CAMEROUN: DÉTENTION INHUMAINE DU PRISONNIER POLITIQUE MARAFA HAMIDOU YAYA – APPEL AU PRÉSIDENT EMMANUEL MACRON

MarafaParis16avril2017

En PDF l’Avis du Groupe de Travail des Nations Unies sur la Détention Arbitraire qui exige la libération immédiate de M. Marafa Hamidou Yaya: http://enjodi.blog.lemonde.fr/files/2016/07/MarafaAvisONU.pdf

 

 MarafaTrocadéro2
 
 
Nous faisons une fois de plus appel à l’humanisme du Président du Cameroun Paul BIYA, afin que celui que nombre des ses lieutenants présentent comme son principal «adversaire et concurrent politique » ne soit pas éliminé par des voies et des méthodes antidémocratiques.
Notre organisation milite en faveur d’une évacuation pour raisons humanitaires à Paris de l’ancien Ministre d’État Camerounais MARAFA HAMIDOU YAYA, où sont exilés ses proches parents.
 
Pour cela nous sollicitons l’aide des autorités françaises, particulièrement du Président de la République Emmanuel MACRON, afin qu’une issue rapide soit trouvée à la détérioration de l’état de santé de M. MARAFA HAMIDOU YAYA ; qui laisse visiblement indifférent nombre de ses anciens collègues du gouvernement et du sérail politique camerounais à mesure que se rapproche l’élection présidentielle de 2018 dans ce pays.
L’urgence presse!
 
Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P)
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France : La déferlante xénophobe contre Sibeth Ndiaye et l’enracinement du lointain complexe du colonisé.

Plus qu’une déferlante xénophobe …nous sommes en présence ici d’une véritable campagne de dénigrement systématique menée contre des responsables issus de la diversité française, avec une systématisation sous-jacente des vieux clichés et des procès pour antisémitisme.

Ainsi donc une femme noire d’origine sénégalaise en charge de la communication du Président de la République française ne pourrait être qu’une lointaine « racaille de banlieue », avec une vision manichéenne voire haineuse des juifs, et une profonde ignorance de Simone Veil.

Comment raisonnablement sortir de cette image déformée des noirs et descendants africains de France, lorsque ce sont précisément des proches et d’autres néo-colonisés complexés qui prennent un malin plaisir à la colporter?

Je crains hélas que cette stigmatisation très spécifique à la société française doive encore prospérer de longues années. Parce qu’elle prend sa source dans un lointain complexe très enraciné du colonisé ou néo-colonisé, qui veut en permanence donner des assurances et prouver ainsi son attachement à la France (parfois au détriment de ses semblables).

Nous sommes en plein dans une configuration que Frantz Fanon a fort bien décrite.

 

Je ne serai jamais au nombre de ces descendants d’anciens colonisés ou néo-colonisés opportunistes, incapables d’avoir une relation dépassionnée, décomplexée, et sereine avec tous les peuples du monde; se rangeant ou s’alignant cyniquement du côté des supposés « plus forts » , « plus influents », plus « intelligents », voire plus « puissants » sur la scène internationale…Transposant ainsi sans peut-être le savoir, tous ces mauvais clichés réducteurs répandus précisément par les réactionnaires antisionnistes et/ou antisémites (se réclamant notamment d’un Dieudonné).

Peut-être suis-je trop « naïf », mais il s’agit d’abord d’une question de cohérence intellectuelle et de conscience personnelle.

Joël Didier Engo

 

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Impunité Judiciaire, Gouvernance Tribale, et Faux Pouvoir Performatif au Cameroun / Judicial Impunity, Tribal Politics, and the Performative Power of the False in Cameroon

Impunité Judiciaire, Gouvernance Tribale, et Faux Pouvoir Performatif au Cameroun

MboutouLepoint

Par Olivier Tchouaffe, PhD Contributeur au CL2P et Joël Didier Engo Président du CL2P

Depuis quelques années, le CL2P dénonce, sous des menaces de toutes sortes, une épuration politique ciblant prioritairement de grands serviteurs de l’État au Cameroun, sous couvert d’une imposture de lutte contre la corruption. Celle-là même qui n’a curieusement jamais pu épingler le moindre proche parent ou protégé du président Paul Biya. Pourtant l’enrichissement ostentatoire avec les vastes propriétés et les acquisitions immobilières y compris jusqu’à la région parisienne, donne chaque jour une idée de l’immense fortune qu’ont pu illégalement amasser les membres du clan Biya, à l’instar des révélations contenues dans l’investigation menée par l’Hebdomadaire français LE POINT sur l’ancien ministre de la défense aujourd’hui ministre des transports, Edgar Alain Mebe Ngo’o.

À cet égard le silence assourdissant de l’inamovible président du Cameroun et de ses lanceurs de « Fatwa » tribale aurait de quoi surprendre. Justement pas tant que cela…Parce qu’il participe de l’impunité judiciaire générale qui régit cette gouvernance tribale, enrobée généralement par de fausses performances économiques et sociales.

Et pour comprendre davantage ce silence assourdissant, il est aussi important d’analyser les différentes articulations de la gouvernance tribale au Cameroun à travers la notion de la «politique du ventre» savamment décrite par le politologue Jean-François Bayart, avec le mantra que «la chèvre broute toujours là où elle est attachée» ou la pomme ne tombe jamais loin du pommier.

Cela exige également de cerner comment les Camerounais issus de la région du Sud sont présentés dans les médias de ce pays comme des membres de la famille (voulue élargie) présidentielle. Par conséquent, même les personnes qui n’ont pas de liens familiaux avec le président Biya sont d’emblée considérées comme ses proches parents. Ce type de propagande renseigne assez sur la gouvernance tribale du régime Biya, parce qu’elle exige et créé de facto une fidélité qui se doit d’être sans faille à un Président conçu et perçu d’abord comme celui de tous les ressortissants de cette région du Cameroun (où une seule voix ne doit pas lui manquer à chaque élection).

C’est là où, par exemple, il est important de rapprocher le despotisme légal et la gouvernance tribale. Car l’interaction entre ces deux notions permet de toucher du doigts le dilemme que vivent nombre de Camerounais d’origine méridionale. En effet si vous êtes ressortissant du sud Cameroun et que vous êtes un dissident du régime, vous êtes de facto un traître de votre tribu, de votre peuple fang-Beti, de votre régime en place, et de celui qui l’incarne Paul Biya.. De même si vous êtes incarcéré à cause de cette dissidence, cela prouve à merveille combien la justice camerounaise est un modèle d’impartialité et d’équité, le président étant capable d’incarcérer y compris un de ses propres frères.

Afin de mieux appréhender le dilemme dans lequel est plongé l’Homme du sud sous Paul Biya, il est tout aussi essentiel d’intégrer le rôle ingrat assigné à la performance dans la «Co-implication» ou corrélation permanente sous ce système totalitaire, entre le faux et la vérité. Dans ce Cameroun pour parvenir à la vérité, il faut nécessairement mesurer le pouvoir exorbitant exercé par le faux, et l’emprise démesurée que ce faux a sur la vérité. Au point où c’est la notion de mensonge qui rend la vérité, et donc la capacité de témoigner réellement possible.

En ce sens pour que la vérité soit enfin possible, le préalable serait de comprendre et d’admettre que tous les Camerounais ressortissants du Sud ne pensent nécessairement pas la même chose. De la même façon ils sont aussi capables de faire preuve d’intégrité personnelle. C’est la condition sine qua non à une prise de responsabilité à la fois individuelle et collective. Cette étape est aujourd’hui incontournable si nous voulons annihiler la pensée totalisante de la gouvernance tribale portée par des politiciens manipulateurs et corrompus, et leur soi-disante Justice du plus fort.

Car la loi du plus fort distillée en filigrane par le régime en place depuis 35 ans au Cameroun n’est aussi qu’une vaste supercherie permettant d’entretenir la terreur. Précisément parce qu’elle ne tient pas compte de la réalité suivant laquelle dans un pays comme le Cameroun, il n’y a pas une seule tribu qui soit plus forte que toutes les autres prises dans leur ensemble, au point de caresser l’illusion d’être en mesure surnaturellement de justifier l’injustifiable et de dominer toutes les autres pour toujours.

Olivier Tchouaffe, PhD Contributeur au CL2P et Joël Didier Engo Président du CL2P

MboutouMebe Ngo'o

English version 

Judicial Impunity, Tribal Politics, and the Performative Power of the False in Cameroon

By Olivier Tchouaffe, PhD Contributor to the CL2P and Joël Didier Engo President of the CL2P

For years, the CL2P has denounced, under threats of all sorts, the regime of Yaoundé’s political cleansing of the most important servants of the State, carried out under the guise of an imposture named Operation Sparrow Hawk (Epervier) in the name of fighting against corruption. However, none of the close relatives and other protégés of the president have been under investigation. Those include, the former minister of defense and actual minister of transportation and his vast wealth and recent acquisition of real estate in the Parisian region that his annual revenues cannot justify, according to a thorough investigation published in the French weekly Le Point.

The deafening silence of the irremovable president of Cameroon and his “Fatwa » launchers would be surprising. Not so much…

To understand this deafening silence, however, it is important to understand Cameroonian tribal politics and Jean-Francois Bayart’s notion of the “politics of the belly” with the mantra that “the goat always grazes where it is attached” or the apple does not come far from the tree. One also needs to understand how ordinary Cameroonians from the southern region are presented in Cameroonian media as members of the presidential family. Hence, even people who have no family ties to the president are considered to be his relatives. This kind of knowledge is important to tribal politics because it is de facto require and impose loyalty to any person coming from that area of the country. This is where, for example, it is important to understand legal despotism and tribal politics and this understanding highlight the dilemma being experienced by Cameroonians of southern origin. If you are from the south and dissent from the president, you are de facto a traitor to your people. If you happen to be incarcerated from that dissent, he also proves that Cameroonian justice is impartial and fair since the president is willing to incarcerate one of his own.

To grasp this dilemma, moreover, there is the necessity to understand performance and the role that performance act plays in the co-implication between falsity and the truth.

To get to the truth, one has to understand the power of the false and the co-implication of falsity and the truth. Particularly, how it is the notion of lies that makes the truth and render the capacity to testify possible. As such, for the truth to be possible, one has to be able to understand that not all Cameroonians of southern origin think alike and that is a prerequisite for a true politics of self-accounting and responsibility. This knowledge is important to complicate the totalizing thought of tribal politics exploited by manipulative and corrupt politicians and the so-called law of the most powerful. The law of the most powerful is also a fiction because it does not take into account the notion that in a country such as Cameroon, there is no one tribe that are more powerful than the others taken together and therefore, the futility to justify the unjustifiable.

Olivier Tchouaffe, PhD Contributor to the CL2P and Joël Didier Engo President of the CL2P

cl2p

The Commitee for the Release of Political Prisoners (CL2P) – http://www.cl2p.org

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CAMEROON: OPERATION 11 MILLION REGISTERED VOTERS / PAUL BIYA IS AN OLD SCHOOL DICTATOR THAT WILL NEVER EVER CONCEDE DEFEAT AT THE BALLOT BOXES, NEVER!

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By Michel Biem Tong, Hurinews.com

For the past few months, I have heard about the campaign « 11 million registered voters ». An initiative led by the academic and consultant Cabral Libii li Ngue who, by the way, is a brother and comrade of my elder sister (now a teacher at Ngaoundere University) at Eseka High School. I myself have been registered on the electoral rolls since May 2015 and are waiting to withdraw my voter’s card at Bobine d’Or in the Ekounou district in Yaoundé

I will not go over what has been said about the inner workings of the “11 million” campaign. However, the more attention I paid to this campaign, the more I am afraid that Cabral’s luminous idea is turning into a double-edged sword for him. First, the fact that ordinary Cameroonians are rushing to register their names on electoral rolls to decide who will preside over their destiny for the next 7 years must be praised for their sense of civic duties. This campaign, however, may appear in the months to come as a subterfuge for the Biya’s regime to legitimize another massive electoral fraud that Mr. Paul Biya and his family members are preparing in order to perpetuate his power ad vitaem eternam.

This electoral hold up will certainly discredit someone like Cabral Libii who through his relevant analyzes through the media enjoys a high esteem within a good fringe of the Cameroonian population.

ATTENTION CABRAL, THE CAMEROON PEOPLE FORGET NOTHING.

But with all the frankness that characterizes my being and after having looked Cameroonians in the eyes, I am convinced that PAUL BIYA NEVER CONCEDE DEFEAT AT THE BALLOT BOX, NEVER. This idea never crossed his mind. Did not he declare before the cameras of the Crtv in June 2004, when the rumor gave him for dead, did not he give rendez vous to the Cameroonians people in 20 years for his funeral? To make sure of this, he and his « brothers of the village » have locked up the political system in ways that ensure Paul Biya the means to cling to power until he drops dead. As examples of these democratic deficits, it is Paul Biya who fixes the date of the elections, it is he who decides how much resources are allocated to his handpicked opponents. Indeed, Paul Biya is the one who handpicks his opponents. The members of Elecam, and the Supreme Court (which proclaims the results) are all appointed by him. Biya’s army is trained like Tonton Macoutes ready to crush in blood any electoral contestation. The electoral code of April 2012 guarantees a victory before the ballots are even casted. Even the candidacy of Cabral Libii in the upcoming presidential election will not change anything in the deal.


Second, another important thing to consider is that even if Paul Biya were to leave power by miracle, what would he do about his crew, a sinister assortment of thuggish family members, a true bunch of malefactors who swear allegiance to the preservation of their ill-gotten assets through record of embezzlement of public funds, assassinations, conspiracies against the most brilliant state servants (most of them are either in prison or in exile), the hoarding of investment projects carried by foreigners etc. So many nefarious business deals that make Biya prisoner of power in order to ensure his own impunity and the impunity of his associates. All of these shady dealings make me doubt the success of the operation 11 million voters. I am not being skeptical or pessimistic about the 11 million campaign but realistic that Biya will do everything to cling to power in order to ensure his own impunity and those of his associates.

The path of victory through the ballot boxes being blocked, what remains of the Cameroonian people to envisage a future without Paul Biya? The Coup d’états? It is better not to even think about it, the Cameroonian army being a bourgeois army and fundamentally corrupt thanks to the multiple passes and privileges the army receives after the coup d’état of 1984 (practice of multiple salaries still called ‘mboma’, markets Without bidding, traffic of fuel vouchers, etc.) Moreover, two precautions worth more than one, Paul Biya has taken all the steps to super-arm and pamper the elite corps such as the BIR , The GP, the DSP, Pretorian guards ready to fight against any attempt at a coup de force that could come from the regular army, abandoned to itself.


What then remains to the Cameroonian people to resume their sovereignty confiscated by a family clan? Without being a fan of violence, even if Biya clings to power until he drops dead, his death will then create a power vacuum which can be dangerous and destabilizing.

I sincerely believe, therefore, that Cameroon is not far from the Burkinabe revolutions and the Arab spring, in view of the many frustrations and humiliations accumulated by the Cameroonian people after 35 years of dictatorship and terror. Anyway, the Cameroonians have all the cards in their hands. To them and to themselves alone to draw the consequences of the above.

Michel Biem Tong, Hurinews.com

BiyaVote

Version française

CAMEROUN: OPÉRATION 11 MILLIONS D’ÉLECTEURS/ PAUL BIYA NE QUITTERA JAMAIS LE POUVOIR PAR LES ÉLECTIONS, JAMAIS!

Par Michel Biem Tong, Journaliste et correspondant du CL2P au Cameroun

Depuis quelques mois, j’entends parler de la campagne «11 millions d’inscrits». Une initiative portée par l’universitaire et consultant Cabral Libii li Ngue qui, soit dit en passant, est un frère et camarade de ma sœur aînée (aujourd’hui enseignante à l’Université de Ngaoundere) au Lycée d’Eseka. Moi-même, je suis inscrit sur les listes électorales depuis mai 2015 et attend de retirer ma carte d’électeur à Bobine d’Or, au quartier Ekounou à Yaoundé.

Je ne reviendrai pas sur ce qui a été dit sur les dessous de cette campagne. Je crains cependant que cette lumineuse idée de Cabral soit un couteau à double tranchant pour lui car s’il est normal que les citoyens s’inscrivent massivement sur les listes électorales afin de décider de celui qui présidera à leur destinée pour les 7 prochaines années, cette opération risque cependant paraître dans les mois à venir comme un moyen de légitimer la fraude électorale que M.Paul Biya et des membres de sa famille préparent pour confisquer ad vitaem eternam le pouvoir. Et bonjour le discrédit pour quelqu’un comme Cabral Libii qui de par ses analyses pertinentes a travers des médias jouit d’une grande estime au sein d’une bonne frange de la population camerounaise.

ATTENTION CABRAL, CAR LE PEUPLE CAMEROUNAIS N’OUBLIE RIEN.

Mais avec toute la franchise qui caractérise mon être et après avoir regardé les camerounais dans les yeux, je suis convaincu que PAUL BIYA NE QUITTERA JAMAIS LE POUVOIR PAR LES URNES, JAMAIS. Cette idée ne lui a jamais traversé l’esprit. N’avait-il pas déclaré devant les caméras de la Crtv en juin 2004, alors que la rumeur le donnait pour mort, qu’il donne rendez-vous aux Camerounais dans 20 ans pour ses obsèques ? Pour ce faire, lui et ses « frères du village » ont suffisamment balisé le terrain pour régner éternellement sur le Cameroun:c’est lui qui fixe la date des élections, c’est lui qui décide de combien doit être alloué aux opposants en termes de financement de la campagne, c’est lui qui décide même des opposants qui doivent l’affronter, les membres d’Elecam, de la préfectorale et de la Cour suprême ( qui proclame les résultats) sont nommés par lui. L’armée à sa disposition est prêt à mater toute contestation électorale. Le Code électoral d’avril 2012 lui garantit une victoire avant la date. Même sa candidature à lui Cabral Libii à la présidentielle ne changera rien à la donne.

Et même s’il venait à Paul Biya l’idée de quitter le pouvoir, que fera t-il de certains membres de sa famille, véritable association de malfaiteurs qui ne jurent que par la conservation de leur biens mal acquis et dont le triste bilan se résume au détournement de fonds publics, aux assassinats, aux complots contre des serviteurs de l’État les plus brillants (la plupart sont soit en prison, soit en exil), à l’accaparement des projets d’investissement portés par d’hommes d’affaires étrangers, etc. Autant de choses qui font que Biya ne renonce point au pouvoir. Voilà qui me fait douter du succès de l’opération 11 millions d’électeurs. Le dire n’a rien du scepticisme ni du pessimisme mais a tout du réalisme.

La voix des urnes étant donc bloquée, que reste t-il au peuple camerounais pour envisager un avenir sans Paul Biya? Le coup d’État? Mieux vaut ne même pas y penser, l’armée camerounaise étant embourgeoisée et foncièrement corrompue grâce aux multiples passe-droits qu’elle s’offre depuis le coup d’État manqué de 1984 (pratique des multiples salaire encore appelé ‘mboma’, marchés sans appels d’offres, trafics de bons de carburant, etc.). D’ailleurs, deux précautions valant mieux qu’une, Paul Biya a pris toutes les dispositions pour sur-armer et choyer les corps d’élite tel que le BIR, la GP, la DSP, véritable digue de protection prête à parer à toute velléité de coup de force qui pourrait provenir de l’armée régulière, abandonnée à elle-même.

Que reste t-il donc au peuple camerounais pour reprendre sa souveraineté confisquée par un clan familial? Sans être un adepte de la violence, je pense très sincèrement que le Cameroun n’est pas loin des révolutions burkinabé et du printemps arabe, au regard des nombreuses frustrations et humiliations accumulées par le peuple camerounais après 35 ans de dictature et de terreur. Quoi qu’il en soit, les Camerounais ont toutes les cartes en main. A eux et à eux seuls de tirer les conséquences de ce qui précède.

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Par Michel Biem Tong, Journaliste et correspondant du CL2P au Cameroun

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Le Cameroun sous perpétuel ajustement structurel: Les 21 responsables sont tout désignés par le journal Emergence!

DÉCLARATION N° 000007 DU COMITÉ DE LIBÉRATION DES PRISONNIERS POLITIQUES SUITE À UN ARTICLE DU JOURNAL CAMEROUNAIS EMERGENCE INTITULÉ «TRIBUNAL CRIMINEL SPÉCIAL: 21 PERSONNES ENGLOUTISSENT 600 MILLIARDS DE F CFA»

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Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques à travers la présente déclaration fait part à l’opinion nationale et internationale de sa déception suite à un article paru dans l’édition N°1029 du quotidien camerounais «Emergence» du 12 juillet 2017.

Dans cet article qui figure à la page 5 du journal et qui a été publié à la Une du journal sous le titre «Tribunal criminel spécial: 21 personnes engloutissent 600 milliards de F CFA», il est expressément mentionné comme l’indique d’ailleurs la titraille de Une que la somme détournée par 21 «clients» du Tribunal criminel spécial (Tcs) est largement supérieure à ce que le Fonds monétaire international (FMI) vient de prêter au Cameroun, soit 330 milliards de F CFA. S’il est vrai d’après des études menées par le FMI et la Banque Mondiale qu’il existe un lien entre le niveau de développement ou de sous-développement et le degré de corruption dans un pays, cette dernière ne saurait être la seule cause de la mauvaise situation financière de ce pays.

Parmi ces justiciables accusés par le journal d’être responsables du retour du Cameroun au FMI se trouvent des citoyens camerounais que notre organisation reconnaît ou a reconnu comme des détenus politiques, parce qu’ils sont séquestrés en prison non seulement pour des motifs politiques mais aussi sans la moindre preuve de détournement de fonds publics. Il s’agit de Polycarpe Abah Abah, d’Urbain Olanguena Awono, de Jean Marie Atangana Mebara, d’Iya Mohamed et d’Yves Michel Fotso. À ces derniers s’ajoutent les cas Dieudonné Ambassa Zang, en exil politique en France, Me Lydienne Eyoum libérée depuis juillet 2016 à la faveur d’une grâce présidentielle et Pierre Désiré Engo, toujours poursuivi par le Tcs mais en liberté surveillée.

«Détournements imaginaires et inexistants!»

Ainsi, pour le journal Emergence, il s’agit des personnes qui du fait de leur «boulimie» financière auraient plongé les finances publiques dans le rouge. Il n’en fallait pas plus pour que les réseaux sociaux s’enflamment. Pourtant au regard du caractère farfelu des charges retenues contre eux et de la vacuité de leurs dossiers judiciairse, il y a lieu de conclure que ces détournements ne sont ni plus ni moins qu’une simple vue de l’esprit parce qu’imaginaires et inexistants. Le journal ne décrit d’ailleurs pas le mécanisme des détournements en question, pas plus qu’il ne démontre l’intention criminelle des auteurs présumés.

Quel argent «détourné» serait donc à l’origine du retour du FMI au Cameroun?

– Serait-ce les 2,907 milliards de F CFA qui ont valu 25 ans de prison ferme en juin 2016 à l’ancien secrétaire général à la présidence Jean Marie Atangana Mebara alors qu’il s’agit d’une somme d’argent débloquée en juin 2003 par la Société nationale des hydrocarbures sur ordres du ministre des Finances de l’époque, Michel Meva’a M’Eboutou (actuel Secréatire général du Sénat) et réceptionné par Boeing, fabriquant de l’avion présidentiel?

– Serait-ce les 1, 183 milliards de F CFA imputés à l’ancien directeur des Impôts, Polycarpe Abah Abah pour lesquels il a écopé de 20 ans de prison ferme en novembre 2016 alors qu’il s’agit d’un argent reversé à l’ensemble des entreprises et structures bénéficiaires du remboursement des crédits TVA courant mai 2000, malgré la confusion de chéquier reconnue et assumée par la Commercial Bank of Cameroon qui a conduit cette dernière à virer cette somme dans le compte personnel d’Abah Abah sans son avis?

– Serait-ce le «détournement» de 80,864millions de F CFA pour lesquels l’ancien ministre de la Santé, Urbain Olanguena Awono, a été condamné à 20 ans de prison jusqu’à la Cour suprême alors qu’il s’agit d’une somme d’argent perçue par un prestataire de service véreux en cavale après que ce dernier ait introduit au ministère des Finances courant 2004 un dossier de paiement d’un marché de livraison de moustiquaires (non livré), lequel dossier comportait de fausses signatures y compris celle d’Olanguena Awono?

– Serait-ce les 11 milliards de F CFA qui valent 15 ans de prison à l’ancien directeur général de la Société de développement du coton (Sodecoton) Iya Mohamed, alors qu’il ne s’agit ni plus ni moins que de l’ensemble des dépenses régulières et budgétisées dûment validées par le Conseil d’administration de la Sodecoton (salaires et avantages du Dg, financements du club Coton Sport de Garoua, paiements au secrétaire permanent des marchés publics, etc.)?

– Serait-ce la soixantaine de milliards de F CFA qui a valu la prison à vie à l’ancien directeur général de la défunte Cameroon Airlines (Camair) et homme d’affaires Yves Michel Fotso, alors que la Camair n’a pu être sauvé de la banqueroute et ne fonctionnait que grâce aux fonds de son groupe familial?

– Serait-ce les 25 milliards de F CFA imputés à l’ancien directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), Pierre Désiré Engo, dont la fameuse commission rogatoire déclenchée par le TCS en France cherche en vain les traces depuis plus de 3 ans dans son compte bancaire au Crédit Lyonnais Agence International à Paris (clôturé depuis 2001), après une précédente mission infructueuse menée en 2000 auprès du même établissement par MM. Foumane Akame, Ngalle Miano, et Ntibane Bruno?

– Serait-ce les 1,077 milliards dont le détournement est reproché à l’avocate franco-camerounaise Me Lydienne Eyoum, alors qu’il s’agit des frais de procédure à elle conférés par une décision de justice prise dans l’urgence en décembre 2004 et retenus avec l’accord de son client, l’Etat du Cameroun, dans l’affaire opposant ce dernier à la Société générale de banques (SGBC)?

– Serait-ce les 5,8 milliards de F CFA pour lesquels l’ancien ministre des Travaux publics, Dieudonné Ambassa Zang a écopé d’une condamnation à vie par contumace en juin 2015 alors qu’il s’agit non seulement du préjudice de plus de 4 milliards de F CFA rétrocédés à l’Etat du Cameroun (pour ce qui est de l’accusation sur le marché de réhabilitation du pont sur le Wouri) en 2010 à l’issue d’une procédure judiciaire pour rupture abusive de contrat contre l’entreprise UDECTO au tribunal de commerce de Paris, mais aussi de la non-présentation des pièces justificatives à la mission du Contrôle supérieur de l’Etat (au moment où il n’est plus en fonction)?

Non à la présomption de culpabilité!

Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques, sans prétendre donner des leçons de journalisme à Emergence, regrette que le journal n’ait pas abattu ce travail d’enquête minutieux qui lui aurait évité de jeter en pâture des hommes et femmes victimes depuis de nombreuses années d’un croc-en-jambe judiciaire sur fond de règlements de comptes politiques, ou contraint à l’exil loin de leurs familles. Il s’est laissé emporter par la présomption de culpabilité qui consiste à penser qu’être poursuivi et automatiquement condamné au Tribunal Criminel Spécial (Tcs) du Cameroun veut dire qu’on est ipso facto un détourneur de fonds publics.

Les procédures contre MM. Engo et Ambassa Zang par exemple attendent toujours d’être revêtues de l’autorité de la chose jugée qu’Emergence en a déjà fait d’eux des «voleurs»! Les hommes de médias devraient pourtant traiter de l’actualité judiciaire dans le strict respect de la présomption d’innocence. Mais la volonté de faire du «buzz» et de marquer les esprits a certainement été plus forte que tout, sans vouloir rentrer dans les petits secrets d’autres bien basses considérations.

Tant pis pour les victimes dont les vies sont suffisamment brisées et broyées à l’issue de parodies de procès, au mépris de leur droit à un procès équitable qui suppose à minima une condamnation puis une privation de liberté uniquement sur la base de preuves irréfutables et connues de tous.

Fait à Paris, le 13 juillet 2017

Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P)

English version:

Declaration N° 000007 by the Committee for the Release of Political Prisoners , CL2P, Following an Article printed in the CAMEROON Journal, Emergence, and titled « TRIBUNAL CRIMINEL SPECIAL: 21 PERSONS ENGULF 600 BILLION CFA »

The Committee for the Release of Political Prisoners through this declaration informs the national and international opinion of its disappointment following an article published in the edition n ° 1029 of the Cameroonian daily « Emergence » of 12 July 2017.In this article Which appears on page 5 of the newspaper and which has been published in the front page of the newspaper under the heading « Special Criminal Court: 21 people engulf 600 billion CFA francs », Emergence took license to publish that the amount diverted by 21 « clients » of the Special Criminal Court (Tcs) is far greater than what the International Monetary Fund (IMF) has just loaned to Cameroon, 330 billion CFA francs.

The critical part is this: while it is true from studies conducted by the IMF and the World Bank that there is a link between the level of development or underdevelopment and the degree of corruption in a country, corruption alone cannot be the only factor responsible for Cameroon’s poor financial situation, especially, taking into account the regime of Yaoundé’s proven lack of fiduciary duty to the Cameroonian people expressed in the politicization of the court and the uses of media as an additional punishment strategy in forms of tainting and corrupting public opinion..

Simply put, the C2LP recognizes among those individuals accused by the newspaper of being responsible for the return of Cameroon to the IMF, Cameroonian citizens whom our organization recognizes or has recognized as political detainees. Those individuals are sequestered in prison not only for political reasons but also without any evidence of embezzlement of public funds. They are Polycarpe Abah Abah, Urbain Olanguena Awono, Jean Marie Atangana Mebara, Iya Mohamed and Yves Michel Fotso. In addition, Dieudonné Ambassa Zang, who is in political exile in France, has been freed since July 2016 thanks to a presidential pardon and Pierre Désiré Engo, who is still being prosecuted by the Tcs but free under house arrest.

« Imaginary and non-existent misappropriations of Fund! »

Thus, the newspaper Emergence, designed these political prisoners under the category of people suffering from “financial bulimia” and directly responsible for the public finances of Cameroon being in the red. This was enough for social networks to flare up. However, in view of the wackiness of the charges against them and the vacuity of their judicial files, it must be concluded that these diversions are neither more nor less than a mere sight of the mind because they are imaginary and non-existent. The newspaper does not even bother to describe the mechanism of the diversions in question, nor does it demonstrate the criminal intent of the alleged perpetrators.

The most serious question is: What money « diverted » would therefore be the source of the return of the IMF in Cameroon?

– Would it be the 2,907 billion CFA francs that cost 25 years of imprisonment to the former general secretary of the presidency Jean Marie Atangana Mebara in June 2016? Or the conspiracy to defraud the Cameroonian taxpayers headed by the National Hydrocarbons Corporation, on orders of the then Minister of Finance, Michel Meva’a M’Eboutou (current Secretary General of the Senate) and received by Boeing, to finance an illegal acquisition of a new presidential plane in June 2003 and against the recommendation of the IMF?

– Would it be the 1,183 billion CFA francs charged to the former director of taxes, Polycarpe Abah Abah for which he received 20 years imprisonment in November 2016? That money was tax return to all companies and structures benefiting from the reimbursement of VAT credits in May 2000. The Commercial Bank of Cameroon later transferred that tax return into the personal account of Abah Abah, by mistake, and no evidence of a conspiracy to defraud the Cameroonian taxpayer has yet to be evidence.

– Would it be the « diversion » of 80,864 million CFA francs for which the former Minister of Health, Urbain Olanguena Awono, was sentenced to 20 years by the Supreme Court? In fact that sum of money was received by a corrupt service provider after the latter submitted to the Ministry of Finance in 2004 a payment file for a delivery contract for mosquito nets (undelivered), which had false signatures including that of Olanguena Awono?

– Would it be the 11 billion CFA francs worth 15 years of imprisonment to the former general manager of the Cotton Development Corporation (Sodecoton) Iya Mohamed, while it is neither more nor less than All regular and budgeted expenses duly validated by the Board of Directors of Sodecoton (salaries and benefits of the Dg, financing of the Coton Sport Club of Garoua, payments to the Permanent Secretary of Public Procurement, etc.)?

– Would it be the sixty billion CFA francs that earned life imprisonment for the former general manager of the defunct Cameroon Airlines (Camair) and businessman Yves Michel Fotso, while the Camair could not be saved from bankruptcy and only functioned thanks to the funds of his family group?

– Would it be the 25 billion CFA francs charged to the former general manager of the National Social Security Fund (Cnps), Pierre Désiré Engo, whose famous commission rogatory triggered by the TCS in France has been seeking for more than 3 years in his bank account with the Crédit Lyonnais Agency International in Paris (closed since 2001), after a previous unsuccessful mission carried out in 2000 with the same establishment by Messrs. Foumane Akame, Ngalle Miano, and Ntibane Bruno?

– Would it be the 1,077 billion francs of which the French-Cameroon lawyer Lydienne Eyoum is accused of misappropriating the proceeds, while the costs of the proceedings were conferred on her by a court decision taken urgently in December 2004 And with the consent of its client, the State of Cameroon, in the case between the latter and the Société Générale de Banques (SGBC)?

– Would it be the 5.8 billion CFA francs for which former Minister of Public Works Dieudonné Ambassa Zang received a life sentence in absentia in June 2015 when it is not only the More than 4 billion CFA francs returned to the State of Cameroon (as regards the charge on the market for the rehabilitation of the Wouri bridge) in 2010 following a legal proceeding for breach of contract Against the UDECTO company at the Paris Commercial Court, but also for the failure to present the supporting documents to the Higher State Control Mission (when he is no longer in office)?

No to the presumption of guilt!

The Committee for the Liberation of Political Prisoners does not claim to teach the newspaper Emergence how to conduct principled investigative journalism. The C2LP, however, regrets that the newspaper did not bother to do any meticulous investigative work that would have prevented it from adding insults to injury to men and women already victimized by Paul Biya’s legal despotism for many years. A legal despotism manufactured to settle political disagreements and resulting in many families and lives now in ruin. The newspaper has allowed his journalistic deontology to be contaminated by the presumption of guilt which consists in thinking that being prosecuted and automatically condemned to the Special Criminal Court (Tcs) of Cameroon means that one is ipso facto guilty of embezzling funds.

The proceedings against Messrs. Engo and Ambassa Zang, for example, are still ongoing. Emergence, however, has already condemned them in the popular opinion as « thieves »! Media men should, however, are not above the law and therefore must adhere in strict compliance with the presumption of innocence. But the will to make « buzz » and to taint public opinion has certainly been stronger than anything, for Emergence, and this conclusion does not include other low considerations that usually collude with the authorities repeated violation of the public trust.

So much the worse for victims whose lives are sufficiently broken and crushed after parodies of trials, in defiance of their right to a fair trial which presupposes at least a conviction and a deprivation of liberty solely on the basis of irrefutable evidence and acknowledge by all.

Paris, on 13 July 2017

The Committee for the Release of Political Prisoners

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Afrique noire: Macron pointe les 7 à 8 enfants par femme; un raccourci qui passe mal

Macron-Afrique

La vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=p3bzE_aMaQ8

Je peine à trouver dans la déclinaison brillante par Emmanuel Macron de ce qu’il appelle «Le défi civilisationnel africain» un propos insultant, condescendant, ou arrogant à l’égard des ressortissants de ce continent, y compris sur la question sensible du fort taux de natalité.
Bien au contraire, nous avons ici un Président français (le premier certainement) qui articule une vraie vision d’ensemble pour un partenariat global et mutuellement gagnant avec une multitude de pays et d’économies, pour lesquels le vrai défi sera effectivement la maîtrise progressive de la natalité dans un continent où la croissance économique ne parviendra pas dans les prochaines années à l’horizon 2050 (y compris avec les meilleures hypothèses) à absorber l’équivalent de 20 millions de jeunes actifs par an. Ce sont là des statistiques officielles.
Nous pouvons à longueur de commentaires travestir son propos en flattant l’instinct identitaire voire francophobe des pseudo-panafricanistes. Cela n’amoindrira pas l’effort qui doit être fait sur la maîtrise de la fécondité, qui est déjà visible au sein des nouvelles classes moyennes et supérieures africaines.
Il s’agit c’est vrai d’un sujet ô combien sensible et passionnel qui ne mériterait certes pas d’être vu et abordé sous un angle « civilisationnel » – à moins de vouloir nier la pluralité civilisationnelle – mais d’abord comme un impératif économique dans des pays connaissant un exode rural massif vers des villes, avec des populations exposées aux mêmes contraintes que leurs homologues des pays émergents et développés. Dés lors la question de la maîtrise de la fécondité devient logiquement un paramètre incontournable pour le développement ou l’émergence espéré de ces pays.
Pour autant poser le problème de la maîtrise de la fécondité (que personne ne nie) sous l’angle d’un « défi civilisationnel » paraît pour le moins réducteur pour un continent qui est le berceau de l’Humanité et qui en sait un peu plus que ne l’imagine le président Macron en matière de civilisations.
C’est finalement devenu un des travers chez les nouveaux locataires de l’Élysée (qui n’ont peut-être pas eu la culture encyclopédique d’un Charles de Gaulle, d’un Georges Pompidou, d’un VGE, d’un Mitterrand, ou d’un Jacques Chirac) de faire d’entrée étalage de leur grandeur « civilisationnelle » sur les problèmes qui minent effectivement le développement d’une partie du continent, occultant la grande diversité de celui-ci, et surtout l’extrême jeunesse de sa population qui ne posera pas forcément les mêmes problèmes pour son entrée dans le marché du travail que ceux que l’on rencontre dans la vieille Europe par exemple. Si et seulement si les investissements qui doivent y être faits sont assez bien calibrés et territorialement répartis.
N’oublions pas que c’est aussi l’accès à la richesse puis à la connaissance par le plus grand nombre qui concoure plus efficacement à la réduction des taux de natalité. Aider l’Afrique avec un «plan Marshall» n’en serait que plus bénéfique à chacun, y compris à l’Europe et à la France en termes de retombées.

 

Joël Didier Engo, Président du CL2P

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Après les déclarations de Macron sur la natalité en Afrique, la vérité des chiffres

La fécondité africaine alimente les fantasmes et soulève des polémiques. Etat des lieux, alors que 2,5 milliards de dollars supplémentaires sont alloués au planning familial.

Antoinette Sow, son mari Julien et leur fils à Dakar, au Sénégal.

Samedi 8 juillet, en marge du sommet du G20 (groupe des vingt pays les plus riches) qui s’achevait à Hambourg, le président français Emmanuel Macron a répondu à cette question d’un journaliste ivoirien : « Combien les pays du G20 sont prêts à mettre dans l’enveloppe pour sauver l’Afrique ? »

Après avoir estimé que le Plan Marshall « était un plan de reconstruction, dans des pays qui avaient leurs équilibres, leurs frontières, leur stabilité », le locataire de l’Elysée a estimé que le « défi de l’Afrique est différent, il est beaucoup plus profond, il est civilisationnel ». Et de conclure : « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. »

Lire aussi :   « Frères Africains, répondons par le mépris aux élucubrations d’Emmanuel Macron ! »

Hasard du calendrier, trois jours plus tard, mardi 11 juillet, s’est tenue à Londres une conférence, précisément sur le contrôle des naissances, « Family Planning 2020 », organisé par un ensemble d’acteurs publics et privés dont la coopération britannique UKAID, la coopération américaine USAID, le fonds des Nations unies pour la population ou la Fondation Bill & Melinda Gates. L’occasion de revenir sur les chiffres négatifs et positifs de la fécondité africaine, sujet qui alimente les fantasmes et soulève bien des polémiques.

830 femmes meurent chaque jour en couches…

La plupart des décès de femmes liés à la grossesse et à l’accouchement sont évitables et proviennent d’un suivi trop irrégulier, de maladies non prises en charge ou de complications au cours de l’enfantement. 99 % des décès maternels surviennent dans des pays en voie de développement, où peu de femmes se rendent à la maternité pour accoucher. La mortalité maternelle est la première cause mondiale de décès chez les adolescentes de 15 à 19 ans.

… mais la mortalité maternelle recule de moitié en Afrique

En 1990, 996 femmes sur 100 000 mouraient au cours de leur grossesse ; elles n’étaient plus que 555 en 2015. Si elle demeure préoccupante, cette mortalité a pratiquement été divisée par deux, en particulier depuis les années 2000. Avec la progression de la contraception, et l’amélioration de l’accompagnement des grossesses, l’Afrique devrait se rapprocher des taux de mortalités asiatiques, soit environ 120 décès pour 100 000 naissances.

Lire aussi :   Solidarité et climat : Emmanuel Macron est-il le nouveau champion du renoncement ?

Un million de nouveau-nés meurent chaque année en Afrique

Les causes majeures de ces mortinaissances, le terme consacré, sont les complications lors de l’accouchement, ou une infection chez la mère. Dans plus des deux tiers des cas, ces décès ont lieu en milieu rural. Des grossesses trop nombreuses et trop rapprochées peuvent également être dangereuses pour les enfants déjà nés. Ces derniers peuvent manquer de nourriture, de vaccins, de médicaments, ou être en trop forte promiscuité avec d’autres enfants malades. A noter : près de la moitié des 5 945 000 enfants dans le monde qui meurent avant l’âge de cinq ans sont africains (2 820 000).

Lire aussi :   Aïcha, 13 ans, « tombée enceinte par erreur »

43 % des grossesses ne sont pas voulues…

Parmi les femmes en âge de procréer, 214 millions qui ne souhaitent pas tomber enceintes n’ont pas à leur disposition de solutions pour empêcher leur grossesse. Elles sont 155 millions à n’utiliser aucune méthode contraceptive, tandis que 59 millions recourent aux méthodes traditionnelles peu efficaces (retrait ou abstinence pendant les périodes d’ovulation). Conséquence : dans les pays en développement, 43 % des grossesses ne sont pas voulues.

… mais la contraception progresse en Afrique de l’Ouest

En Afrique de l’Ouest et centrale, 1 350 000 femmes supplémentaires ont eu accès à une contraception moderne entre 2012 et 2015. En trois ans, le Partenariat de Ouagadougou, une initiative régionale de planning familial, a eu des effets très positifs sur les populations des neuf pays qui l’ont rejoint. En promouvant une large gamme de contraceptifs, au niveau local, le Partenariat a fait passer le nombre de femmes utilisatrices d’une contraception moderne de 3 000 000 à 4 350 000. L’objectif est d’arriver à 2 200 000 utilisatrices supplémentaires d’ici 2020. A l’échelle de la planète, 30 millions de femmes supplémentaires ont accès à la contraception depuis 2012.

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En Afrique de l’Est et australe, 30 % des femmes recourent à la contraception

Elles sont 7 400 000 de plus qu’en 2012 à utiliser des moyens de contraception modernes. Il s’agit de la plus grosse progression régionale depuis le lancement de Family Planning 2020, l’initiative mondiale pour le contrôle des naissances. Si l’Afrique du Sud, le Botswana et le Zimbabwe avaient déjà des taux avoisinant les 30 % dans les années 1990, le Kenya, l’Ethiopie et le Burundi ont fait des avancées spectaculaires, passant de moins de 10 % à 30 % en vingt-cinq ans.

Une femme sur cinq enceinte avant 18 ans

En 2016, 770 000 filles de 10 à 14 ans sont devenues mères, et 60 % d’entre elles étaient en Afrique subsaharienne. Dans la plupart des cas, la grossesse est accompagnée d’un mariage précoce, et provoque une déscolarisation de la jeune fille. Sans compétences ni diplômes, elles ne peuvent trouver de travail et deviennent dépendantes de leur mari. Par ailleurs, les femmes ayant eu ce parcours ont tendance à reproduire les inégalités dont elles ont été victimes avec leurs filles.

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Les femmes africaines ont 5 enfants, en moyenne

C’est le taux de fécondité le plus élevé du monde, dont la moyenne globale est de 2,5. Dans la région méditerranéenne, le taux est de 3,5, tandis qu’en Asie, le taux est de 2,4. Les Amériques suivent, avec un taux à 2,1, puis le Pacifique, avec 1,8, et enfin l’Europe, avec 1,7 enfant par femme. On estime que le taux de renouvellement de population, permettant de rester à un niveau similaire, est de 2,05 enfants par femme. Mais le taux africain est lui-même très variable d’un pays à l’autre. Ainsi, le Niger a un taux de fécondité de 7,6 enfants par femme, tandis que l’Afrique du Sud est à 2,4, et le Burkina Faso à 5,7.

2,5 milliards de dollars supplémentaires pour le planning familial

Au cours du sommet Family Planning 2020 à Londres le 11 juillet 2017, de nombreux gouvernements se sont engagés à contribuer à la cause : les bailleurs importants de l’aide humanitaire comme le Canada, le Royaume-Uni ou les pays nordiques, mais aussi des pays en voie de développement, comme le Bangladesh ou la RDC. La Fondation Bill & Melinda Gates, ainsi que des entreprises privées, comme Vodafone, contribueront à ce financement.

Coût de la contraception : 2,50 dollars par femme et par an

Les dépenses actuelles pour le planning familial dans les pays en voie de développement sont de 31 milliards de dollars par an : 5,5 pour la contraception, 8,3 d’investissement pour les grossesses non prévues et 17,2 pour les grossesses prévues.

Pour éliminer la mortalité maternelle sans changer l’investissement dans la contraception, il faudrait investir 59,6 milliards de dollars : 5,5 pour la contraception, 16,8 pour les grossesses non voulues et 37,2 pour les grossesses désirées. Or une planification familiale performante serait moins coûteuse que l’adaptation aux grossesses non désirées : 11 milliards pour la contraception, 37,2 pour les grossesses prévues, mais seulement 4,3 pour les grossesses non prévues, pour un total de 52,5 milliards de dollars par an.

En choisissant une politique qui ferait la part belle à la contraception plutôt qu’à l’adaptation aux grossesses non prévues, la communauté internationale économiserait donc 7,1 milliards de dollars.

Une voix autorisée: 

Macron et l’Afrique: « Indiscipline verbale, vacuité intellectuelle ou cynisme? »

Par Achille Mbembe, publié le 12/07/2017

Selon Emmanuel Macron, « quand des pays ont encore aujourd’hui 7 à 8 enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien ». Achille Mbembe lui répond. Hambourg, 10 juillet 2017.

L’intellectuel Achille Mbembe répond aux déclarations polémiques d’Emmanuel Macron sur le défi « civilisationnel » du continent africain et ses « 7 à 8 enfants par femme ».

Le défi « civilisationnel », de l’Afrique, ses « 7 à 8 enfants par femme » qui ne permettent pas de stabiliser la situation: la réponse d’Emmanuel Macron à un journaliste l’interrogeant sur un « plan Marshall » pour le continent africain, à l’occasion du G20 à Hambourg, a choqué. Pour L’Express, Achille Mbembe, professeur d’histoire à l’Université du Witwatersrand, à Johannesburg, et à l’Institut de recherche W.E.B. Dubois sur la recherche africaine et afro-américaine de l’Université de Harvard a réagi.

Il y eut l’affaire du costard: « Vous ne me faites pas peur avec vos t-shirts, la meilleure façon de se payer un costard est de travailler. » « Mais je rêve de travailler monsieur Macron … Tous les chômeurs ont envie de travailler », lui répondit le gréviste.

Un accident? C’était avant l’élection.

Peu après, cette définition d’une gare sortie tout droit du catéchisme managérialiste et sa division du monde en deux camps, celui de ceux qui ont réussi et celui de ceux qui, ayant échoué, n’ont qu’a s’en vouloir à eux-mêmes: « Une gare, c’est un lieu où l’on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. Parce que c’est un lieu où on passe. Parce que c’est un lieu qu’on partage. »

Il y a quelque chose de l’Afrique qui empêche la retenue

Mais comme on le sait, l’Afrique constitue le révélateur absolu. Il y a quelque chose de l’Afrique qui empêche la retenue et qui nous encourage à donner libre cours à nos pulsions les plus obscures: « Ah non, c’est à Mayotte le kwassa-kwassa… Mais le kwassa-kwassa pèche peu, il amène du Comorien, c’est différent. »

Ou encore: « Dans les pays qui font encore sept enfants par femme, vous pouvez dépenser des milliards d’euros, vous ne stabilisez rien. »

L’écrivain camerounais Achille Mbembe, en juin 2011 au festival Étonnants voyageurs à Saint Malo.

Cyril Folliot/AFP

Paroles d’un disciple de Paul Ricoeur? Sauf si l’on admet effectivement que le grand penseur de l’histoire, de la mémoire et de l’oubli était un nanoraciste.

Dans Politiques de l‘inimitié*, le nanoracisme est défini comme « cette forme narcotique du préjugé de couleur qui s’exprime dans les gestes apparemment anodins de tous les jours, au détour d’un rien, d’un propos en apparence inconscient, d’une plaisanterie, d’une allusion ou d’une insinuation, d’un lapsus, d’une blague, d’un sous-entendu et, il faut bien le dire, d’une méchanceté voulue, d’une intention malveillante, d’un piétinement ou d’un tacle délibérés, d’un obscur désir de stigmatiser, et surtout de faire violence, de blesser et d’humilier, de souiller celui que l’on ne considère pas comme étant des nôtres » (81-82).

Paul Ricoeur n’ayant jamais été un nanoraciste, à quoi riment donc ces déclarations? Qu’est-ce qui explique que, confrontés au fait africain, même les meilleurs esprits perdent si facilement la raison? Y-a-t-il quoique ce soit que nous pourrions faire ensemble pour qu’en ce qui concerne les rapports entre l’Afrique et la France, la petite fenêtre ouverte par l’élection de Macron signifie autre chose que la répétition du même, en ces temps de brutalité, d’engourdissement et de flasque paralysie?

« Terre d’opportunité », pour qui?

Non, il n’y a rien a faire ensemble si, pour beaucoup, le Continent n’est qu’un fardeau -terre de d’Etats faillis, de transitions démocratiques avortées, de trafics de toutes sortes (drogues, biens culturels, humains et autres espèces rares), d’immigration irrégulière, du fondamentalisme violent, du terrorisme, et d’une croissance démographique incontrôlée. La solution? Plus de militarisme.

Non, il n’ y a pas grand chose à faire ensemble si pour d’autres (et parfois les mêmes), l’Afrique n’est perçue que comme une « terre opportunité ». Opportunité pour qui, en effet?

Comme la plupart de ses prédécesseurs, Macron s’efforce de réconcilier les deux orientations stratégiques qui gouvernent les rapports franco-africains depuis l’époque coloniale: le militarisme et le mercantilisme.

Il s’impatiente face à ceux qui remettent en cause l’existence de la zone franc: « Si on se sent pas heureux dans la zone franc, on la quitte et on crée sa propre monnaie comme l’ont fait la Mauritanie et le Madagascar. »

Il a raison. Mais pourquoi toujours cette envie d’ajouter un particule devant ces signes autrement indéchiffrables: « du Comorien », « le Madagascar »?

Sortir des marais du militarisme et du mercantilisme

On veut bien croire que les choses sont complexes. On veut bien croire que dans les cas que nous venons d’épingler, il ne s’agit de rien d’autre que d’une indiscipline verbale. Mais il se pourrait également que ces propos soient symptomatiques de la vacuité intellectuelle et du cynisme qui aura gouverné la politique africaine de la France depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Il faut sortir des marais du militarisme et du mercantilisme si l’on veut relancer un véritable dialogue afro-français. Les possibilités de cette relance sont là, hors des méandres de la francophonie. Comme l’indiquent les travaux des intellectuels réunis autour des Ateliers de Dakar, les Africains sont en train d’écrire une Afrique-Monde aux antipodes des poncifs sur lesquels repose la vision des élites françaises et africaines. En France même, des intellectuels français ré-écrivent l’histoire mondiale d’un pays dont les frontières culturelles vont bien au-delà de ses frontières géographiques.

Mais un tel dialogue a besoin d’un ou de deux grands concepts. Le premier, c’est la réalité de la planétarisation de la question africaine et le fait qu’au fond, une partie de l’avenir de la planète risque de se jouer sur ce continent. Le deuxième, c’est que l’humanité ne pourra véritablement faire face aux nouveaux défis planétaires que si elle travaille ensemble à l’avènement d’une civilisation de la circulation.

Macron s’exprimerait dans cette langue -plutôt que dans la langue des milliards d’euros qu’il ne faut justement pas donner a l’Afrique pour cause de « pays qui enfantent sept enfants par femme »- qu’il contribuerait, pour sa part, à ouvrir de nouveaux horizons pour l’ensemble de notre monde.

* Achille Mbembe est l’auteur de Politiques de l‘inimitié, (Paris, La Découverte, 2016).

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France 2, Complément d’enquête du Jeudi 06 juillet 2017- Le clan Bongo une histoire française: des images surréalistes d’un autre monde

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Que dire de plus sur cette excellente enquête de France 2 sans froisser la susceptibilité identitaire et communautaire de celles et ceux qui se considèrent comme les Africains les plus « authentiques »?

Les Vidéos:  

https://www.youtube.com/watch?v=XGTkxbEatZc

https://www.youtube.com/watch?v=sAsiJIzW5n0

Simplement que l’Afrique des Ali Bongo, des Théodorin Obiang Nguema, Biya, Sassou, Déby et tant d’autres satrapes sanguinaires n’est certainement pas celle dont ont rêvé les pères du panafricanisme, et surtout celle dont l’écrasante majorité des ressortissants de ce continent serait fier aujourd’hui. Chacun de nous aurait tant aimé et souhaité dans son for intérieur que les images diffusées jeudi 06 juillet 2017 par France 2 relèvent de la fiction romanesque et des vieux clichés longtemps entretenus sur les despotes Africains.

Que non!

La réalité morbide et sulfureuse était pire que le récit journalistique, et elle ne peut franchement être niée, cachée, ou manipulée, comme a désespérément tenté de faire Ali Bongo en s’offrant un bain de foule loin d’être improvisé dans les rues de Libreville.

Prétexter indéfiniment d’un paternalisme voire d’une ingérence indéniable de la France pour banaliser voire humaniser cette ignominie propre à l’exercice du pouvoir en Afrique centrale, ne nous sera d’aucun secours. Tant l’urgence commande précisément de s’en débarrasser au plus vite dans un esprit d’apaisement et réconciliation avec restitution intégrale des biens et fortunes accumulées mal acquis, l’émergence de nouvelles têtes, et surtout d’une gouvernance en phase avec notre époque.

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Joël Didier Engo, Président du CL2P

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