Menace de dissidence à la 6ème circonscription électorale de Paris. Sur quelle motivation?

Menace de dissidence à la 6ème circonscription électorale de Paris. Sur quelle motivation?

La lecture de la lettre (éminemment émouvante) de la camarade Danièle Hoffman, envoyée à la première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry, et publiée ce jour dans le site d’information en ligne Rue 89; me rappelle ces paroles frappantes de l’auteure prononcées alors que je venais de distribuer son tract au marché de Belleville:

«Aujourd’hui au PS», soutenait sans sourciller Mme Hoffman, «pour être désigné il faut être, ou une femme, ou un handicapé »… »Vous, deux » (parce ce que hommes, valides et noirs, j’en déduis biensûr ) «Vous n’avez aucune chance… ».

J’avoue que c’est précisément cette forme d’appropriation des circonscriptions électorales via les mandats politiques (sur le fondement parfois de la parité homme-femme, de la diversité, ou de la minorité visible…) et le culte à la cooptation qu’elle véhicule, qui me tiendra éloigné de la fronde engagée contre le Parti socialiste et Europe Ecologie -les Verts (EELV) dans la 6ème circonscription de Paris. Pourtant j’aurais dû en «bon militant», pour avoir en effet partagé le soutien à la candidature présidentielle de François Hollande avec Danièle Hoffmann (qu’elle a ralliée après la défection de Dominique Strauss Kahn, son champion de toujours).

Je peine à comprendre la vraie motivation de Danièle Hoffman dans sa menace ultra médiatisée de dissidence dans « sa sixième circonscription » de Paris

  • Est-ce vraiment le parachutage de Cécile Duflot de Villeneuve Saint-Georges (en région parisienne) à Paris.? un parachutage certes écœurant, mais néanmoins surmontable. Car rien n’empêche encore les verts d’opter pour un(e) candidat(e) du crue, dans une circonscription où leur progression électorale est fulgurante. Ils sont ainsi largement arrivés devant les socialistes pendant les dernières élections européennes. Ce sont d’ailleurs au passage les mêmes électeurs (verts) qui ont plébiscité le vote Aubry pendant la primaire citoyenne.

En réalité, si on veut être plus objectif, les 69% des voix récoltées par Danièle Hoffmann aux dernières législatives ne sont plus qu’un lointain souvenir. Elle semble n’avoir pas su les fructifier en terme de réalisations tangibles dans cette circonscription, où elle à parfois brillé par des absences à sa permanence (laissée à l’abandon de ses assistants parlementaires).

  • Serait-ce l’entorse supposée grave faite à la démocratie (socialiste) parisienne? Mais de quelle démocratie parlons-nous? Celle de la cooptation qui y tient en réalité office de «désignation par les militants», et dont a d’ailleurs bénéficié Mme Hoffman pour son « investiture » interne en 2002. Ce mode de désignation par le fait du prince représenterait-t-il ce modèle de démocratie tant réclamé par les petits militants de base et les habitants du onzième ( indépendamment de leur couleur de peau, de leur appartenance à telle ou telle minorité visible ; voire de leur origine sociale)?Car faut-il rappeler, sans nécessairement trahir un secret de la «grande famille socialiste» du onzième arrondissement, qu’au sein même de la section l’éventualité présentée comme une probabilité de remplacer Mme Hoffmann était assez répandue et partagée. La remplaçante semblait toute désignée, au motif qu’elle avait l’avantage d’être (aussi) une «femme» (comme Danièle Hoffmann), d’être (disait-on) plus compétente (que Danièle Hoffmann); en plus s’empressait-on de préciser: «elle est issue de la diversité» (sous entendue d’origine maghrébine ou arabe).

Alors j’aimerais comprendre…

Est-ce cette conception très clientéliste du suffrage universel que défend l’Honorable Danièle Hoffmann dans son bras de fer engagé contre les instances nationales du parti socialiste? En quoi cette forme de cooptation caractérisée différerait-t-elle du choix (non moins discutable) opéré pour la sixième circonscription de Paris dans l’ accord national entre les socialistes et les verts?

Je vous remercie

Joël Didier Engo

Par Joel Didier Engo
Invité du Figaro et Président de l’association Nous Pas Bouger
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