Cameroun, l’Homme BETI Coupable Idéal du Biyaïsme

Réaction à l’article: « Cameroun: L’après Biya et les Bétis », publié par Cameroon-info.net le 10 février 2012

http://b9.c4.354a.static.theplanet.com/stories/0,31640,@,cameroun-l-apres-biya-et-les-betis-par-shanda-tonme.html

Dr. Shanda Tonme

Rassurez-vous monsieur Shanda Tonme, nombreux sont les bétis qui ont depuis belle lurette su anticiper « l’Après BIYA », parce qu’ils ont vécu avant l’accession du dictateur camerounais à la Présidence de la République le 06 novembre 1982, le survivront vraisemblablement, et sauront toujours compter uniquement sur leurs mérites intrinsèques.

Alors des Bétis aux plus hautes fonctions de la République du Cameroun, il y en a eu avant Paul BIYA, il y en aura encore après lui…

Par contre on aurait aimé vous voir dénombrer les ressortissants originaires des autres régions du Cameroun, notamment de l’Ouest ou du grand Nord, qui ont activement collaboré avec la gouvernance tribale pousuivie par Paul BIYA, l’ont même parfois renforcée au plus haut niveau, en occupant souvent les places les plus stratégiques de sa machine policière et répressive.

Vous n’en dites curieusement aucun mot.

Et si nous poussions effectivement la logique de votre recensement plus loin, c’est à dire aux premières victimes du régime tyrannique de Paul BIYA, dont celles et ceux qui ont parfois laissé leurs vies, ou subissent au premier chef les privations de libertés, vous y trouverez relativement peu de ressortisants des autres régions du Cameroun (les dénommés Kamga, Mandeng et Oumarou), mais davantage de Bétis originaires du Centre-Sud (à l’instar du regretté Pére Engelbert Mveng, du journaliste mort sous la torture Bibi NGOTA, ou plus proche de nous l’embastillement carcéral subi par l’écrivian et homme politique Enoh Meyomesse actuellement incarcéré à la Prison Centrale de Yaoundé).

Cela ne veut forcément pas dire que les Bétis soient nécessairement plus, voire moins vertueux en matière de tribalisme et de captation de la richesse nationale que les Bamilékés, les Peuls ou les Douala. Mais simplement que les premiers auraient tous dû être les bons « esclaves » du tyran Paul BIYA par solidarité tribale et régionale. Or certains « Béti modérés » (comme ceux cités plus haut) ont parfois fait montre d’une certaine indépendance politique, d’une réelle élévation intellectuelle, et même d’un sens élévé de l’intérêt général …Précisément ces valeurs démocratiques qui sont incompatibles avec l’institutionnalisation du tribalisme en vigueur à la République du Cameroun sous Paul BIYA.

Voilà le fond du débat.

Je vous remercie

Joël Didier Engo

Sur le même sujet: Unité nationale: Cameroun, la poudrière ethnico-tribale

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