Émeutes de février 2008 au Cameroun: les massacres des populations civiles feront-ils l’objet d’une enquête internationale de l’ONU?

Emeutes et scènes de pillage à Douala (Reuters)

Dans
une pétition (reproduite dans son intégralité) adressée mercredi 24
février 2010 au secrétaire général de l’ONU, un groupe de Camerounais
regroupés au sein de «Global Democratic Project», sollicite la
constitution d’une commission d’enquête internationale devant établir
les responsabilités dans les tueries qui ont émaillé les émeutes de
février 2008 au Cameroun..

Cameroun – 25/29 février 2008 – Libération Afrique – Solidarité

Protest song : Emmanuel Kemta « libérez, libérez Enoh Meyomesse,libérez, libérez Paul Eric Kinguè »

A Monsieur Le Secrétaire Général des Nations Unies, New York, USA

Monsieur le Secrétaire General,

Nous, Soussigné, Célestin
Bedzigui, Chairman, Global Democratic Project, Harrisburg, USA, Citoyen
du Cameroun et agissant comme tel, assisté par Howard Njeck, Executive
Director, Cameroon Diaspora Conference, Washington DC, Marcel Simé,
Représentant Adjoint du CODE, USA, Tous Citoyens du Cameroun et
agissant comme tels,

Nous venons par la présente
pétition demander l’ institution d’ une Commission d’ enquête
internationale chargée d’établir les faits et les circonstances des
massacres des populations civiles survenus du 25 au 28 Février 2008 au
Cameroun, de déterminer la nature des crimes commis dont le crime
contre l’humanité, d’établir des responsabilités, d’identifier les
auteurs dans la mesure du possible et de faire des recommandations, en
application des dispositions édictées par les Conventions et Traites
Internationaux découlant de la Charte des Nations Unies  et visant a
assurer aux peuples protection et droits civils et politiques.

Le bilan de ces massacres
des populations civiles perpétrées par les forces de l’ordre au
Cameroun a été évalué par une source indépendante, l’Observatoire
National des Droits de l’Homme du Cameroun (ONDH) appuyé par des
associations telles l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la
Torture (ACAT-Littoral et France) a 136 tués et a environ 3.000
arrestations. Le Gouvernement quant à lui a reconnu un bilan officiel
de 40 morts et de 1671 personnes interpellées. Il n’a par ailleurs pas
cru devoir instituer une Commission d’enquête ni engager la moindre
investigation pour établir les abus et réprimander ou punir leurs
auteurs de ces tueries.

LE CADRE JURIDIQUE

Nous fondons notre pétition
sur une base juridique dont l’une des dimensions renvoie au  concept de
‘’ crime contre l’humanité’’ qui, parce qu’imprescriptible, fait que
les poursuites engagées en résultante des massacres de Février 2008 ne
sont pas frappés de caducité ou forclusion.

1-Droit interne : Le
préambule de la Constitution du Cameroun de 1996 stipule que ‘’ Toute
personne a  droit a la vie et a l’intégrité physique…, elle doit être
traitée en toute circonstance avec humanité. En aucun cas, elle ne peut
être soumise à la torture, a des peines ou traitements cruels…’’

2-Droit International
relatif aux Droits de l’Homme : Le Cameroun a signé et ratifié la
plupart des conventions internationales et régionales relatives aux
droits de l’homme et comme tout autre Etat, il est également lié par
les normes du Droit International coutumier en la matière. Deux
instruments internationaux ratifiés par le Cameroun qui s’appliquent
aux événements de Février 2008 méritent ici d’être mentionnés : le
Pacte Internationale relatif aux Droits civils et politiques, la
Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels,
inhumains ou dégradants. Par ailleurs, un grand nombre de victimes de
ces massacres étant des enfants, il convient d’ajouter également la
Convention relative aux droits de l’enfant et la Charte africaine des
Droits et de bien être de l’enfant, toutes ratifiées par le Cameroun.
Il y aurait ainsi  lieu que la Commission d’enquête vérifie que
plusieurs droits garantis par ces conventions n’ont pas été violées
lors de événements de Février 2008 et de déterminer la responsabilité
de l’ Etat camerounais dans ces violations.

3-Droit pénal international
: Le Cameroun a ratifié le Statut de Rome de la Cour pénale
Internationale, laquelle a donc juridiction pour juger les crimes
commis au Cameroun et pour lesquels elle est compétente. Le Statut de
Rome définit trois catégories de crimes internationaux parmi lesquels
la catégorie de ‘’ crime contre l’humanité’’ est applicable aux
événements du 28 Février 2008. Il y a ‘’crime contre l’humanité’’ quand
l’un des actes énumérés a l’article 7 du Statut de Rome est commis dans
le cadre d’ ‘’une attaque généralisée ou systématique lancée contre
toute population civile et en connaissance de cette attaque’’.

LES SERVICES DE SECURITE IMPLIQUES DANS LES MASSACRES DE FEVRIER 2008

Trois services de sécurité
ont été impliqués dans les événements de Février 2008 et qui sont tous
rattachés à la Présidence du Cameroun, ce qui engage en ultime ressort
la responsabilité de celui qui occupe ce poste.

1-La Police Nationale et
principalement le GMI, Groupement Mobile d’ Intervention relevant du
Secrétariat d’ Etat à la Sûreté Intérieure rattaché à la Présidence de
la République;

2-La Gendarmerie Nationale relevant du Secrétariat d’ Etat à la Sécurité nationale ;

3-Les unités spéciales de
lutte contre le grand banditisme : GSO et BIR rattachés au Ministère de
la Défense et aux Services de la police nationale.

Les éléments de ces forces
entretiennent une tradition de recours a la violence extrême exacerbée
par la culture d’impunité dans laquelle ils ont été établis par un
régime oppressif et accordant très peu de prix au respect de la vie et
de la dignité humaine.

LE CONTEXTE

Il est utile de présenter
brièvement le contexte dans lequel se situent les évènements de Février
2008 en reprenant la relation des faits de première main et les
analyses produites par les associations de défense des Droits de
l’Homme en activité au Cameroun, dont plus particulièrement l’
Observatoire National des Droits de l’ Homme du rapport duquel nous
tirons l’ essentiel du matériel  et des données utilisées dans la
présente pétition.

1.Le contexte politique

Dans le courant de l’année
2007, plusieurs dignitaires du Rassemblement démocratique du peuple
camerounais (RDPC) – parti au pouvoir – appellent individuellement à la
modification de la Constitution afin de permettre au Président Paul
Biya de briguer un nouveau mandat en 2011. Le débat est lancé. Diverses
forces politiques de l’opposition expriment alors leur mécontentement
et avertissent de prochaines manifestations. Le 30 octobre 2007, Paul
Biya explique à la chaîne de télévision France 24 que la Constitution
ne lui permet pas, « à l’heure actuelle », d’envisager une nouvelle
candidature, avant d’ajouter : « Vous avez aussi des gens qui estiment
que pour assurer la continuité, il faut que le Président se présente.
Je laisse le débat se dérouler. » Le 6 novembre 2007, à l’occasion de
la journée commémorative de l’arrivée au pouvoir de M. Paul Biya, (le 6
novembre 1982), le RDPC appelle publiquement à la révision
constitutionnelle. Le discours de fin d’année du Président qui confirme
cette option suscite de nouveau les critiques de l’opposition politique
et de la société civile qui dénoncent une «dérive monarchique» visant à
assurer le maintien au pouvoir du Chef de l’État après 2011.

2. Le contexte économique et social

Les vingt-six années de
pouvoir de M. Paul Biya sont globalement jugées avec sévérité par les
Camerounais. Depuis son accession à la tête de l’État, la situation
économique du pays n’a fait que se dégrader,  entraînant du coup une
détérioration constante de la situation sociale : corruption, chômage,
pauvreté, misère, insécurité. Les coupures d’eau et d’électricité sont
devenues régulières. La santé et l’éducation sont devenues moins
accessibles. Les conditions de vie des étudiants se sont détériorées :
absence de bourses d’étude, montants d’inscription en hausse constante,
logements universitaires insalubres et rares. L’avènement de la
démocratie et de la pluralité des opinions, obtenues au début des
années 90 au terme d’un puissant mouvement de contestation, n’a pas
empêché le régime en place de se maintenir au pouvoir par le biais
d’élections présidentielles que les  Camerounais et de nombreux
observateurs jugent «truquées». Le dernier scrutin présidentiel,
d’octobre 2004, a par exemple fait l’objet de vives critiques des
observateurs de l’Église catholique (1200 observateurs dans tout le
pays) et de ceux du Commonwealth (2) : de nombreuses personnes n’ont
pas pu voter faute d’être inscrites sur les listes électorales
(seulement 4,6 millions d’inscrits sur environ 8 millions de personnes
de plus de 20 ans) ; l’ensemble du processus électoral a été dirigé par
le ministère de l’Administration territoriale et non par une commission
électorale indépendante. Aujourd’hui, les Camerounais ont, dans
l’ensemble, le sentiment que le gouvernement, sclérosé par l’élite au
pouvoir, est profondément indifférent à ses attentes. La jeunesse, qui
n’a connu que Paul Biya au pouvoir, est désespérée par une révision
constitutionnelle tendant à obstruer l’espoir d’un changement politique
et à pérenniser un régime estimé à l’origine de la précarité, du
chômage, et des mauvaises conditions de vie actuelles. Sa seule
aspiration : quitter le pays pour trouver mieux ailleurs. Dans ce
contexte, l’explosion du prix du pétrole, entraînant une hausse
vertigineuse des prix des produits de première nécessité (riz, pain,
huile) et des matériaux de construction, a aggravé le malaise social et
renforcé la rancœur contre les élites.

LES FAITS DU 13 AU 29 FÉVRIER 2008

Dans ce climat de tension
latente, le gouverneur de la province du Littoral publie, le 15 Janvier
2008, un arrêté interdisant, sur l’ensemble de la province, les
manifestations et autres occupations non autorisées sur la voie
publique, pour une durée indéterminée. Cette décision ravive le
mécontentement populaire suscité par le projet de réforme de la
constitution. Malgré cet arrêté, plusieurs meetings de l’opposition
portant sur le sujet de la réforme constitutionnelle se succèdent à
Douala, chef-lieu de la province du Littoral.

Des barricades sont
dressées dans de nombreuses rues et des pneus et autres matériaux sont
brûlés sur la voie publique. En différents endroits de la ville, la
police intervient avec des camions lance eau et des gaz lacrymogènes
pour essayer de disperser les manifestants. Les manifestants répliquent
par des jets de pierres. Les manifestations se transforment lors en
batailles rangées entre forces de l’ordre et jeunes protestataires.
Face aux jets de pierres, les forces de l’ordre tirent à balles
réelles. Dans certains cas à bout portant. A la vue du sang, la
situation se dégrade et les manifestations se  transforment en de
véritables émeutes urbaines. De nombreuses scènes de pillage et des
actes de vandalisme se multiplient dans tous les quartiers de la ville,
excepté dans le quartier administratif de Bonanjo et au port, qui
restera sécurisé tout au long des événements.

1- Les morts

D’après l’Observatoire
National des Droits de l’Homme, on ne saurait limiter la cause de ce
qui s’est passé au Cameroun en Février 2008 au simple facteur de la
famine. Contrairement aux pays de l’Afrique de l’ouest, au Cameroun, le
contexte politique lié à cette période au projet de la modification de
la constitution, l’augmentation des prix des produits pétroliers et des
denrées de première nécessité, ont largement contribué au soulèvement
de la population. L’observatoire juge l’attitude gouvernementale
répressive, et en donne pour preuve, le recours systématique  des
forces de l’ordre aux tirs à balles réelles, voire aux grenades sur les
populations  désarmées. Ces différentes armes ne sont pas adaptées aux
opérations de maintien de l’ordre, contre des personnes qui n’étaient
pourtant pas armées. Quelques exemples : Des jeunes en provenance du
quartier Bonabéri à Douala 4e, avec des messages de paix inscrits bien
en évidence sur des pancartes, ont entamé une marche pacifique pour
exhorter leurs camarades à revenir à la raison. Ils avaient l’intention
de rencontrer le Gouverneur de la région du Littoral, mais ils ont été
sauvagement massacrés alors qu’ils traversaient le pont sur le fleuve
Wouri. De même, le rapport mentionne qu’après le discours du chef de
l’Etat, les jeunes Nono Laplage et Njonteng Ngantchou habitant le
quartier Ndogpassi à Douala 3e, sont sortis s’enquérir de la situation
de leurs camarades, malheureusement pour eux, ils sont tombés sous les
balles d’une quinzaine de militaires et d’éléments du GSO. Ce sont ces
procédés qui ont conduit au bilan constate de 136 morts que nous avons
signale plus haut. L’ONDH fait remarquer que cette situation traduit
clairement, les violations graves des droits de l’homme. Voici à titre
indicatif une liste non exhaustive des personnes tuées au cours de ces
évènements :

(Voir tableaux ci-contre)

2- Les exécutions sommaires

Des dizaines d’exécutions
sommaires ont été rapportées. Plus significatifs sont les cas de
certains manifestants ou des membres de leurs familles qui ont été
délibérément ciblés par les forces de l’ordre et exécutés a bout
portant. C’est le cas, le 27 Février, a Loum,  ou Aya Patrick Lionel,
11 ans, a été tué par balle devant le domicile familial. Il était le
fils de Joe la Conscience, un activiste bien connu des Droits de
l’homme. A l’identique, le jeudi 28 Février, Jacques Tiwa a été tué par
un militaire qui a tiré sur lui a bout portant, sans sommation, alors
que la rue était calme ; aucun autre passant n’a été inquiété. Jacques
Tiwa était un ancien leader estudiantin au début des années 90 qui
s’était ensuite exilé en Afrique de l’Ouest  pour fuir la répression.

3- Les arrestations en masse

Dans la foulée, il y a eu
des arrestations que l’ONDH qualifie « d’arbitraires ». Le rapport
indique qu’il y a eu environ 3 000 personnes arrêtées au sein de la
société civile, dont 2 000 dans la région du Littoral, près de 4 00 à
l’ouest, soit 213 à Bafoussam,  85 à Bafang , 65 à Dschang, 4 à
Bandjoun et 17 à Baham. Ces différentes arrestations ont débuté
timidement dès le 25 février 2008, puis ont pris de l’ampleur les 26,
27, 28 et 29 février. Le rapport de l’ONDH souligne alors que les
forces de l’ordre ont à ce titre, manqué à leur devoir de porter
assistance médicale aux victimes, ainsi que d’informer les familles
affligées. Au cours des émeutes de février 2008, cette situation avait
amené alors les associations de défense des droits de l’homme, à monter
au créneau pour dénoncer les violations des droits de l’homme, prenant
le contre-pied du gouvernement notamment au niveau du bilan des
émeutes. Si l’Etat parle de 40 morts, celles-ci avaient estimé le bilan
plus lourd, soit à une centaine de personnes tuées. Ces sorties dans
les médias internationaux principalement, n’avaient pas du tout été
appréciées par le gouvernement. Madeleine Affité, la présidente de
l’ONG Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, branche du
Littoral, ainsi que de la maison des droits de l’homme du Cameroun, dit
avoir plusieurs fois reçu des menaces d’intimidation, son véhicule
vandalisé au lendemain des émeutes au mois de mars. Mais elle n’est pas
la seule à avoir été intimidé, les journalistes travaillant notamment
pour la presse étrangère selon l’observatoire, avaient aussi été
menacés.

LA QUALIFICATION DES VIOLATIONS ET DES CRIMES

1-Les violations des Droits de l’ homme

Les événements ci-dessus
décrits constituent de graves violations des Droits de l’Homme au
regard des Conventions ratifiées et signées par le Cameroun  qui
garantissent les droits Fondamentaux de la personne. Plusieurs
dispositions du Pacte Internationale relatif aux droits Civils et
Politiques ont été violées. Le Cameroun n’a pas utilise son droit de
dérogation a plusieurs disposition du Pacte prévu à l’ article 4.
Toutes les dispositions du Pacte sont donc applicables aux événements
en question.

De plus le Cameroun a violé
de manière massive le Droit à la vie de ses citoyens (Art. 6 du Pacte)
lorsque les forces de sécurité ont tué par balle plus d’une centaine de
civils a Douala et à Yaoundé.

Le droit de n’être soumis,
ni a la torture, ni aux traitements dégradants (Art. 7 du Pacte) a été
également violé de manière massive. Les arrestations et détentions
arbitraires documentées constituent quant à elles des violations de l’
Article 9 du Pacte.

2-Les violations du Droit Pénal International

Un faisceau d’indices
sérieux permettent d’établir que les actes perpétrés du 25 au 29
Février 2008 ont atteint un niveau de gravite justifiant qu’ont les
qualifie de crimes contre l’humanité. Analysons ainsi qu’il suit les
faits à l’aune des éléments constitutifs du crime contre l humanité et
sur la base des éléments relatifs aux crimes.

Eléments constitutifs du
crime contre l’humanité : Pour que des actes soient considérés comme
constitutifs de crime contre l’humanité, il doit avoir été commis dans
la cadre d’une attaque généralisée et systématique lancée contre une
population civile et en connaissance de cette attaque.

oL’attaque : En référence
aux crimes contre l’humanité, ‘’une attaque est un comportement qui
consiste en la commission d’acte de violence’’. Le terme ‘’ attaque’’
englobe également ‘’ les mauvais traitements infliges a la
population’’.  Sur la base des informations recueillies, les actes de
violences constates, de par leur nature, leur envergure et leurs
caractéristiques faisaient tous partie d’ un ensemble de comportement
qui indiquent une attaque coordonnée et organisée  entre les gendarmes,
les éléments du GMI et ceux du GSO.

oSon caractère généralisé
et systématique : Le terme ‘’généralisé’’ se réfère ‘’au caractère
étendu ou à grande échelle de l’attaque qui est principalement reflété
par le grand nombre de victimes’’. Les évènements du 28 Février 2008
ont fait 136 morts et  a 3000 arrestations selon les organisations des
Droits de l’homme.

oSystématique :
L’expression systématique se réfère ‘’ au caractère ‘’organise des
actes et a l’improbabilité de leur survenance ait été le fruit d’un
hasard ‘’. Les faits survenus en Février 2008 suggèrent fortement une
approche coordonnée entre la gendarmerie, la GSO, et le GMI dans un
effort manifeste de causer le maximum de victimes civiles et surtout
parmi les jeunes.

oPopulations civiles : Pour
que des actes soient qualifiés ‘’ crimes contre l’humanité’’, l’attaque
doit être orientée vers les populations civiles. Selon les informations
en notre possession, les manifestants n’étaient pas armés et arboraient
tous des tenues civiles.

oAvec connaissance de
l’attaque : La coordination entre les forces de l’ordre a l’œuvre sur
le terrain démontre l’assistance apportée par les uns aux autres.

Conclusions sur les crimes
contre l’humanité : Les membres du GSO, du BIR et du GMI ont traqué les
manifestants a travers les villes de Douala et de Yaoundé. En une
journée, plus d’une centaine de civils ont trouvé la mort ou ont  été
gravement blessés. Indépendamment de la légalité de la manifestation,
il ne saurait y avoir de justification en droit pour les moyens et
méthodes utilises  et  pour la gravite et l’ ampleur des actes de
violence commis  contre les civils par les forces de sécurité. Ces
actes constituent une ‘’attaque généralisée et systématique contre la
population civile en application ou dans la poursuite d’une stratégie
ayant pour but de réprimer, au travers de la commission de cette
attaque, le mouvement de contestation’’ .   Le crime contre l’humanité
est donc ainsi constitué.

LES RESPONSABILTES

1. Responsabilités de l’Etat du Cameroun pour la violation des Droits de l’Homme

– L’Etat du Cameroun est
responsable des violations commises par ses agents de la police, la
gendarmerie, les unités spéciales du GSO et du BIR. Toutes ces unites
ont participe de manière coordonnée aux massacres de jeunes désarmés,
sur instruction de leur hiérarchie. La participation de ces unités a
ces violations est détaillée dans le rapport de l’ ONDH joint en annexe.

– La première
responsabilité de l’Etat camerounais est celle de protéger ses
populations des graves violations des Droits de l’ Homme, obligations
qui découlent de plusieurs instruments internationaux ratifies par le
Cameroun et du Droit International coutumier. Les forces de sécurité
camerounaise ont montre qu’elles étaient incapable de protéger leur
populations.

– La seconde responsabilité
de l’Etat camerounais est de mener sans délai des enquêtes efficaces et
de traduire et de traduire en justice les responsables des graves
violations perpétrées pendant ces évènements. Ce Droit est garanti par
le pacte International relatif aux droits civils et politiques (art.2)
et par la Convention contre la torture (art.5). Cette obligation est
également reprise dans plusieurs instruments internationaux et est
aujourd’hui généralement considérée comme une norme du droit
international coutumier. Le gouvernement camerounais est loin de
s’acquitter de l’obligation qui lui incombe à ce titre.

– Une troisième obligation
se rapporte au ‘’ droit inaliénable de connaitre la vérité’’ sur les
graves violations des évènements de Février 2008. De manière manifeste,
le gouvernement camerounais ne s’ est pas acquitte de cette obligation.

2. Responsabilités individuelle pour les violations du Droit Pénal International

2.1. Il existe deux formes
principales de responsabilité, alternatives, selon lesquels un individu
peut être rendu pénalement responsable de violation du droit pénal
international : la responsabilité directe ou la responsabilité
indirecte ou la responsabilité du chef militaire ou hiérarchique. La
responsabilité directe prévaut lorsqu’ un individu commet, ordonne,
favorise, aide et encourage ou alors assiste a la perpétration ou
fournit les moyens pour la perpétration de crimes, ou contribue
intentionnellement a la perpétration d’un crime par un groupe de
personnes ayant un objectif criminel commun. La responsabilité
indirecte ou de commandement prévaut quand un chef ou supérieur possède
un contrôle effectif sur les individus ou sur les forces sous son
commandement ou autorité, quand cet individu savaient ou aurait du
savoir que les forces sous son contrôle commettaient ou étaient sur le
point de commettre de tels crimes.

2.2. Au regard des
informations consignées dans le rapport de l’ ONDH et des normes
édictées  par les instruments internationaux ratifies par le Cameroun
et le Droit International coutumier, il existe des motifs raisonnables
de présumer,  en relation avec les évènements de Février 2008, une
responsabilité pénale individuelle des personnes suivantes :

– Le Président de la
République, Chef des Armées, M. Paul Biya : Les faits rapportes dans le
rapport de l’ ONDH permette de présumer de sa responsabilité pénale
directe voire une responsabilité de commandement, pour les faits qui se
sont produits en Février 2008 ; en tant que Commandant en Chef des
forces armées et de sécurité, le Président Biya a l’ ultime pouvoir de
commandement sur toutes les forces de sécurité engagées dans les
évènements de Février 2008 d’ autant que le discours télévisé délivré
par lui le 27 Février 2008 a constitue un véritable permis de tuer
octroyé aux forces de sécurité.

– Le Délégué a la Sureté
nationale de l’époque, Edgar Mebe Ngo : Les informations présentées
dans le rapport de l’ONDH indique qu’il existe des raisons suffisantes
de présumer une responsabilité pénale directe de Edgar Mebe Ngoh, voire
une responsabilité de commandement pour les actes en relation avec les
massacres de Février 2008. Les informations disponibles confirme la
participation de éléments places sous son commandement, ce qui place
ces unités ‘’au centre de l’attaque organisée et coordonnée contre des
manifestants civils.

– Les Commandants des
unités spéciales GSO, ESIR et le BIR ainsi que les Commandants de
Légion de gendarmerie des provinces du Centre, Littoral, Sud Ouest,
Ouest : Les éléments du rapport de l’ ONDH établissent qu’ il pourrait
y avoir des motifs suffisants de présumer la responsabilité de chef
militaire et de supérieur hiérarchique des Commandants d’ unités
ci-dessus énumérées.

LES ATTENTES DU PEUPLE  CAMEROUNAIS

Le peuple camerounais
s’enfonce chaque jour davantage dans une misère grandissante, toute
chose incompréhensible pour un pays doté de ressources naturelles et
humaine remarquable.  Au cours des cinq dernières décennies qui n’ont
vu que deux personnes a la tête de l’Etat, les populations ont été de
manière récurrentes victimes de massacres tous liés a un désir légitime
d’émancipation et de meilleures conditions de vie . On a ainsi assisté
aux massacres de près de 500,000 personnes par les forces de la France,
puissance coloniale, utilisant quelques supplétifs locaux, au début des
années 60, a la suite d’une revendication nationaliste d’accès a la
souveraineté. En 1990-1991, on enregistrera des massacres par les
forces de sécurité de plus de 1,000 personnes à la suite de
revendications demandant l’instauration du multipartisme. Aucun de ces
massacres, contrairement aux réactions enregistrées a la suite
d’évènements de même nature dans d’autres pays, n’a semblé susciter un
intérêt significatif de la communauté internationale.

Les massacres du 25-29
Février 2008 sont l’ expression du ras de bol des populations  et plus
précisément des jeunes face a la dégradation croissante de leur
condition de vie, la montée du chômage, de la pauvreté, les restriction
de plus en plus marquées de leurs libertés. Le bilan de 136 morts et de
3000 arrestation relèvent d’une ampleur identique a ceux qui se sont
déroule en République de Guinée en Septembre 2009 et pour lesquels la
Commission Internationale a travers l’ONU s’est élevé et établi une
commission d’enquête internationale.

Le Peuple camerounais
souhaite avoir les mêmes privilèges accordés à d’autres peuples, tel
que celui dont la Guinée a bénéficié il y a quelque mois. La Commission
d’enquête internationale qui serait instituée sous la houlette des
Nations Unies a la suite de notre démarche renforcera la conscience du
peuple du Cameroun d’être reconnue comme membre de la communauté des
nations pouvant bénéficier de la protection qu’ elle garantit aux
populations de  ceux de ses membres qui sont exposes aux coups de
boutoir de systèmes oppressifs.

 

SIGNATAIRES

Celestin Bedzigui, Chairman, Global Democratic Project, Harrisburg, USA

Howard Njeck, Executive Director, Cameroon Diaspora Conference, Washington DC

Marcel Simé, Représentant- Adjoint du CODE, USA

 

VICTIMES IDENTIFIÉES

Source : Rapport de l’Observatoire National des Droits de l’ Homme

1 Ndimah Lovert Fuambuh DOUALA

2 Awana Touabe Blaise DOUALA

3 Dibaben Etienne dit Yoyo DOUALA

4 Le Directeur du snack “le protocole” à Akwa DOUALA

5 Ebanga Ndongo Lurie DOUALA

6 Ebwele Blaise DOUALA

7 Issom Joseph Mustapha DOUALA

8 Jabea Christian Daniel DOUALA

9 Mbede Thomas Lucres DOUALA

10 Mbeng Junior DOUALA

11 Ngounou Edouard DOUALA

12 Tsague Jules DOUALA

13 Kameni Auriol BAFANG

14 Kamga Romain DOUALA

15 Owuboki Paul KUMBA

16 Tantoh Emmanuel BAFOUSSAM

17 Tekoh Roland KUMBA

18 Bebbey Epee Thomas DOUALA

19 Bonang Omang Jean Pierre PENJA

20 Che Emmanuel KUMBA

21 Corps non identifie (un fou) LOUM

22 Etchong remy DOUALA

23 Hinsia DOUALA

24 Kamdem Kenmegne Jean DOUALA

25 Kameni Patrick Lionel LOUM

26 Maleg Thaddeus KUMBA

27 Minkante Makamte Jonas DOUALA

28 Minkoulou DOUALA

29 Nana Nameni Giresse Alias Nono Lapage DOUALA

30 Ngantchou Njenteg Timothee DOUALA

31 Nintedem Aurelien DOUALA

32 Norbert (prenom) MBANGA

33 Nsoh Nsoh DOUALA

34 Nyamsi Gervais DOUALA

35 Onah Patrick Joseph DOUALA

36 Oyema Paul KUMBA

37 Steven Abbia Joseph BUEA

38 Tabungong Emmanuel KUMBA

39 Turbo (sobriquet) DOUALA

40 Walter Stephen DOUALA

41 Anya Eyong Elvis KUMBA

42 Awah Debene BAMENDA

43 Che Emmanuel Tanifor BAMENDA

44 Etong Taile Andre DOUALA

45 Fontoh Isily BAMENDA

46 Ndogma Wamba Jules DOUALA

47Nsaba Michel DOUALA

48 Saayem Jean De Dieu DOUALA

49 Tchapda Eric Martial DOUALA

50 Tiwa Jacques DOUALA

51 Anthony Foment BAMENDA

52 Blaise Ebouele

53 Prudencia Bih

54 Un moto-taximan ( Benskinneur)

 

Voici par ailleurs ci-dessous le tableau des victimes par localité fournie par la LCDH :

Ville                          Nb de morts     Nb de morts 

                                       LCDH                 Autorités

Douala                         100                      26

Yaoundé                      NC                      2 (dont un policier)

Mbanga                        2                          1

Bafang                          2                           0

Buéa                              2                           0

Njombé-Penja          2                            1

Loum                          7                             2

Bamenda                   6                             4

Santa                           NC                         1

Bafoussam                4                            1

Kumba                      7                             0

Limbé                        5                             0

Dschang                   1                               1

Muéa                         1                               1

TOTAL                Au moins 139              40

 

Emeutes de Fevrier 2008: Lettre de la Veuve Tiwa a Paul Biya

 

LA RÉPONSE DU GOUVERNEMENT CAMEROUNAIS: René SADI « Il n’y a pas eu de massacres des populations civiles » au Cameroun en février 2008»

 Cameroun : Pêcheurs en eau trouble

 

LA RÉACTION DES AUTEURS DE LA PÉTITION: Célestin Bedzigui: Nous irons au bout de notre initiative

Célestin Bedzigui: « Notre initiative n’est pas un jet au lance-pierre sur une base individuelle »(LeMessager.net)

Deux ans après les émeutes, le Cameroun toujours asphyxié – l’Humanite

 Cameroun : Le nombre de pauvres vivant avec “moins de 738 FCFA (1,1 euro) par jour a augmenté de près d’un million en 6 ans

Cameroun : Amalgame et confusion

Célestin Bedzigui :Un politique toujours au front
Généralement au courant depuis les
Etats-Unis, il réagit toujours, comme c’est le cas avec sa dernière
sortie, à l’actualité de son pays.

Par Léger Ntiga
26 fevrier 2010
 

Message aux Camerounais: «Maintenant ils ont formé le dessein de m’assassiner… comme Moumié»
Par Celestin BEDZIGUI

Initiative BEDZIGUI: Le SDF répond au RDPCLe Social Democratic Front soutient
Célestin Bedzigui et les autres Camerounais qui demandent une
commission d’enquête internationale

 

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