CETTE CRISE À LA FOIS DERRIÈRE ET DEVANT NOUS

Lire Jacques Attali nous prévenir que « la crise n’est absolument pas réglée »sonne comme une évidence pour le commun des citoyens de notre vaste monde, à l’exception peut-être de ceux des dirigeants qui ont claironné (un peu vite) que «la crise était derrière nous», à la suite des différents plans de relance.

Lemondesmarchésfinanciers.jpeg Où mettre la tête?

– du côté des observateurs avisés comme Jacques Attali , Jean-Paul Fitoussi, Joseph Stiglitz ou Paul Krugman qui n’ont pas cessé depuis 2008 (voire bien avant) d’appeler les décideurs politiques à plus d’audace fiscale et régulatrice;

– ou de celui des agences de notation, des marchés financiers, des banques centrales…(pas nécessairement les mêmes!) qui réclament encore et toujours plus de déréglementation des économies, avec en prime cette fois-ci, une mise sous tutelle budgétaire des États.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les perspectives économiques ne sont pas des plus rassurantes…Elles sont carrément récessionnistes.

En effet les signes palpables d’un ralentissement économique se précisent aux États-unis d’Amérique, en France, en Allemagne, en Italie, au Brésil, en Chine, ou en Inde. Il se dégage une impression générale de grandes économies à bout de souffle, face à des États sans grandes marges de manœuvre financière et budgétaire, déjà lassés par des plans de rigueur à répétition (pas toujours assumés).

C’est ainsi qu’aux Etats-Unis, le Trésor a dû corriger à la baisse la croissance au premier trimestre de 1,9% à 0,4%. En France malgré les prophéties du ministre de l’économie François Baroin et de sa collègue en charge du Budget Valérie Pécresse (qui tablent toujours sur une croissance annuelle de 2%), l’activité économique est scotchée à 0% au deuxième trimestre . Les pays émergents ne sont pas en reste, notamment les Bric (Brésil, Russie, Inde et Chine), qui devront progressivement réduire leurs activités industrielles.

Alors que faire? réagir aux signaux alarmistes amplifiés par les marchés financiers en multipliant des effets d’annonces du type «Règle d’or»; ou agir enfin en profondeur par une recherche acharnée de la croissance économique?

C’est tout le défi qui se pose aux décideurs politiques des principales économies mondiales, et qui constituera vraisemblablement le menu de l’élection présidentielle de 2012 en France.

Sur ce terrain, François HOLLANDE semble particulièrement avoir une longueur d’avance sur ses concurrents, lui qui depuis longtemps met la crise au cœur de son programme, de ses discours et de ses réflexions. Car c’est véritablement un «pacte de l’après crise» que devra sceller le prochain Président de la République avec le peuple français: fixer un cap pour la croissance, s’en tenir avec constance, sérieux et persévérance; malgré les dégradations de notes éventuelles, les rumeurs de faillites bancaires….Voilà ce que les citoyens seront en droit d’attendre de leurs dirigeants.

En effet quelque soit le bout par lequel ces derniers s’attaquent à cette crise (2008 ou 2011), comme le dit Jacques Attali le dilemme auquel ils sont confrontés demeure inchangé: entre «continuer à faire payer les folies des banquiers par les banques centrales (ce qui signifie au bout de la route de l’inflation et l’augmentation des taux d’intérêt); et/ou se résoudre à une augmentation générale des impôts ». Dans les deux cas de figures, la récession constituera toujours le risque majeur, et la croissance la seule garantie réelle que les dettes seront remboursées. À condition qu’elles ne soient pas encore et toujours supportées par les mêmes, c’est-à-dire essentiellement les classes moyennes et modestes.

En réalité il ne reste plus tant de sentiers à explorer que cela en 2011, autres que l’incontournable réforme fiscale (plus juste et équitable) en France, l’approfondissement des mécanismes institutionnels et financiers en Europe, et la nouvelle architecture monétaire internationale si souvent promise…Des solutions maintes fois théorisées par les économistes cités plus haut, et retardées sous la pression des lobbys bancaires et financiers.

Il revient plus que jamais aux responsables politiques de premier plan de se montrer enfin à la hauteur!

Joël Didier Engo

« Le long passé de la dette publique », par Gérard Béaur, directeur de recherches au CNRS et à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS)

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