Cameroun: incarcération de Marlène Amvoutou, une estampille tyrannique camerounaise

Cameroun: incarcération de Marlène Amvoutou, une estampille tyrannique camerounaise

Photo: Marlene Emvoutou, candidate malheureuse à la Présidence de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot)

Certains de mes détracteurs au Cameroun me reprocheront une fois de plus de « défendre l’indéfendable »…ou des « voleurs de la république » (comme ils disent)…Mais bon j’en ai cure.

Je ne cesserais jamais de m’insurger contre cette forme arbitraire et expéditive de fonctionnement de la justice au Cameroun, qui consiste à priver des « prévenus » de toute liberté en les déférant en prison…alors que l’accusation ne porterait encore que sur des supputations, voire des allégations de « plaignants » qui accuseraient dans le cas d’espèce Mme Marlène Emvoutou, candidate malheureuse à la Présidence de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot) d’avoir, je cite:

1) escroqué l’argent de jeunes footballeurs auprès desquels elle s’était engagée (comment?) à faire voyager en France et au Qatar (première plainte);

2) vendu ou acheté le véhicule d’autrui…(seconde plainte)

Et les «journalistes à charge» du Cameroun d’ajouter à leur « réquisitoire »: «cette dame» (je précise que je ne la connais guère et ne la rencontrerais vraisemblablement jamais) … »bat tous les records des scandales ». Lesquels???

Chacun de nous – du moins celles et ceux qui vivent dans des pays se définissant comme des États de droit – nous sommes littéralement abreuvés au quotidien par les scandales les plus retentissants comme au Cameroun, souvent évalués en milliards de dollars ou d’euros…touchant des acteurs de premier plan aussi divers que ceux du monde des affaires, de la vie politique, ou des milieux sportifs…avec parfois des fuites organisées dans la presse de documents contenus dans les dossiers d’accusation ou d’instruction. Pourtant jamais il ne viendrait à l’idée de ces juges d’instruction d’ordonner l’incarcération immédiate, sauf à titre exceptionnel, des accusés avant que leur culpabilité a été clairement établi lors des procès publics, et parfois après épuisement de toutes les voies de recours judiciaires.

Question un peu naïve de ma part (j’en conviens volontiers): qui a peur de Mme Marlène Amvoutou, au point d’ordonner son arrestation immédiate, puis sa « détention provisoire » en réalité illimitée à la prison de sinistre réputation de Kodengui à Yaoundé, pour de sombres histoires de 30 millions de Fcfa escroqués à des jeunes, ou de voiture de location revendue?

J’aimerais comprendre! Pour peu que cet acharnement cannibale qui porte l’estampille tyrannique camerounaise, puisse encore être compréhensible par le commun des « êtres normaux », du moins dotés suffisamment de raison.

Je vous remercie
Joël Didier Engo

VIDEO: Marlene EMVOUTOU sur STV – Entretien avec Thierry NGOGANG

Sur la Justice au Cameroun, par Mukome Musango – Economiste ,Douala

Interpellation par Modeste B. 1 août 01:18

« Bonsoir Monsieur,
Je viens de parcourir votre billet sur Mme Emvoutou. Le moins que l’on puisse dire c’est que vous n’êtes plus à une incohérence près. A moins que tous les prétextes ne soient bon pour dire tout le mal que vous pensez des dirigeants camerounais et du Cameroun, ce qui est votre droit, il me parait difficile s’agissant d’un cas judiciaire établi comme celui de cette dame, de souhaiter une justice des faits dans ce pays et dans le même temps sanctifier l’impunité dont elle jusqu’à lors bénéficié…parce qu’elle aura enfin été interpellée et mise en détention. Tout ce qui est excessif est dérisoire. »

Ma réponse:

Bonjour monsieur B,

Rassurez-vous, je n’éprouve la moindre sympathie pour Mme Emvoutou (que je ne connais d’ailleurs pas), qui est pour moi l’incarnation de tous ces charlatans qui ont prospéré sur la médiocrité camerounaise de ces dernières décennies; pas plus d’ailleurs que je soutiendrais son « impunité », ni celle de tout autre justiciable qui serait réellement reconnu coupable de faits d’escroquerie ou de malversations de cet ordre à l’égard de mineurs.

Respectons sa présomption d’innocence jusqu’à ce que sa culpabilité soit reconnue.

Mon billet, comme certains précédents, est une interpellation sur une machine judiciaire qui viole allègrement tous les principes de sûreté et les garanties reconnues aux justiciables (y compris camerounais), ne connaissant que la privation de liberté comme unique mode de sanction (voire de répression)…  alors que le code de procédure pénale fourmille de tant d’autres possibilités, du moins avant le prononcé de la condamnation pénale.

Voilà de manière succincte mon argumentation.

L’accusé(e) aurait pu s’appeler Amvetou ou BIYA, cela n’aurait rien changé, ni à mon argumentation, ni à ma conviction profonde; fondées dans le cas d’espèce d’abord sur la science juridique, et non sur un supposé « mal » que je répandrais sur le Cameroun et ses dirigeants.

Ce pays je l’aime et j’en suis aussi attaché que vous monsieur, même si nous ne partageons pas nécessairement les mêmes opinions sur tel ou tel sujet de préoccupation.

Je vous remercie

Joël Didier Engo

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