Afrique noire: Macron pointe les 7 à 8 enfants par femme; un raccourci qui passe mal

Macron-Afrique

La vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=p3bzE_aMaQ8

Je peine à trouver dans la déclinaison brillante par Emmanuel Macron de ce qu’il appelle «Le défi civilisationnel africain» un propos insultant, condescendant, ou arrogant à l’égard des ressortissants de ce continent, y compris sur la question sensible du fort taux de natalité.
Bien au contraire, nous avons ici un Président français (le premier certainement) qui articule une vraie vision d’ensemble pour un partenariat global et mutuellement gagnant avec une multitude de pays et d’économies, pour lesquels le vrai défi sera effectivement la maîtrise progressive de la natalité dans un continent où la croissance économique ne parviendra pas dans les prochaines années à l’horizon 2050 (y compris avec les meilleures hypothèses) à absorber l’équivalent de 20 millions de jeunes actifs par an. Ce sont là des statistiques officielles.
Nous pouvons à longueur de commentaires travestir son propos en flattant l’instinct identitaire voire francophobe des pseudo-panafricanistes. Cela n’amoindrira pas l’effort qui doit être fait sur la maîtrise de la fécondité, qui est déjà visible au sein des nouvelles classes moyennes et supérieures africaines.
Il s’agit c’est vrai d’un sujet ô combien sensible et passionnel qui ne mériterait certes pas d’être vu et abordé sous un angle « civilisationnel » – à moins de vouloir nier la pluralité civilisationnelle – mais d’abord comme un impératif économique dans des pays connaissant un exode rural massif vers des villes, avec des populations exposées aux mêmes contraintes que leurs homologues des pays émergents et développés. Dés lors la question de la maîtrise de la fécondité devient logiquement un paramètre incontournable pour le développement ou l’émergence espéré de ces pays.
Pour autant poser le problème de la maîtrise de la fécondité (que personne ne nie) sous l’angle d’un « défi civilisationnel » paraît pour le moins réducteur pour un continent qui est le berceau de l’Humanité et qui en sait un peu plus que ne l’imagine le président Macron en matière de civilisations.
C’est finalement devenu un des travers chez les nouveaux locataires de l’Élysée (qui n’ont peut-être pas eu la culture encyclopédique d’un Charles de Gaulle, d’un Georges Pompidou, d’un VGE, d’un Mitterrand, ou d’un Jacques Chirac) de faire d’entrée étalage de leur grandeur « civilisationnelle » sur les problèmes qui minent effectivement le développement d’une partie du continent, occultant la grande diversité de celui-ci, et surtout l’extrême jeunesse de sa population qui ne posera pas forcément les mêmes problèmes pour son entrée dans le marché du travail que ceux que l’on rencontre dans la vieille Europe par exemple. Si et seulement si les investissements qui doivent y être faits sont assez bien calibrés et territorialement répartis.
N’oublions pas que c’est aussi l’accès à la richesse puis à la connaissance par le plus grand nombre qui concoure plus efficacement à la réduction des taux de natalité. Aider l’Afrique avec un «plan Marshall» n’en serait que plus bénéfique à chacun, y compris à l’Europe et à la France en termes de retombées.

 

Joël Didier Engo, Président du CL2P

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Après les déclarations de Macron sur la natalité en Afrique, la vérité des chiffres

La fécondité africaine alimente les fantasmes et soulève des polémiques. Etat des lieux, alors que 2,5 milliards de dollars supplémentaires sont alloués au planning familial.

Antoinette Sow, son mari Julien et leur fils à Dakar, au Sénégal.

Samedi 8 juillet, en marge du sommet du G20 (groupe des vingt pays les plus riches) qui s’achevait à Hambourg, le président français Emmanuel Macron a répondu à cette question d’un journaliste ivoirien : « Combien les pays du G20 sont prêts à mettre dans l’enveloppe pour sauver l’Afrique ? »

Après avoir estimé que le Plan Marshall « était un plan de reconstruction, dans des pays qui avaient leurs équilibres, leurs frontières, leur stabilité », le locataire de l’Elysée a estimé que le « défi de l’Afrique est différent, il est beaucoup plus profond, il est civilisationnel ». Et de conclure : « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. »

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Hasard du calendrier, trois jours plus tard, mardi 11 juillet, s’est tenue à Londres une conférence, précisément sur le contrôle des naissances, « Family Planning 2020 », organisé par un ensemble d’acteurs publics et privés dont la coopération britannique UKAID, la coopération américaine USAID, le fonds des Nations unies pour la population ou la Fondation Bill & Melinda Gates. L’occasion de revenir sur les chiffres négatifs et positifs de la fécondité africaine, sujet qui alimente les fantasmes et soulève bien des polémiques.

830 femmes meurent chaque jour en couches…

La plupart des décès de femmes liés à la grossesse et à l’accouchement sont évitables et proviennent d’un suivi trop irrégulier, de maladies non prises en charge ou de complications au cours de l’enfantement. 99 % des décès maternels surviennent dans des pays en voie de développement, où peu de femmes se rendent à la maternité pour accoucher. La mortalité maternelle est la première cause mondiale de décès chez les adolescentes de 15 à 19 ans.

… mais la mortalité maternelle recule de moitié en Afrique

En 1990, 996 femmes sur 100 000 mouraient au cours de leur grossesse ; elles n’étaient plus que 555 en 2015. Si elle demeure préoccupante, cette mortalité a pratiquement été divisée par deux, en particulier depuis les années 2000. Avec la progression de la contraception, et l’amélioration de l’accompagnement des grossesses, l’Afrique devrait se rapprocher des taux de mortalités asiatiques, soit environ 120 décès pour 100 000 naissances.

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Un million de nouveau-nés meurent chaque année en Afrique

Les causes majeures de ces mortinaissances, le terme consacré, sont les complications lors de l’accouchement, ou une infection chez la mère. Dans plus des deux tiers des cas, ces décès ont lieu en milieu rural. Des grossesses trop nombreuses et trop rapprochées peuvent également être dangereuses pour les enfants déjà nés. Ces derniers peuvent manquer de nourriture, de vaccins, de médicaments, ou être en trop forte promiscuité avec d’autres enfants malades. A noter : près de la moitié des 5 945 000 enfants dans le monde qui meurent avant l’âge de cinq ans sont africains (2 820 000).

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43 % des grossesses ne sont pas voulues…

Parmi les femmes en âge de procréer, 214 millions qui ne souhaitent pas tomber enceintes n’ont pas à leur disposition de solutions pour empêcher leur grossesse. Elles sont 155 millions à n’utiliser aucune méthode contraceptive, tandis que 59 millions recourent aux méthodes traditionnelles peu efficaces (retrait ou abstinence pendant les périodes d’ovulation). Conséquence : dans les pays en développement, 43 % des grossesses ne sont pas voulues.

… mais la contraception progresse en Afrique de l’Ouest

En Afrique de l’Ouest et centrale, 1 350 000 femmes supplémentaires ont eu accès à une contraception moderne entre 2012 et 2015. En trois ans, le Partenariat de Ouagadougou, une initiative régionale de planning familial, a eu des effets très positifs sur les populations des neuf pays qui l’ont rejoint. En promouvant une large gamme de contraceptifs, au niveau local, le Partenariat a fait passer le nombre de femmes utilisatrices d’une contraception moderne de 3 000 000 à 4 350 000. L’objectif est d’arriver à 2 200 000 utilisatrices supplémentaires d’ici 2020. A l’échelle de la planète, 30 millions de femmes supplémentaires ont accès à la contraception depuis 2012.

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En Afrique de l’Est et australe, 30 % des femmes recourent à la contraception

Elles sont 7 400 000 de plus qu’en 2012 à utiliser des moyens de contraception modernes. Il s’agit de la plus grosse progression régionale depuis le lancement de Family Planning 2020, l’initiative mondiale pour le contrôle des naissances. Si l’Afrique du Sud, le Botswana et le Zimbabwe avaient déjà des taux avoisinant les 30 % dans les années 1990, le Kenya, l’Ethiopie et le Burundi ont fait des avancées spectaculaires, passant de moins de 10 % à 30 % en vingt-cinq ans.

Une femme sur cinq enceinte avant 18 ans

En 2016, 770 000 filles de 10 à 14 ans sont devenues mères, et 60 % d’entre elles étaient en Afrique subsaharienne. Dans la plupart des cas, la grossesse est accompagnée d’un mariage précoce, et provoque une déscolarisation de la jeune fille. Sans compétences ni diplômes, elles ne peuvent trouver de travail et deviennent dépendantes de leur mari. Par ailleurs, les femmes ayant eu ce parcours ont tendance à reproduire les inégalités dont elles ont été victimes avec leurs filles.

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Les femmes africaines ont 5 enfants, en moyenne

C’est le taux de fécondité le plus élevé du monde, dont la moyenne globale est de 2,5. Dans la région méditerranéenne, le taux est de 3,5, tandis qu’en Asie, le taux est de 2,4. Les Amériques suivent, avec un taux à 2,1, puis le Pacifique, avec 1,8, et enfin l’Europe, avec 1,7 enfant par femme. On estime que le taux de renouvellement de population, permettant de rester à un niveau similaire, est de 2,05 enfants par femme. Mais le taux africain est lui-même très variable d’un pays à l’autre. Ainsi, le Niger a un taux de fécondité de 7,6 enfants par femme, tandis que l’Afrique du Sud est à 2,4, et le Burkina Faso à 5,7.

2,5 milliards de dollars supplémentaires pour le planning familial

Au cours du sommet Family Planning 2020 à Londres le 11 juillet 2017, de nombreux gouvernements se sont engagés à contribuer à la cause : les bailleurs importants de l’aide humanitaire comme le Canada, le Royaume-Uni ou les pays nordiques, mais aussi des pays en voie de développement, comme le Bangladesh ou la RDC. La Fondation Bill & Melinda Gates, ainsi que des entreprises privées, comme Vodafone, contribueront à ce financement.

Coût de la contraception : 2,50 dollars par femme et par an

Les dépenses actuelles pour le planning familial dans les pays en voie de développement sont de 31 milliards de dollars par an : 5,5 pour la contraception, 8,3 d’investissement pour les grossesses non prévues et 17,2 pour les grossesses prévues.

Pour éliminer la mortalité maternelle sans changer l’investissement dans la contraception, il faudrait investir 59,6 milliards de dollars : 5,5 pour la contraception, 16,8 pour les grossesses non voulues et 37,2 pour les grossesses désirées. Or une planification familiale performante serait moins coûteuse que l’adaptation aux grossesses non désirées : 11 milliards pour la contraception, 37,2 pour les grossesses prévues, mais seulement 4,3 pour les grossesses non prévues, pour un total de 52,5 milliards de dollars par an.

En choisissant une politique qui ferait la part belle à la contraception plutôt qu’à l’adaptation aux grossesses non prévues, la communauté internationale économiserait donc 7,1 milliards de dollars.

Une voix autorisée: 

Macron et l’Afrique: « Indiscipline verbale, vacuité intellectuelle ou cynisme? »

Par Achille Mbembe, publié le 12/07/2017

Selon Emmanuel Macron, « quand des pays ont encore aujourd’hui 7 à 8 enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien ». Achille Mbembe lui répond. Hambourg, 10 juillet 2017.

L’intellectuel Achille Mbembe répond aux déclarations polémiques d’Emmanuel Macron sur le défi « civilisationnel » du continent africain et ses « 7 à 8 enfants par femme ».

Le défi « civilisationnel », de l’Afrique, ses « 7 à 8 enfants par femme » qui ne permettent pas de stabiliser la situation: la réponse d’Emmanuel Macron à un journaliste l’interrogeant sur un « plan Marshall » pour le continent africain, à l’occasion du G20 à Hambourg, a choqué. Pour L’Express, Achille Mbembe, professeur d’histoire à l’Université du Witwatersrand, à Johannesburg, et à l’Institut de recherche W.E.B. Dubois sur la recherche africaine et afro-américaine de l’Université de Harvard a réagi.

Il y eut l’affaire du costard: « Vous ne me faites pas peur avec vos t-shirts, la meilleure façon de se payer un costard est de travailler. » « Mais je rêve de travailler monsieur Macron … Tous les chômeurs ont envie de travailler », lui répondit le gréviste.

Un accident? C’était avant l’élection.

Peu après, cette définition d’une gare sortie tout droit du catéchisme managérialiste et sa division du monde en deux camps, celui de ceux qui ont réussi et celui de ceux qui, ayant échoué, n’ont qu’a s’en vouloir à eux-mêmes: « Une gare, c’est un lieu où l’on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. Parce que c’est un lieu où on passe. Parce que c’est un lieu qu’on partage. »

Il y a quelque chose de l’Afrique qui empêche la retenue

Mais comme on le sait, l’Afrique constitue le révélateur absolu. Il y a quelque chose de l’Afrique qui empêche la retenue et qui nous encourage à donner libre cours à nos pulsions les plus obscures: « Ah non, c’est à Mayotte le kwassa-kwassa… Mais le kwassa-kwassa pèche peu, il amène du Comorien, c’est différent. »

Ou encore: « Dans les pays qui font encore sept enfants par femme, vous pouvez dépenser des milliards d’euros, vous ne stabilisez rien. »

L’écrivain camerounais Achille Mbembe, en juin 2011 au festival Étonnants voyageurs à Saint Malo.

Cyril Folliot/AFP

Paroles d’un disciple de Paul Ricoeur? Sauf si l’on admet effectivement que le grand penseur de l’histoire, de la mémoire et de l’oubli était un nanoraciste.

Dans Politiques de l‘inimitié*, le nanoracisme est défini comme « cette forme narcotique du préjugé de couleur qui s’exprime dans les gestes apparemment anodins de tous les jours, au détour d’un rien, d’un propos en apparence inconscient, d’une plaisanterie, d’une allusion ou d’une insinuation, d’un lapsus, d’une blague, d’un sous-entendu et, il faut bien le dire, d’une méchanceté voulue, d’une intention malveillante, d’un piétinement ou d’un tacle délibérés, d’un obscur désir de stigmatiser, et surtout de faire violence, de blesser et d’humilier, de souiller celui que l’on ne considère pas comme étant des nôtres » (81-82).

Paul Ricoeur n’ayant jamais été un nanoraciste, à quoi riment donc ces déclarations? Qu’est-ce qui explique que, confrontés au fait africain, même les meilleurs esprits perdent si facilement la raison? Y-a-t-il quoique ce soit que nous pourrions faire ensemble pour qu’en ce qui concerne les rapports entre l’Afrique et la France, la petite fenêtre ouverte par l’élection de Macron signifie autre chose que la répétition du même, en ces temps de brutalité, d’engourdissement et de flasque paralysie?

« Terre d’opportunité », pour qui?

Non, il n’y a rien a faire ensemble si, pour beaucoup, le Continent n’est qu’un fardeau -terre de d’Etats faillis, de transitions démocratiques avortées, de trafics de toutes sortes (drogues, biens culturels, humains et autres espèces rares), d’immigration irrégulière, du fondamentalisme violent, du terrorisme, et d’une croissance démographique incontrôlée. La solution? Plus de militarisme.

Non, il n’ y a pas grand chose à faire ensemble si pour d’autres (et parfois les mêmes), l’Afrique n’est perçue que comme une « terre opportunité ». Opportunité pour qui, en effet?

Comme la plupart de ses prédécesseurs, Macron s’efforce de réconcilier les deux orientations stratégiques qui gouvernent les rapports franco-africains depuis l’époque coloniale: le militarisme et le mercantilisme.

Il s’impatiente face à ceux qui remettent en cause l’existence de la zone franc: « Si on se sent pas heureux dans la zone franc, on la quitte et on crée sa propre monnaie comme l’ont fait la Mauritanie et le Madagascar. »

Il a raison. Mais pourquoi toujours cette envie d’ajouter un particule devant ces signes autrement indéchiffrables: « du Comorien », « le Madagascar »?

Sortir des marais du militarisme et du mercantilisme

On veut bien croire que les choses sont complexes. On veut bien croire que dans les cas que nous venons d’épingler, il ne s’agit de rien d’autre que d’une indiscipline verbale. Mais il se pourrait également que ces propos soient symptomatiques de la vacuité intellectuelle et du cynisme qui aura gouverné la politique africaine de la France depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Il faut sortir des marais du militarisme et du mercantilisme si l’on veut relancer un véritable dialogue afro-français. Les possibilités de cette relance sont là, hors des méandres de la francophonie. Comme l’indiquent les travaux des intellectuels réunis autour des Ateliers de Dakar, les Africains sont en train d’écrire une Afrique-Monde aux antipodes des poncifs sur lesquels repose la vision des élites françaises et africaines. En France même, des intellectuels français ré-écrivent l’histoire mondiale d’un pays dont les frontières culturelles vont bien au-delà de ses frontières géographiques.

Mais un tel dialogue a besoin d’un ou de deux grands concepts. Le premier, c’est la réalité de la planétarisation de la question africaine et le fait qu’au fond, une partie de l’avenir de la planète risque de se jouer sur ce continent. Le deuxième, c’est que l’humanité ne pourra véritablement faire face aux nouveaux défis planétaires que si elle travaille ensemble à l’avènement d’une civilisation de la circulation.

Macron s’exprimerait dans cette langue -plutôt que dans la langue des milliards d’euros qu’il ne faut justement pas donner a l’Afrique pour cause de « pays qui enfantent sept enfants par femme »- qu’il contribuerait, pour sa part, à ouvrir de nouveaux horizons pour l’ensemble de notre monde.

* Achille Mbembe est l’auteur de Politiques de l‘inimitié, (Paris, La Découverte, 2016).

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