe, a
enjoint la CPI de "ne pas politiser" son action et de ne pas s’immiscer
dans les affaires intérieures soudanaises, contestant ainsi la
légitimité de la juridiction, désignée en filigrane comme le bras
judiciaire des pays occidentaux. Une réunion de la direction de l’UA
s’est conclue, elle, par un communiqué rappelant "la préoccupation de
l’UA face à la mise en accusation abusive de dirigeants africains".

Pourtant, tous savent à quel point Omar Al-Bachir est coupable. La
dignité serait pour la Ligue comme pour l’UA de se désolidariser de
ceux qui humilient et martyrisent l’Afrique et le monde arabe.

Article paru dans l’édition du 15.07.08



Omar Al-Bachir, le symbole d’un régime sanglant et autoritaire


LE MONDE | 14.07.08 |

NAIROBI, CORRESPONDANT

Le président soudanais Omar Al-Bachir, le 16 février 2007 à Cannes.

AFP/PATRICK KOVARIK

Le président soudanais, Omar Al-Bachir, le 16 février à Cannes.

En deux décennies au pouvoir, il semblait en mesure de résister à
tout. Avec sa mise en cause, lundi 14 juillet, par la Cour pénale
internationale (CPI) pour les crimes commis au Darfour, voilà le
président soudanais, Omar Al-Bachir, confronté à l’épreuve la plus
difficile d’une existence sortie du rang. Quel chemin parcouru depuis
sa naissance en 1944 dans une famille de paysans pauvres du nord de
Khartoum ! En guise de capital, Omar Al-Bachir ne possède alors que son
appartenance à l’une des trois tribus qui monopolisent le pouvoir au
Soudan depuis l’indépendance. Il est entré tôt dans l’armée, y a gravi
les échelons sans éclat, a complété sa formation de parachutiste en
Egypte, prenant part à la guerre contre Israël en 1973, avant de
combattre sans gloire, de retour au Soudan, la rébellion sudiste. Vers
la fin des années 1980, ce n’est qu’un officier supérieur anonyme, à
peine remarquable par sa piété.

Puis vient un matin, avant l’aube, le 30 juin 1989. Le régime
parlementaire soudanais, à bout de souffle, s’effondre lorsque des
unités de l’armée prennent l’aéroport, le palais présidentiel et
bloquent les rues de Khartoum. Un groupe de quinze officiers vient de
prendre le pouvoir, avec le soutien décisif de cellules islamistes. A
la tête de la junte, on découvre Omar Al-Bachir, arrivé quelques jours
plus tôt dans la capitale avec 175 hommes. Pourquoi lui? "Il avait
l’avantage d’être un militaire, alors que l’armée était jugée hostile
aux islamistes, mais surtout d’être considéré comme un homme très
limité intellectuellement, et par conséquent inoffensif pour ceux qui
tiraient les ficelles du coup d’Etat", se souvient Gérard Prunier,
spécialiste du Soudan (auteur de Darfour, The Ambiguous Genocide,
Cornell University Press).

Les premiers temps, il est impossible de déterminer quelles mains
tiennent le pouvoir. Derrière la junte militaire, un parti, le Front
national islamique (NIF), tire les ficelles. Hassan Al-Tourabi, le
cerveau de la coalition islamiste à l’œuvre, tient à avancer masqué.
Après le putsch, le "cheikh" Turabi est arrêté pour sauver les
apparences. A sa sortie de prison, il s’installe dans son rôle
d’éminence grise, au milieu d’âpres luttes entre factions, qui
s’arrachent des pans du pouvoir.

D’entrée, Omar Al-Bachir, l’homme de paille, prétend jouer à
l’homme de fer. Quelques jours après le coup d’Etat, il prend la parole
dans un meeting, Coran dans une main, Kalachnikov dans l’autre : "Toute
personne qui trahit la patrie ne bénéficie pas du droit de vivre."
Principe aussitôt mis en application. En avril 1990, 28 officiers sont
exécutés. D’autres suivront, alors que se multiplient purges,
arrestations, chambres de tortures secrètes, amputations,
flagellations. Au Sud Soudan, la sale guerre contre la rébellion
sudiste s’amplifie, avec l’organisation de forces paramilitaires, les
Forces de défense populaires, et des milices recrutées au sein des
tribus arabes, qui vont laisser un sillon de feu et d’abomination dans
les villages.

A Khartoum, Hassan Al-Turabi, maître de l’ombre, tisse des
paradoxes soyeux, émaille ses discours de délicates allusions au Coran
ou aux hadith (dits du Prophète), et met sur pied une internationale
islamiste qui ratisse large. S’installent au Soudan une multitude de
mouvements à vocation islamo-révolutionnaire, certains résolus à
emprunter la voie terroriste. L’un est dirigé par un certain Oussama
Ben Laden, qui ouvre des camps d’entraînement, des entreprises, et se
fait escroquer par le régime soudanais. Il sera discrètement chassé en
1996 à la demande des Etats-Unis lorsque le Soudan tente de se
débarrasser de son étiquette d’Etat voyou.

Celui-ci, justement, attend son heure pour se débarrasser du
président Bachir, que Khartoum appelle pour s’en moquer "l’homme
terrible", et qu’une pichenette du "cheikh" semble pouvoir renvoyer à
son destin obscur. Lorsque Turabi croit venu le moment de s’emparer le
pouvoir, en 1999, il tombe de haut. Proclamation de l’état d’urgence,
chars dans les rues, arrestation du "cheikh", Omar Al-Bachir frappe.
Turabi écarté, Bachir n’est pas pour autant le maître du pouvoir. Ses
ex-fidèles, des étoiles de la galaxie islamiste soudanaise, ont appuyé
la mise à mort politique du "cheikh". Ils entament aussitôt une lutte
sourde entre factions, autour du point aveugle constitué par le
président Bachir.

Les temps ont changé. L’argent du pétrole coule à flots. Khartoum
se hérisse de grues. Le Soudan plonge dans l’une des contradictions
dont le pays est familier. D’un côté, prévaut encore, officiellement,
une ligne islamiste dure, anti-occidentale. De l’autre, on essaie de
renouer des liens avec les Etats-Unis. En faisant la paix avec le Sud,
le pouvoir de Khartoum espère la réhabilitation. C’est alors qu’éclate
dans la région du Darfour, à l’ouest, une nouvelle rébellion. On
applique les recettes expérimentées au Sud pendant plus de vingt ans.

Des milices sont recrutées pour écraser la population. Ils se font
connaître sous le nom de janjawids. Du gouvernement qui n’est souvent
qu’un paravent aux conseillers spéciaux qui contrôlent tout, en passant
par le pouvoir parallèle des services de sécurité, tout un système
s’engage dans la répression au Darfour. Bachir mène-t-il le ballet des
atrocités ou se contente-t-il de l’encourager? Le procureur de la CPI
penche pour la première hypothèse. "Il a été l’homme qui a symbolisé le
régime. Il va payer pour le régime", conclut Gérard Prunier.

Jean-Philippe Rémy

Khartoum rejette la demande d’inculpation de la CPI

Quelques heures après l’annonce du procureur de la Cour pénale
internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, qui a demandé l’arrestation
d’Omar Al-Bachir pour "génocide, crimes contre l’humanité et crimes de
guerre au Darfour", le Soudan a fait savoir, lundi, qu’il rejetait
cette demande d’inculpation.

"Maintenant nous sommes contre la CPI et nous rejetons toute
décision de la CPI", a affirmé un porte-parole du gouvernement
soudanais."Si la CPI transmet l’affaire à l’ONU, alors nous aurons une
nouvelle réaction", a-t-il ajouté, sans plus de précisions.

L’ONU a relevé le niveau d’alerte pour son personnel travaillant au
Darfour, notamment au sein de la force mixte ONU-Union africaine
(Minuad) chargée du maintien de la paix, et des ambassades occidentales
ont recommandé à leurs ressortissants de limiter leurs déplacements au
Soudan, craignant le déclenchement de violences. –(Avec AFP)

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