Centrafrique: sauver le tyran Bozizé, mais pourquoi?

Personne ne versera une larme dans l’hypothèse d’un renversement du général Bozizé par une rébellion armée en République centrafricaine (RCA).

En effet le tyran Bozizé est l’ancien aide de camp de l’empereur décervelé Bokassa 1er. Devenu lui-même Président à la faveur d’une rébellion armée contre le régime d’Ange Félix Patassé, il ne jouit depuis d’aucune réelle légitimité politique (à l’exception de celle que lui confèrent ses parodies électorales à répétition).

Petit à petit il a surtout replongé ce pays pauvre dans une gouvernance crapuleuse et familiale…digne des pires années de la présidence de Jean Bedel Bokassa, son vrai maître spirituel. Et se voit aujourd’hui menacé de destitution par une rébellion qui ne rencontre en réalité aucune résistance armée ou civile sur son passage, avec comme porte-parole Eric Massi, le fils de l’ancien opposant Charles Massi, que le Tchad avait précisément livré à la Centrafrique il y a trois ans (porté disparu depuis, plus vraisemblablement mort sous la torture).

Alors pourquoi la France devrait-elle sauver le tyran Bozizé?

Aucune raison objective et stratégique ne milite en ce sens. Notre pays a, en tous points, raison de laisser Bozizé se dépêtrer face à une rébellion qu’il aurait pu circonscrire, si seulement il avait opté après son coup d’État, pour un fonctionnement démocratique des institutions de son pays.

Souhaitons d’ailleurs que cet épisode serve (enfin) de leçon à tous ses homologues de la sous-région d’Afrique centrale (Cameroun, Tchad, Congo Brazzaville, Gabon); eux qui se cramponnent indéfiniment au pouvoir en tripatouillant sans cesse les constitutions, et en réprimant systématiquement leurs vrais opposants.

Mais bon, faut pas trop rêver! Jusqu’à l’éviction, chaque dictateur reste convaincu dans son for intérieur que les rébellions et autres «révolutions» sont des «malheurs» qui n’arrivent qu’aux autres.

Aveuglement totalitaire oblige!

Les Putschs, conséquence logique de la trop longue complaisance internationale envers les despotes

Les condamnations et les sanctions de l’Union Africaine, de l’ONU, puis de l’organisation de la Francophonie auront toujours un train de retard sur les putschs en Afrique noire francophone …Tant que ces institutions internationales ne voudront pas remettre en question leur complaisance générale envers tous ces tyrans et ces dictatures qui tripatouillent sans cesse les constitutions et se maintiennent indéfiniment au pouvoir par la Fraude électorale systématique.

Les putschs sont hélas le triste revers des illégitimités tolérées, parfois cautionnées pendant des décennies, comme au Cameroun de Paul BIYA!

Joël Didier Engo

Sur le même sujet:

«En Centrafrique, le pouvoir est très faible et militairement aplati», Roland Marchal, chercheur à Sciences-Po, Liberation.fr

Le président centrafricain appelle la France et les Etats-Unis à l’aide, (AFP)

La République centrafricaine, symbole d’un désastre franco-africain, par Pierre Haski | Cofondateur Rue89

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