Sur Rfi: la démagogie d’un avocat acquis à la dictature en place au Cameroun

Me_charles_tchoungang_ns_260_0.jpg En écoutant mercredi 8 juin 2011l’entretien accordé par Maître Tchoungang à Rfi sur la prétendue lutte nationale contre la corruption au Cameroun, j’ai davantage eu l’impression d’écouter un hierarque de la dictature en place; en lieu et place d’un juriste mû d’abord par volonté d’éclairer l’auditeur étranger sur la réalité des procédures souvent arbitraires engagées contre d’anciens dignitaires camerounais par Paul BIYA; lui-même sous le coup en France d’une information préliminaire pour biens mal acquis (et certainement à ce jour l’homme le plus riche du Cameroun).

Pour peu que Rfi ait effectivement voulu se donner les moyens d’investiguer et d’informer avec acuité sur ce sujet controversé, il lui aurait suffi de consulter la plupart des journaux indépendants camerounais (Le Messager, Mutations, Le jour, la Nouvelle Expression et j’en passe…); les sites d’information en ligne comme cameroon-info.net ou Camer.be…pour réaliser l’entourloupe politique présentée comme une «opération épervier» au Cameroun.

Je me garde bien de trop abonder sur le sujet, ayant directement bataillé depuis tant d’années avec le régime de Paul BIYA, juste pour être en mesure d’obtenir (enfin) un semblant de procès équitable pour mon père Pierre Désiré ENGO, qui croupit depuis 11 ans à la prison centrale de Yaoundé Kodengui; sans véritablement plus savoir, ni l’origine ni la nature des accusations qui s’abattent indéfiniment sur lui (consulter pour ce faire la rubrique « blogroll » sur mon blog: http://enjodi.blog.lemonde.fr/« )

Juste pourrais-je inviter les journalistes de Rfi à lire cet appel des bailleurs de fonds internationaux (fonds mondial, banque mondiale…), qui dénonce l’interpellation et l’incarcération arbitraire de l’ancien ministre de la santé du Cameroun, Urbain Olanguena Awono.

http://www.camer.be/index1.php?art=14615&rub=11:1

L’investigation et la recherche de la vérité, y compris sur la corruption au Cameroun, ne devraient pas nuire à la crédibilité d’une « radio mondiale ». Bien au contraire…

Je vous remercie

Joël Didier Engo

Sur le même sujet:
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cameroun,titus edzoa,paul biya,présidence de la république,prisonniers politiques,france,homme africain,sarkosphère,dictature,histoire contemporaine
Argumentaire de l’ex Sgpr devant le Tribunal de Grande Instance du Mfoundi lors de l’audience criminelle du 19 septembre 2011 à 11 heures 30.

Monsieur le Président,
Je m’exprime peut-être devant votre Tribunal pour la dernière fois. Je vous prie en conséquence de m’accorder quelques minutes d’attention, pour vous aider à mieux saisir le sens des exceptions qui viennent de vous être présentées par mes Conseils. Mes avocats, auxquels je veux rendre hommage à ce stade, et exprimer ma profonde gratitude, ont focalisé leur plaidoirie sur les arguments de droit et de bon sens pour expliquer les raisons de notre rejet de la pratique de la disjonction. Je vais vous présenter les arguments de l’homme, l’homme qui subit cette pratique sans fondement. Vous aurez ainsi entre vos mains l’essentiel des éléments liés à cette requête.
Permettez-moi d’abord Monsieur le Président, Messieurs les membres du Tribunal de rendre hommage à la manière avec laquelle votre Tribunal a conduit les débats jusqu’ici en permettant notamment à toutes les parties de s’exprimer librement.

I)- Au plan des faits

Monsieur le Président,

Comme vous le savez déjà, j’ai été placé en garde à vue le 1er aout 2008; et le 06 du même mois, j’ai été mis en détention provisoire et incarcéré à la Prison Centrale de Kondengui à Yaoundé. En vertu de la loi, j’ai été mis en garde à vue puis ensuite en détention provisoire, sur la base prétendument d' »indices graves et concordants ». Parmi ces « indices graves et concordants », il y avait principalement le fait, au sujet de la tentative de détournement de 31 millions de dollars, que j’avais rompu sans raison valable, le contrat signé entre Cameroon Airlines et GIA International en vue de l’acquisition du BBJ-2 présidentiel. Le seul témoin capable de dire au Tribunal si un tel contrat a été signé et d’en apporter la preuve, n’a pas pu être entendu ici. Cela a été le choix du Tribunal; c’est aussi sa responsabilité.

Monsieur le Président,

Sur tous les chefs d’inculpation qui m’ont été notifiés, en aout 2008, j’ai essayé, avec la sérénité et la détermination qui habitent l’innocent, de contribuer du mieux de mes capacités, à la manifestation de la vérité, dans le cadre de ce que je croyais être une instruction à charge et à décharge. Comment expliquer qu’avec tous les pouvoirs que lui accorde la loi et ceux qu’il s’octroie, le Juge d’instruction n’ait toujours pas achevé son instruction, trois ans après m’avoir placé en détention provisoire? Toujours dans le registre des faits, il convient de rappeler ceux qui suivent:

1) La disjonction avait été justifiée, par la nécessité, disait le Juge d’instruction, de poursuivre l’instruction là où les « faits n’étaient pas encore suffisamment mis au clair ». Ainsi, s’agissant de l’accusation de détournement en coaction de la somme de 1,5 milliard FCFA, l’Ordonnance du Juge d’instruction (de janvier 2010), indiquait qu’il était nécessaire d’une part d’obtenir des éclairages sur « l’entité FIRST CLEARING CORPORATION », (qui avait reçu le virement de 1,5 milliard), d’autre part de recevoir une « preuve suffisante que cette somme de 1,5 milliard a été effectivement transmise à ANSETT Worldwide », le loueur d’avions. Or depuis cette ordonnance de janvier 2010, aucun acte d’instruction n’a été posé par le Juge d’Instruction au sujet du détournement de la somme de 1,5 milliard de FCFA. En l’occurrence, il n’a entrepris aucune action pour vérifier auprès du loueur d’avions ANSETT si celui-ci avait effectivement reçu la somme querellée. Bien plus, je n’ai plus jamais été entendu par le Juge, ni confronté à quelque témoin. Malgré ou à cause de ces inactions de ces manquements de sa part, le Juge d’Instruction a réussi, dans son ordonnance de renvoi de juin 2011, à échafauder une théorie tortueuse sur ma participation à cette prétendue infraction. Autre fait digne d’intérêt:
2) Le même Juge m’a remis, comme aux autres accusés, un rapport d’expertise relatif aux Commissions Rogatoires Internationales qu’il a envoyées à travers le monde, pour solliciter des informations sur les comptes bancaires que j’aurais eus dans ces pays.

En me remettant ce rapport, le Juge a cru devoir nous faire connaitre sa déception que les Commissions Rogatoires n’aient révélé aucun compte au nom de Atangana Mebara Jean Marie.

II)- Mon analyse des faits

Monsieur le Président,

L’analyse que je fais des éléments ci-dessus rappelés est la suivante:
Lorsque la disjonction a pour finalité d’exercer, légalement, du harcèlement, de l’acharnement judiciaire, elle ne peut être considérée comme un acte de bonne administration de la justice; elle ne peut et ne doit être prise que pour ce qu’elle est en réalité, une Arme de Destruction Judiciaire. Il m’est difficile de ne pas voir derrière tout ceci, ainsi qu’au travers de certaines révélations publiées récemment, des signes manifestes d’un délire haineux.

Monsieur le Président,

Vous avez, à travers les exceptions qui viennent de vous être présentées, une occasion particulière, de confirmer l’indépendance de la magistrature réaffirmée dans un récent communiqué du Gouvernement (septembre 2011).

Vous avez là une occasion de réconcilier les camerounais, au moins ceux qui viennent ici depuis le début de cette affaire, avec leur justice, en disant que si la disjonction peut être un acte de bonne administration, quand elle devient répétitive, elle est un acte de mauvaise administration de la justice, et même un acte d’obstruction à la Justice.

Monsieur le Président, Honorables membres du Tribunal,

Qui serait surpris de m’entendre dire, de clamer aujourd’hui que je suis fatigué de ce procès en accordéon, ce procès saucissonné, ce procès à tiroir ou en poupées russes, ou encore comme on dit ici ce procès en rouleau compresseur?

Je ne me sens plus en état de poursuivre un procès dont les procédures sont tantôt disjointes, tantôt jointes quelques mois plus tard. Je suis d’autant moins disposé à continuer d »être l’acteur involontaire d’une pièce mal écrite, que j’ai acquis la conviction, avec la deuxième ordonnance de disjonction, de juin 2011, que cette instruction est désormais uniquement à charge.

Je souhaite qu’il soit bien clair que je ne veux me soustraire à aucune procédure, à aucune accusation. Je suis et reste déterminé par dessus tout à me défendre, et à laver publiquement mon honneur ignominieusement sali.

Mais je demande simplement à être jugé en un procès unique, des différentes accusations portées contre moi. Est-ce trop demander à la Justice de mon pays, que j’ai aussi servi avec dévouement, comme d’autres?

Monsieur le Président,

Nous venons d’achever les débats au sujet de l’accusation de tentative de détournement de 31 millions de dollars américains. Votre Tribunal a choisi de prendre une décision sur cette accusation en même temps que sur les autres, jointes à la première.

Lorsque dans six ou douze mois, le Juge d’Instruction, qui se comporte comme s’il avait l’éternité avec lui, voudra bien vous envoyer une ou plusieurs autres accusations, il est légitime de penser que votre Tribunal, comme récemment, décidera de la jonction des procédures en cours avec les nouvelles. Et nous recommencerons, à nous présenter, à parler de nos parents, de nos familles, à dire si on plaide coupable ou non coupable, à fournir la liste de nos témoins, etc.

III)- Mes conclusions

Monsieur le Président,

Je dois conclure ce propos en vous disant que pour ma part, et je le dis avec la sérénité de quelqu’un qui a beaucoup appris de la vie, surtout le silence, je n’ai plus aucun goût à participer à ce jeu répétitif d’humiliations et de destruction, ponctué de plusieurs disjonctions et jonctions.
L’Etat du Cameroun a toujours disposé de moyens techniques, institutionnels et diplomatiques nécessaires pour réunir les éléments les plus pertinents de ces affaires. Comment comprendre que ces moyens n’aient pas été jusqu’ici, judicieusement exploités tant par la Police Judiciaire que par le Juge d’instruction? In fine, on ne peut que se demander si ces autorités, chargées de l’enquête préliminaire et de l’instruction n’étaient pas plus occupées à trouver les voies et moyens de me maintenir en détention que de rechercher la vérité.

Monsieur le Président,

J’apprécierais pardessus tout de recevoir de votre Tribunal une raison, une seule raison de croire que la Justice de mon pays ne s’acharne pas contre moi, pour des raisons qu’elle même ignore. Donnez-moi la preuve, pour une fois, que je suis un citoyen comme les autres, bénéficiant des mêmes droits, de la même protection devant la loi et les tribunaux que tout autre citoyen.

Je suis prêt à parier que personne, ni vous, ni le Ministère Public, ni aucune autorité judiciaire ou même politique de ce pays n’a demandé au Juge d’Instruction de procéder de cette manière honteuse pour la Justice. Même s’il en avait reçu des instructions, je suis persuadé qu’il ne pourra jamais en rapporter la preuve; lui comme d’autres; personne ne pourra prouver demain qu’il avait reçu des instructions pour traiter ainsi des citoyens, en bafouant leurs droits, en les soumettant aux humiliations de toutes sortes, sans cause.

Monsieur le Président,

Je peux comprendre que par souci de cohérence avec vos positions antérieures, il vous soit difficile d’annuler cette ordonnance de disjonction. Mais il me sera difficile de comprendre que le Président du Tribunal de Grande Instance du Mfoundi que vous êtes, ne puisse pas, soit instruire le Juge d’instruction de transmettre au Tribunal le reste du dossier qu’il conserve sans aucune action, soit de le lui retirer, et ce n’est pas les raisons pour le faire qui vous manqueraient.

Voyez-vous, Monsieur le Président, je n’ai plus rien à craindre de la Justice; ma famille, mes proches et moi-même en connaissons déjà les aspects les plus dégradants, les plus inhumains, les plus humiliants.
C’est dire que je suis psychologiquement prêt à attendre le temps que le Juge d’Instruction voudra encore se donner, ou le temps que lui donneront ceux qui lui ont confié ce dossier, pour en boucler l’instruction, instruction commencée, (faut-il le rappeler?) le 06 aout 2008.

Monsieur le Président,

C’est de votre Tribunal que dépend désormais que ce procès se poursuive, qu’il se poursuive désormais dans les meilleures conditions, c’est-à-dire d’abord en m’appliquant le principe universel et constitutionnel de la présomption d’innocence; c’est-à-dire aussi en me jugeant une bonne fois pour toutes, dans les délais raisonnables, compte tenu de la clarté des faits.

Monsieur le Président, Honorables membres du Tribunal, en vous remerciant de m’avoir prêté votre attention, je laisse chacun de vous face à sa conscience et je prie Dieu de vous venir en aide.

Par Jean Marie Atangana Mebara*
* Ex-Sgpr et principal accusé dans dossier Albatros

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