Grèce: aide-toi et le ciel européen t’aidera!

A
la découverte de la cure d’austérité exigée à la Grèce par l’Union
Européenne, et entérinée le 03 mars par le gouvernement Papandréou
(diminution du déficit public de 4%, gel des retraites des secteurs
public et privé, hausse de la TVA de 2 points, jusqu’à 8% de baisse des
salaires de la fonction publique, entre-autres…); l’évidence du diktat
néo-libéral s’impose à la Grèce, comme il s’imposera vraisemblablement
à tous les autres pays européens confrontés le moment venu aux mêmes
difficultés financières que la Grèce aujourd’hui:
aide-toi et le ciel européen t’aidera.

Le téléchargement de ce type de fichier (.jpg) peut endommager votre ordinateur.


Mise à jour de l’identification…

À ceux des européens qui s’inquiètent de l’absence de gouvernement
économique, force est de reconnaître que celui-ci existe bel et bien,
mais sous la forme d’une sacro-sainte alliance néo-libérale,
allergiquement hostile au soutien à la croissance et à toute forme de
sauvetage financier des États, donc des emplois (publics de
préférence). Ce n’est donc pas demain la veille que nous verrons la
réalisation de notre bon vieux rêve d’une coordination des politiques
économiques et financières entre les différents pays de l’union
européenne.


Et
malgré les déclarations grandiloquentes officielles, nous risquons bien
d’attendre éternellement après ce plan d’aide à l’échelle européenne,
ou au niveau bilatéral, qui permettrait à la Grèce de faire
honorablement face à une dette abyssale de 294 milliards d’euros et à
un déficit de 12,7%.


Pourquoi: parce que la solidarité européenne est aux abonnés absents


Mise à jour de l’identification…

Depuis
peu, on ne cesse de nous vanter l’idée d’un fonds monétaire européen,
précisément pour mieux botter toute solidarité européenne en touche.
Pourtant il eût été ô combien plus sécurisant pour l’ensemble de la
Zone Euro, que la Banque Centrale Européenne (BCE) ou la Banque
Européenne d’Investissement (BCI) apportât directement une aide en
espèces sonnantes et trébuchantes à la Grèce (par exemple sous la forme
de prêts, de garanties bancaires, ou de garanties en échange de la
souscription des bons du trésor grecs…)


Mais
non, le dogme monétaire veille, pour lequel toute idée de solidarité
financière européenne est d’avance saugrenue. Car nous dit-on, les
traités de l’union européenne ne prévoient pas le sauvetage, et
celui-ci ne peut avoir lieu qu’en situation de catastrophe (au nom
d’une clause introduite en 1991 dans le traité de Maastricht). La
Grèce, le Portugal, l’Espagne, et bien d’autres encore… qui ne seront
jamais en situation de catastrophe économique et financière, devront
d’abord toucher le fond de l’abîme social pour mériter l’aide de
l’union européenne, voire l’aide de certains de ses États membres. Il
sera alors trop tard, et pour la Grèce, et pour l’Europe.


Car
la Grèce réduite, comme un banal pays en développement*, à faire appel
au Fonds Monétaire International (Fmi), après le tour infructueux des
capitales occidentales par son Premier-ministre Georges Papandréou,
finira peut-être par réaliser que le ciel européen ne lui sera d’aucune
aide.


Et
imaginer un seul instant que l’aide du Fonds Monétaire International
puisse lui être humiliante et dommageable, plus qu’elle le sera à
l’Union Européenne, participe du même aveuglement inhérent au
dogme-monétaire européen. Car la Grèce aura peut-être finalement trouvé
au Fmi, aussi bien l’argent qui lui faisait tant défaut en Europe, que
l’expertise technique qui pourrait l’aider à surmonter une crise sans
précédent. Pendant que le reste du monde aura surtout découvert la
grande vulnérabilité de l’édifice monétaire européen, propice à la
spéculation financière et boursière.


On
peut déjà imaginer, sans nécessairement forcer le trait ou être un
eurosceptique, comment les spéculateurs et autres hedge funds se
comporteront au moindre défaut de paiement de dette (ou des intérêts)
d’un des États.de l’Union Europénne.


Un cauchemar que le cas grec oblige à envisager, et à contrecarrer.


Je vous remercie


Joël Didier Engo

 

“La Grèce ne peut pas être abandonnée” estime Papandréou (LeMonde.fr)

http://abonnes.lemonde.fr/europe/article/2010/03/13/plan-de-soutien-la-grece-ne-peut-pas-etre-abandonnee_1318895_3214.html

Eurozone to agree Greek safety net (Financial Times)

http://www.ft.com/cms/s/0/d053f3f0-2f96-11df-9153-00144feabdc0.html

Lagarde criticises Berlin policy (Financial Times)

http://www.ft.com/home/europe

La Grèce n’exclut pas un recours au FMI (LeMonde.fr)


Germany backs IMF bail-out for Greece (Financial Times)

*
La leçon grecque à l’Afrique

On se serait attendu à ce que les énormes difficultés économiques et
financières que traverse depuis quelques mois la Grèce, et qui font la
une de la presse internationale…

Par Alain B. Batongué
Journal Mutations (Cameroun) 15 mars 2009


*Eurodivision (Lemonde.fr)

L’euro made in USA, par Pierre-Antoine Delhommais (LeMonde.fr)

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