Comité de soutien à Me Lydienne Yen Eyoum, gare à l’effet boomerang

Me Lydienne Yen Eyoum, Franco-Camerounaise detenue arbitrairement au CamerounCréer un comité de soutien pour la libération de Lydienne Yen Eyoum pourquoi pas? Mais gare à l’effet boomerang…En effet comment pouvons-nous continuer à ignorer toutes les autres victimes de l’arbitraire au Cameroun – en laissant dangereusement prospérer l’idée au sein de l’opinion publique que la nationalité française serait l’unique clé de sortie des prisonniers au pays de Paul BIYA?

Il s’agit là d’une démarche contre-productive.

C’est pourquoi je plaide désormais pour la création d’un comité de libération des prisonniers politiques au Cameroun, étendu évidemment à toutes les victimes du système répressif de ce pays. Il ne faut plus s’enfermer dans une logique outrageusement individualiste, voire néo-coloniale, consistant à toujours et encore se focaliser sur la libération d’une seule personne, au motif qu’elle est citoyen(ne) français(e).

Sur la lancée du comité Atangana nous devons précisément mobiliser toutes les personnes de bonne volonté (en France comme au Cameroun), toutes les énergies disponibles, en faveur de la libération de toutes victimes qui continuent de croupir dans les mouroirs carcéraux de ce pays, y contribuant par la même à la restauration d’un véritable État de Droit.

Les critères objectifs peuvent être de deux ordres:

– avoir été reconnu(e) en qualité de prisonnier politique ou d’opinion par une Organisation Non Gouvernementale (ONG)

– ou être victime de détention arbitraire, suivant un avis rendu par une Commission des Droits de l’Homme d’une organisation inter-gouvernementale (ONU, UA, CEMAC…).
L’emprise du complexe du colonisé dans une certaine société camerounaise

Il faut avouer que je redécouvre l’emprise du complexe du colonisé dans une certaine société camerounaise…notamment depuis la libération de Michel Thierry Atangana et son arrivée à Paris.

Bon Michel est aujourd’hui un homme libre, à lui de faire de cette liberté retrouvée (effectivement un tout petit peu aussi grâce à nous ) l’usage qu’il jugera le plus approprié à son projet de vie, voire à ses ambitions.

Par contre je refuse de participer à toute entreprise de destruction du Cameroun – même si certains au Cameroun se plaisent à me prêter une telle intention, en m’acculant vers la porte de sortie définitive de ce pays. Parce que le Cameroun (même si je n’y vis pas ou n’y vivrais plus) est notre bien commun: celui pour lequel des femmes et des hommes se sont sacrifiés, parfois au prix de leur sang et de leur vies, pour son émancipation de l’occupation coloniale.

Alors la nouvelle initiative individualiste, voire très égoïste, conduite par Michel Atangana et nos amis de SOS Racisme dans un collectif destiné uniquement à la libération de Me Eyoum… ne correspond pas à l’idée que je me fais de la nécessaire restauration de l’état de droit et de la démocratie au Cameroun; même si ils se targuent ou se réclament des mêmes principes et valeurs pour lesquels nous nous étions effectivement ligués en faveur de la libération de Michel Atangana.

Donc acte!

Joël Didier Engo

Sur le même sujet:

Pr Kofale Kale/Avocat de Marafa Hamidou Yaya, Prisonnier politique au Cameroun: « Après un examen attentif du décret de grâce présidentielle du 18 février 2014, il semble avoir été taillé sur mesure pour un petit groupe ciblé de prisonniers. Avec une dextérité impressionnante, le président Biya a libéré deux des nombreux prisonniers politiques qui croupissent dans nos prisons. Le Professeur Titus Edzoa, son ancien secrétaire général et ministre qui était aussi son médecin personnel de longue date, et M. Thierry Atangana, un Franco-camerounais, ont été autorisés à sortir du camp militaire où ils ont passé 17 années de leur vie. (…) cet acte de magnanimité présidentielle a opportunément laissé de côté d’autres prisonniers politiques comme Marafa Hamidou Yaya, détenu dans un camp militaire dirigé par le Secrétaire d’Etat à la Défense. »

Interview accordé au journal Camerounais L’Oeil du Sahel, le 20 Mars 2014

http://www.cameroon-info.net/stories/0,60121,@,cameroun-pr-kofale-kale-avocat-de-marafa-laquo-marafa-souffre-de-problemes-cardi.html
Cameroun – Accaparement: Paul Biya, le démiurge: « comment le Chef de l’Etat a pris en otage toute la République, décidant seul de tout et sans contrainte ni de temps ni de la législation. », Younoussa Ben Moussa, Quotidien d’information Camerounais « Le Jour », 20 Mars 2014

http://www.cameroon-info.net/stories/0,60128,@,cameroun-accaparement-paul-biya-le-demiurge.html

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