La France serait-elle sous le diktat des nouveaux censeurs, des nouveaux gardiens de l’ordre établi???


"Si
Siné s’était excusé…, il n’y aurait plus eu d’affaires et sa
chronique aurait été maintenue"…


S’excuser de quoi, auprès de qui et
pourquoi???


 Messieurs Askolovitch, Val ou Levy seraient-ils les
nouveaux censeurs de la presse ou de la vie publique française? les
nouveaux gardiens de l’ordre établi?? qui decident en toute subjectivité
de ce qui est antisémite ou de ce qui de l’est pas…avec en prime
l’instrumentalisation de véritables procès en sorcellerie contre tous ceux qui ne
pensent pas comme eux, n’appatiennent pas au même microcosme bien-pensant qu’eux, ou ne vouent pas le même culte aux "Sarkozy" qu’eux…


Il y a de quoi s’inquiéter sérieusement de la tornure prise par l’intorance et l’exclusion élitaires ou communautaires en France.

Je vous remercie

https://i0.wp.com/tempsreel.nouvelobs.com/file/537730.jpg

L’éviction de Siné de "Charlie Hebdo" prend un tour juridique
LEMONDE.FR | 23.07.08 | 20h51

e poing levé, un "Siné et Mirabeau" annonce qu’il ne partira "que par la force des baïonnettes"… Le chroniqueur et caricaturiste a soumis cette chronique à Charlie Hebdo,
dont il estime toujours faire partie. Mais le rédacteur en chef de
l’hebdomadaire Philippe Val l’a refusée, et estime que Siné est parti
de lui-même, après qu’il lui eut reproché une chronique ironisant sur
une éventuelle conversion au
judaïsme de Jean Sarkozy
avant son mariage annoncé avec la fille du fondateur des magasins
Darty. Philippe Val "laisse seulement croire que j’ai
démissionné, ce qui est absolument faux. Je continuerai donc, jusqu’à
la réception d’une lettre officielle de licenciement"

, explique le caricaturiste dans sa diatribe, qui a été diffusée sur
des sites internet de presse. Pour lui, l’enjeu de cette affaire est la
liberté de la presse :

Reste que le "licenciement" du caricaturiste
relève du droit du travail, et reste à régler. Siné devrait en effet
lancer une procédure pour licenciement abusif dans les prochains mois.
Selon un de ses avocats, l’auteur pourrait demander deux ans
d’indemnités.
 
PLAINTE POUR DIFFAMATION

Sur le
fond, l’auteur a également décidé d’attaquer en diffamation le
chroniqueur Claude Askolovitch, qui avait réagi à son texte sur RTL. "Je
poursuis en correctionnelle l’imprudent journaliste qui s’est permis de
me traiter d’"antisémite" sur les ondes de RTL à une heure de grande
écoute et de répéter les propos de son pote Val me qualifiant, en plus
d’antisémite, d’"ordure""
, mentionne Siné dans son dernier billet.

La première audience devrait avoir lieu à l’automne. "J’ai l’impression que nous partons pour un gros procès, avec moult témoins", confie Me Dominique Tricaud, avocat de Siné. "Quand
je vois le nombre de choses qui ont été écrites depuis dix jours, je
pense que cette littérature pourrait bien se retrouver par voie de
témoin au tribunal"
, explique-t-il. "Même M. Askolovitch ne
soutient pas que la chronique soit antisémite, ce qu’il soutient, c’est
qu’une interprétation qu’il fait lui serait antisémite. Or, jusqu’à
preuve du contraire, une interprétation est une chose personnelle,
subjective et relative"
, argumente l’avocat.

Sur le site du Nouvel Observateur, Claude Askolovitch a rétorqué que "Siné est libre de porter plainte, comme il est libre d’écrire des insanités, comme je suis libre de les relever". "Si Siné s’était excusé, comme il s’y était engagé auprès de Charlie-Hebdo la semaine dernière, il n’y aurait plus eu d’affaires et sa chronique aurait été maintenue", poursuit-il.

Le Monde.fr

NOUVELOBS.COM | 23.07.2008 |

Siné, dont la chronique
hebdomadaire n’a pas été publiée, mercredi 23 juillet, par Charlie
Hebdo avec lequel il est en conflit après un texte accusé
d’antisémitisme, a fait parvenir à nouvelobs.com le texte non paru. Le
dessinateur, qui affirme n’avoir pas été formellement licencié de
Charlie après l’affaire concernant sa chronique sur une supposée
conversion au judaïsme de Jean Sarkozy, a tenu à envoyer son texte
"comme chaque semaine" à l’hebdomadaire. Il affirme que Philippe Val
lui a demandé sa démission mais qu’il a refusé et compte donc
poursuivre sa collaboration au journal.

Nous publions
ci-dessous la version retranscrite de la chronique, pour accéder à la
chronique dans sa version originale, cliquez ici.

"Je ne partirai que par la force des baïonnettes !

"Il
a préféré s’exclure de nos colonnes et je le regrette." C’est dans ces
termes que Philippe Val terminait son éditorial dans le dernier
Charlie. Mes avocats sont formels : cela ne signifie aucunement que je
sois viré. Il laisse seulement croire que j’ai démissionné, ce qui est
absolument faux. Je continuerai donc, jusqu’à la réception d’une lettre
officielle de licenciement à envoyer régulièrement ma rubrique ! Je
vais, aujourd’hui, vous dire mon intime conviction : Philippe Val ayant
tous les pouvoirs à Charlie et régnant en maître absolu sans jamais
tenir aucun compte de l’avis de ses collaborateurs, m’en voulait à mort
d ‘être le seul résistant depuis la mort de Gébé et d’écrire, dans ce
qu’il appelait, avec un certain culot, "SON" journal, des propos
souvent diamétralement opposés aux siens. Il caressait, depuis
longtemps, l’envie de m’évincer mais craignait de violentes réactions.
(A juste titre, car on assiste, depuis une semaine, à un véritable
tsunami de protestations indignées). Il n’osait m’attaquer de front,
mais m’asticotait souvent, me demandant lui-même ou par sectateurs
interposés, de changer un mot ou de corriger une phrase qui le
choquait. L’excuse invoquée, à tous les coups, était la crainte d’un
procès. Certains de mes propos pouvaient, d’après lui, être mal
interprétés et passer pour homophobes, antiféministes mais, le plus
souvent, antisémites. Je luttais pied à pied mais abandonnais toujours
et finissais par trouver une formule moins percutante mais qui le
satisfaisait. (Je ricane doucement quand il prétend ne pas avoir lu mon
texte car, quand il ne les épluchait pas lui-même, il envoyait au
charbon Gérard Biard, Oncle Bernard ou carrément Richard Malka, son
avocat (qui est aussi celui de Clearstream !) Ma dernière "zone" où je
prenais la défense de Denis Robert l’a mis dans tous ses états. Fou de
rage, il a confié le soin à l’un de ses copains, n’osant le faire
lui-même, un dénommé Askolovitch du Nouvel Obs, de me régler mon
compte. Je vous fais grâce des épisodes sordides et la plupart du
temps, douloureux, au cours desquels Charb, que j’appelais jusque là
affectueusement mon "neveu", s’est conduit d’une façon invraisemblable
qui défie toutes les lois de l’amitié ! Je ne l’ai pas encore digéré,
j’en ai gros sur la patate ! Au final, je poursuis en correctionnelle
l’imprudent journaliste qui s’est permis de me traiter d’"antisémite"
sur les ondes de RTL à une heure de grande écoute et de répéter les
propos de son pote Val me qualifiant, en plus d’antisémite, d’« ordure
» ! Ils vont apprendre qu’on ne diffame pas impunément ! Quant à mon
supposé antisémitisme, je n’ai jamais été antisémite, je ne suis pas
antisémite, je ne serai jamais antisémite. Je condamne radicalement
ceux qui le sont mais je n’ai guère d’estime non plus pour tous ceux,
juifs ou non, qui jettent inconsidérément ce mot abject à la gueules de
leurs adversaires pour les déconsidérer sachant que cette accusation
est l’insulte suprême depuis la Shoah. Cela devient proprement
insupportable ! En ce qui me concerne, j’éprouve autant d’antipathie
pour tous ceux qui, encore une fois, juifs ou non, qui défendent le
régime israélien que pour ceux qui défendaient l’apartheid en Afrique
du Sud. Depuis 60 ans, j’ai toujours lutté contre toute forme de
racisme et si j’avais eu l’âge de cacher des Juifs pendant
l’Occupation, je l’aurais fait sans hésiter, comme je l’ai fait pour
les Algériens pendant la guerre d’Algérie. Je suis du côté de tous les
opprimés ! Si Val me cherche des poux dans la tête, peut-être est-ce
pour remercier le président de la République de lui avoir manifesté son
soutien au cours du procès des caricatures de Mahomet ? Je sais qu’il
me prépare un coup fourré… Il est en train de trier fébrilement tout le
courrier ne gardant, pour les publier, que les lettres hostiles
beaucoup moins nombreuses. Le pire est qu’il va publier aussi des
lettres d’antisémites notoires, genre Dieudonné et consorts, me
félicitant… D’avance je dénonce cette entourloupe qui ne convaincra, je
l’espère, que les convaincus. Les autres ne seront pas dupes de ce
stratagème déloyal. Je suis très déçu de l’attitude de la plupart des
collaborateurs du journal qui n’ont pas su saisir la balle au bond
quand leur « patron » a menacé de démissionner s’ils ne me désavouaient
pas tous, tant pis mais LA LUTTE CONTINUE !"

 

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9 commentaires pour La France serait-elle sous le diktat des nouveaux censeurs, des nouveaux gardiens de l’ordre établi???

  1. Joël Didier dit :

    De quoi Siné est-il le nom ? 

    Point de vue
    , par Bernard-Henri Lévy
    LE MONDE | 21.07.08 |
    Cette affaire est tout de même extraordinaire.
    Voilà
    un humoriste – Siné – qui donne à son journal une chronique où il dit,
    en substance, que la conversion au judaïsme est, dans la France de
    Sarkozy, un moyen de réussite sociale et qu’il préfère "une musulmane
    en tchador" à "une juive rasée" (sic).
    Voilà un directeur –
    Philippe Val – qui rappelle au chroniqueur le pacte fondateur qu’est,
    pour Charlie Hebdo, leur journal, le refus catégorique de toute forme
    d’antisémitisme ou de racisme et qui lui demande, en conséquence, de
    s’excuser ou de s’en aller.
    Et voilà la blogosphère, puis la
    presse, qui, au terme d’un renversement des rôles ahurissant,
    transforment l’affaire Siné en affaire Val et, au lieu de pointer,
    analyser, stigmatiser, le dérapage du premier ne s’intéressent plus,
    soudain, qu’aux "vraies" raisons, forcément cachées, nécessairement
    obscures et douteuses, qui ont bien pu pousser le second, voltairien
    notoire, apôtre déclaré de la liberté de critique et de pensée,
    défenseur en particulier des caricaturistes de Mahomet, à réagir, cette
    fois, en censeur offusqué (la main du "lobby" ? celle de Sarkozy
    lui-même ? un règlement de comptes inavoué et dont l’humoriste ferait
    les frais ? tout y est passé, jusqu’à la nausée…).
    A ce degré
    de confusion, la mise au point s’impose – et, sine ira et studio, sans
    colère ni enthousiasme, le rappel des principes simples que l’on a,
    dans cette empoignade, tendance à perdre de vue.
    1.
    La critique voltairienne des religions, de toutes les religions, est
    une chose – saine, bien venue, utile à tous et, en particulier
    peut-être, aux croyants eux-mêmes. Le racisme, l’antisémitisme, en sont
    une autre – odieuse, inexcusable, mortelle pour tout le monde et que
    l’on ne saurait, en aucun cas, confondre avec la première.
    La
    distinction n’était pas si nette chez Voltaire qui était, comme chacun
    sait, raciste et antisémite. Elle l’est depuis Voltaire, chez les
    meilleurs de ses héritiers et, en particulier, dans le journal de
    Philippe Val. Les vraies Lumières ? Les Lumières de notre temps ?
    Critiquer les dogmes, pas les personnes.
    Bouffer du curé, du
    rabbin, de l’imam – jamais du "Juif" ou de l’"Arabe". Etre solidaire,
    bien entendu, de caricaturistes qui se moquent du fanatisme et le
    dénoncent – mais s’interdire, fût-ce au prétexte de la satire, la
    moindre complaisance avec les âmes glauques qui tripatouillent dans les
    histoires de sang, d’ADN, de génie des peuples, de race. C’est une
    ligne de démarcation. Soit, à la lettre, un principe critique. Et c’est
    là, dans le strict respect de cette ligne, qu’est, au sens propre, la
    pensée critique.
    2. La question n’est pas de
    savoir si tel ou tel – en l’occurrence Siné – "est" ou "n’est pas"
    antisémite. Et l’on se moque bien des brevets de moralité que croient
    bon de lui octroyer ceux qui, comme jadis pour Dieudonné ou, plus tôt
    encore, pour Le Pen, disent le connaître "de longue date" et savoir "de
    source sûre" que l’antisémitisme lui est étranger.
    Ce qui
    compte ce sont les mots. Et ce qui compte, au-delà des mots, c’est
    l’histoire, la mémoire, l’imaginaire qu’ils véhiculent et qui les
    hantent. Derrière ces mots-là, une oreille française ne pouvait pas ne
    pas entendre l’écho de l’antisémitisme le plus rance.
    Derrière
    cette image d’un judaïsme tout-puissant auquel un Rastignac
    contemporain se devrait de faire allégeance, elle ne pouvait pas ne pas
    reconnaître l’ombre de notre premier best-seller antisémite national :
    "Les Juifs, rois de l’époque", d’Alphonse Toussenel (1845). C’est
    ainsi. C’est affaire, non de psychologie, mais d’acoustique, donc de
    physique, de mécanique.
    Et quand on est face à ça, quand on
    voit un vieil humoriste – qui, en effet, ne sait sans doute pas
    vraiment ce qu’il dit – manipuler des chaînes signifiantes qui ont
    toujours, partout, avec une régularité implacable, mis le feu dans les
    esprits, la juste attitude n’est pas de minimiser, ratiociner, discuter
    à perte de vue des dosages respectifs, dans l’énoncé incriminé, du
    poison de la haine et de l’excipient gentiment ricaneur – elle est de
    déclencher, sans attendre, ce que Walter Benjamin appelait les
    "avertisseurs d’incendie".
    3. L’antisémitisme
    – comme, naturellement, le racisme – est un délit qui ne souffre ni
    circonstances atténuantes ni excuses. La chose devrait aller de soi.
    Hélas, ce n’est pas le cas. Car il y a une excuse au moins qui, depuis
    l’affaire Dreyfus, semble marcher à tous les coups et instaurer une
    sorte de clause de la haine la mieux autorisée.
    C’est celle qui
    consiste à dire : non à l’antisémitisme, sauf s’il s’agit d’un grand
    bourgeois, officier supérieur de l’armée française. Ou : non à
    l’antisémitisme sauf si l’enjeu est un symbole du Grand Capital, un
    banquier juif, un ploutocrate, un Rothschild. Ou : sus à
    l’antisémitisme, cette peste des âges anciens que le progressisme a
    terrassé – sauf s’il peut se parer des habits neufs d’un antisarkozysme
    qui, lui non plus, ne fait pas de détail et ne recule devant rien pour
    l’emporter.
    Ainsi parlait Alain Badiou quand, dans un livre
    récent, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, il s’autorisait de sa juste
    lutte contre l’"immonde" pour réintroduire dans le lexique politique
    des métaphores zoologiques ("les rats"… "l’homme aux rats"…) dont
    le Sartre de la préface aux Damnés de la terre avait pourtant démontré,
    sans appel, qu’elles sont toujours la marque du fascisme.
    Et
    ainsi pensent aujourd’hui, non seulement les "amis" de Siné
    pétitionnant à tour de bras en sa faveur, mais tous ceux qui, sous
    prétexte que le Rastignac qu’il avait en ligne de mire était le propre
    fils du Président honni, sont comme tétanisés et interdits
    d’indignation – vieux reste d’antidreyfusisme ; dernière perle lâchée
    par l’huître d’un guesdisme dont la doctrine était qu’il y a un bon
    usage, oui, des pires maladies de l’esprit ; misère.
    4.
    S’il y a bien un argument que l’on a honte d’avoir à entendre encore
    dans la bouche de ceux qui trouvent qu’on fait à Siné un mauvais
    procès, c’est celui qui plaide : "Siné est un vieux libertaire, un
    attardé de l’anarchisme, un rebelle – comment voudrait-on que cet
    homme-là trempe dans cette saloperie ? comment ose-t-on confondre sa
    révolte tous azimuts avec cette passion ciblée qu’est la fureur
    antisémite ?"
    Eh bien justement. Cet argument est lamentable
    car il ignore tout des ambiguïtés d’une tradition dont une des
    spécialités a toujours été, justement, de passer de la rage tous
    azimuts à sa concentration antisémite : les anarcho-syndicalistes du
    début du XXe siècle ; les partisans de l’action directe proposant,
    soixante-dix ans plus tard, de "jeter" les Juifs sur "le fumier de
    l’Europe" (Ulrike Meinhoff, dirigeante de la Bande à Baader)…
    Cet
    argument est pitoyable car il fait, ou feint de faire, comme si
    l’esprit de révolte, le non-conformisme, étaient un imparable vaccin
    contre ces tentations funestes : c’est faire bon marché du courant dit,
    précisément, des "non-conformistes des années 1930" et de l’énergie
    qu’il mit à fournir à l’antisémitisme de son temps ses armes et ses
    raisons (il convient, sur le sujet, de lire et de relire le classique
    de Jean-Louis Loubet del Bayle)…
    Cet argument est dénué de
    sens, enfin, car il laisse supposer qu’un homme de gauche, un
    progressiste, serait immunisé, par nature, contre le pire : or on sait
    que, s’il n’avait, ce pire, qu’une vertu, ce serait de brouiller,
    pulvériser ce type de frontière et de provoquer, de gauche à droite, un
    chassé-croisé sémantique permanent, vertigineux, terrible (des fameuses
    "sections beefsteak", brunes dehors, rouges dedans, nées de l’entrisme
    communiste dans les organisations de masse hitlériennes jusqu’au
    recyclage, par l’islamo-gauchisme d’aujourd’hui, des scies de
    l’ultradroite, les exemples, hélas, abondent)…
    5.
    Un tout dernier mot. Il faudrait, ânonne l’opinion, veiller à ne pas
    tomber dans le conformisme d’un politiquement correct, voire d’une
    police de la pensée et du rire, dont le seul effet sera d’empêcher les
    humoristes d’exercer leur libre droit de se moquer de tout et de tous.
    Soit. Sauf que, là aussi, il faut s’entendre. Et oser, surtout, poser
    la question. Et si "politiquement correct" était aussi le prédicat d’un
    discours et, en la circonstance, d’un humour qui s’interdirait le
    racisme, l’antisémitisme, l’appel au meurtre ?
    Et si cette
    volonté de rire de tout et de tous, tranquillement, sans entrave,
    exprimait juste la nostalgie du bon temps de la blague à l’ancienne,
    bien grasse, bien salace, quand personne ne venait vous chercher noise
    si l’envie vous prenait de vous lâcher contre les "ratons", les
    "youpins", les "pédés", les femmes ?
    Et si les temps,
    précisément, avaient changé et qu’il appartenait aux humoristes, non
    moins qu’aux écrivains, aux artistes, de prendre acte de ce changement
    en admettant qu’on ne rit plus aujourd’hui, ni tout à fait des mêmes
    choses, ni tout à fait de la même manière, qu’au temps des années 1930
    ou 1950 ?
    Allons, Siné. Tu as encore le choix. Ou bien la
    répétition, le stéréotype, le même éternel retour du même humour de
    cabaret qui ne te fait, j’en suis sûr, plus rire toi-même – mécanique
    plaquée sur du vivant, ignominie couplée avec du cliché, gâtisme
    assuré. Ou bien changer de disque, inventer, te libérer et faire de ton
    humour l’aventure d’une liberté retrouvée et ajustée aux libertés du
    jour – jeunesse à volonté, talent, modernité.
    Je ne pense pas
    qu’on en ait "trop fait" sur cette affaire Siné. Aussi minuscule
    qu’elle semble, c’est une de ces "sécrétions du temps" dont Michel
    Foucault disait qu’elles n’ont pas leur pareil pour refléter,
    condenser, télescoper, l’esprit et le malaise d’une époque.

    Bernard-Henri Lévy est philosophe.
    Article paru dans l’édition du 22.07.08

  2. Joël Didier dit :

    Ce rappel à l’ordre établi ci-dessus de Siné par le gardien du temple
    élitaire montre combien la France de Nicolas Sarkozy est devenue une
    France coincée et constipée, qui fait la gueule à tout le monde, et
    n’admet l’humour et la dérision que s’ils sont portés par les
    réprésentants auto-désignés des differentes communautés. Mais à force
    de voir de l’antisémitisme partout, les bien-pensants du Prince en
    viendront à couper définitivement les juifs de tous les autres
    français.Est-ce peut-être l’objectif???

    Tout antisarkozyste est-il un chien ?, par Alain Badiou

    LE MONDE | 24.07.08 | 11h24  •  Mis à jour le 24.07.08 | 12h07es ennemis de toute politique autre que celle qu’ils nomment très à tort "démocratie",
    vu qu’elle est, de notoriété publique, le pouvoir d’une maigre
    oligarchie de dirigeants d’entreprise, de détenteurs de capitaux, de
    politiciens consensuels et de stars médiatiques, ont inventé depuis
    quelques années un truc dont ils usent maintenant contre quiconque leur
    déplaît : insinuer qu’il est antisémite. J’ai l’honneur d’être flanqué
    de vrais professionnels de cette insinuation.
    S’agissant de mon avant-dernier livre, De quoi Sarkozy est-il le nom ?,
    qui a plu à pas mal de monde, et qu’il fallait de ce fait même
    stigmatiser le plus vite possible, il était dur d’y trouver, même en
    mentant comme un arracheur de dents, de quoi alimenter le truc de
    l’antisémitisme. Pas la moindre allusion au mot "juif". Eh bien, les professionnels de la délation, les sycophantes, en ont trouvé quand même ! M. Assouline a remarqué, sur son blog, que je traitais de "rats" les socialistes entrés au gouvernement Sarkozy, et, par voie de conséquence, Sarkozy lui-même, d’"homme aux rats".Quelqu’un
    de très modérément cultivé sait aussitôt que j’entrelace ici, non sans
    une subtilité rhétorique qui mériterait des éloges, la métaphore des
    rats qui quittent le navire, la légende du joueur de flûte qui entraîne
    les rats hors de la ville, et le cas, décrit par Freud, de "l’homme aux rats"
    comme exemple type de l’obsession. M. Assouline est-il cultivé ? Il
    sait en tout cas où il veut en venir. Depuis la dernière guerre et les
    nazis (suivez mon regard), proclame-t-il, personne n’a plus traité qui
    que ce soit de rat. Par ailleurs, il y a des juifs dans la généalogie
    de Sarkozy. Donc… Vous voyez ? Hein ? Vous voyez bien ? Le plus
    drôle est que le chef de file des intellectuels médiatiques commis à la
    Restauration, Bernard-Henri Lévy, saute sur l’occasion, sans citer du
    reste sa source, M. Assouline. Citons, nous, BHL (dans Le Monde du 22 juillet) : "Dans un livre récent, De quoi Sarkozy est-il le nom ?,
    Alain Badiou s’autorisait de sa juste lutte contre l’ immonde pour
    réintroduire dans le lexique politique des métaphores zoologiques ( les
    rats … l’homme aux rats ) dont le Sartre de la préface aux Damnés de la
    terre avait pourtant démontré, sans appel, qu’elles sont toujours la
    marque du fascisme." Alors là ! Sartre ! Tout du long de l’essai fondamental Les Communistes et la paix, écrit au début des années 1950 (Les Temps modernes, 1952), il appelle "rats" les anticommunistes. Il le fait certainement avec d’autant plus de bonne humeur qu’il a été lui-même traité de "hyène dactylographe", non par les fascistes, mais par ses alliés communistes. Le même Sartre avait du reste prononcé la sentence fameuse : "Tout anticommuniste est un chien."
    Comme quoi, bien après la guerre, les animaux étaient mis à
    contribution de toutes parts… Pendant la campagne électorale, Nicolas
    Sarkozy comme Ségolène Royal ont fait l’éloge de Tony Blair. Utilisant
    une comparaison chinoise, je les ai appelés des "blaireaux de la même colline". Blair, blaireaux… Que les délateurs prennent note : j’ai ajouté aux "métaphores zoologiques" l’ignominie des jeux de mots sur les noms propres. Aucun respect de la personne humaine.Eh bien, finalement, je plaide coupable. J’utilise en effet sans remords les "métaphores zoologiques".
    Ce qui caractérise la politique, même si le capitalo-parlementarisme
    pousse sa domination jusqu’à vouloir nous le faire oublier, c’est qu’il
    y a des ennemis. Et pourquoi diable, si ce sont de vrais ennemis, me
    serait-il interdit de les injurier ? De les comparer à des vautours, à
    des chacals, à des butors, à des linottes sans tête, et même à des
    rats, à des vipères, lubriques ou pas, voire à des hyènes,
    dactylographes ou pas ? On ne peut pas toujours comparer les gens à des
    aigles, comme on l’a fait pour Bossuet, ni même à des bœufs, comme ce
    fut le cas pour le président du conseil Joseph Laniel, ou encore à des
    renards, comme c’était courant s’agissant de Mitterrand.Et puis,
    mesdames, messieurs, un peu d’humour. A supposer que Ségolène Royal me
    fasse penser à une chèvre peinte et le premier ministre Fillon à une
    fouine endormie, ne croyez pas, quel que soit votre animal favori,
    qu’il faille grimper au plafond !Alain Badiou est philosophe

  3. Fabienne dit :

    "Siné pouvait lever le malentendu dès l’origine en corrigeant ses propos"…Corriger quels propos, à quelle fin et pourquoi??? Messieurs Askolovitch, Val, Levy, Joffrin… seraient-ils les nouveaux censeurs de la presse ou de la vie publique française? les nouveaux gardiens de l’ordre établi?? qui decident en toute subjectivité de ce qui est antisémite ou de ce qui de l’est pas…avec en prime l’instrumentalisation de véritables procès en sorcellerie contre tous ceux qui ne pensent pas comme eux, n’appatiennent pas au même microcosme bien-pensant qu’eux, ou ne vouent pas le même culte aux "Sarkozy" qu’eux…Il y a de quoi s’inquiéter sérieusement de la tornure prise par l’intolérance et l’exclusion élitaires ou communautaires en France.Je vous remercie

    Rebonds

    «Charlie Hebdo» : sanctionner l’antisémitisme

    laurent Joffrin

    QUOTIDIEN : vendredi 25 juillet 2008

    Directeur de Charlie Hebdo, Philippe Val ne
    pouvait laisser passer sans réagir des écrits antisémites dans son
    propre journal. Tel est le fond de l’affaire qui agite depuis quelques
    jours les bataillons quelque peu cacochymes de l’extrême gauche
    «antisioniste».

    On dit que les écrits de Siné ne sont pas antisémites ? Quelle
    blague ! Le polémiste lourdingue associe dans la même phrase le juif,
    l’argent et le pouvoir, en expliquant que l’alliance avec le premier
    vous donnera les deux autres… Si ce cliché n’est pas antisémite, alors
    les écrits de Drumont, de Maurras, et de Brasillach, ne le sont pas non
    plus.

    Charlie Hebdo est un journal libre, sympathique, notoirement
    connu pour ses prises de position antiracistes. Comment aurait-il pu se
    taire après avoir imprimé quelques insanités qui réveillent la vieille
    et funeste tradition de l’antisémitisme de gauche ? On connaît tout de
    même la chanson : «Les juifs, c’est l’argent, l’argent c’est le
    capitalisme, nous sommes contre le capitalisme attaquons les juifs !»
    Voir Proudhon, Guesde, Déat… Voir les débats à gauche au début de
    l’affaire Dreyfus («On ne va pas défendre un bourgeois!»)
    S’agit-il d’un malentendu ? Dans ce cas, Siné pouvait le lever dès
    l’origine en corrigeant ses propos. S’il ne l’a pas fait c’est qu’il
    n’y a pas malentendu. Siné pense ce qu’il écrit, il le maintient. C’est
    son refus de tout correctif qui a créé l’affaire.
    Publier, c’est choisir. Choisir de ne rien dire après avoir publié
    Siné, c’est choisir l’antisémitisme. On n’attend pas d’un journal qu’il
    soit le simple réceptacle des éructations plus ou moins bienvenues de
    tel ou tel folliculaire. On attend de lui qu’il respecte ses valeurs et
    ses lecteurs.
    On dira que Charlie s’est mobilisé contre l’islamisme et que
    le journal ne peut, en conséquence, censurer des attaques symétriques
    contre les juifs. C’est introduire la confusion dans les esprits :
    attaquer une religion n’est pas attaquer une race. Réprouver
    l’intégrisme musulman et dénoncer le pouvoir supposé des juifs ce n’est
    pas la même chose. On est anti-intégriste dans le premier cas, raciste
    dans le second.
    On choisit sa religion, on ne choisit pas sa race. L’islamisme est
    une religion devenue idéologie politique, soumise comme toutes les
    autres au feu de la critique et de la satire. Le fait d’être juif n’est
    pas un choix : attaquer les juifs en tant que juifs, comme le fait
    Siné, c’est la définition même du racisme.
    On est un peu accablé d’avoir à rappeler ces principes élémentaires. C’est simplement parce que les pétitionnaires anti-Charlie les oublient.

    http://www.liberation.fr/rebonds/341125.FR.php
    © Libération

  4. fabienne dit :

    Affaire Siné : «Val voit de l’antisémitisme subliminal»

    LIBERATION.FR : mercredi 30 juillet 2008«Dans l’affaire Siné,
    il n’y a pas d’outrage ou d’injure envers un groupe religieux dans son entier, estime
    Me Christophe Bigot, avocat spécialisé en droit de la presse, la volonté de
    Philippe Val est d’aller au-delà de la loi, c’est une forme de terrorisme
    intellectuel ». Décryptage juridique
    de l’affaire.

    Cette phrase du caricaturiste de Charlie Hebdo est-t-elle
    condamnable, en droit ?Christophe Bigot. «On plaiderait sur cette expression de Siné, je pense qu’elle
    ne serait pas condamnée. Pour qu’elle le soit, il faudrait une assimilation
    claire entre le judaïsme et le fait d’être avide d’argent. Il faudrait en effet
    prêter un trait de caractère, attentatoire à l’honneur, à une communauté de
    personnes en raison de sa religion, ou de son origine. Ici, seule la religion
    est concernée. Laurent Joffrin utilise un mot impropre lorsqu’il parle de «race»,
    c’est bien de religion dont il s’agit.Affaire Siné : «Val voit de l’antisémitisme subliminal»

    «Dans l’affaire Siné,
    il n’y a pas d’outrage ou d’injure envers un groupe religieux dans son entier, estime
    Me Christophe Bigot, avocat spécialisé en droit de la presse, la volonté de
    Philippe Val est d’aller au-delà de la loi, c’est une forme de terrorisme
    intellectuel ». Décryptage juridique
    de l’affaire.

    Cette phrase du caricaturiste de Charlie Hebdo est-t-elle
    condamnable, en droit ?Christophe Bigot. «On plaiderait sur cette expression de Siné, je pense qu’elle
    ne serait pas condamnée. Pour qu’elle le soit, il faudrait une assimilation
    claire entre le judaïsme et le fait d’être avide d’argent. Il faudrait en effet
    prêter un trait de caractère, attentatoire à l’honneur, à une communauté de
    personnes en raison de sa religion, ou de son origine. Ici, seule la religion
    est concernée. Laurent Joffrin utilise un mot impropre lorsqu’il parle de «race»,
    c’est bien de religion dont il s’agit.

    Cette lecture est, en l’espèce, très contestable.
    Lorsque je lis : «Jean Sarkozy vient de déclarer vouloir se
    convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée juive, et héritière des
    fondateurs Darty. Il fera du chemin dans la vie ce petit», je comprends
    que ce dernier est prêt à tout pour faire du chemin, y compris changer de
    religion. Qu’il s’agisse du judaïsme, du bouddhisme ou du catholicisme, peu
    importe.

    Philippe Val va-t-il trop loin en licenciant Siné?

    Philippe Val voit de l’antisémitisme subliminal. Cette
    phrase de Siné n’induit absolument pas ce cliché des juifs qui seraient «prêts
    à tout». C’est une interprétation très extensive de l’antisémitisme, qui
    n’est pas en principe celle de la loi. Et c’est dangereux. Il faut faire
    attention avec cette infraction d’injure à raison de la religion. A force d’en
    voir partout, on ne pourra plus parler de religion du tout. Il faut laisser la
    place à une certaine critique et ne pas faire une interprétation extensive de
    la loi, surtout pour Charlie Hebdo qui se prévaut de brocarder la religion.
    Pour moi c’est une forme de terrorisme intellectuel que de considérer ce
    message comme faisant l’analogie entre judaïsme et goût de l’argent.

    Contrairement à l’affaire des caricatures, Charlie Hebdo
    choisit cette fois-ci le parti des religions…

    J’ai déjà été opposé à Charlie Hebdo dans l’affaire des
    caricatures, où je plaidais pour la Grande Mosquée, en première instance.
    Philippe Val possède un épiderme à géométrie variable. Cela ne lui posait en
    effet aucun problème de faire le parallèle entre Mahomet et les poseurs de
    bombes. Et d’assimiler, par là-même, les musulmans aux terroristes. Bien que le
    journal s’en défende, on ne traite pas les religions de la même manière à
    Charlie Hebdo. Cette affaire montre de manière éclatante que les appréciations
    sont très différentes selon qu’il s’agisse du judaïsme ou de l’islam.

    Charlie Hebdo est-il un objet journalistique particulier,
    qui peut aller plus loin que les autres?

    Charlie non. La caricature, très présente dans cet hebdo,
    oui. Cette dernière dispose en effet d’un statut particulier, avec une liberté
    beaucoup plus large. Lorsque l’intention du dessinateur est de faire rire, cela
    va anéantir l’intention raciste, qui peut être présente. Cela s’est produit de
    nombreuses fois, pour des caricatures sur des catholiques ou des musulmans.

    Lors du procès des caricatures, le jugement du tribunal de
    première instance a reconnu que ces dessins faisaient le lien entre la religion
    musulmane et le terrorisme. Ils étaient donc injurieux, mais dans le cadre de
    Charlie Hebdo et avec l’intention humoristique, le journal a été relaxé. La
    Cour d’appel a finalement modifié ce jugement, en affirmant que ces caricatures
    visaient seulement les intégristes. Dieudonné s’est fait relaxer sur ce moyen
    plusieurs fois, la cour considérant qu’il visait uniquement les intégristes
    juifs.

    Mais dans l’affaire Siné, il n’y a pas d’outrage ou d’injure
    envers un groupe religieux dans son entier, la volonté de Val est d’aller au-delà
    de la loi.»

    Réalisé par Clara Martinez.

  5. Joël Didier dit :

    Cette liste commandée des soutiens de Val parle d’elle-même…" Alexandre Adler, Elisabeth Badinter, Bertrand Delanoë,
    Jean-Claude Gayssot, Claude Lanzmann, Bernard Henri-Lévy, Ariane
    Mnouchkine, Fred Vargas, Pascal Bruckner, Blandine Kriegel ou Dominique
    Voynet…"

    Rien de bien surprenant, c’est du déjà vu, du pareil au même, du maintes fois subi…

    C’est malheureusement la fois de trop, car ils se trompent de combat avec Siné et définitivement cause…

    Dommage!!!

    Vingt politiques et intellectuels apportent leur soutien à Philippe Val contre Siné
    NOUVELOBS.COM | 31.07.2008 |

    Sous le titre "Pour Philippe Val, Charlie Hebdo
    et quelques principes", Bertrand Delanoë, Robert Badinter, Elie Wiesel
    ou encore BHL affirment notamment: "Nous ne pouvons supporter de voir
    le démocrate, le défenseur et le garant des principes traité comme s’il
    était l’agresseur et le coupable".

    Elie Wiesel (AP) Vingt
    intellectuels et hommes politiques, dont Bertrand Delanoë, Robert
    Badinter et le prix Nobel de la paix Elie Wiesel, ont signé un texte
    publié dans Le Monde daté du vendredi 1er août en soutien au directeur de la publication de Charlie Hebdo Philippe Val, au sujet de l’affaire du caricaturiste Siné.

    "Pourquoi ne pas admettre l’évidence, à savoir qu’une fois de trop,
    Siné (a) franchi la barrière qui sépare l’humour de l’insulte et la
    caricature de la haine", interrogent les vingt signataires de la
    tribune, intitulée "Pour Philippe Val, Charlie Hebdo et quelques principes".

    "Nous ne pouvons supporter de voir le démocrate, le défenseur et le
    garant des principes traité comme s’il était l’agresseur et le
    coupable", écrivent les auteurs de ce texte en soutien à Philippe Val
    et après avoir énuméré des "dérapages" du caricaturiste.

    "Nous entendons apporter notre entier soutien à Philippe Val et à la rédaction de Charlie Hebdo pour la constance de leur engagement contre le racisme, l’antisémitisme et toutes les formes de discrimination", ajoutent-ils.

    BHL, Adler, Vargas, Bruckner…

    Parmi les signataires figurent Alexandre Adler, Elisabeth Badinter,
    Bertrand Delanoë, Jean-Claude Gayssot, Claude Lanzmann, Bernard
    Henri-Lévy, Ariane Mnouchkine, Fred Vargas, Pascal Bruckner, Blandine
    Kriegel ou Dominique Voynet.

    Dans une chronique publiée le 2 juillet par Charlie Hebdo,
    Siné ironisait sur l’éventualité de la conversion au judaïsme de Jean
    Sarkozy avant son mariage, annoncé par la presse, avec la fille du
    fondateur des magasins Darty.

    Philippe Val avait justifié la fin de la collaboration avec le caricaturiste dans Charlie Hebdo
    en expliquant que les propos de Siné "pouvaient être interprétés comme
    faisant le lien entre la conversion au judaïsme et la réussite sociale
    et ce n’était ni acceptable ni défendable devant un tribunal".

    Siné s’était défendu
    depuis à plusieurs reprises de tout antisémitisme et décidé de porter
    plainte contre "tous ceux" qui le traiteraient de la sorte.

  6. fabienne dit :

    Monsieur Marc Weitzmann, épargnez-NOus votre leçon de morale…

    Prenez des vacances …vous  reviendrez avec des idées plus
    claires et une reelle fraîcheur intellectuelle. Votre fouillis
    anti-Siné va dans tous les sens, il est illisible et incompréhensible.

    Merci

    Rebonds

    Siné, une question de style

    Par Marc Weitzmann, écrivain, journaliste

    LIBERATION.FR : jeudi 31 juillet 2008

    Sur « l’affaire Siné »
    comme on dit, la disproportion entre une anecdote relativement anodine
    et la profusion des débats soulevés aboutit aujourd’hui à l’un de ces
    grands moments de confusion dont, on ne voit pas bien pourquoi, la
    France intellectuelle a le secret depuis quelques années dès lors qu’il
    est question d’«antisémitisme » (que l’on se souvienne du psychodrame de « l’affaire Camus »).
    A priori pourtant les faits semblaient assez simples. Un
    caricaturiste qui n’en est pas à son coup d’essai publie dans
    Charlie-Hebdo, sur la conversion supposée de Jean Sarkozy au judaïsme,
    un propos au goût disons douteux –suffisamment en tous cas pour que le
    directeur de l’Hebdomadaire Philippe Val décide le licenciement après
    avoir envisagé, dans un premier temps, de simples excuses.
    La première chose à remarquer, quelle que soit l’animosité
    personnelle entre Val et Siné, c’est qu’un directeur de journal est
    parfaitement en droit de se séparer de l’un de ses collaborateurs si
    bon lui semble, s’il trouve à tort ou à raison que ce dernier franchit
    des bornes qu’il juge inadmissible ; et si le concerné juge son
    licenciement abusif il peut se pourvoir devant les tribunaux. La
    seconde, c’est que le licencié en question n’est pas tout à fait
    blanc-bleu sur les questions qui fâchent. Il a déjà été rappelé
    abondamment ses propos orduriers sur Carbone 14 lors de l’attentat de
    la rue des Rosiers en 1982 (« je suis antisémite… je veux que chaque juif vive dans la peur sauf s’il est pro-palestinien ») et il n’est pas certain que ceux qui mettent ce « dérapage » sur le compte d’une « grosse connerie »
    due à l’alcool rende service à qui que ce soit. Si l’alcoolisme permet
    les diatribes racistes et les appels à la haine, on ne voit pas bien
    pour quelle raison les militants les plus rances du FN devraient être
    critiqués pour quoi que ce soit. Les mêmes qui, au nom de la liberté
    d’expression, en appellent à Pierre Desproges pour défendre Siné
    oublient que Desproges est justement le premier à avoir dénoncé dans le
    dessinateur un type « gorgé de vin rouge et boursouflé d’idées
    reçues, qui présente à nos yeux blasés (…) la particularité singulière
    d’être le seul gauchiste d’extrême droite de France (…) masquant tant
    bien que mal un antisémitisme de garçon de bain poujadiste sous le
    masque ambigu de l’antisionisme propalestinien ».
    La cause devrait donc être entendue. Mais, parce que Siné incarne pour certains une figure de « l’anarchisme »,
    voici qu’une pétition réunissant près de 2000 signatures (dont Edgar
    Morin, Gisèle Halimi, Guy Bedos…) se met à circuler en sa faveur,
    tandis qu’articles et noms d’oiseaux sifflent de toute part. Et parce
    que Charlie-Hebdo a été en pointe dans le combat pour la diffusion des
    caricatures de Mahomet, le débat se déplace bientôt vers le fameux « deux poids deux mesures »
    : pourquoi censurer une phrase concernant le judaïsme alors qu’on
    autoriserait la diffusion des caricatures de l’Islam ? C’est alors que,
    pour répondre, prennent la plume Bernard-Henri Lévy et à sa suite
    Laurent Joffrin afin de rappeler, « sine ira et studio » pour l’un, «un peu atterré d’avoir à le faire »
    pour l’autre, ce qui semble pour les deux être une série d’évidences
    lumineuses –et là, patatras. L’évidence lumineuse se change en obscur
    dédale.
    Rappelons le passage qui dans l’article de Joffrin a fait bondir à juste titre les internautes : «
    On dira que Charlie s’est mobilisé contre l’islamisme et ne peut en
    conséquence censurer des attaques symétriques contre les juifs. C’est
    introduire la confusion dans les esprits : attaquer une religion n’est
    pas attaquer une race. Réprouver l’intégrisme musulman et dénoncer le
    pouvoir supposé des juifs ce n’est pas la même chose. On est
    anti-intégriste dans le premier cas, raciste dans le second. On choisit
    sa religion, on ne choisit pas sa race. (…) Le fait d’être juif n’est
    pas un choix. » … Cette dernière phrase, alors même que Siné s’en
    prend à la conversion volontaire supposée de Jean Sarkozy, n’est pas la
    moins absurde, et s’excuser trois jours plus tard de l’emploi –par deux
    fois- du mot « race » accolé aux Juifs dans ce passage ne fait
    guère qu’ajouter la désinvolture à la désinvolture. Ici tout est faux à
    force d’être mal dit. Une question très profonde, peut-être même la
    seule qui vaille, est agitée sans que l’on se donne les moyens de la
    penser (On pourrait se demander d’ailleurs au passage si ce n’est pas
    ce genre d’à-peu-près qui permet tous les dérapages). Cette question
    est celle du déterminisme et du libre-arbitre. Dans quelle mesure un
    être peut-il s’abstraire de ce dont il vient ? Dans quelle mesure
    peut-on –et dans quelle mesure faut-il vouloir- se libérer de ses
    appartenances, que celles-ci soient religieuses ou ethniques mais aussi
    sociales, historiques, voire sexuelles ? Les années quatre-vingt dix
    nous ont permis de toucher du doigt l’utopie de la fin de l’histoire et
    de la fin des appartenances dans toute son ambigüité, avant que la
    décennie présente ne nous ramène au chaos identitaire extrême. Quoi
    qu’il en soit, C’est bel et bien l’humour, voire la caricature, qui
    permet la mise à distance de l’identité –mise à distance qui n’est pas
    tout à fait la même chose que son affranchissement. Et quand
    Bernard-Henri Lévy affirme, avec le sérieux qui le caractérise, que « les choses ont changé » et qu’il appartient «
    aux humoristes non moins qu’aux écrivains, aux artistes, de prendre
    acte de ce changement en admettant qu’on ne rit plus aujourd’hui ni
    tout à fait des mêmes choses ni tout à fait de la même manière qu’au
    temps des années trente ou cinquante », il introduit dans le débat
    un élément qui permet effectivement de défendre l’interdiction des
    caricatures de Mahomet –alors qu’il s’est prononcé, avec raison à mon
    sens, en faveur de leur publication. Encadrer le rire, c’est forcément
    donner des armes à ceux qui pensent que l’identité mérite « respect » et allégeance.
    Alors ? Bien que quiconque disserte sérieusement sur l’humour
    s’expose fatalement au ridicule, risquons tout de même une opinion : Si
    l’on peut rire de tout, on ne peut pas le faire n’importe comment. Oui
    il fallait publier les caricatures de Mahomet et, oui, on peut se
    moquer des Juifs –comme eux-mêmes savent si bien le faire lorsqu’ils
    sont en forme. Dans l’humour comme dans le reste, le style est tout. Le
    style fait la différence entre la blague obscène appelant en secret la
    sanction, et l’énergie vitale, contre-paranoïaque, qui a permis entre
    autres aux Juifs de s’affranchir, parfois, du cauchemar identitaire.

    http://www.liberation.fr/rebonds/342387.FR.php

    © Libération

  7. Fabienne dit :

    Le Monde.fr01 août 2008Philippe Val, ou la fatigue de la correction politiqueJ’aimais bien Philippe Val à l’époque où il faisait un duo avec Patrick Font. Font et Val se produisaient dans des salles de province et provoquaient un rire immense. J’étais trop petit pour tout comprendre, mais les Salles des fêtes et les Bourses du travail pouvaient être secouées de fous rires que je n’ai jamais revus ailleurs. Ils chantaient, usaient d’un langage scabreux, scatologique et intellectuel, et faisaient des sketches à connotation politique et religieuse. Val avait une belle voix et, dans le duo, prenait un peu le rôle du bellâtre raisonnable, alors que Font prenait celui du vieil obsédé. Val était dans le self control, Font dans le retour du refoulé. C’est ce retour qui provoquait le rire incontrôlable.Val est devenu célèbre en prenant la tête de Charlie Hebdo, dans les années 1990. Je n’ai jamais trop lu cet hebdomadaire, je le feuilletais chez des amis. La seule fois que je l’ai acheté, c’était la semaine suivant le 11 septembre 2001. Je fus déçu, rien n’y était dit, aucune prise de position originale. Les éditos de Val m’horripilèrent, tout comme ses chroniques sur France inter, qui ne me faisaient jamais rire et ne me faisaient pas réfléchir non plus. J’étais surtout frappé par sa passion pour l’interdiction, l’exclusion et l’anathème. Parce que telle chose était repérée comme nocive (un parti politique, une publicité, une pratique commerciale ou culturelle), il fallait l’anéantir.L’affaire Siné n’est donc pas un accident, selon moi, mais un épisode nécessaire de la logique de Val. Non seulement Val veut ôter les affreuses paroles antisémites qui dégradent l’image de son journal (Siné a commis le crime d’écrire : « Il ira loin ce garçon », c’est vrai qu’il a dépassé les bornes), mais il exige de Siné des excuses publiques. Cette exigence a quelque chose d’humiliant qui entre parfaitement dans le « système Val », pour qui la politique consiste à interdire, à exclure, à contrôler, à vérifier.Je me souviens d’un dessinateur phare de Charlie Hebdo qui se plaignait de n’avoir pas été autorisé à publier des caricatures de Bernard-Henri Lévy, car Val ne voulait pas qu’on se moque d’un intellectuel pour ne pas se tromper d’ennemi (l’ennemi étant l’antisémite, le raciste ou le fanatique). Le dessinateur (dont je ne dévoilerai pas le nom, pour ne pas lui faire courir le risque d’être viré lui aussi) m’a montré ses dessins. Je les ai trouvés vraiment intéressants et marrants. Ils moquaient l’imposture d’un penseur à la mode. Le patron, Philippe Val, a protégé l’imposture intellectuelle, et aujourd’hui, le même BHL le soutient activement dans l’affaire Siné. Il y a là-dedans quelque chose de gênant, d’un peu nauséabond, qui entache, je pense, l’image d’un journal (et de son rédacteur en chef) faussement libre et incroyablement conformiste.Je l’ai entendu sur France Culture donner une conférence sur « Le rire de résistance », dans laquelle il expliquait que la gouaille était collaboratrice, mettant dans le même panier Mistinguet, Maurice Chevalier et Louis Ferdinand Céline (faisant croire au passage que Céline parlait avec gouaille, ce qui est tout à fait faux). Il ouvrit sa conférence avec une anecdote qui se passait en Chine, et parlait d’ « annexion » de Hong Kong par la Chine Populaire, ce qui est, aussi, une erreur grossière. Le pire, dans cette conférence, est qu’il se considèrait lui-même, sans autodérision ni recul, comme un parangon du « rire de résistance ».Aujourd’hui, il faut peut-être un peu résister à Val. Résister à la tentation de ce totalitarisme bien pensant. Résister aux dérives du politiquement correct (qui se déchaîne exclusivement quand ce sont les juifs qui se sentent plus ou moins insultés, et qui n’est pas sans rappeler l’affaire Dieudonné, lors de laquelle Val faisait déjà partie du camp des excommunicateurs.)Avec le temps, je me suis aperçu que je préférais Patrick Font. Il était beaucoup plus talentueux, plus hilarant, mais aussi plus fou, plus pervers que Philippe Val. Ses chansons étaient mieux écrites, plus poétiques quand il voulait être poète, plus drôles quand il voulait être drôle. Tandis que Val donnait des leçons de politique, Font pétait les plombs et pouvait entrer sur scène tout nu, sans raison apparente, ou se lancer dans une improvisation délirante. Il n’est peut-être pas insignifiant qu’aujourd’hui, Patrick Font soit condamné à l’obscurité et l’ignominie, après avoir fait de la prison, et que Philippe Val jouisse de tous les avantages de la vie médiatique : riche, célèbre, soutenu par un aréopage de personnalités influentes, donc protégé, il est dans la lumière, dans son bon droit, la conscience infiniment tranquille.

  8. Fabienne dit :

    Rebonds

    Pour que survive le mauvais esprit

    luc Le vaillant

    QUOTIDIEN Libération: mardi 29 juillet 2008
    Siné et Charlie, c’est fini. Son patron, Philippe Val, vient de le virer en lui accrochant au cou le panneau d’infamie : «antisémite».

    Siné n’est pas un saint. La cause n’est pas idéale. Restent quelques
    principes à défendre: liberté d’expression, droit à la satire. Mais
    commençons d’abord par le texte, l’objet du «délit».
    J’ai lu et tout cela me semble moins relever de l’antisémitisme que
    de la caricature, qui souvent vire à la diffamation. Mais c’est la loi
    du genre et à Charlie Hebdo, ils sont payés pour le savoir.
    Siné présente le «fils de» comme un ambitieux prêt à tout, même à une
    conversion. Il se trouve que la promise est de religion juive et
    héritière électroménagère. Mouais, bon… Ça frise la limite, à tout le
    moins le goût douteux. Mais, l’antisémitisme ne semble en rien franc et
    massif. Cette fois, le doute aurait dû profiter à l’accusé qui en a
    déjà balancé de bien pires.
    Sauf que les entreprises de presse ne sont pas plus que d’autres des
    démocraties bonasses. Et que la précarisation des statuts permet de se
    passer de la collaboration de qui on veut, quand le zigomar outrancier
    a l’heur de déplaire à des patrons avides de donner des gages à
    l’autoritarisme résurgent.
    Plus grave que la dernière balourdise de Siné, me semble être
    l’instrumentalisation de l’antisémitisme au sein des débats qui
    opposent les deux gauches. Il est catastrophique de suspecter
    immédiatement d’antisémitisme qui critique l’expansionnisme sioniste au
    temps des colonies de peuplement ou qui interroge la nature religieuse
    de l’Etat d’Israël. Il est plus que pénible d’être regardé comme
    possible antisémite quand on attaque les dérapages de l’empire
    américain, «meilleur ami d’Israël», quand on s’oppose à l’Europe
    libérale que Bruxelles fourgue à coups de oui ou quand on voudrait
    faire plus que «réguler» le capitalisme. Ne reste aux stigmatisés qu’à
    opposer un inaudible : «Je ne suis pas antisémite parce que je ne suis
    pas antisémite».
    En jouant à ça, les autoproclamés antiantisémites ne font que
    renforcer ces caricatures du juif = argent = riche, dans le panneau
    desquelles ils soupçonnent ceux qu’ils dénoncent de tomber.
    Vous me suivez toujours ? Parce que tout cela devient franchement
    ridicule. Il faut revenir à de stricts arguments idéologiques sans
    criminaliser illico qui vous porte la contradiction et sans tout le
    temps se demander d’où les uns et les autres parlent. Arrêtons de
    renvoyer chacun à son origine. Mot qui convient mieux que celui de
    «race». Il n’y a pas de race juive, comme il n’y a pas de race blanche
    ou de race noire. Grand bien nous fasse !
    De plus, il n’y a pas de domaine réservé. Le droit à la critique est
    universel. Je suis breton et pas encore débaptisé, et je devrai me
    contenter de cracher dans le bénitier et d’évaluer la qualité du beurre
    salé, sans avoir le droit de mettre mon grain de sel en d’autres
    matières ? Eh bien, non ! Les trois monothéismes qui continuent à
    vouloir régenter les vies et les mœurs de chacun, méritent attention
    narquoise et vigilance fulminante. Quant au gentil bouddhisme qui
    prospère, il ne perd rien pour attendre.
    Cela dit ne nous cachons pas derrière notre petit doigt. Depuis la
    deuxième Intifada, un nouveau type d’antisémitisme grandit au sein des
    populations d’origine maghrébine. Minoritaires, quelques dérives
    rouges-brunes existent. Et Dieudonné en est le symptôme le plus
    affligeant.
    Mais, arrêtons les anachronismes. On n’est plus au temps de
    l’affaire Dreyfus, ni de Marcel Déat. En France, la sphère
    intellectuelle et la galaxie post-gauchiste ne versent plus dans les
    ornières du début du siècle ou des années 30. Le nazisme et
    l’extermination des juifs ont accompli leur terrible pédagogie.
    Comme on en est à parler des choses qui fâchent, si on pouvait aussi
    arrêter de faire de la Shoah un absolu religieux, un insurpassable
    objet métaphysique, on aurait enfin progressé dans le débat
    démocratique. Dieu n’existe pas, le diable non plus. L’extermination
    d’un peuple, elle, a bel et bien existé. L’Holocauste n’est pas un
    indicible mystère, mais un événement historique qu’il faut étudier et
    dont il faut parler, encore et toujours, afin de pouvoir repérer les
    signes annonciateurs de sa reproduction.
    Pour revenir au débat de départ, à sacraliser les choses, à
    instaurer des tabous, à interdire critique et caricature, on prend le
    risque de décerveler ces mauvais esprits que doivent rester les
    chroniqueurs et les humoristes.
    http://www.liberation.fr/rebonds/341787.FR.php
    © Libération

  9. Fabienne dit :

    De la bande de copains à l’entreprise prospère

    LE MONDE | 29.07.08 | our ses lecteurs, Charlie Hebdo
    offre l’image d’un journal où travail rime avec humour et copains. Mais
    le vilain petit canard est devenu un cygne aux plumes d’argent. En
    2006, les Editions Rotative, éditrices de Charlie Hebdo, ont enregistré un résultat bénéficiaire de 968 501 euros.
    Près de 85 % de cette somme (soit 825 000
    euros) ont été redistribués en dividendes aux quatre associés du groupe
    : Philippe Val, directeur de la publication et propriétaire de 600 des
    1 500 parts de l’entreprise et Cabu, dessinateur et directeur
    artistique, aussi détenteur de 600 parts, ont perçu 330 000 euros
    chacun. Les deux autres actionnaires, l’économiste Bernard Maris,
    directeur adjoint de la rédaction, et le responsable financier Eric
    Portheault (respectivement 200 et 100 parts) ont touché 110 000 et 55
    000 euros. Outre la bonne tenue des ventes et des abonnements (85 000
    exemplaires vendus chaque semaine, en moyenne, selon la direction), ce
    gain s’explique, notamment, par la diffusion extraordinaire du numéro
    spécial consacré aux caricatures de Mahomet, le 8 février 2006 (500 000
    exemplaires…)."ON S’AMUSAIT BIEN"Le capital social investi dans les Editions Kalachnikof, éditrices de Charlie Hebdo,
    lors de sa renaissance en 1992, était de 2 000 francs. Il est
    actuellement de 240 euros, chacune des 1 500 parts valant
    symboliquement 16 centimes. La maison d’édition de Charlie a eu
    d’abord pour actionnaires le dessinateur Gébé (Georges Blondeaux) et le
    chanteur Renaud, en plus de Philippe Val, Cabu et Bernard Maris. Après
    le départ de Renaud et la mort de Gébé, en 2004, la société a racheté
    ses 400 parts sociales, au prix unitaire de 891 euros, à la veuve de
    l’auteur de L’An 01. Nicole Blondeaux a donc perçu un peu plus
    de 300 000 euros pour solde de tous comptes, comme stipulé dans les
    contrats signés entre les associés.Comment s’explique l’absence parmi les actionnaires de fondateurs et grands anciens de Charlie Hebdo comme Cavanna, Wolinski ou Siné ? "Je n’avais pas d’argent, et je ne voulais pas payer pour bosser !", lance Siné. Quant à Wolinski, qui précise que Philippe Val avait proposé aux uns et aux autres d’être actionnaires de Charlie, il indique : "En
    1992, à la fin d’une réunion, Cabu et Val cherchaient une idée de titre
    pour un nouveau journal. J’ai dit : "Pourquoi pas refaire Charlie Hebdo ?" en
    mettant une seule condition à ma collaboration : la présence de
    Cavanna. Mais je n’avais pas d’argent et ne croyais pas que cela
    marcherait aussi bien.""On s’amusait bien avec le premier Charlie, se souvient Nicole Blondeaux. C’était une bande de copains. Aujourd’hui, même si je n’ai plus qu’un lien de lectrice avec Charlie, j’ai l’impression que le mot copains est remplacé par collègues. C’est une entreprise, maintenant." Wolinski, lui, est plus nuancé : "C’est toujours une bande de copains. J’aime toujours autant travailler pour Charlie Hebdo." Yves-Marie Labé et Dorian SaigreArticle paru dans l’édition du 30.07.08

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