«j’accuse la France d’être derrière le coup d’Etat»

http://www.youtube.com/watch?v=KE23W9TOeNM

Bruno
Ben Moubamba, candidat à l’élection présidentielle du 30 août dernier
qui s’était illustré par une grève de la faim durant toute la campagne
électorale pour dénoncer l’«illégalité» du scrutin, dénonce le 5
septembre, le rôle des réseaux français dans le «coup d’Etat électoral»
en cours au Gabon.

Dans une lettre reprenant
le célèbre «J’accuse» de Victor Hugo, que nous publions in extenso,
Bruno Ben Moubamba affirme que certains réseaux français, impliquant
notamment un des «parrain» de la Françafrique, Robert Bourgi,
seraient impliqués dans la falsification et la légitimation des
résultats donnant la victoire à Ali Bongo Ondimba, le fils du défunt
président et candidat du parti au pouvoir.

«Selon nos sources, les autorités françaises ont anticipé le fait
que la continuité du système Parti Démocratique Gabonais (le parti-Etat
de la famille BONGO) causerait la mort d’un millier de Gabonais. Nous
en avons une première illustration en ce moment même à Port-Gentil.

Le sang des Gabonais a commencé à couler parce que nous
n’acceptons pas le coup de force, parce que nous n’acceptons pas le
coup de force électoral et parce que, comme tous les êtres humains,
nous voulons vivre libres et mener une existence normale sur une terre
enfin normalisée. Aujourd’hui des Gabonais tuent des Gabonais et nous
sombrons peu à peu dans une spirale infernale.

Le 5 juin 2009, à l’Assemblée Nationale française, j’ai appelé la
France à faire preuve de compréhension envers les peuples Africains, à
commencer par le peuple Gabonais, car nous ne sommes pas des primates à
peine évolués mais des personnes à part entière qui, de surcroît, ont
payé le prix de la liberté du peuple Français.

En rappelant la célèbre formule d’André Malraux qui, en rendant
hommage au résistant Jean Moulin lors du transfert de ses cendres du
Panthéon s’était écrié : “Entre ici Jean Moulin ! ”, je pensais du fond
de mon cœur que la France Libre allait comprendre l’aspiration des
Africains en général, et des Gabonais en particulier, à vivre libérés.

Je suis au regret de le dire mais, ce soir, la France me déçoit et déçoit le peuple Gabonais.

Nous avons le sentiment que le sang d’un Gabonais ne pèse rien
devant un baril de pétrole. La France a choisi de couvrir, en le niant,
le coup de force électoral au Gabon, organisé avec l’aide de Robert
Bourgi, un mafieux international qui s’est déjà tristement illustré en
RDC – l’ex Zaïre – auprès du maréchal Mobutu et qui, malgré ses échecs,
est prêt à recommencer au Gabon pour 30 ou 40 ans de plus.

Aujourd’hui à Port-Gentil, on tue des Gabonais comme on tue des
singes dans la forêt. Et ce faisant la France éternelle que nous aimons
prend la lourde responsabilité de se voiler la face et de persister
dans son autisme politique.

Si la France perd son âme et laisse tuer les Africains, je le dis
solennellement, elle perdra le Gabon comme elle est déjà en train de
perdre la Côte d’Ivoire. Les tueries à venir, celles du peuple et
celles des leaders que nous sommes, n’empêcheront pas la destruction
progressive de la françafrique et la disparition de l’influence
française sur l’Afrique francophone. Les intérêts français ne seront
pas préservés dans le renoncement à l’éthique et à la morale
internationale.

Je l’ai dit également au Forum de Reims le 4 avril dernier : les
enfants des anciens indigènes, ceux dont les morts reposent dans la
terre de l’Est de la France, réclament un retour d’ascenseur. Nos pères
ont libéré par deux fois la France de la servitude, elle nous doit au
minimum que nous soyons enfin libérés de l’esclavage, de la dictature,
de la corruption et de la mauvaise gouvernance.

L’enrichissement à venir de millions d’Africains, et l’apaisement
social qui va avec, réduira l’émigration vers l’Europe, il créera une
nouvelle classe moyenne et de nouveaux consommateurs performants, la
crise financière internationale sera réduite, la part qui revient au
Gabon étant mieux gérée, les multinationales seront plus performantes
et le sentiment anti-français baissera dans notre sous-région.

Moi, Bruno Ben
Moubamba, j’accuse la France d’être derrière le coup d’Etat en cours au
Gabon et je dis au Président français Nicolas Sarkozy qu’il n’est pas
dans l’intérêt de la France d’agir comme elle le fait pour le moment.

Un calme précaire semblait revenu, samedi, dans les rues de Port-Gentil, où des centaines de pilleurs ont sévi après l'annonce, jeudi,de l'élection contestée d'Ali Bongo comme nouveau président du Gabon.

Nous sommes contraints d’admettre, avec horreur et écœurement
face aux morts, face au sang qui a commencé à couler au Gabon, que
notre problème ne s’appelle pas seulement Ali Bongo Ondimba ou
Pascaline Mferi Bongo. Notre problème au Gabon s’appelle aussi Total,
Areva, Eramet, Bolloré, etc.

Je l’affirme parce que la France, ce grand pays, peut supporter
la vérité. Je l’affirme parce que je n’ai pas l’intention de vendre mon
âme pour plaire à on ne sait qui pour on ne sait quoi. Je l’affirme
parce que je crois du fond de mon cœur que la seule solution est un
nouveau partenariat gagnant-gagnant.

Ma francophilie n’est plus à démontrer. J’aime la France de
Clovis à Victor Hugo en passant par l’Abbé Pierre, sans oublier de
Gaulle ou Mitterrand, mais je n’accepterai jamais le comportement des
réseaux français de l’ombre qui salissent l’âme de la France, patrie
des Droits de l’Homme, qui organisent en sous main la confiscation de
la démocratie, le massacre d’un peuple et la fin de l’espérance pour
toute une génération.

Que les Français fassent ce qu’ils veulent, qu’ils nous traitent
comme ils l’entendent, mais nous refusons de céder devant le coup
d’Etat électoral et nous ne craignons pas la mort.

L’Histoire jugera entre nous et les autorités françaises qui ont
laissé, dans un silence assourdissant, Robert Bourgi et ses “amis”
organiser la mort de l’espoir au Gabon»
.

Source: gaboneco
Paru le 06 Septembre-2009
http://www.camer.be/index1.php? art=6975

Robert Bourgi, vétéran de la Françafrique

Gabon : Les 17 candidats fondent le Front de refus du coup de force électoral

Gabon : Casimir Oyé Mba appelle à la fin des violences

Gabon: pas d’intervention selon Bourgi

Gabon – Cameroun: Paul Biya félicite le président Ali Bongo Ondimba

Gabon : L’ancien Premier Ministre ,Jean Eyeghe Ndong s’exprime au nom de 17 candidats à l’élection présidentielle au Gabon.

L'ex-premier ministre gabonais Jean Eyeghe Ndong, au micro, lors d'une conférence de presse d'un collectif d'opposants, lundi 7 septembre.

L’opposition gabonaise demande un recompte des voix

Au Gabon, la désillusion des opposants à Ali Bongo

La France s’invite dans la polémique : Martine Aubry, le N°1 du PS

GABON : “VIVE LA FRANCE DES DROITS D’ INTÉRÊTS OBSCURS SUR CEUX DE L’ HOMME !!!”

France : Iran-Gabon, même combat?

Gabon

Port-Gentil, le 5 septembre 2009.(Photo : AFP)

Les opposants interdits de sortie du territoire

Les leaders politiques gabonais sont interdits de
sortie du territoire. Une décision du gouvernement, justifiée, selon
les autorités gabonaises, par les besoins de l’enquête sur les émeutes
postélectorales à Port-Gentil

Gabon : Les Français de Port-gentil accusent le gouvernement Français d’être à l’origine des troubles au Gabon

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