Incarcération arbitraire de Pierre Désiré Engo au Cameroun: la médiation de la France sollicitée

Voici la teneur du texte que j’ai remis au Président de la République Française, François Hollande, vendredi 28 mars 2014 à l’Élysée, à l’ocassion de l’audience (privée) qu’il a accordée à Thierry Michel Atangana avec les membres de son comité de soutien:

Photo : Michel Atangana et son comité de soutien à l'Élysée. Bis.

Monsieur Le Président de la République,

L’occasion m’est offerte ce jour, grâce à l’audience que vous nous accordée avec Thierry Michel ATANGANA, de vous faire part de la situation dramatique de mon père Pierre Désiré ENGO (ancien Ministre de l’économie et du plan 1978-1983, Ex-Directeur Général de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale 1983-1999, et surtout Président de la Fondation Martin Paul Samba). Mon épouse Fabienne DEBARGE ENGO et moi avions cru jusqu’à une date récente, que notre beau-père et père Pierre Désiré ENGO allait-lui aussi-enfin être libéré à la suite du décret de grâce présidentielle du 18 février 2014 au Cameroun.

À notre grand étonnement, non seulement Pierre Désiré ENGO est maintenu en détention à la Prison Centrale de Yaoundé (alors qu’il rentre dans les critères de réduction et commutation des peines énoncés par l’alinéa 5 article 1 du décret de grâce présidentielle), surtout il fait l’objet de nouvelles poursuites devant le Tribunal Criminel Spécial du Cameroun, sur un chef d’accusation (détournement allégué de 25 milliards de Francs CFA), initialement «classé pour inconsistance des preuves» dès septembre 1999 par la collégialité des juges camerounais.

Pourquoi un tel acharnement?

En réalité, le procès sans fin que le régime de Paul BIYA fait depuis septembre 1999 à Pierre Désiré ENGO ne se tient pas dans les salles d’audiences du Palais de Justice de Yaoundé, mais dans les salons huppés des proches et parents du Président du Cameroun. En effet ces derniers ont longtemps accusé et continuent de reprocher à Pierre Désiré ENGO d’avoir «osé» faire de l’ombre à Paul BIYA dans leur région d’origine commune (le Sud Cameroun): aussi bien par son militantisme politique (puisqu’il était jusqu’à sa disgrâce, membre influent du bureau politique du Parti-État au pouvoir, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais); mais aussi à travers la Fondation Martin Paul SAMBA,  qu’il avait créé et présidait jusqu’à son incarcération arbitraire (Martin Paul SAMBA est le héros de la résistance à l’occupation du Cameroun par l’Allemagne).

Ainsi avec ou à cause de son activisme «débordant», Pierre Désiré ENGO aujourd’hui âgé de 73 ans, avait (sans le vouloir et pour son grand malheur) assis sa légitimité et son indéniable popularité dans cette partie du Sud Cameroun, qui pourrait lui valoir une mort programmée en prison, si une médiation des autorités françaises n’est pas engagée de toute urgence auprès du Président du Cameroun, PaulBIYA.

Bien que membre actif du comité de soutien à Thierry Michel ATANGANA, pour lequel je vous ai souvent saisi à travers mon association «Nous Pas Bouger», je m’étais jusqu’ici gardé de vous entretenir de ce drame intime, personnel, et familial.

Devrais-je rappeler qu’à l’instar de Thierry Michel ATANGANA, la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies, dans un Avis rendu le 22 juillet 2009 (CCPR/C/96/D/1397/2005) demandait déjà au Gouvernement du Cameroun de libérer Pierre Désiré ENGO dans un délai de 180 jours, avec publication de ses constatations, en plus des renseignements supplémentaires à apporter par les autorités camerounaises sur les mesures prises pour donner effet aux recommandations de l’ONU.

Il s’agirait donc dans le cas d’espèce – et encore une fois – non d’une ingérence de la France dans les affaires judiciaires internes du Cameroun; mais  d’un rappel diplomatique au respect par ce pays des conventions des Nations Unies dont il est signataire, notamment le Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques.

Paris le 28 mars 2014

Joël Didier ENGO

Publicités
Cet article, publié dans Non classé, est tagué , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Incarcération arbitraire de Pierre Désiré Engo au Cameroun: la médiation de la France sollicitée

  1. Pour des raisons de transparence, mais aussi de sécurité, je reproduis ci-dessous la réponse que j’ai faîte à un de ces Camerounais qui m’abreuvent de réactions haineuses et injurieuses (détruites systématiquement), et parfois de menaces à peine voilée (coups de fils anonymes notamment), depuis que j’ai publié ce billet et le précédent sur la saisine de la Justice Française sur l’Affaire Pierre Désiré Engo au Cameroun:

    Ewane
    salomonewane@yahoo.fr
    41.205.66.140
    Envoyé le 05/04/2014 à 12:23
    Ta posture sur l’affaire de Désiré Engo votre père, manque d’objectivité. La médiation de la France n’est pas possible, il doit payer le prix de la spoliation de plusieurs millions de pauvres familles camerounaise et des retraités. La gesticulation est vaine et surtout qu toute votre vie durant, vous aviez vous même bénéficié et avez été entretenu par les prébendes de cette spoliation.

    Ma réponse à monsieur EWANE: Pourquoi dès lors qu’il s’agit de Pierre Désiré Engo, serais-je d’office affublé d’une « posture qui manquerait d’objectivité? »

    Parce que j’en suis son fils?…oui je suis son fils, mais un fils libre et majeur… citoyen français de surcroît, et qui ne doit rien dans son parcours à une quelconque « spoliation de plusieurs millions de pauvres familles camerounaises et des retraités », mais à l’école publique française, puis à mes mérites intrinsèques.

    Et, à moins que vous le réfutiez aussi, Pierre Désiré Engo était déjà ministre de l’économie depuis 1978 au moment où il prend les rênes de la CNPS en 1983, et en sera le Directeur Général jusqu’à son incarcération arbitraire en Septembre 1999. Donc DG de la CNPS pendant 17 ans!

    Donc si nous devions objectivement parler d’enrichissement personnel ou de « spoliation des pauvres familles camerounaises », ce n’est pas vers lui que nous devrions nous appesantir au Cameroun…Puisque parmi celles et ceux qui vous alimentent de cette propagande depuis 14 ans, nombreux d’entre-eux ne peuvent aligner le même parcours professionnel, le même bilan aussi bien au ministère de l’économie et du plan (1978-1983) qu’à la tête de la CNPS (1983-1999)… Beaucoup d’entre-eux ont des parcours insignifiants et ont souvent conduit à la faillite les entreprises publiques dont ils assuraient la Direction (ONCPB, Camair, et j’en passe).

    Curieusement…pas Pierre Désiré Engo qui a même réussi la prouesse pour ne pas dire le tour de force – dans une conjoncture économique particulièrement difficile pour le Cameroun (depuis les années 1985) et une dette de l’État auprès de la CNPS de l’ordre de 249 milliards de Francs CFA – non seulement d’éviter une faillite programmée à cette entreprise, mais de multiplier ses prises de participations dans l’embryonnaire tissus industriel et financier du Cameroun (SIC, Sosucam, SNEC, Paribas…), mais aussi à doter la CNPS, donc le Cameroun de centres de santés de pointe (dont le centre hospitalier d’Essos à Yaoundé), d’immeubles de rapport notamment à Douala, d’écoles maternelles, et de tant d’autres investissements directs notamment fonciers et immobiliers…qui permettent encore aujourd’hui (14 ans après son arrestation) à la CNPS d’afficher une santé financière « insolente » au regard de l’état de délitement général de l’économie camerounaise.

    Voilà les faits objectifs monsieur, et souffrez donc que je puisse les vous opposer, y compris en ma qualité de fils de Pierre Désiré Engo; sans en permanence vous réfugier dernière cette filiation (parfaitement légitime et assumée), pour me dénier toute « objectivité » sur un sujet que je maîtrise à l’évidence mieux que les colporteurs de ragots de votre trempe.

    Quant à la plainte encours, puis à la médiation sollicitée de la France, je ne doute pas un instant que l’une et/ou l’autre des deux procédures trouvera-ont un aboutissement, puisque toutes les deux sont assises sur d’irréfutables manquements juridiques et judiciaires par l’État du Cameroun; confirmés par l’Avis de la Commission des Droit de L’Homme des Nations Unies depuis 2009, qui établit formellement que le Cameroun a dans le cas d’espèce systématiquement violé le Pacte International Relatif des Droits Civils et Politiques, dont il est pourtant signataire.

    Les documents qui authentifient toutes mes explications sont disponibles sur ce blog (http://enjodi.blog.lemonde.fr/) dans la rubrique Blogroll à votre droite.

    Je vous remercie

    Joël Didier Engo

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s