Mariage homosexuel: l’hypocrite voile de pudeur de l’archevêque de Yaoundé au Cameroun

Qu’on aurait aimé entendre l’archevêque de Yaoundé Victor Tonyé Bakot, dénoncer avec la même véhémence la misère endémique qui prospère dans son pays; et qui pousse des milliers de jeunes camerounais à se livrer à la prostitution, ou à devenir des proies faciles pour les pédophiles embusqués à la tête de l’État. L’humanité entière lui serait incontestablement reconnaissante, pour s’être effectivement soucié des crimes et autres atteintes graves à la dignité des personnes dans ce pays d’Afrique centrale.

Que non! à l’instar de la tyrannie de Paul BIYA qu’il protège si jalousement depuis trente (30) ans, l’archevêque de Yaoundé perçoit «le mal» uniquement lorsqu’un gouvernement légitime respecte les engagements qu’il a pris devant le peuple, en l’occurrence l’adoption prochaine en France d’une loi légalisant le mariage homosexuel.

Pourtant ce dont il est question en France, y compris quand on est en droit d’exprimer des réserves ou des critiques, notamment par rapport à l’insertion de la procréation médicalement assistée par exemple dans la même loi, c’est uniquement du mariage civil entre deux personnes de même sexe. Jamais il a été question d’obliger l’église catholique française, ou d’autres, à célébrer cette union.

Alors de quoi se mêle Monseigneur Bakot? Il pourrait au moins commencer par balayer devant sa porte au Cameroun. Elle déborde de tous ces immondices malsains, qu’il a su jusqu’ici couvrir avec un hypocrite voile de pudeur.

En effet dans réalité, l’homosexualité au Cameroun, bien que taboue et sévèrement réprimée, n’en est pas moins ce voile de pudeur qui permet surtout d’occulter la perversité et l’immoralité de la classe dirigeante de ce pays. Elle semble ainsi systématiquement associée dans l’opinion publique à la pédophilie d’une élite, et considérée comme une « déviance » réservée uniquement à ces intouchables d’en « Haut ».
Triste dégénérescence morale d’une culture totalitaire.

Joël Didier Engo

Sur le même sujet: « Homophobie au Cameroun : beaucoup perdent espoir », par Neela Ghoshal (chercheuse pour Human Rights Watch), Rue 89

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