La légitime volonté de libérer la Française Florence Cassez au Mexique, peut-elle s’appliquer au Français Thierry Michel Atangana Abega au Cameroun?

Thierryatangana.jpg La douleur qui parcourt nos corps à l’idée qu’une jeune Française âgée de 36 ans, Florence CASSEZ, pourrait passer les 60 prochaines années dans une prison mexicaine pour des faits qu’elle n’aurait pas commis ; est exactement la même que nous ressentirions devant l’acharnement du dictateur Paul BIYA et le mutisme observé officiellement par la France depuis 15 années, dans la lente et minutieuse descente aux enfers d’un autre jeune français Thierry Michel ATANGANA ABEGA séquestré (alors âgé de 30 ans) dans les sous-sols des services de renseignement camerounais sous le prétexte fallacieux de complicité de détournement de deniers publics, sous-jacent à un véritable règlement de compte politique.

Thierry Michel ATANGANA ABEGA un Français, dont la France, refuse obstinément de revendiquer la libération, face à l’acharnement machiavélique d’un autre dictateur inamovible, Paul BIYA (78 ans, 29 années de règne)

Financier de formation, naturalisé français par déclaration souscrite le 1er décembre 1984 devant le Juge du Tribunal d’Instance du Quatorzième arrondissement de Paris où il résidait au numéro 37 de la rue des Thermopyles, Thierry Michel ATANGANA ABEGA se voit d’abord confier la restructuration de la dette de certaines multinationales (NESTLÉ, PHILIPS…) dont les créances sont en souffrance dans les pays africains (par exemple de l’ordre de 40 milliards de FCFA au Cameroun).

Devenu spécialiste de cette zone géographique, il est affecté comme cadre représentant du Groupe LEFEBVE au Cameroun. Dans son pays natal, il sera à la tête du Comité paritaire de pilotage et de suivi des Projets de Construction des axes routiers. Il y fera alors la connaissance des officiels camerounais, notamment des Secrétaires Généraux successifs de la Présidence de la République (sorte de Vice-présidents ou Présidents bis du Cameroun), jusqu’à la nomination à ce poste sensible de l’ancien médecin personnel du Président Paul BIYA, le Professeur Titus EDZOA, qui occupait jusque-là la fonction de Directeur du Cabinet Civil du Président de la République.

Thierry Michel ATANGANA ABEGA devient ainsi malgré lui un membre du sérail camerounais, toujours détenteur d’un titre de séjour délivré par le Cameroun qui court jusqu’en 2014. Cela n’empêchera pas, dans un pays qui ne reconnaît toujours pas la double nationalité, qu’il en soit promu Chargé de Mission à la Présidence de la République, cumulativement à la Présidence du Comité de pilotage et de suivi des projets de construction des axes routiers (placé sous la tutelle du secrétariat général de la Présidence de la République).

Emporté par l’Affaire dite Titus EDZOA, sorte de rouleau compresseur incompressible

Le rêve d’un retour au Cameroun de Thierry Michel ATANGANA ABEGA va virer au cauchemar du jour où le Professeur Titus EDZOA, anciennement secrétaire général à la Présidence de la République, démissionne avec fracas du Gouvernement le 20 avril 1997 (fait rarissime au Cameroun), et se déclare immédiatement candidat aux élections présidentielles d’octobre de la même année. Associé par le régime dictatorial de Paul BIYA au candidat démissionnaire, Thierry Michel ATANGANA ABEGA partage sa descente aux enfers depuis cette date.

Les peines carcérales de Thierry Michel ATANGANA ABEGA et de son compagnon d’infortune le Professeur Titus EDZOA s’enchaînent à mesure que Paul BIYA se cramponne à la Présidence de la République du Cameroun. Au point où personne n’est en mesure aujourd’hui de déterminer avec exactitude la nature des différentes accusations, puis des condamnations, qui les accablent et justifieraient encore leur séquestration. Mais il n’empêche, celle-ci s’est si bien ancrée dans l’inconscient collectif camerounais, qu’elle participe presque dans la prévalence d’une culture tyrannique du sacrifice humain. Thierry Michel ATANGANA ABEGA et Titus EDZOA peuvent ainsi s’éteindre dans le silence des cellules de fortune du secrétariat d’État à la défense (Sed), au mépris des règles élémentaires d’Humanité, sans que cela ne suscite la moindre réaction au Cameroun et en France.

Fidèle à son habitude, la France officielle ne voit pas et n’en dit mot…

Les ambassadeurs de France se succèdent à Yaoundé, les dirigeants et émissaires français se bousculent auprès du dictateur Paul BIYA (pas des moindres, de Droite comme de Gauche !) sans que jamais Thierry Michel ATANGANA ABEGA ne devienne un sujet de préoccupation. Car comme le voudrait une vieille tradition franco-africaine, tout prisonnier politique au Cameroun est nécessairement un prisonnier de droit commun ; comme tout ressortissant français d’origine camerounaise embastillé par le régime dictatorial de Paul BIYA… serait d’abord sinon uniquement un « Homme Africain », un Camerounais… avant d’être un Français.

Pourtant rien n’exclut qu’il puisse, lui aussi, avoir fait l’objet d’un «déni de justice»… et de traitements inhumains inacceptables par la France.

Je vous remercie

Joël Didier Engo

Enfin la France s’exprime sur le cas Michel Thierry Atangana

Pour tout supplément d’information contacter: Le Comité Citoyen pour la Libération des Prisonniers Politiques au Cameroun (CCL Libération)
Site internet: http://cclliberation.canalblog.com
Courriel: ccl.liberation@yahoo.fr
Adresse: 22 rue d’Orléans 600 Charleroi, Belgique
Tel. (32) 488 08 39 00

« 14 ans de torture, ça suffit ! »

Mardi, 15 Février 2011

Titus Edzoa. La lettre écrite par l’ancien secrétaire général de la présidence de la République à Paulm Biya  pour ses 78 ans

Monsieur le Président,
Il est fort possible, même si je n’ose y croire, que ma lettre, tel un alizé tumultueux et capricieux, vienne de quelque manière ébranler, ou tout au moins perturber la quiétude des flots aux doux embruns de votre «démocratie apaisée», ambition pour laquelle vous avez tant œuvré depuis 29 ans.

Si c’en était le cas, ce serait bien dommage, car telle n’est pas mon intention. Mais d’un autre côté qu’on ne se méprenne point ! Ce n’est pas non plus une naïve, langoureuse et monocorde mélopée, ni un triste refrain d’un prétendu coupable miserere, de la part d’une supposée victime, à la recherche désespérée d’une compassion condescendante… Pour toutes ces raisons, j’impose à ma plume autant de respect que de douceur, honorant ainsi ma propre dignité de beaucoup de pudeur, et l’affligeant en même temps d’une stricte circonspection…

Monsieur le Président,
Tenez ! Seulement deux jours après ma démission de votre Gouvernement et ma constitution en candidat à l’élection présidentielle de 1997, une horde sauvage et déchaînée de vos cognes aux gros bras prêts à casser de la castagne, alliée à une justice aux allants de basoche, a fondu avec une rare férocité sur le citoyen honnête et ordinaire que je suis. Et depuis, inlassablement, les uns comme les autres, n’ont cessé de me faire subir une terrifiante torture, avec hargne, haine et grossièreté, sous votre regard passif et atone, mais ô combien scintillant de complaisance : embastillement dans des conditions inqualifiables, harcèlement et acharnement permanents, destruction et confiscation de mes biens, intimidations et tracasseries judiciaires et policières, subtiles et ostentatoires menaces de mort, et que sais-je encore… Ah ! Que ne m’aurait-il pas valu d’être un Albert Dreyfus ou un Jules Durand tout court ? Allusion prétentieuse, n’est-ce pas ? Et pourtant je n’en demandais pas tant !

Monsieur,
Eh bien, souffrez un petit instant que je me pince avec un peu de violence, après tant d’années de silence d’une lâche captivité, pour dénoncer avec véhémence, à haute et intelligible voix, prenant solennellement à témoin la nation camerounaise tout entière, l’opinion internationale, et tous ceux qui de par le monde sont sensibles à la défense des droits humains, et crier à votre intention : «14 ans de torture, Monsieur, ça suffit ! »
J’ai été honteusement réifié en un vulgaire otage de votre vitrine politique. Ma liberté m’a été confisquée sans raison. Que votre raison veuille bien me la restituer ! L’image désormais blafarde et tant écornée du Cameroun en bénéficierait à coup sûr en rayonnement, de l’intérieur comme à l’extérieur…

A la fin, que sont-elles devenues mes convictions et mes opinions politiques, artifices qui m’ont gratifié de cette lourde infortune en 1997 ? Eh bien, elles n’ont pas changé d’une virgule ; bien au contraire, par mon combat silencieux, mais pas pour autant moins téméraire, elles se sont raffermies, densifiées, voire pétrifiées, toujours à la recherche d’un idéal partagé pour l’émancipation et l’épanouissement d’un peuple qui le mérite bien…
Je vous prie, Monsieur le Président, d’agréer l’expression de ma très haute considération, et de bien vouloir accepter la sincérité de mes vœux de paix et de santé, à l’occasion de votre anniversaire…

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