« Suffer must finish », Chairman John Fru Ndi!!!

Diantre, mais pourquoi faudrait-il absolument que, pour la prochaine présidentielle de 2011, les Camerounais(e)s se farcissent encore et toujours le "messie" gérontocrate de Meyomessa,  et/ou le "messie" gérontocrate de Ntarikon???

Nous sommes nous aussi en droit au Cameroun, d’aspirer à la "Rupture" avec cette" souffrance permanente"; en confiant (enfin) le destin de notre pays à l’homme ou à la femme qui répond le mieux à l’aspiration populaire, au risque de perpétuer indéfiniment ce folklore politique incarné si bien par Paul BIYA- John Fru Ndi depuis 1992, mais qui n’amuse malheureusement plus personne.

Je vous remercie

John Fru Ndi : Until suffer finish me
Le leader du Sdf ne change pas de cap malgré l’embourbement de l’action de son parti.
 Mutations


Quotidienmutations
LA SEMAINE | 03 Aug 2007


John Fru Ndi : Until suffer finish me


Le leader du Sdf ne change pas de cap malgré l’embourbement de l’action de son parti.
Jean Baptiste Ketchateng


Comme
d’habitude, le "Chairman" était là. Drapé dans l’une de ses éternelles
tenues locales, qui le distinguent bien de Paul Biya et ses costumes
cravates stricts. Ses lieutenants aussi étaient présents. D’aucuns
auraient parlé de sa cour en regardant faire Evariste Fopousssi Fotso,
l’enfant prodigue du parti, membre du cabinet fantôme, qui a introduit
John Fru Ndi, le dos voûté, dans la salle où il donnait une conférence
de presse hier à Yaoundé. Jean Takougang était également là, lui le
porte-voix en français des discours de "Ni John", comme l’appellent, en
signe de respect, les militants originaires du Nord-Ouest tels que
Francis Sama, le neveu fidèle et avocat du parti.

Du haut de ses
66 ans, le teint frais, l’enfant de Baba II, dans la banlieue de
Bamenda, a-t-il vraiment besoin de respect ? Puisqu’il en impose par sa
trajectoire : "Pensez-vous vraiment que j’ai perdu l’élection
présidentielle de 1992 ?", lâche-t-il, l’air à la fois sévère et
moqueur, à l’attention d’un journaliste qui finit par capituler.
Pourtant, John Fru Ndi ne semble plus être ce Moïse au charisme jalousé
par les politiques, qui magnétisait les foules qu’il drainait sur son
passage, électrisant les meetings politiques et piétinant les
interdictions administratives. D’ailleurs, où sont-elles les foules, le
fameux "people" qui lui donnait tant de "power"? Elles auraient pu
faire taire ces gens qui tiennent une "seconde conférence de presse",
alors que lui, "the only Chairman" tient le micro et s’oblige à
interrompre leur chahut.

John Fru Ndi est ainsi. Tandis que la
représentation parlementaire du Sdf va decrescendo depuis l’entrée des
43 premiers députés du Sdf à l’hémicycle de Ngoa-Ekellé en 1997, il
demeure toujours populaire selon son propre jugement. Paul Biya passe
pour un judoka de la politique, lui serait un karateka. Puisant sa
force non dans l’erreur et l’imprécision de l’adversaire, mais dans ce
capital populaire qu’il voit augmenter au fil des ans. "En 2004, les
meetings que j’ai tenus à Douala, Dschang, Buea étaient plus courus que
ceux de 1992", jure l’homme qui a dramatiquement fait irruption sur la
scène politique un jour de mai 1990. Au cours d’une marche de lancement
du Sdf dans les rues de Bamenda, six personnes trouvèrent la mort
autour de Liberty Square. Depuis lors, ce transfuge du Rdpc n’a pas
changé de discours : "Mister Biya his regime kills democracy with
stolen money. He must go !".

Quelques mois plus tôt pourtant,
John Fru Ndi ne donnait pas la même réponse à une interrogation
identique : où est passé le peuple qui l’a porté aux nues où il paraît
ne plus distinguer le chemin qui mène vers la terre bénie qu’il avait
promise. Décembre 2006. La majorité parlementaire fait passer sans
considération pour les récriminations de l’opposition, la loi sur
Election’s Cameroon (Elecam), l’organe "indépendant" que l’opinion
attend. John Fru Ndi dénonce une énième mascarade et appelle le peuple
à manifester son mécontentement. Le jour-j, une dizaine de militants du
Sdf se retrouvent devant l’Assemblée nationale et le vote de la loi
passe comme une lettre à la poste. Dix années auparavant, quel impact
aurait eu un tel appel sur la sérénité des députés du Rdpc nullement
inquiétés par le "groupuscule" de manifestants rassemblés devant le
Palais de Verre ? "Au moins un renvoi de la discussion et de la
délibération", estime un ancien cadre du Sdf, frappé par une des
nombreuses mesures d’exclusion qui ont emporté tous ceux qui dans le
parti ont contesté l’ordre régnant. John Fru Ndi, absent à la
manifestation, n’avait-il pas préparé cet échec, lui qui annonçait déjà
qu’il ne peut être considéré comme un "pare-balles magique, comme le
pensent les gens" ?

"Une chose est sûre, c’est qu’il n’y croit
plus. Il estime que les gens se sont découragés et qu’il ne peut tout
faire seul. Il regrette de ne plus fédérer l’opposition", soutient une
militante politique qui a l’oreille du Chairman. Pour autant,
l’intelligence supposée d’un leader de sa carrure, entouré de
conseillers avisés, peut-elle permettre d’espérer une remise en cause
de l’équation personnelle qu’il a mis en œuvre jusqu’ici ? Remobiliser
les foules qui ont bâti son mythe et construit sa popularité
taraude-t-il dans son esprit ? "Ce serait possible. Mais qui
écoute-t-il ? Ses fidèles zélateurs, qui le saluent en courbant
l’échine et en disant publiquement ‘your excellency’ et non camarade
comme dans tout parti qui se respecte et à plus forte raison dans un
parti qui se réclame de la gauche", se désole un militant qui regrette
mezza voce, les dérives de certains de ses camarades.

Et s’il
préparait secrètement une "insurrection armée" ? "Cela ne nous a jamais
effleuré l’esprit, même si le pouvoir nous stigmatise et nous accuse
d’être des va-t-en guerre. Quelques voix s’élèvent dans le peuple en ce
sens, mais nous gardons la tête froide, car c’est notre rôle de leader
de montrer la voie légale des urnes pour arriver au pouvoir", indique
un membre du Nec, l’organe dirigeant du Sdf. Fru Ndi lui-même exclue
implicitement cette hypothèse : "En 1992, si j’avais dit allons-y,
prenons les armes, cela aurait été pire que le Rwanda". D’ailleurs,
n’avait-il pas délibérément demandé à ses supporters déchaînés dans les
rues de Douala ou Bamenda après le " hold-up " électoral de quitter la
rue ? Pressé, disent ses adversaires, par les lobbies économiques
étrangers et leurs alliés locaux. Cette "communauté internationale des
amis du Cameroun" sur laquelle il rejette aujourd’hui, la
responsabilité du blocage de la démocratie camerounaise par Paul Biya.

Pour
certains cependant, John Fru Ndi fait un calcul simple. En 2011, lors
de la prochaine présidentielle, il aura 70 ans. Deuxième selon les
résultats officiels à la présidentielle de 1992, il a réédité cette
performance en 2004. Bien que sa victoire lui ait été "volée" dans les
deux cas. Sauf accident, il sera donc le candidat le plus aguerri dans
quatre ans. Face à lui, la machine du Rdpc aura du mal à trouver un
champion prédestiné, comme elle présente Paul Biya aux électeurs et à
l’opinion internationale. S’il n’est pas sûr qu’il sera toujours le
tribun prêt à prendre son bâton de pèlerin politique pour faire en
voiture le tour du Cameroun, comme il l’a fait une douzaine de fois, il
pourrait remporter le scrutin, le "premier de la classe" étant
hors-jeu.
Mais pour un des nombreux journalistes qui se délectent
des sorties du C hairman face à la presse yaoundéenne, " Il faudrait
encore qu’il se persuade lui-même qu’il a un destin national. 17 ans
après avoir été choisi par les Camerounais pour remplacer Biya, il se
terre toujours à Bamenda où il passe plus pour un messie qu’un leader
politique porteur d’un projet de société auquel il doit convaincre ses
compatriotes d’adhérer. Il dispose pourtant d’une villa à Yaoundé, la
capitale où il devrait se préparer à vivre et à apprendre un peu plus
le français qu’il ne pratique pas dans un pays encore majoritairement
francophone" .

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