Cameroun: remercier bourreaux, geôliers, et tortionnaires… Pourquoi pas?

Le bras de Paul Biya a-t-il été « influencé » ? © Glez/J.A.

« …au terme de procès contradictoires, quoiqu’on en dise, ils ont été condamnés à toutes les instances, jusqu’à la Cour Suprême. Preuve qu’ils sont coupables jusqu’au cou… »??? Dixit, The Spark (Cameroun)

Il n’ y aura vraisemblablement plus que des torchons acquis à la dictature (voulue héréditaire au Cameroun) pour reconnaître un brin de crédibilité à une Justice, à laquelle toutes les institutions internationales – notamment l’Organisation des Nations Unies, par son Conseil des Droits de l’Homme – considèrent être aux ordres d’un Exécutif omnipotent.

Au moins aurait-on pu espérer pour des raisons de curiosité et d’éthique déontologiques, que les rédacteurs de certaines feuilles de choux généralement acquises au régime en place depuis 31 ans, puissent désormais écrire de manière plus objective, après avoir attentivement lu et relu tous ces dossiers d’accusations et d’instruction qui ont alimenté les cabales judiciaires sur fond d’épuration politique au Cameroun?…afin qu’ils réalisent in fine que le décret de grâce présidentielle du 18 février 2014 sonnait simplement le glas d’une imposture vieille de 17 longues années, à l’issue de laquelle la République du Cameroun sort durablement discréditée sur la scène internationale.

Que non! le bon vieux réflexe de la calomnie officielle et l’instinct de survie alimentaire qui minent la noble profession de journaliste au Cameroun, semblent avoir rapidement repris le dessus…

Tout de même, drôle de pays, où les victimes de sévices en tous genres et de séquestrations souvent arbitraires sont instamment priés par de prétendus journalistes de remercier, puis de chanter les louanges de leurs bourreaux, geôliers, et tortionnaires. D’ailleurs pourquoi ne le feraient-ils pas? puisque ces anciens prisonniers d’opinion jouissent désormais de toute leur liberté d’appréciation…

Mais au moins aurait-on pu espérer qu’en retour – dans un souci d’apaisement – lesdits bourreaux, geôliers, et tortionnaires feraient eux-aussi amende honorable, en prenant réellement conscience de l’impasse policière et répressive dans laquelle ils ont installé le Cameroun depuis 17 ans; devant l’imprescriptibilité des crimes politiques qu’ils ont parfois commandités et perpétrés au nom de cette république du Cameroun qui nous est Tou(te)s si chère.

Nous ne perdons pas à attendre…parce qu’il ne faut précisément « jamais désespérer des Hommes », capables on le sait du meilleur comme du pire, si tenté que nous soyons au bout du pire au Cameroun! Cependant tant qu’il y’ aura des torchons officiels comme « Cameroon-Tribune » pour travestir au quotidien la vérité, le Cameroun végétera vraisemblablement encore dans les profondeurs de l’obscurantisme… Heureusement à l’heure de la globalisation des médias plus personne – en dehors des cercles alimentaires du régime de Yaoundé – n’accorde la moindre attention à cette désinformation ritualisée …En efffet les nombreux rapports des ONG, puis les procédures engagées à l’encontre l’État du Cameroun et de certaines de ses autorités, suffisent amplement  à rétablir l’honneur et l’innocence bafoués par une parodie de justice.

« La banalité du Mal »

Le plus incroyable dans la description que Michel Atangana fait de ses 17 années de séquestration au Cameroun dans le quotidien Libération (https://engojoeldidier.files.wordpress.com/2014/03/liberation-du-vendredi-7-mars-2014.pdf), réside dans le fait que certains ressortissants de ce pays puissent encore estimer (tout à fait sereinement) que ces traitements inhumains et dégradants – qui ont été le lot quotidien de cet homme innocent et de certains de ses co-accusés (dont Titus EDZOA et d’autres)- sont non seulement justifiés, mais pourraient se reproduire à tout moment (notamment contre le dernier resté au Cameroun)… si les deux infortunés ne cessent pas (immédiatement) de s’en ouvrir dans les médias.

Voilà ce qui me trouble le plus: « la banalité du mal » que décrivait si bien Hannah Arendt!

Je vous remercie

Joël Didier Engo

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