La présidence Uhuru Kenyatta et la crédibilité en berne de la CPI

La présidence Uhuru Kenyatta et la crédibilité évanescente de la CPI

Tout le dilemme d’un Tribunal Pénal International qui semble avoir orienté ses enquêtes et inculpations principalement sur les pays et les dirigeants africains, se trouve singulièrement posé aujourd’hui avec l’investiture officielle de Uhuru Kenyatta à la Présidence du Kenya.

En effet, tant qu’il s’agissait de poursuivre des dirigeants africains mal élus, ou des dictateurs auteurs de crimes contre l’Humanité comme Charles Taylor du Libéria ou Omar El Béchir du Soudan, l’action de la CPI trouvait une certaine justification, y compris auprès de certaines franges des populations, des intellectuels, des leaders de la société civile Africaine qui y voyaient la fin de l’impunité des despotes du continent.

Qu’en sera-t-il désormais au Kenya, où Uhuru Kenyatta vient de remporter l’élection présidentielle en toute transparence et régularité? Va-t-on continuer à le poursuivre, voire l’inculper comme Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire, pour des crimes qui ont émaillé l’élection présidentielle très contestée précédente au Kenya; crimes pour lesquels il est appelé à comparaître dans les prochains mois à La Haye?

Qu’en est-il de ses adversaires politiques, seraient-ils plus irréprochables et innocents que Uhuru Kenyatta? Imagine-t-on à Paris, Washington ou Londres, un chef de l’exécutif de l’un de ces membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations-Unies (démocratiquement élus), devoir néanmoins répondre devant la CPI des crimes commis sur certains théâtres controversés d’opérations, comme en Irak, ou en Afghanistan?

C’est toute la crédibilité de l’action de la Cour Pénale Internationale qui va se jouer sur le dossier du Président Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto du Kenya. Elle devra définitivement dissiper, ou conforter cette opinion assez répandue sur le continent africain d’être une Justice aux ordres des grandes puissances occidentales, du moins des principaux membres du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, faisant souvent la part belle aux « vainqueurs » désignés en Côte d’Ivoire ou dans les Balkans notamment, au détriment des vaincus accablés.

Je vous remercie

Joël Didier Engo

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