Duel Hollande -Juppé: un «peu mieux faire» synonyme de «bien», voire de «très bien»

Duel Hollande -Juppé: un «peu mieux faire» synonyme de «bien», voire de «très bien»

Photo : France 2/AFP

Concédons qu’en pleine campagne présidentielle, il soit relativement impossible pour un journaliste de « Droite » de délivrer le moindre satisfecit à François Hollande. Sur ce plan le « peu mieux faire » de monsieur Hervé Gattegno  ressemblerait presque à une «mention bien», voire «très bien », chez tout autre analyste politique pas étiqueté.

Tout le drame de la démocratie française est de voir ainsi se perpétuer une ligne de démarcation idéologique dans les médias, notamment en période électorale, avec des analystes politiques et économiques identifiés de Droite, résolument incapables d’apprécier à leur juste mesure des propositions et des prestations médiatiques; dès lors que celles-ci émanent d’un candidat identifié à gauche de l’échiquier politique. Quand ils n’agitent pas «l’archaïsme» de son projet présidentiel, ils pourfendent sa «crédibilité» en chœur.

Monsieur Gattegno, rédacteur en chef au « Point », n’échappe malheureusement pas à ce piège

Son interview laisse curieusement l’impression que le reste de la France n’a pas regardé le même duel télévisé que lui jeudi soir sur France 2. En effet ses critiques sur les « bâillements », la « placidité ferme », ou « l’arrogance » prêtées à François Hollande, sont précisément les travers qui ont définitivement perdu Alain Juppé sur le plateau « Des paroles et des actes ».

Tout auréolé de sa «stature d’homme providentiel du Président et de meilleur à l’UMP», le Ministre des Affaires étrangères n’a pas su se départir d’un nombrilisme et d’un pédantisme hélas très Sarkozyste; révélant aux téléspectateurs un visage peu connu de sa personnalité: hautain, voire méprisant, incapable d’avancer la moindre proposition (au motif qu’il fallait en laisser la primeur à Nicolas Sarkozy dimanche prochain). Ses coups de butoir contre les «60 engagements» de François Hollande ont alors sonné comme des attaques virulentes contre un candidat socialiste pourtant bien campé sur son programme, qu’il défendait méthodiquement avec un aplomb, une clarté et une témérité que rares dans la presse française ne lui avaient jusqu’ici identifiés.

Vu sous cet angle, François Hollande peut effectivement remercier Alain Juppé. Parce qu’il lui aura singulièrement balisé la route qui mène à l’Élysée en mai prochain.

Si les Français le décident bien-sûr !

Par Joel Didier Engo

Sur le même sujet:

« Les éléments de langage » envoyés aux ministres par l’Élysée après l’interview télévisée du président Sarkozy, Dimanche 29 janvier 2012; Le Monde.fr

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