France: des files d’attente en Préfecture, dignes des camps de réfugiés au Darfour, en Somalie, ou ailleurs…

France: des files d'attente en Préfecture, dignes des camps de réfugiés au Darfour, en Somalie, ou ailleurs...

Le traitement réservé dans certaines préfectures françaises, notamment en région parisienne, aux étrangers…donne effectivement l’impression d’être en présence de réfugiés en quête de pitance dans des camps administrés par les ONG ou les Nations Unies, en Somalie, au Darfour, et ailleurs.

Voilà l’image que m’a laissée le service des étrangers de la préfecture de Bobigny lundi dernier.

En effet dans un amalgame soigneusement entretenu, les étrangers doivent s’aligner dès l’aube sur une file d’attente, indifféremment de leur pays d’origine, des motifs de leur présence en France (famille, travail, études…), de leurs âge, sexe, et état de santé. Tous doivent passer par un seul et même sasse, au bout duquel l’examen approfondi du dossier de régularisation n’est point garanti.

C’est ce qui arrive notamment depuis des semaines à un couple franco-algérien, que j’ai dû accompagner à Bobigny lundi 28 novembre.

Arrivées en France après avoir vécu à Alger pendant de longue années, ces personnes (parents de deux enfants) sont contraints de vivre depuis leur arrivée en région parisienne dans des lieux différents, parce que les services sociaux refusent obstinément d’admettre le père algérien dans un même hébergement d’urgence que sa femme française et ses enfants. La préfecture de Bobigny, malgré les preuves irréfutables apportées par ce demandeur de carte de séjour (mariage de longue date avec une française, vie commune avec enfants scolarisés à Paris), refuse catégoriquement d’entamer l’examen de son dossier. La raison évidente s’appuie sur le fait que le demandeur et sa famille (épouse + 2 enfants) ne résident pas à la même adresse (toutes pourtant localisées sur le département de la Seine Saint-Dénis!).

Mes explications logiques et objectives ne suffiraient pas à infléchir le blocage à la préfecture de Bobigny

Car ni le livret de famille, ni les actes de naissance des enfants, ni les multiples preuves de vie conjugale, ni les attestations d’Hébergement…n’ont jusqu’ici permis d’infléchir le zèle d’employés fiers d’obéir aux instructions préfectorales et ministérielle. Y compris lorsqu’ils s’opposent sans raison légale au dépôt d’un dossier complet; contraignant de fait un honnête homme algérien, père de famille, arrivé légalement en France… à vivre dans la clandestinité. Pour celles et ceux des compatriotes Français qui peinent à visualiser les effets induits par la nouvelle croisade de Claude Guéant contre l’immigration légale en France, ils ont ici la parfaite illustration.

L’objectif évident consiste à «mener la vie dure» à tout étranger qui vient se régulariser à la préfecture; jusqu’à ce qu’il finisse par se décourager; et se résigner ou à la clandestinité, ou au retour au pays de départ…après avoir essuyé d’interminables tracasseries administratives.

Face à cette situation inhumaine, imaginons un seul instant tous les pays du monde (États-Unis d’Amérique, Australie, Afrique, Asie…) vers lesquels migrent certains d’entre-nous en nombre (malgré la grandeur de notre France), nous infliger le même traitement dégradant…

Nul doute que cette réciprocité pourrait-être le déclic pour une plus grande prise de conscience sur nos Préfectures en France!

Joël Didier Engo

Par Joel Didier Engo
Invité du Figaro et Président de l’association Nous Pas Bouger,
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