Cameroun: Michel Thierry Atangana dépose plainte contre trois ministres pour détention arbitraire

Cameroun: Michel Thierry Atangana dépose plainte contre trois ministres pour détention arbitraire

Vidéo Dominique Sopo sur France 24:https://docs.google.com/file/d/0B8jmA8o_2G0KVm04WGVycXZZVFE/preview?pli=1

Dans un patriotisme puéril, certains thuriféraires de la dictature camerounaise agiteront vraisemblablement de nouvelles menaces contre les auteurs de cette plainte, voire plus directement contre Michel Thierry Atangana dans sa minuscule cellule du Secrétariat d’État à la Défense (SED) à Yaoundé. Mais à force d’user de la terreur, elle finit par devenir inopérante au bout de 17 années de descente aux enfers, et surtout devant la détermination pacifique d’un comité de soutien porté par la justesse d’une cause: la libération immédiate d’un homme innocent!

En effet, y compris en relations internationales, il est des crimes (tortures, viols, séquestrations arbitraires…) notamment de ressortissants étrangers, derrière lesquels les États ne peuvent se retrancher au nom de la souveraineté. Ces trois personnalités camerounaises de premier plan qui ont posé des actes répréhensibles devront y répondre. D’autres devraient logiquement suivre…

Le bras de fer judiciaire qui s’engage à Paris (pas uniquement) transcende désormais la couleur politique des responsables de l’Exécutif en France, parce qu’il est d’abord porté par les organisations de la société civile.

A bon entendeur salut!

Joël Didier Engo

Comité de Soutien à Thierry Michel Atangana

Affaire Atangana : l’ultime crime de Laurent Esso?, paru sur le huffingtonpost

Par

Dominique Sopo

Dominique Sopo, Ancien président de SOS Racisme

Deuxième opus d’une série de Tribunes sur l’affaire Atangana, dont la première est parue du même auteur le 23 décembre 2013 sous le titre: « Affaire Atangana : l’ultime crime de Laurent Esso? »

 

1. Affaire Atangana : l’ultime crime de Laurent Esso ?

Le 17 décembre 2013, la Cour suprême du Cameroun a rejeté le pourvoi en cassation formé par Michel Atangana, détenu dans une geôle du Secrétariat d’Etat à la Défense depuis 1997. Entré en détention à l’âge de 32 ans, la Cour suprême a pris une décision qui devrait le voir recouvrer sa liberté à l’âge de 72 ans.

Cette journée fut le triste épilogue d’un acharnement judiciaire au cœur duquel un homme aura joué un rôle fondamental : Laurent Esso, actuel ministre de la Justice au Cameroun.

Jeune, beau et brillant

Pour asseoir notre conviction, retraçons la généalogie de l’histoire de Michel Atangana. Camerounais de naissance, Michel Atangana part faire ses études en France. Il s’y marie et obtient la nationalité française en 1988. De son mariage, deux enfants naîtront : Eric en 1991 et Etienne en 1995. De retour en tant qu’expatrié au Cameroun au début des années 1990 pour le compte de l’entreprise française Jean Lefevre, Michel Atangana, jeune financier talentueux et dynamique, se voit confier la présidence du COPISUR en 1994. Cette structure public-privé instaurée par Paul Biya à la faveur d’un décret présidentiel est chargée de la construction d’axes routiers, dont le Cameroun est insuffisamment doté.

Michel Atangana déploie à ce poste une énergie sans faille. Constatant que maintes entreprises occidentales avaient fui le Cameroun quelques années auparavant en raison de créances que le pays n’avait pu honorer à leur endroit, il obtient d’elles qu’elles y reviennent dans le cadre des activités du COPISUR. Enjeu fondamental dans un pays alors en manque criant d’investissements étrangers. Parallèlement, Michel Atangana, avec la fougue de sa jeunesse, s’efforce à organiser le retour ou l’arrivée au Cameroun d’entreprises telles que Nestlé, Shell ou France Télécom. Il ne manque pas non plus d’investir personnellement dans l’immobilier, constatant que le Cameroun souffre d’un manque de bâtiments de qualité. Il se soucie certes là de ses affaires mais les concentre précisément dans un secteur employant beaucoup de main d’œuvre, se préoccupant ainsi également de ce qu’elles pouvaient amener de positif à la population camerounaise.

Catholique pratiquant, Michel Atangana tire de sa foi une pratique caritative qui l’amène à améliorer les conditions de vie des bonnes sœurs de Mimetala, s’enquérir de la bonne marche d’établissements scolaires et de la progression des élèves les fréquentant, organiser des levées de fonds au profit de telle ou telle activité sociale ou encore se soucier que les fonds qu’il aura à gérer dans le cadre du COPISUR ne seront pas détournés de leur objectif, à savoir la réalisation d’infrastructures publiques. C’est ainsi que Michel Atangana, sans doute armé d’une naïveté qui le perdra, décide d’emblée que le COPISUR n’achètera pas de matériaux pour la construction des routes mais passera des contrats avec des sociétés chargées de suivre un strict cahier des charges et de rendre des comptes sur l’utilisation de l’argent public qui leur sera versé.

Premier péril pour Michel Atangana : en procédant ainsi, il risque de montrer qu’un Cameroun mieux géré pourrait offrir à sa population un confort de vie bien plus élevé, ce qu’interdit par exemple une pratique qu’il connait bien et qu’il redoute. Cette pratique consiste à s’arranger pour que les sociétés d’Etat achètent des matériaux qui seront ensuite détournés par maints profiteurs se fournissant ainsi pour leur propre compte. Combien de maisons Michel Atangana soupçonne-t-il d’avoir été construites avec le ciment, le gravier et le sable destinés au bien public ? Mais mettre fin à ce système de la combine malhonnête, quelle imprudence dans un pays où une caste de profiteurs est passée maître dans la dilapidation des ressources publiques !

Deuxième péril : Michel Atangana est jeune, beau et brillant. Tragique cocktail. Jeune et beau, des ministres lui proposent leur fille en mariage. Il refuse. Brillant, il n’arrive pas à cacher son intelligence. Frayant de par ses responsabilités avec les premiers couteaux du régime, comment ces derniers, à la stupéfiante incompétence, accepteraient-ils un joyau dans leur monde de fange ?

Troisième péril : dans un pays où la médiocrité de nombreux dirigeants, l’absence de politiques sociales dignes de ce nom et la dilapidation généralisée des fonds publics créent une frustration populaire toujours prête à déborder, Michel Atangana n’a pas compris qu’il avait un profil-type. Celui de ces victimes expiatoires que l’on jette, tel un os à ronger, à des citoyens ainsi détournés d’une réflexion sociale et politique sur les racines du sous-développement et du paupérisme qui frappe le Cameroun.

La chute

La confrontation entre les maux du pays et la personnalité de Michel Atangana faisait de ce dernier une victime en devenir. C’est en avril 1997 que cette potentialité se transformera pour lui en une cauchemardesque réalité. En effet, à cette date, Titus Edzoa démissionne de son poste de ministre de la Santé et annonce son intention de défier Paul Biya lors de l’élection présidentielle de la même année. Numéro 2 d’un régime au sein duquel il glisse sur la pente de la disgrâce, médecin personnel du chef de l’Etat et de sa famille, Edzoa pose un acte vécu comme une trahison inouïe par Paul Biya. Il faut alors abattre Edzoa d’autant plus rapidement que, détenteur d’un vaste réseau d’influence au sein de l’appareil d’Etat sur lequel il régnait encore quelques mois plus tôt, il pourrait s’avérer un candidat coriace.

Le 12 mai 1997, alors que Laurent Esso est ministre de la Justice, Michel Atangana est arrêté à son domicile de Yaoundé pour « grand banditisme ». L’auteur de l’arrestation : Edgar Alain Mebe Ngo’o, alors préfet de Yaoundé. Aujourd’hui ministre de la Défense, notre homme doit pour beaucoup sa misérable carrière à cette forfaiture. L’arrestation est spectaculaire : des dizaines de membres des forces de l’ordre sont mobilisés pour venir appréhender un homme seul et sans armes. Il faut dire que les conditions de l’arrestation comptent bien plus que la réalité des faits. Plus d’hommes viennent vous appréhender, plus vous serez vu comme un os appétissant par les petites gens auxquels on vous livre ainsi en pâture.

Dans les jours qui suivent, alors qu’il est détenu arbitrairement dans les locaux de la police judiciaire, Michel Atangana est soumis à une intense pression. Que lui dit-on en somme ? « Affirme qu’Edzoa a volé de l’argent au COPISUR avec ta complicité et on te laissera tranquille ». Doté d’une morale que ses tortionnaires n’ont pas, Michel Atangana refuse. Accepter cette version, ce serait accuser un homme de faits inexacts et ce serait pour lui endosser une culpabilité aussi infâmante qu’imaginaire.

De son côté, Titus Edzoa, comprenant immédiatement que l’arrestation de Michel Atangana le vise, déclare que ce dernier est son directeur de campagne pour l’élection présidentielle de 1997. A ce moment de l’histoire, Edzoa ment. Il le reconnaîtra d’ailleurs longtemps après – plus de 10 ans ! – lorsque Jérôme Bayiha, qui devait être son véritable directeur de campagne, se présentera à la barre du tribunal de Yaoundé lors du deuxième procès intenté à Atangana et Edzoa. Pourquoi Edzoa ment-il ? Pense-t-il, en se plaçant d’emblée sur le terrain politique, qu’il va faire reculer le régime et ainsi éviter une arrestation qu’il sait imminente ? Pense-t-il qu’en assénant cette contre-vérité, il va pouvoir se protéger derrière le Français Atangana dont il pense peut-être alors que la France n’acceptera pas qu’il soit l’instrument innocent d’une vengeance politique ? Seul Edzoa connaît le mobile de ce mensonge. Mais ce mensonge entraînera Michel Atangana dans une chute sans fin puisque, désormais présenté comme un proche collaborateur politique d’Edzoa, il verra son destin associé à la chute d’Edzoa. Ne pouvant pardonner un tel acte, Michel Atangana n’a plus adressé la parole à Titus Edzoa depuis près de 17 ans.

Le choc

Mais revenons au cours des évènements. Après une instruction bâclée, Atangana est jugé le 2 octobre 1997 avec Edzoa pour détournements de deniers publics. Les conditions du procès sont effarantes. Atangana pas plus que ses avocats ne connaissaient le jour du procès, aussi incroyable que cela puisse paraître. Le matin de ce qui s’avèrera être la journée de son procès, Michel Atangana est extrait de sa cellule. Il lui est indiqué qu’il doit se rendre à la Cour suprême afin d’assister à l’audience relative à une demande de remise en liberté introduite devant cette juridiction par Edzoa. Michel Atangana n’est pas concerné par cette procédure. Il s’étonne de devoir assister à cette audience qui ne le regarde en rien. Bien évidemment, la Cour suprême, aux ordres du pouvoir, rejette la requête d’Edzoa. Ce dernier et Michel Atangana s’attendent à être reconduits dans leurs cellules respectives. C’est alors qu’on leur indique qu’une « autre audience » les attend au TGI. Introduits dans une salle de ce tribunal, ils découvrent des juges, des avocats de l’Etat et un procureur. On leur indique que leur procès va commencer. Les avocats de la défense se rebellent, évidemment. Ca n’est pas un procès. C’est un cirque dans lequel des personnages, revêtus de robes, de toques, de perruques et d’hermines, jouent à l’avocat, au juge ou au procureur. On suspend la séance. A la reprise, les avocats de la défense sont expulsés de la salle du tribunal. Entre 17h et 4h du matin, les accusés, privés du concours des hommes de loi et soumis à une bordée d’accusations dignes des procès de Moscou, sont jugés et finalement condamnés, sans trop comprendre sur quels faits, à 15 ans de prison.

Michel Atangana a entre temps appris ce qu’on disait de lui. Mis au secret pendant plusieurs semaines, ça n’est que peu de temps avant son procès qu’il apprend que des médias stipendiés par le régime le présentent comme un voleur de fonds publics et comme le complice d’un projet d’assassinat à l’encontre de Paul Biya. Rien de moins !

2. Affaire Atangana : quand Laurent Esso s’acharne sur un innocent

Attendre sans dépérir

Commençant sa peine, Michel Atangana pense que tout cela va s’arrêter, que l’erreur va être admise et son innocence ainsi établie. Bref, il pense qu’il sera rapidement libéré. Et pourtant, enfermé dans un sous-sol du Secrétariat d’Etat à la Défense, il compte ces années qui passent, les unes après les autres. Sa santé chancelle, mais son corps ne lâche pas. Son moral s’entame, mais son esprit ne cède pas.

Doté d’une force de caractère exceptionnelle, Michel Atangana s’occupe de façon très active. Fin connaisseur des écrits religieux et des rites catholiques, il continue, en prison, de recevoir des enfants qui préparent leur communion. Il continue de s’enquérir que les enfants dont il suivait le cursus scolaire font leurs devoirs et gravissent les échelons qui les mèneront au baccalauréat. Il continue de mener des affaires immobilières au Cameroun, là où maints individus auraient placé leurs fonds en sécurité en Occident. Des dignitaires du régime lui demandent de rédiger les discours du chef de l’Etat relatifs à l’économie. Ce qu’il fait de bonne grâce. Paul Biya, comme Michel Atangana l’apprendra, s’étonnera d’ailleurs de la qualité des discours que lui présentent des collaborateurs dont il connaît la médiocrité.

Pendant ces années terribles, Michel Atangana subira à chaque instant des tortures psychologiques. Lorsque sa sœur et sa mère décèdent, on lui refuse d’assister à leur enterrement. Lorsqu’il prend connaissance de la presse, il constate que sa réputation est recouverte d’une boue épaisse et puante. Lorsqu’il cherche à s’endormir, il se remémore ces journées où les rumeurs les plus folles ont circulé. Le Secrétariat d’Etat à la Défense n’est-il pas l’endroit vers lequel convergent les accusations d’évasion qui créent la panique sur son lieu de détention. Yaoundé ne bruisse-t-elle pas de cette rumeur insensée : Michel Atangana a le pouvoir de traverser les murs et sort le soir dans les boîtes de nuit de la capitale.

Ces années sont des années où l’activisme que déploie Michel Atangana lui permet de tromper sa solitude et la trahison de l’immense majorité de ses anciennes connaissances, quasiment toutes aux abonnés absents bien que convaincues de son innocence. Dans un régime où maints petits potentats font régner la terreur, s’approcher d’un pestiféré est chose dangereuse. Bien peu ont le courage de prendre un tel risque. Tournant le dos à l’esprit de justice, ceux que Michel Atangana tenait parfois pour ses amis préfèrent profiter dans la honte de leur petit confort.

Bis repetita

Dans les années 2000, une deuxième procédure est lancée contre Michel Atangana et Titus Edzoa. Après une première condamnation fondée sur de fausses accusations, il faut maintenant étayer les faits reprochés pense-t-on chez ceux qui veulent montrer au chef de l’Etat qu’ils sont d’autant plus serviles à son endroit qu’ils sont impitoyables envers Edzoa et Atangana. Rien de plus simple, pense-t-on dans ces sphères du pouvoir. Après tout, à peu près toutes les personnes qui gèrent des fonds publics au Cameroun en détournent une partie, se disent-ils en fins connaisseurs de telles pratiques. Or, à la tête du COPISUR, Michel Atangana a géré des sommes importantes constatent nos apprentis Rouletabille. Donc, concluent nos Sherlock Holmes du dimanche, Atangana a nécessairement détourné une partie des fonds qu’il avait à gérer.

Mais problème : les multiples commissions rogatoires internationales lancées par la justice camerounaise montrent qu’Atangana n’a pas volé un seul Franc CFA. Aucun mouvement suspect entre les comptes du COPISUR et les comptes d’Atangana. Aucune origine douteuse pour les fonds ayant servi à financer ses activités immobilières (remarquons à cet égard que les biens immobiliers d’Atangana lui appartiennent toujours, alors qu’ils lui auraient évidemment été confisqués par l’Etat s’ils avaient été financés grâce à des fonds publics détournés).

Un juge d’instruction prononcera d’ailleurs en 2008 un non-lieu. Issa Tchiroma, ancien opposant désormais repenti et ayant troqué sa « grande gueule » contre la servilité du laquais, déploie alors ses talents de pitre sinistre : alors qu’il sert de porte-parole du Gouvernement et faisant fi de la séparation des pouvoirs caractéristique d’une démocratie pour laquelle il ne milite plus, il critique ouvertement et grossièrement la décision de ce juge d’instruction publiquement qualifiée d’ « élucubrations ». Le Parquet, crevant le plafond des 30 jours qui lui étaient impartis, fera appel 90 jours plus tard de cette décision de non-lieu. En 2009, un juge d’instruction plus accommodant, c’est-à-dire aux ordres du pouvoir, ordonnera cette fois le renvoi de Michel Atangana devant le TGI de Yaoundé, aux côtés d’Edzoa. Lorsque ces faits se déroulent, Laurent Esso est Secrétaire Général à la Présidence de la République, c’est-à-dire le centre névralgique d’un pouvoir qui surveille l’« affaire » Atangana-Edzoa comme le lait sur le feu.

Un second procès commence. Il s’étalera d’octobre 2009 à mars 2012, à coups d’audiences espacées de plusieurs semaines. Il faut dire que la tactique se dévoile d’emblée dans toute sa limpidité. Il faut que la date du jugement dans cette deuxième affaire coïncide avec la fin de la première peine de 15 ans. Il ne faut donc pas aller trop vite…

Les audiences apparaissent une nouvelle fois comme un concentré de violations et de scandales. Que l’on en juge ! Petit florilège :

– Michel Atangana est jugé pour les mêmes faits qu’en 1997, ce que proscrit formellement le code pénal camerounais.

– à l’ouverture du procès, il est constaté que les documents saisis en 1997 chez Atangana et au COPISUR ont mystérieusement « disparu ». But de la manœuvre : empêcher Atangana de montrer la réalité de l’activité du COPISUR et donc associer tout mouvement de fonds à un mouvement suspect.

– la base de l’accusation repose sur le rapport de monsieur Luc Paul Ndjock, prétendu expert. Un bien drôle d’expert puisqu’il n’a pu travailler sur aucun document significatif (les scellés ont disparu !), qu’il n’a que de piètres connaissances financières ou comptables et qu’il n’a jamais auditionné Michel Atangana pour rédiger son rapport (au mépris du principe fondamental du contradictoire). Confronté aux questions de la défense, le prétendu expert Ndjock est mis en difficulté et doit avouer piteusement qu’il a « fait ce qu’on (lui) demandait ». La défense ne pourra pas achever son contre-interrogatoire. En effet, le procureur indiquera, après quelques audiences durant lesquelles cet expert fut mis en forte difficulté, que monsieur Ndjock était malade et donc momentanément indisponible. Quelques semaines après cette première annonce, le procureur annonça que monsieur Ndjock était … mort ! En donc définitivement indisponible…

– le procureur produit des faux pendant l’audience (faux rapport ministériel, faux relevé bancaire,…) sans manquer de se rendre coupable de subornation de témoin. En effet, avant le début des audiences, les témoins doivent passer dans son bureau. Pendant l’audience, quand les témoins oublient leur leçon trop rapidement apprise, le procureur les récuse, à moins qu’il ne se lève pour aller leur chuchoter quelques mots dans le creux de l’oreille.

Laurent Esso aux premières loges

Lorsque les débats sont clos le 21 mars 2012, aucun doute ne semble permis : ce procès s’oriente vers la relaxe de Michel Atangana. Il faut dire que les trois magistrats formant la collégialité chargée de juger Atangana sont intègres. Tragique imprévu pour celui qui, entre-temps, a retrouvé le poste de ministre de la Justice qu’il occupait déjà lors du premier procès en 1997 : Laurent Esso.

Car pour Laurent Esso, pour des raisons que nous développerons ultérieurement, il est hors de question qu’Atangana soit relaxé. C’est ainsi que ce sinistre personnage va alors déployer ses talents maléfiques et sordides, s’enfonçant un peu plus chaque jour dans les basses fosses de la manipulation et de la duplicité.

Le 14 juillet 2012 a lieu la réception donnée par l’Ambassadeur de France au Cameroun à l’occasion de la fête nationale française. Bruno Gain s’enquiert alors de la situation de Michel Atangana, dont la lecture du jugement doit intervenir le 18 juillet suivant. Laurent Esso rassure l’Ambassadeur qu’il sait très investi sur ce dossier en lui expliquant que tout se passera bien.

Le même Laurent Esso, qui préfère de la France ses petits fours et son champagne bien plus que sa Déclaration des droits de l’Homme, est pourtant le maître d’œuvre d’une loi qui, votée le 16 juillet, permet à des juges qui n’ont pas assisté aux audiences d’un procès de participer à la rédaction et à la lecture du jugement des prévenus. Le 17 juillet, alors que les juges ont déjà rédigé leur décision – une décision de relaxe –, Laurent Esso décompose la collégialité chargée le lendemain de notifier le jugement aux prévenus. Il faut dire que, quelques temps auparavant, la présidente de la collégialité a refusé, et fort heureusement, d’accéder à une demande de Laurent Esso. Demande singulière puisque, en flagrante violation de la procédure pénale, Laurent Esso avait sollicité par la grossière entremise de ses sbires du Parquet que le jugement lui soit communiqué avant qu’il ne soit lu. Comprenant que le refus de cette magistrate d’obtempérer signifiait la relaxe pour Atangana et refusant que cela puisse advenir, Laurent Esso va alors chercher à mettre cette présidente de la collégialité en minorité. N’ayant pourtant pas réussi à faire flancher les deux autres juges de la collégialité, il s’ingénie à les écarter puis à les remplacer par des juges à sa solde. C’est donc le 17 juillet qu’il intime l’ordre à une première juge de gagner en urgence son poste au ministère des finances, en vertu d’une affectation qui avait pourtant et très logiquement été suspendue depuis le mois d’avril précédent, dans l’attente de la fin du procès. La collégialité décomposée, le jugement ne peut être lu le 18 juillet. Quelques manigances plus tard, Laurent Esso provoque le départ d’un deuxième juge. Les deux juges écartés sont remplacés par deux personnes que nous qualifierons avec pudeur d’ « indélicates ».

La présidente de la collégialité se retrouve ainsi en minorité. Deux juges aux ordres sont désormais contre elle. Le plus simple serait d’également la remplacer mais ce serait trop voyant. Or, c’est elle qui doit lire la décision. Mais comment lui faire accepter de lire la décision rédigée dans le bureau de Laurent Esso et non pas la décision que sa conscience professionnelle lui a commandé de rédiger ?

Consommant son crime plus avant – car c’est bien d’un crime qu’il s’agit -, Laurent Esso va donc une nouvelle fois mettre en mouvement toute la machine judiciaire au service de sa seule haine. Alors que la décision doit être lue le 4 octobre à 7h30, la présidente de la collégialité quitte Yaoundé quelques jours plus tôt, comprenant que l’ambiance de menaces qui l’entoure est à ce point lourde que sa présence dans la capitale pourrait mettre sa vie en danger.

Pensant pouvoir tout de même lire sa décision, cette courageuse magistrate se présente au TGI de Yaoundé le 4 octobre au petit matin. Elle est immédiatement convoquée dans le bureau du président de la Cour d’appel. Agissant évidemment sur ordre de Laurent Esso, ce haut magistrat lui intime l’ordre de lire une décision qu’il lui tend. Refus. Menaces. Refus. Menaces. Refus. Menaces. Etc… A 13h30, toujours séquestrée dans ce bureau de l’infamie, cette magistrate apprend qu’une personne veut lui parler au téléphone. Au bout du fil, c’est son mari. Ce dernier lui indique que si cette épouse et mère de famille veut préserver l’avenir de son mari et de ses enfants, il faut qu’elle lise la décision qu’on lui demande de lire. Flanchant devant des menaces que son mari ne fait que lui répercuter, la magistrate finit par accepter de lire la décision concoctée par Laurent Esso. Le 4 octobre 2012 en début d’après-midi, Michel Atangana est ainsi condamné à 20 ans de prison, peine assortie d’une peine complémentaire de 5 ans de contrainte par corps.

3. Affaire Atangana : Laurent Esso, ou le vice appuyé par le crime

Le 5 octobre 2012, Michel Atangana, contestant bien évidemment cette nouvelle peine aux allures de peine de mort, forme un pourvoi en cassation auprès de la Cour suprême. Selon le code de procédure pénale du Cameroun, la Cour suprême a 6 mois pour juger un pourvoi. Michel Atangana est donc en droit d’attendre qu’une décision intervienne avant le 4 avril 2013.

Michel Atangana est d’autant plus en droit de le penser que les manigances de Laurent Esso ont transformé l’affaire Atangana en un scandale grandissant. Bruno Gain donne de la voix dès le 4 octobre 2012, jour de la seconde condamnation. Un mois plus tard, François Zimeray, alors ambassadeur de France aux droits de l’Homme, vient rencontrer Atangana en prison. Preuve que l’affaire Atangana est en train de se transformer en source de tension, François Hollande en parle à Paul Biya lors de leur entrevue à l’Elysée le 30 janvier 2013.

Mal instruit de cette affaire – ce qui est un tort -, Paul Biya assure François Hollande que la justice camerounaise suit son cours. Il assure également que Michel Atangana sera quoiqu’il en soit libéré si la Cour suprême venait à confirmer la condamnation à 20 ans de prison prononcée en 2012.

Laurent Esso, manipulateur et corrupteur

C’est alors que Laurent Esso intervient une nouvelle fois dans ce dossier pour en bloquer l’évolution. Ayant pris la tête du comité de soutien à Michel Atangana en France en janvier 2013, je me rendis au Cameroun au mois de mars afin de rencontrer Michel Atangana et les médias camerounais. C’est à l’occasion de ce voyage que j’appris que la procédure devant la Cour suprême n’était pas encore entamée, alors que cette juridiction était censée devoir rendre un jugement à peine un mois plus tard. Je demandai aux avocats de Michel Atangana comment une telle situation pouvait exister. Ils m’indiquèrent que la Cour suprême avait besoin que le dossier de Michel Atangana lui soit transmis afin qu’elle puisse instruire le dossier. Or, m’expliquèrent-ils, le TGI, 5 mois après la formation du pourvoi en cassation, n’avait toujours pas transmis le dossier à la Cour suprême. Raison invoquée par le TGI : pour transmettre le dossier Atangana à la Cour suprême, il faut faire des photocopies dudit dossier. Or, il n’y a qu’une seule photocopieuse au TGI, une photocopieuse fréquemment en panne ou en manque de cartouches d’encre. Evoquant avec Bruno Gain cette situation ubuesque, ce dernier m’indiqua qu’il avait rencontré Laurent Esso quelques jours plus tôt et que ce dernier l’avait assuré que le pourvoi serait étudié avant le 4 avril, sous peine pour les juges de la Cour suprême d’être frappés de sanctions. Il ne se passa évidemment rien le 4 avril et aucun juge ne fut sanctionné, naturellement…

Ainsi donc, dans un acte de duplicité rappelant l’épisode du 14 juillet 2012, Laurent Esso mentait pour la seconde fois à l’Ambassadeur de France. Se présentant comme un garant du bon fonctionnement de la machine judiciaire, c’est dans le même temps qu’il s’ingéniait à en bloquer les rouages.

Dans les semaines qui suivirent cette échéance « ratée » du 4 avril, le dossier fut finalement transmis à la Cour suprême après que Michel Atangana eut payé lui-même les photocopies. Mais les atermoiements qui se poursuivirent traduisaient le blocage manifeste de la situation, ce qui eut de graves conséquences pour le Cameroun : frilosité des entreprises européennes à venir investir dans un pays à la justice aussi délabrée et admonestations répétées à l’endroit de Paul Biya et du Cameroun du fait de l’affaire Atangana. Ainsi, tandis que les différentes ambassades regardaient avec effarement l’embourbement de ce dossier, le département d’Etat des Etats-Unis continuait à faire figurer Michel Atangana sur la liste des prisonniers politiques qu’ils reconnaissaient comme tels. Parallèlement, une procédure initiée devant le groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU était la source de courriers « désagréables » de ce groupe à l’endroit du Cameroun. Dans le même temps, le Pape faisait savoir à Paul Biya son émotion face à la détention de Michel Atangana lors de la visite du chef de l’Etat du Cameroun au Vatican. Voici donc ce qu’avait produit Laurent Esso : un isolement diplomatique croissant du Cameroun – d’autant que dans le même temps les relations avec la France restaient des plus fraîches comme le montra une nouvelle fois le sommet de l’Elysée sur la paix et la sécurité en Afrique – et un ajournement des décisions d’investissement des entreprises européennes au Cameroun.

Cette situation allait-elle amener Laurent Esso à arrêter de conduire en toute connaissance de cause son pays dans le mur ? Non. Tout au contraire, Laurent Esso alla au bout de sa logique. Ne pouvant plus repousser les audiences à la Cour suprême, Laurent Esso s’ingénia à faire une dernière fois traîner l’affaire en longueur. Premier acte : l’affaire Atangana est finalement appelée devant la Cour suprême le 29 octobre 2013. En raison d’irrégularités dans la convocation des parties à cette affaire, cette dernière est renvoyée au 26 novembre. Deuxième acte : le 26 novembre, lorsque le rapporteur (juge censé éclairer les autres juges de la Cour suprême) doit lire son rapport, il est victime d’une étrange extinction de voix. Aussitôt, l’affaire est renvoyée au lendemain. C’est donc finalement dans la nuit du 27 au 28 novembre (entre 19h50 et 4h du matin, dans l’espoir qu’il n’y aura plus ni journalistes ni public) que l’affaire sera étudiée par la Cour suprême. Le rapporteur présente alors un rapport édifiant qui vise à repousser tous les mémoires déposés par les avocats de Michel Atangana. Le rapporteur est mal à l’aise. Manifestement, le papier qu’il lit est un papier qu’il semble découvrir et ce qu’il lit parait lui faire honte. Il faut dire que les indiscrétions donnent facilement la clé du malaise : ce rapport n’a pas été rédigé par ce rapporteur mais par les services de Laurent Esso. Troisième acte : mis en délibéré pour l’audience du 17 décembre, le jugement est lu en temps et en heure. En 20 secondes, il est signifié à Michel Atangana que son pourvoi est rejeté. Sa condamnation devient donc définitive. De nouvelles indiscrétions nous donnent une nouvelle fois les clés de cette décision : Laurent Esso a intimé l’ordre de rejeter le pourvoi de Michel Atangana. Pour calmer les scrupules des peu scrupuleux juges de la Cour suprême qui ont participé à cette macabre farce, 15 millions de Francs CFA auraient été versés à chacun d’entre eux.

Un ministre vipérin

Voici donc la liste des méfaits de Laurent Esso dans la seule affaire Atangana. On serait en droit de se demander : pourquoi un tel acharnement de la part de ce personnage ? Nous entrons ici dans le domaine des conjectures mais celles et ceux qui liront les lignes qui suivent y trouveront sans doute un fort semblant de crédibilité.

Je m’attacherai à évoquer les deux pistes qui me semblent les plus convaincantes.

Tout d’abord, comme on l’a vu, Laurent Esso, avec le zèle hypocrite du courtisan offrant des scalps à un chef entretenu dans la paranoïa, est intervenu dès le premier jour dans l’affaire Atangana. Il est ministre de la Justice en 1997 lors de l’arrestation et du premier procès de Michel Atangana. Entre 2001 et 2004, il est ministre de la Défense et donc geôlier d’Atangana puisque ce dernier est retenu dans un lieu relevant de son ministère. Il est SGPR entre 2006 et 2011, c’est-à-dire qu’il est au cœur du pouvoir lors de la préparation et de la tenue du second procès. Depuis 2011, il est à nouveau ministre de la Justice et donc directement à la manœuvre dans toutes les vicissitudes et monstruosités judiciaires qui ont à partir de cette date émaillé cette saga diplomatico-judiciaire. Bref, pour Laurent Esso, la libération de Michel Atangana serait une catastrophe sur sa carrière dont il faut espérer pour le bien des Camerounais qu’elle se termine le plus rapidement possible. S’étant enfoncé à chaque étape un peu plus avant dans les manipulations qui caractérisent ce dossier, Laurent Esso apparaitrait à juste titre comme un des grands responsables de ce qui serait alors un fiasco judiciaire, diplomatique et politique dans lequel il aurait entrainé son pays. Lié par son crime contre la justice, Laurent Esso est condamné à le consommer jusqu’au bout, quand bien même il sait qu’au bout du chemin, c’est l’inéluctable chute qui lui est promise.

Ensuite, l’attitude de Laurent Esso s’explique par les enjeux financiers de cette affaire. En effet, comme l’a reconnu une note du Directeur général à la sûreté nationale remise à Paul Biya en date du 27 décembre 2012, Michel Atangana est détenteur de créances sur le Cameroun à hauteur de 278 milliards de Francs CFA. La longue détention de Michel Atangana, contrairement à ce que l’on dit trop souvent, n’est pas le moyen pour des gens de l’acabit de Laurent Esso d’empêcher que cette somme soit réclamée à l’Etat camerounais. Laurent Esso se fiche bien des finances du Cameroun. Quand Laurent Esso pense à Michel Atangana, il ne voit pas un père de famille privé de ses enfants et arbitrairement maintenu en prison. Ce qu’il voit, c’est une personne à la tête d’une fortune potentiellement fabuleuse. L’enjeu pour Laurent Esso est donc depuis de nombreuses années le suivant : comment s’accaparer une partie de ce butin ? Malheureusement pour Laurent Esso, Michel Atangana ne lui a jamais proposé de lui rétrocéder une partie des sommes qui lui étaient dues. Si bien qu’il est légitime de penser que Laurent Esso en a éprouvé une fureur froide qui lui a fait jurer la perte de Michel Atangana… Je disais que nous étions dans le domaine des conjectures. Mais il se trouve qu’il n’est plus un secret pour aucun Camerounais que Laurent Esso est empêtré dans plusieurs dossiers financiers qui tendent à prouver que sa moralité financière est tout sauf irréprochable. Remarquons que pour se sortir d’un bourbier qui l’enveloppe un peu plus chaque jour, Laurent Esso n’hésite pas à utiliser son poste de ministre de la Justice pour briser ceux qui auraient le tort d’être trop bavards sur ses « affaires ».

4. Affaire Atangana : Un criminel peut-il être Garde des Sceaux ?

Au final, il se pourrait donc qu’un jour Laurent Esso soit formellement convaincu d’avoir concentré sur sa seule personne les crimes suivants :

– manipulations de la justice

– corruption de magistrats

– intimidations à l’encontre de magistrats et de leurs proches

– détention arbitraire de Michel Atangana (et de tant d’autres…)

– fragilisation de la position diplomatique et économique de son pays

– utilisation de son poste de ministre de la Justice à des fins personnelles et délictueuses

– délabrement de l’institution judiciaire camerounaise

Si cet homme s’avérait effectivement coupable de ces crimes devant le droit et si les crimes devant la morale devenaient enfin un critère disqualifiant dans l’accès à une charge ministérielle, Laurent Esso pourrait-il rester Garde des Sceaux ?

Pour achever d’édifier les lecteurs sur la personnalité et les pratiques de Laurent Esso, évoquons d’ailleurs un fait qui en étonnera sans doute plus d’un. Michel Atangana n’a jamais été condamné pour s’être personnellement enrichi. Il faut dire que cela aurait été compliqué au regard de l’absence de preuves allant dans ce sens et au regard du fait que c’est à lui que des sommes sont dues. Sait-on d’ailleurs, qu’au-delà des créances sus-évoquées, Michel Atangana, en tant que président du COPISUR, n’avait pas été payé depuis plusieurs mois au moment de son arrestation ?

Michel Atangana est en fait condamné pour détournement de deniers publics, à hauteur de 1,3 milliards de Francs CFA. De quoi s’agit-il ? Il s’agit du montant de la taxe spéciale sur les produits pétroliers qui a été versé au COPISUR afin de financer la construction des routes. En fait, dans cette construction juridique tordue, on accuse Michel Atangana d’avoir détourné des fonds provenant du produit des impôts non pas parce que ces fonds auraient été mal utilisés mais parce que le COPISUR n’avait pas le droit de les percevoir. Depuis quand un citoyen français à la tête d’une structure public-privé aurait le pouvoir de se faire verser des fonds destinés au Trésor public camerounais à l’insu de ce dernier ? Grotesque, évidemment.

Mais au-delà, analysons la construction juridique vraisemblablement née du cerveau de Laurent Esso et qui a abouti à l’embastillement de Michel Atangana. Au final, Michel Atangana est un homme condamné pour avoir, à la demande des pouvoirs publics (le COPISUR a été créé par décret présidentiel), utilisé de l’argent public (la taxe spéciale sur les produits pétroliers) pour financer des infrastructures publiques (il s’agissait de construire des routes) au service du public (le COPISUR n’avait pas pour mission de construire un circuit privé pour Michel Atangana mais bien des routes pour les Camerounais).

On le voit, les nombreux méfaits de Laurent Esso sont d’une extrême gravité. Et ce d’autant plus que Laurent Esso, sous ses airs patelins et faussement dignes, fait partie de ces personnages qui, en détruisant la vie de personnes comme Michel Atangana, participent à désespérer les jeunes du pays et à les faire s’envoler vers des cieux plus cléments. Comment d’ailleurs pourrait-on le leur reprocher ? Les jeunes Camerounais savent très bien à quel point un tel personnage a mené la justice du pays à un état de déliquescence propice à un arbitraire que toute personne sensée chercherait à fuir.

Au final, seules deux questions se posent :

– quand Michel Atangana sera-t-il enfin libéré, innocenté et indemnisé ?

– quand Laurent Esso aura-t-il enfin à répondre de ses méfaits dont il est en droit de craindre qu’ils le mènent en prison ?

Dominique SOPO

Ancien président de SOS Racisme

Président du Comité de soutien à Michel Atangana en France

Source: http://www.huffingtonpost.fr

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