Villiers-le-Bel, «condamnation symbolique», vis-à-vis de qui, par rapport à quoi?

Des personnes attendent d'assister à l'audience du  procès des 
tireurs présumés de

Des personnes attendent
d’assister à l’audience du procès des tireurs présumés de
Villiers-le-Bel au tribunal de Pontoise le 29 juin 2010
(AFP Bertrand Langlois)

 

A entendre le
porte-parole des forces de police à la sortie du procès des jeunes
accusés d’avoir tiré sur des policiers lors des émeutes de
Villiers-le-Bel (Val d’Oise) en 2007, leur condamnation à des peines de 3
à 15 ans aurait d’abord une valeur «symbolique».

 

Mais «SYMBOLIQUE»
vis-à-vis de qui? et par rapport à quoi?

 

Car aucun citoyen
épris de Justice et du respect des Institutions, quelle que fût sa
couleur de peau, son origine sociale et territoriale, ne ferait preuve
de la moindre indulgence à l’égard de jeunes délinquants qui se seraient
effectivement rendus coupables ou complices d’actes de violences sur
des forces de police.

 

Il appartenait donc à
la seule Justice républicaine d’établir la véracité des faits reprochés à
ces jeunes, à travers l’établissement de preuves et de témoins
irréfutables; et non d’accréditer les accusations (vraisemblablement
bouleversantes) présentées par la police plaignante. Cette dernière
souhaitait, et à raison, une condamnation lourde et exemplaire. Elle l’a
obtenue, quelle que fût la crédibilité des charges. En ce sens cela est
venu accréditer le soupçon d’un verdict connu d’avance qui transpirait
pendant le procès.

 

Voilà précisément où réside le
malaise pour ce procès décidément hors normes, avec des témoins empêchés
de témoigner; et une accusation sans preuves réelles.

 

Et pour ne rien
arranger, le prononcé du verdict à une heure très tardive de la nuit (de
samedi 02 juillet à dimanche 03 juillet) est venu conforter l’idée
d’une Justice à deux vitesses à Villiers-le-Bel.

 

On pouvait en effet y
voir (notamment au journal télévisé de France 2): d’un côté les jeunes
accusés, leurs familles et leurs proches pour la plupart de couleur
noir; faisant face à des cordons d’agents de sécurité (CRS), visiblement
bien armés, constitués essentiellement d’hommes blancs. Les proches des
condamnés semblaient réduits ou contraints au silence, et se devaient
d’accepter la lourdeur des peines; pendant que le représentant de la
Police avait la (lourde) tâche de présenter le «symbolisme» des peines.
Ceci rentrait visiblement dans l’ordre naturel/juridictionnel des
choses…

 

Mais étions-nous
encore vraiment dans le cadre de la Justice républicaine? l’exemplarité
requise et le symbolisme attaché aux peines peuvent amener certains
d’entre-nous d’en douter sérieusement; surtout en l’absence de preuves
et de témoins formels.

 

Je vous remercie

 

Joël Didier Engo

Procès de Villiers-le-Bel: peines de 3 à
15 ans – Assises …


Villiers-le-Bel : les policiers satisfaits
(Le Figaro)

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